‹ Éléments de sémiologie et clinique mentalesChapitre 88 sur 159 · II. - Tout ; à présent ça me tient dans les parties · texte numérisé non relu

II. - Tout ; à présent ça me tient dans les parties

(Le malade se protège avec des foulards et des tamp'ons de toute espèce )

t e. Il y a deux jours ils m ont fait venir les parties grosses comme ça (il montre son poing), et puis ça gonflait et ça dégonflait plusieurs fois dans la

• Hier, j'avais 37 ans et pulsje n'en ai pins trouvé que 84 ' et nuis anrés

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ü. — Mais qui vous fait cela.

il te 7ai?re“"'” T"'’® U ce qu’il veut;

U me lait chier comme il veut.

D. — Mais par quels moyens font-ils tout ça^

touteTalou'néf" “ "" 0“ ««“t

B. — Mais pourquoi ?

R. — Je n’ai pas à vous le dire !

D- — Mais où sont-ils cachés?

R. — Ils lèvent une trappe quelque part.

R- — Ils sont cachés sous la cour?

R- — Je ne sais pas; ils sont à deux.

mortTe ^0777“" ^ présenté ensuite, étant parti en congé. Il est

it le d octohie par cachexie rapide avec ictus final.

à Tr persécution qui aurait pu être rattaché

les 5rn r T^ siPetat de démence sous-jacent et gros troubles somatiques n’avaient pas immédiatement révélé

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la P. G. Comme dans main délire de persécution, on remarque la réticence : « Je n’ai pas à vous dire !» ; il y a aussi des actes de défense contre les persécutions (foulards, tampons de toute espèce), ce qui montre combien profonde est l’idée de persécution, quelle que soit son origine.

P, G. — Irascibilité, bizarres. — Sénilisme.

— Violences. — Tentatives d’homicide. — Idées

— On..., ouvrier fumiste. Entré à Bicêtrele 21 février

1908, à l’âge de 38 ans. . . „ . r

Renseignements de la femme. - Buvait de tout, vin, absinthe, etc. La femme a eu six enfants, dont deux morts de méningite et six fausses couches. Depuis deux ans changement de caractère; menaçait sa femme de son couteau. Admis à Beaujon, il se précipite sur les autres malades un couteau à la main. 11 fut envoyé à Sainte-Anne, puis à Bicetre.

Paralysie générale démentielle typique; accrocs caractéristiques delà parole. Veut se venger de Beaujon et profère des menaces contre le directeur de cet hôpital ; «11 y a aussi une petite infirmière qui m’a manque de respect, qui va y passer; je veux qu’on me respecte! >> Beflexes rotuhens exagères. Siene d’Argyll Robertson.

26 avril 1909. — L’affection a marché lentement; de temps en temps agitation au cours de laquelle il dit qu’il préviendra la « Justice de Police » pour guillotiner Beaujon et le mettre en morceaux. Depuis quelques jours On... se nrétend très vieux; depuis une dizaine de jours il augmente chaque jour son Le de cinq ou six ans; il dit avoir actuellement 91 ans et veut passer aux vieillards. 11 vient au bureau du surveillant en prenant une attitude vieillotte, cassée, fléchissant sur les genoux et traînant les pieds.

L’intérêt de cette observation gît dans les faits suivants: la syphilis que les aveux n’ont pas pu révéler était patente par le siLne à’ Arqyll Robertson elles six fausses couches de la femme; contrairement à l’usage des P. G., O... était violent et a vou u. tuer. Les idées bizarres sur son âge, que l’on pourrait qualitier de Sénilisme, pour l’opposer à Puérilisme, constituent un petit détail amusant, mais sans grande importance diagnostique.

P G - Tristesse. — Idées d auto-accusation, de châtiment. — Tentative de suicide. - Pseudo-mélancolie paralytique. - Hou..., 33 ans, valet de chambre, entré à Bicêtre le 27 mars 1907.

Pas de renseignements sur les antécédents. . , , „ • iw ..

A son entrée, paraît inquiet; il dit que quand il est arrive à Pans, »1 y a onze ans un étudiant l’a emmené chez lui et lui a communique la vérole. Cette idée le tLrmente et il s’accuse de ces relations sexuelles anormales 1 raconte qu’avant d’être entré à Bicêtre il a été poursuivi par une foule de gens, même de la troupe et de l’artillerie. - 11 est orienté. Accrocs très nete le la parole, pas de signes d’Argyll Robertson. Exagération des réflexes. Lymphocytose .

