MORPHINISME
empoisonnement surtout chez les médecins, pharmaciens, etc. — Qui s’est piqué se piquera, d’autant plus facilement qu’on est davantage un névropathe, un déséquilibré.
Occasions. — Traitement d’une douleur physique. Soulagement moral. Curiosité.
Symptômes. — Ils doivent être étudiés suivant les périodes : période. — Satisfaction, bien-être et excitation intellectuelle, encore plus marquée qu’avec l’alcool. Un médecin que j’ai connu autrefois et qui s’était piqué pour des lumbagos très violents me disait ; « Après la piqûre, c’est délicieux. On revoit la vie en rose ! »
2' période. — Commeneernent de l’habitude. — Quelques malades courageux cessent.
période. — Morphinomanie. — Période d’état. L’habitude est prise, la privation entraîne des accidents {état de besoin). Les doses sont augmentées (on a cité jusqu’à 9 grammes).
A. Symptômes fondamentaux. — Affaiblissement de l’attention et de la mémoire; indifférence, travail intellectuel de qualité inférieure. Toutes les pensées du malade convergent vers la piqûre et il ne recule devant rien pour se procurer la morphine. Négligence de sa profession. État de « folie morale »,etc.
Affaiblissement de la volonté.
Le malade sait qu’il marche à sa ruine, mais ne peut s’arrêter.
B. Symptômes épisodiques. — Moins fréquents que dans l’alcoolisme : hallucinations, idées délirantes, anxiété, frayeur, rarement délire de rêve.
C. Symptômes physiques. — Pâleur de la face. Dénutrition, amaigrissement. Fatigue. Abaissement de la température.
Afïaiblissement du cœur. Œdèmes transitoires.
Affaiblissement musculaire.
Hyperesthésie ou anesthésie légère de la peau.
Diminution de l’acuité visuelle.
Myosis fréquent.
Diminution des réflexes rotuliens.
Sommeil mauvais. Rêves et cauchemars.
D. Symptômes de l'état d'abstinence ou de besoin. — Lorsque le moment de la piqûre est passé, changement à vue : le malade de satisfait devient inquiet, anxieux, irritable; les traits sont tirés, la pâleur augmente, le pouls s’accélère et devient petit; il y a des bâillements, une sueur froide, une fatigue géné-
INTOXICATIONS
raie; diarrhée fréquente; tendance à la syncope; l’angoisse et le malaise deviennent intolérables, si bien qu’il y a quelquefois suicide.
Quelquefois délire surajouté avec plus ou moins d’hallucinations simulant plus ou moins le délire alcoolique (voyez un exemple p . 1 33) .
Le seul remède est l’injection de morphine.
4® période. — Cachexie. Augmentation de tous les symptômes. Augmentation des doses.
Démence.
Amaigrissement extrême.
Vomissements et diarrhée.
Insuffisance cardiaque.
Albumine.
Mort.
Complications. — Abcès, phlegmons (dus aux piqûres). Tuberculose.
Diagnostic. — Parfois difficile à cause de la dissimulation : rechercher les traces des piqûres ; faire rechercher la morphine dans l’urine.
Hybrides toxiques. — Souvent le morphinomane ajoute un autre poison au premier : cocaïne, éther, alcool, d’autres encore.
TraitemeJit. — Isolement dans une maison de santé. Sevrage rapide indispensable.
Surveiller le tube digestif et le coeur.
Reconstitution physique et morale (rééducation de la volonté), la plus longue et la plus chanceuse partie du traitement (accidents de la convalescence).
Remarque :
1° En conséquence de ce qui précède, n’ordonner de piqûres de morphine que quand on ne peut pas faire autrement (maladies incurables).
2“ Craindre toujours une récidive une fois le malade guéri.
3° Cocaïnisme.
Encore plus dangereux et plus rapidement fatal que le morphinisme. .
Signes psychiques :
A. Fondamentaux. — Affaiblissement de l’intelligence et de ta mémoire. Tristesse et indifférence. Affaiblissement de la volonté,