‹ Éléments de sémiologie et clinique mentalesChapitre 75 sur 159 · INTOXICATIONS DIVERSES · texte numérisé non relu

INTOXICATIONS DIVERSES

« Folie morale », agitation pour des occupatiohs sans but, en contraste avec l’abandon des devoirs professionnels. Irritabilité et apathie mélangées.

B. Épisodiques. — Délire cocaïnique. Ressemblance avec le délire alcoolique, mais avec des signés particuliers pathognomoniques :

Hallucinations de l’ouïe .

Hallucinations de la vue. Ordinairement des bêtes très petites et très nombreuses ou d’autres choses encore, et le plus souvent petites (micropsie.)

Hallucinations du tact, en relation avec les précédentes : les bêtes, vers, fourmis, etc., rampent dans la peau, sous la peau, chatouillent, piquent, etc. — Les malades se grattent, se piquent, cherchant à arracher ces animaux ou ces objets.

Idées de persécution, quelquefois de jalousie conjugale.

Réactions contre elles : plaintes aux autorités, violences, meurtre, suicide.

Signes physiques. — Amaigrissement extrême, dénutrition rapide, aspect de vieillard. Fatigue générale intense. Ataxie, tremblement, faiblesse musculaire. Pupilles dilatées. Réflexes augmentés. Faiblesse du cœur et des organes digestifs. Sueurs, tendances syncopales et vertigineuses. Impuissance.

Traitement. — Isolement indispensable. Suppression brusque.

Remarque. — Chez un cocaïnique, toujours rechercher le morphinisme et réciproquement ou d’autres intoxications, comme l’alcool.

4° Opiumisme.

C’est surtout Y intoxication par la fumée d’opium qui mène à l’opiumisme. Très répandu en Extrême-Orient et maintenant à Toulon et quelques autres ports de mer. Je ne fais que le signaler n'en ayant jamais vu de cas. On a lu plus haut un exemple àlopiophagie, c’est-à-dire d’intoxication par ingestion d’opiunj.

5° Ethérisme. Chloralisme. Caféinisme. Théisme. Haschichisme.

Ce sont aussi des intoxications par habitude devenue irrésistible. Toutes ces intoxications ont ce caractère d’amener une déchéance physique et mentale, avec des nuances suivant la

INTOXICATIONS

■nature du poison. II y en a d’autres encore, plus rares, que je ne mentionnerai pas.

6° Saturnisme. Sulfure de carbone, etc.

Le saturnisme qui est un empoisonnement won uom/m ressemble ■extrêmement à l’alcoolisme, mais le traitement ne se heurte pas à la passion du malade. Il y a donc une différence psychique importante entre les poisons « passionnels » et les autres. Le saturnisme (à part les symptômes physiques pour lesquels je renvoie aux Traités de pathologie interne, coliques de plomb, paralysies, etc.) se présente sous des formes presque calquées sur l’alcoolisme : saturnisme chronique, démence, pseudo-paralysie saturnine, délire hallucinatoire, confusion, etc. Il est très ■difficile de faire le diagnostic avec l’alcoolisme : les commémoratifs, le liseré saturnin, la paralysie radiale peuvent mettre sur la voie. Le saturnisme étant rare dans les asiles, je n’insiste pas.

Le sulfure de carbone, l'oxyde de carbone, etc., donnent aussi lieu à des accidents de délire de rêve, confusion, affaiblissement intellectuel, etc.

T Pellagre.

Je ne fais que signaler cette intoxication dont l’origine est «ncore douteuse. Elle se caractérise surtout par la confusion mentale aiguë ou chronique, et la démence.

ÇHAPITRE II

Page 1