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Le A mai il pleure en disant qu’il va faire de la prison; a Un nommé Ch... a écrit au commissaire de police pendant que j’étais à Sainte-Anne des

horreurs sur mon compte et que je me faisais enc . » Tremblement marqué

de la langue, accrocs de la parole. Inégalité pupillaire.

Pendant tout l’été continue à s’accuser d’avoir été un pédéraste, qu’on lui en veut, qu’on va le châtier; il se plaint d’avoir mal à la tête et au ventre. Il pleure quand on cause avec lui et a continuellement l’air triste. Maladresse des membres snpérieurs.

18 septembre. — A tenté de se pendre dans les cabinets avec un torchon roulé en corde.

6 octobre. — Depuis quelque temps entend des voix qui lui disent : « Tu vas aller en prison ». Il prétend entendre les malades et [les infirmiers lui dire ; « Cochon, cochon. »

16 novembre — A de nouveau tenté de s’étrangler cette nuit avec une ficelle.

28 mars 1908. — H... dit qu’il gagnait de l’argent à faire le pédéraste passif ; il aurait amassé 800 francs. Il croit qu’on lui adresse des injures; il provoque les malades qui l’insultent.

septembre 1908. — Progrès de la paralysie générale, amaigrissement, titubation; H.., marche courbé en traînant les pieds; gros embarras de là parole. Délire de grandeur : il a 100 000 francs déposés au Crédit Lyonnais et dix ballons dirigeables dans sa chambre à Paris.

17 janvier 1909. — Tremblement des lèvres et de la langue, bredouillement

incompréhensible. Etat démentiel marqué; délire de grandeur. -Trans¬

fert en province.

H... reconnaît avoir eulavérole, ilest triste, s’accuse de rapports contre nature (ce qui est probablement vrai) ; il fait deux tentatives de suicide, Malgrd les accrocs caractéristiques de la parole, en présence de ce délire qui avait l’aspect de celui que l’on trouve dans la mélancolie, on a fait la ponction lombaire qui a révélé la lymphocytose. D’ailleurs, l’état démentiel sous-jacent au délire était typique. Bien que le malade n’ait pu être suivi très longtemps, la marche de l’affection a paru rapide; il se tenait difficilement sur ses jambes, titubait et s’était amaigri d’une façon considérable à la fin de son séjour.

Paralysie générale sans délire. — Tabès. — Dib..., homme de peine, entré à Bicêtre le 28 novembre 1907 à l’âge de 40 ans.

Renseignements fournis par la femme de D... — D... serait malade depuis deux ans à la suite d’un vol accompli dans son atelier par des cambrioleurs.

Il a été saisi d’effroi, en pénétrant le premier à l’atelier, de constater le vol. Chaque fois qu’il allait témoigner en justice il était profondément « retourné ». — A partir de cet événement, changement de caractère, paresse au travail, mais pas d’excentricité. M"‘ D... dit qu’auparavant elle avait déjà noté une difficulté de la parole. N’a jamais eu d’attaques convulsives. Il y a

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cinq ou six ans, douleurs en éclairs dans les jambes, ayant duré deux mois. — Pas d’excès alcooliques. Cinq enfants bien portants. La femme n’a pas eu de fausses couches.

A Ventrée. ^ Parole tremblée avec accrocs très caractéristiques. Troubles de la mémoire à moitié reconnus par le malade ; incapacité de raconter ce qu’il veut dire; explique niaisement son entrée par l’effroi que lui a causé le vol. Pas de désorientation dans le temps ni l’espace. — Indifférence complète. — Aucun délire. — Écriture très tremblée.

Troubles ataxiques de la marche. Pupilles Inégales, dilatation droite, signe d’Argyll Robertson, signes de Westphal et de Romberg. Diminution de la sensibilité, retard dans les perceptions.

S juin 1909. — Cet état se maintient sans changement notable. Pourtant la démarche est plus incertaine et les membres supérieurs sont atteints aussi d’ataxie avec tremblement marqué, exagéré par l’action. Trouble marqué de la parole.

