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CHAPITRE XXIII

LES SYNDROMES: SYNDROME (PSYCHOSE) DE KORSAKOFF. PUÉRILISME. NEURASTHÉNIE. FOLIE MORALE.

Syndrome de Korsakoff. — Un exemple chez une démente sénile, montrant que le syndrome comprend : la perte des souvenirs anciens, l’incapacité de retenir les choses actuelles, la désorientation dans le temps et le monde extérieur, les faux souvenirs. Peut être plus ou moins complet. Se rencontre aussi dans l’alcoolisme (avec névrites), le saturnisme parfois, et autres intoxications et infections, la syphilis cérébrale, la P. G. même, mais existe presque toujours, plus ou moins atténué, dans la démence sénile. On en verra d’autres exemples plus loin.

Puérilisme. — Peu important sémiologiquement. Un exemple : forme spéciale d’arriération. Renvoi à d’autres endroits pour des exemples dans le délire infectieux, la démence sénile, la démence vésanique, l’hystérie.

Sénilisme. — C’est l’inverse. Constaté chez un P. G.

Neurasthénie. — Devrait être considérée comme un syndrome. En fait sera décrite au déséquilibre mental et avec les obsessions. L’hystérie, elle aussi, serait-elle un syndrome ?

Folie morale. — Devrait aussi être considérée de même; mais sera décrite aussi au déséquilibre mental.

Syndrome ou psychose de Korsakoff (1).

Mme Hei..., est une vieille dame qui est atteinte depuis de longues années de démence sénile (je l’ai plusieurs fois citée). Elle n’apprend plus le présent et ne se rappelle que vaguement le passé lointain. Elle ne suit plus le cours du temps et ne sait même plus bien' où elle se trouve, comme le montrent ses propos. Elle présente à un haut degré des fausses réminiscences bien plus qu’à l’ordinaire dans la démence sénile, où cela existe pourtant toujours peu ou prou. C’est, pour le dire tout de suite, en passant à cette forme que Wernicke a donné le nom de « presbyophrénie. » Je rappelle quelques-uns de ces faux souvenirs : un jour à dîner elle s’étonne de trouver un étranger qu’on ne lui a pas présenté (erreur de reconnaissance), c’était son petit-fils; en même temps elle se scandalise qu’on n’attende pas son mari pour se mettre à tabie; il est sorti, dit-elle, et ne tardera pas à rentrer. Or celui-ci est mort depuis de longues années. Une autre fols, en se mettant à table, elle tàte son ventre (elle était très forte et avait un vieux fibrôme utérin) et le trouvant proéminent, elle fit cette réflexion : a Je ne crois pourtant pas que je sois enceinte ? » Dans

(1) G. Ballet, Les Psychoses polynévriüques, C. R. du Congrès des méd. al. et neur., 10* session, 1899, p. 200. — E. Dupré, in Traité de Ballet, p. 1123.

SÉMIOLOGIE.

les derniers temps, on la vit vouloir absolument sortir de sa chambre où elle était renfermée; elle pleurait, se lamentait, disait qu’elle n’était pas chez elle. Elle voulait aller donner le sein à, ses deux enfants qui mourraient si elle ne le faisait pas. Chaque jour il y avait une scène avec ses enfants, amenée par une nouvelle pseudo-réminiscence ou erreur d’imagination, comme on voudra.

Nous voyons, ici, en dehors des autres symptômes démentiels que je n’ai pas mentionnés, la réunion des symptômes suivants : perte des souvenirs récents et anciens, désorientation dans le temps et le monde extérieur, pseudo-souvenirs plongeant la malade dans un monde imaginaire qui a les plus grandes analogies avec le rêve prolongé (source de ces idées singulières dans nombre d’occasions, comme je l’ai dit). C’est ce qu’on appelle le syndrome de Korsakoff. Primitivement, Korsakolf l’avait décrit sous le nom de Psychose polynévritique, le rattachant aux névrites périphériques alcooliques. En fait, il n’en est rien et on peut le rencontrer en dehors de toute névrite, soit pur, c’est-à-dire sans baisse du niveau intellectuel ni confusion, soit avec démence ou confusion, auquel cas il imprime à ces syndromes une allure particulière. Enfin, il peut y avoir des cas où le syndrome de Korsakolf est presque privé de faux souvenirs, comme j’en donne un exemple plus loin chez un syphilitique Lac... Mais au total, ce syndrome se présente au complet avant tout dans l’alcoolisme chronique, le plus souventalorsavecnévriles (voyez l’exemple deGonn...)etdans la démence sénile où il est presque toujours sous une forme atténuée .

Puérilisme (1).

Giq. . . , Raymonde, est âgée de 30 ads et se trouve dans le service depuis 1903. Auparavant elle avait été à la clinique du Raymond où elle avait présenté des attaques d’hystérie, des contractures diverses et « le genou de Brodie » (genou douloureux avec contractures) ; puis passée dans un des services d’aliénées où elle resta sans marcher pendant très longtemps ; enfin, elle entra dans le service spécial des épileptiques et hystériques aliénées. Depuis son entrée, paraît-il, elle est toujours dans le même état, celui où elle se trouve actuellement. C’est une grande fille très coquette qui se met des rubans au bout d’une natte tressée par elle-même, et qui est toujours habillée avec des jupes courtes, comme une enfant. Elle se tient mal, la tête et le corps penchés à gauche. Son occupation principale est de jouer à la poupée en dehors des heures d’atelier, heures qu’elle emploie consciencieusement à ourler des draps pour gagner

(1) René Gharpentieb et Paul Couhbon, Le Puérilisme mental et les états do régression de la personnalité, L’Encéphale, 1909, 4® année, 2* s., p. 319 et 513.

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