‹ Éléments de sémiologie et clinique mentalesChapitre 86 sur 159 · COMPLICATIONS · texte numérisé non relu

COMPLICATIONS

ouàla folie? Question àlaquelleune étude plus approlondie permettrait peut-être de répondre, bien que la malade soit fort difficile à examiner. Cela serait d’ailleurs une subtilité psychiatrique intéressante, mais au-dessus de la portée de ce travail pratique.

Voici maintenant un fragment d’observation qui, comme pour Guit..., soulève des problèmes auquels je ne suis pas non plus en mesure de répondre avec certitude, mais que je dois indiquer. Voyons d’abord le fait :

Ancienne épileptique. Plus d’accès depuis trois ans. — Démence, sans ralentissement, avec stéréotypies. — Her... est une grosse fille de 27 ans, épileptique avec beaucoup d’accès depuis l’âge de 12 ans, mais qui n’en a plus du tout depuis quelques années. Elle est devenue totalement démente. Elle ne répond que le mot m..., quand on l’interpelle, à moins qu’elle ne soit bien disposée, auquel caj. elle veut bien vous répondre « jour, » ce qui veut dire bonjour, d’une voix perçante et criarde comme celle d’un perroquet. Elle fait invariablement, quand on la sort, une promenade sur la bande pavée qui encadre la cour des agitées. Cette promenade est bien particulière ; Her... frappe ses pieds, avec violence, sur presque tous les pavés comme si elle les comptait avec ses coups de talons, et elle n’oublie aucun des recoins de la cour ; de temps en temps elle piétine sur place en lançant d’un ton perçant le mot de Gambronne et en martelant les pavés d’un air courroucé. Si on l’empôcbe après cet exercice de rentrer s’asseoir, elle le recommence, toujours dans le même sens. Ces actes stéréotypés, k quoi répondent-ils? 11 est impossible de le savoir et je n’ai pu avoir de renseignements sur ce point.

Ce qui est frappant, c’est l’absence totale de ralentissement et par suite la différence avec le type démentiel épileptique habituel,

1 état florissant de la malade et l’aspect si pareil aux démences juvéniles que décrivaitMorel (voyez p. 257). C’estbien une démence précoce dans le sens strict du mot. Est-ce de la démence épileptique, malgré la suppression des accès depuis plusieurs années et malgré l’absence de certains caractères ? Est-ce de l’hébéphrénie, et tombée rapidement dans la démence, compliquant l’épilepsie? Je serais tenté de répondre affirmativement. Mais pourtant l’épilepsie qu’elle avait manifestée qu’était-ce au juste? On verra plus loin aux folies discordantes que celles-ci présentent souvent des attaques épileptiformes rares. Alors doit-on considérer Her... éomme ayant eu de l’épilepsie ordinaire et ayant fait une démence ressemblant à celle de l’hébéphrénie ou était-ce une hébéphrénique avec accès épileptiformes nombreux? Et quelle est la nature de ces accès épileptiformes signalés dans l’hébéphrénie ? — toutes questions que je me contente de poser.

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