D... est satisfait d’être ici; il explique qu’il est venu en novembre parce qu’il avait la tête dérangée à la suite de ce vol, mais que maintenant il va très bien. D’ailleurs, si on lui demande si les autres malades qui sont avec lui ont leur raison, il répond que oui. 11 est parfaitement orienté, mais la mémoire lui manque. Il est incapable de dire à rebours sans erreurs les douze mois de l’année. Lecture à haute voix très mauvaise ; D..., saute des mots, en ajoute d’autres et est incapable de dire de quoi il s’agit dans le fait-divers très simple qu’il vient de lire.

D... n’a donc jamais eu de délire pendant que je l’ai vu; il y avait seulement de la satisfaction ; la démence était profonde. Le développement du tabes a eu lieu pour ainsi dire indépendamment de la P. G. Ces P. G. sans délires sont des malades d’hôpital plutôt que d’asile. La coexistence du tabes et de la P. G. est une chose fréquente.

Paralysie générale avec tabes ancien. — Pas de délire. — Mun... J., employé à la Compagnie d’Orléans, entré à Bicêtre à Tâge de SO ans, le 6 février

Renseignements {donnés par sa fille).— Depuis dix ans, M... est ataxique et Une peut plus marcher depuis trois ans, malgré un traitement par la suspension. Depuis un an environ, troubles de la parole, puis erreurs dans le langage, rires sans motif.

A l’entrée, pas de délire, mais satisfaction ; il accepte son entrée à Bicêtre sous le prétexte que, connaissant le docteur Magnan, celui-ci va venir le reprendre (?). 11 est orienté dans le temps et le monde extérieur; pas de troubles marqués de la mémoire. Nombreux accrocs de la parole. Tremblement marqué de la langue et des lèvres. Tabes très avancé, qui, examiné ultérieurement, se manifeste par les signes suivants :

Réflexes rotuliens, achilléens, crémastériens abolis; abdominaux conservés.

Sensibilité conservée. Retard de la perception.

Légère anesthésie de la zone du cubital gauche.

Pas de perte de la notion du relief, mais perte de la notion d’effort à accomplir. Pas de perte des jambes dans le lit. Reconnaissance des objets parle toucher et le palper.

Troubles de la marche très accentués; talonnement, projection des jambes. Quand il s’asseoit, les mouvements du malade ont une amplitude considérable, par énorme hypotonicité musculaire. Signe de Romberg. Le malade « plane « peu et n’a pas d’incoordination des membres supérieurs.

Myosis punctiforme égal des deux côtés. Signe d’Argyll Robertson. Pas de scotôme, pas de mouches volantes, pas d’étoiles.

Pas de bourdonnements d’oreilles.

Goût intact.

Odorat ; quelques troubles.

Progressivement la parole s’embarrasse de plus en plus, et l’état mental devient plus mauvais. M... écrit lettres sur lettres, pour réclamer une indemnité, pour exposer ses états de service, à la Compagnie d’Orléans, au médecin de Sainte-Anne, au chef de service. Ces lettres, à écriture de plus en plus tremblée, sont en grande partie illisibles ; pourtant, on peut, surtout dans les dernières, constater de nombreuses fautes d’orthographe, des lettres, des mots employés les uns pour les autres, et une incohérence assez nette. Le malade, il certains jours, prend un air de supériorité ironique. Tout dernièrement, (le 18 juin) le malade prend spontanément un crayôn et écrit une élucubration tactique presque illisible. A la demande s’il est général, il répond avec suffisance qu’il savait ce qu’il fallait pour écrire cela. Puis ne répond plus à aucune question.

On a donc ici encore une paralysie generale développée sur un tabes ancien. 11 n’y a pas eu de délire pendant l’année où j’ai observé le malade, sauf à la fin. Uécriture au point de vue psychique était très caractéristique de la démence énorme ; le tremblement était aussi très accentué. A peine y avait-il une teinte de grandeur dans les derniers temps.

Paralysie générale. — Troubles physiques très accentués. — Demi-reconnaissance de l’état pathologique. — Chu..., entré à l’hospice de Bicètre, le 21 octobre 1909, à, l’ûge de 40 ans.

(Observation prise et rédigée par M. May, interne du service.)

La maladie date de huit mois, et s’est surtout caractérisée par des troubles de la parole; Chu... s’est jusqu’à présent soigné chez lui, allant toutes les semaines à la Salpêtrière consulter M. Séglas. C’est le malade lui-même qui donne ces renseignements.

C’est un homme petit, plutôt trapu, avec des cheveux légèrement bouclés qui lui retombent en désordre sur le front; sa physionomie est joyeuse et expansive; il parle volontiers et rit fréquemment; et son état actuel ne paraît lui inspirer aucune inquiétude.

D. — Comment vous appelez-vous?

R. — Edouard Chu...

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D. — Quand êtes- vous né?

R. — Le 8 décembre 1869.

1). — Quel âge avez-vous?

fi. — Je n’ai pas tout à fait 40 ans.

D. — Quel métier faites-vous.

R. — Je suis peintre. J’ai été empoisonné parla céruse; ma langue a été paralysée pendant un mois.

Ce qui frappe au premier abord, c’est le gros embarras de la parole ; Gbu. . . s’en rend d’ailleurs très bien compte, et pour le faire voir il essaye spontanément de prononcer les divers mots d’épreuve, sans d’ailleurs y parvenir; mais loin de l’inquiéter, cette impossibilité lui paraît au contraire comique, car, à chaque essai infructueux, il se met à rire. Les autres signes physiques de paralysie générale sont également des plus nets : le malade a du tremblement de la langue; ses réflexes rotuliens sont exagérés; ses pupilles sont égales, mais en myosis accentué, et le signe d’Argyll Robertson est positif.

En opposition avec les signes physiques, les troubles intellectuels sont peu accentués. Chu... est venu seul à Bicétre pour se faire interner, apportant ses certificats et expliquant très clairement sa situation; il est parfaitement orienté dans le temps et dans l’espace.

D. — Où êtes-vous ici?

R. — A l’hospice de Bicétré”.

D. — Qu’est-ce que Bicétre?

R. — La maison où il y en a qui deviennent idiots, fous, qui ont du mal aux yeux.

D. — Ça vous étonne d’être ici?

R. — Non, au contraire ; je suis content.

D. — Est-ce que vous croyez que vous êtes fou ?

R. — Mais non; pensez-vous 1

D. — Alors pourquoi êtes-vous dans une maison de fous?

R. — C’est ma maladie qui veut ça; j’avais comme une e.spèce de commencement de folie ; mais vous allez me guérir.

Chu... lit correctement quoique lentement, et sans sauter de mots; son écriture est sale et désordonnée avec des caractères d’imprimerie au milieu des caractères ordinaires; quelques mots sont sautés, mais en général rajoutés ensuite. Le calcul est correct pour les opérations simples, mais le malade ne peut comprendre et résoudre le problème suivant : « Si 9 poires coûtent 12 sous, et que j’en prennes, combien aurai-je à payer? « 11 dit :

« Oh ! je faisais cela bien plus vite, autrefois. »

Sa mémoire est bien conservée pour les faits simples ; il énonce correctement la suite des mois dans le sens habituel et dans le sens inverse ; mais il est incapable de se rappeler des choses un peu complexes. 11 se rend d’ailleurs très bien compte de cette diminution de mémoire, mais sans perdre pour cela sa bonne humeur et son optimisme.

D. — Votre mémoire était meilleure autrefois.

R. — Oh! oui.

D. — Depuis quand a-t-elle diminué?

R. — Depuis que j’ai été à la Salpêtrière.

D. — Ça ne vous inquiète pas d’avoir un peu perdu la mémoire?

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R. — Oh! non, du moment que vous allez me soigner.

Chu... n’est resté que trois jours dans le service, sa femme étant venue le reprendre le 25 octobre.

Ce qui est frappant chez ce malade, c’est la reconnaissance partielle de V affection avecTindifiFérence qui l’accoinpagne et l’dnorme embarras de la parole qui semble s’être développé très rapidement.

On a ainsi vu des paralytiques généraux avec des formes variables de délire ou sans délire, en somme avec des symptômes habituels, avec une évolution habituelle. Les deux observations suivantes sont au contraire des exemples d’évolution moins ordinaire, l’une prolongée, l’autre rapide.

Paralysie générale sans délire. — Longue durée. — Mar... Albert, menuisier, entré à Bicêtre le 15 décembre 1908, à Page de 48 ans.

Ce malade vient de Ville-Evrard où il était entré en 1900 avec le diagnostic de paralysie générale; il semble qu’il n’ait déjà pas à cette époque présenté de délire.

Sa femme ne s’explique pas son transfert qu’elle n’a pas demandé. Mariés en 1892, ils n’ont pas eu d’enfants; il n’y a pas eu de fausses couches. M. n’a plus ses parents ; il a un frère bien portant ; un petit cousin est mort à Bicêtre (?) . En 1898, à l’atelier deM., on s’aperçoit qu’il perd la tête; il ne fait plus ce qu’on lui dit, il commet de grossières erreurs dans le travail. Jamais il n’aurait dit de bêtises chez lui, il paraissait plutôt « innocent ». Il prenait du vin blanc et trois ou quatre absinthes par jour. Depuis un an, avant le début de l’affection, sa puissance génitale était nettement amoindrie. En 1898, il consulte à la Salpêti'ière et on conseille le placement.

A l'entrée. — Aspect satisfait et empressé. Difficulté de la parole, plutôt précipitée que bredouillée, mais impossibilité de prononcer certains mots caractérisüques. Le malade s’aperçoit de cette difficulté et l’attribue à la maladie depuis cinq ans ; mais il n’en est pas autrement affecté. Mémoire relativement conservée. Orientation locale bonne ; mais ne sait pas la date exacte, hésite sur son ûge et dit 42 ans. « Je suis né le 10 mai. » Sait l’année de sa naissance, 1865, et la dit. 11 calcule alors correctement son âge et dit 43 ans. Mais il est incapable de résoudre le petit problème suivant : Voici un franc, vous voulez avoir 20 francs, combien faut-il ajouter de francs à la pièce de franc. On lui demande combien il s’est écoulé d’années depuis l’exposition de 1900. Bien qu il sache l’année, il est incapable de répondre ; il dit qu’il ne se souvient pas. Il ne comprend pas d’autres questions aussi simples.

Etat somatique; embarras de la parole déjà noté. Signe d’Argyll Robertson. Abolition des réflexes rotuliens.

9 fémier 4909. — Depuis un mois sert de servant interne ; il travaille avec satisfaction et zèle. On l’interroge sur son métier de menuisier. Il donne des explications embrouillées ; il explique avec beaucoup de peine comment on lait un pied de table. Mais il a une grosse difficulté à dire combien il gagne

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par jour et combien cela fait à l’heure. On l’interroge sur son métier de servant interne ; il fait des réponses absurdes :

D. Vous faites les lits à l’inflrmerie. Je suppose que vous n’ayez plus de matelas, comment feriez-vous ?

R. — Je mettrais la couverture.

D. — Si vous manquiez de di’aps, comment feriez-vous ?

R. — Je ferais le lit sans draps.

11 est très satisfait de ces réponses et de lui-même.

Dans le service s’occupe avec zèle et contentement. 11 fait sa toilette seul; il mange gloutonnement et seul. Il est sociable avec tous, mais il se lie plus facilement, plus particulièrement, avec lesidiots, paralytiques généraux et persécutés yiébiles qu’il trouve intelligents : par exemple Cha... L, paralytique général, alité et très dément, lui paraît parfaitement sain d’esprit (voyez ci-dessus, p. 410 ). 11 ne sait pas quel genre de malades on soigne ici. Il fait un bon accueil, mais ■sans empressement, à sa femme. Il paraît lire le journal de temps en temps ■et se promène parfois dans la cour. Il se trouve très bien et ne demande pas il sortir.

8 mai 1909. — On le prie d’écrire ce qu’il voudra. Il écrit avec des mots sautés et des majuscules à presque tous les mots :

« J le 7 mai Hosp de Becttre

(( Je vait Vous Dire si Voulez Avoir la Bonté de Venir Me Voir Dimanche ou ■« jeudi prochain Sans Faute Du reste je mennue Beaucoup et je crois que Au- ■« tantt’ennues de ne pas Me Voir ; Donc A Dimanche je ne Voit plus lûenAte « Dire pour le moment Je tembrasse Bien Des Fois.

« Signé Gabriel. »

On lui demande alors : — C’est à votre femme que vous écrivez ?

R. — Oui

D. — Vous lui dites donc vous à votre femme?

R. — Oui, je lui dis tu ou vous, mais ce que j’écris c’est pour un ami.

D. — Mais à la fin de la lettre, vous mettez : je t’embrasse bien des fois. Vous embrassez donc vos amis ?

R. — Oui, c’est pour dire.

Il n’y a pas moyen d’avoir d’autre explication.

On lui fait tracer un plan de fenêtre. 11 le trace bien, mais se trompe dans les cotes ; la fenêtre a 2 m. 80 de hauteur et le milieu 1 m. 80 seulement, ■elle doit avoir 1 m. 80 de large et il ne donne aux croisillons que 0 m. 40. De môme il trace un plan qu’il dit être un plan d’escalier, plan absurde au bas ■duquel il met : Equalier Écolier Signé Gabriel.

En somme, c’est une P. G. qui dure depuis dix ans. Tout au moins depuis deux ans il n’y a pas eu de délire, mais seulement une démence intense avec satisfaction et occupations automatiques dans le service. Ce sont des cas où on se demande toujours involontairement s’il ne s’agit pas seulement de syphilis cérébrale,

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bien qu’il n’y ait pas de signes de lésions localisées. S’agit-il d’une rémission, chose si fréquente dans l’alfection qui nous occupe, mais de longueur inusitée?

Le malade suivant est au contraire un exemple de P. G. à marche rapide, environ un an et demi de durée, très probablement raccourcie par le traitement mercuriel suivi, car le mercure pour le paralytique général est tout ce qu’il y a de plus dangereux. \ie, cerveau rnalade du P. G. ne supporte pas ce médicament. D’où la règle de ne jamais en donner dès qu’on est certain de son diagnostic.

Paralysie ge'nérale à marche rapide. — Fay... A., ex-directeur de théâtre, entré à Bicêtre le 4 juin 1909, à l’âge de 60 ans.

Renseignements {fournis par un ami du malade et un confrère de B...). F..., a commencé à être malade il y a un an et demi environ avec embarras progressif de la parole, difficulté à se tenir sur ses jambes, changement marqué de caractère « ou le désespoir et la colère alternaient avec l’euphorie sans mégalomanie vraie à aucun moment. » 11 vient à Paris; un médecin lui fait des piqûres de benzoate de mercure vei-s le mois de janvier (une vingtaine environ); il retourne à B..... et son médecin dans cette ville continue les injections, au nombre de quinze à vingt, de 4 centigrammes de benzoate par jour. 11 y a deux mois F... revient de nouveau à Paris, très aggravé, mais sachant, paraît-il, encore ce qu’il faisait. Ici il devient paralysé du côté droit, commence à délirer; il se croyait volé; le jour de son arrestation il était descendu dans la rue, voulant courir après une jeune fille qui, prétendait-il, lui volait son linge. Envoyé au dépôt, le 27 mai, le 28 à Sainte-Anne.

5 juin 1909. F... est un homme grand et fort, chancelant sur ses jambes,

complètement incohérent et désorienté. Il sait son nom, mais dit se trouver dans la rue du 4-Septembre et être marchand de bois; impossible d’enrien tirer. Mais à la fin de l’examen il dit ; « Je vais vous dire une petite histoire, j’ai eu la syphilis,

D. — A quel âge ?

R. - A 40 ans.

D. — Il y a combien de temps ?

R. — Il y a 45 â 50 jours.

Il y a un gros tremblement de tous les membres, des lèvres, avec bredouillement, empâtement extrême de la parole, mais pas d’achoppement proprement dit: une hémiparésie droite avec réflexes exagérés, surtout à droite, trépidation épileptoïde du même côté, mais pas de signes de l’éventail de Babinski. Pupilles rétrécies, inégales, signe d’Argyll Robertson. Rien d’autre dans les autres organes. Cicatrice â l’extrémité du gland, paraissant celle d’un chancre induré.

Les jours suivants, loquacité, agitation incohérente, nécessité d’une surveillance continue. Peu à peu le calme s’établit et la mort survient le 13 juin sans accident préalab e quelconque. — Autopsie refusée.

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Paralysie générale avec rémission. — Appoint alcoolique. — L... L., 45 ans, limonadier, entré à Bicètre le 21 octobre 1909, sorti le 23 février 1910.

22 octobre 1909;

D. — Votre nom?

R. — L.., Louis, Edouard, né à Paris en 1864.

D. — Age ?

R. — J’ai 45 ans le 14 février.

D. — Date ?

R. — 19 ou 20 octobre 1909.

D. — D’où venez-vous ?

H. Je viens de Sainte-Anne où j’avais été me reposer chez M. le docteur X... qui est presque un père pour moi. Je le connais depuis plus de vingt ans. D. — Vous buvez?

R. — Je ne bois que de l’eau et de la tisane avec des feuilles d’oranger et de la tisane de tilleul.

D. — Vous êtes satisfait d’être ici ?

R. — Oh ! oui, je suis enchanté et j’ai demandé du travail.

D. — Et votre maison de commerce ?

R.’ — Oui, c’est cela qui m’ennuie; et puis ma femme ne va pas bien, c’est ce qui me désespère. Elle est folle ; elle a voulu se suicider. Alors j’ai pris un rasoir et je lui ait dit : « Si tu fais cela, je me coupe le cou et je te fais embrasser ma tête. » Et ça l’a arrêtée.

Léger tremblement des mains.

Pupilles égales.

Pas d’Argyll.

30 octobre 1909. — Le malade est très agité depuis quelques jours, chante toute la nuit, et se querelle avec ses voisins. Cette nuit, il a déchiré une couve j-ture.

Dans la journée, on l’a surpris mangeant des matières fécales; il a frappé le garçon qui s’y opposait.

4 novembre 1909 :

D. — Comment ça va?

R. — Oh! parfaitement. Je n’ai jamais été si bien.

D. — Vous buvez beaucoup?

R. — Oh! oui, autrefois, quand je tenais une buvette. Maintenant, je ne bois que du lait.

D. — Vos organes sont en bon état?

R. — Oui ; mes bras sont épatants. J’espère pouvoir soulever 1 200 livres aux Folies-Bergère.

10 novembre 1909 :

D. — Vous mangez votre caca?

R. — Oh! non, ça ne serait pas propre. Je le sens; ça sentla fleur d’orange. D. — Quel jour sommes-nous?

R. — Le 24 ou le 25 à peu près.

D. — Quel mois?

R. — Novembre.

D. — Quelle année ?

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D. — Quel âge?

R. — 43 ans.

D. — Date de naissance ?

fi. — 1864.

D. — Vous vous trompez ?

Le malade prend un air ennuyé et répond insolemment.

D. — Quand débutez-vous aux Folies-Bergère ?

R. — Demain ou après-demain. Et puis je débuterai à l’Opéra Isola ou à l’Opéra pour chanter Mireille ou Tannhauser ou la Walkirie.

D. — A quel âge avez-eu la vérole ?

R. — Jamais...

<( Je n’ai pas une voix, j’en ai huit : basse, basse chantante, baryton, baryton léger, ténor léger, ténor, ténor soprano, soprano.

« Je peux chanter les rôles de femme et il n’y en a pas une, pas même la Patti, qui chanterait aussi bien. »

'/3 novembre 1909.

Lymphocytose nette. Une dizaine d’éléments par champ.

Ce délire de grandeur incohérent a disparu peu à peu, si bien qu’on a pu rendre le malade à sa femme le 23 février 1910 toujours, d’après ce que j’ai su, sans signes physiques nets de paralysie générale.

On voit là un exemple de rémission des accidents les plus tumultueux. Caria rémission ne porte qu’exceptionnellement sur les signes physiques (ici absents) et pas sur les démentiels. Ces rémissions sont de durée variable, de quelques jours à quelques mois et rarement davantage. C’est ce qui rend le pronostic de la durée si épineux. Cependant, il arrive souvent que l’entrée à l’asile, surtout chez les malades ouvriers, alcooliques généralement, amène une sédation par privation d’alcool et meilleure hygiène générale. C’est ce qui est vraisemblablement arrivé chez le malade précédent. Pourtant, on voit souvent des rémissions en l’absence de toute intoxication préalable.

Quelques symptômes spéciaux. — Les observations qui suivent maintenant concernent des petites particularités beaucoup moins fréquentes, mais qu’il est bon de connaître, la P. G. étant une mine inépuisable de choses de ce genre.

Paralysie générale avec tremblement intense. — Bau... J., coiffeur, entré à Bicêtre le 30 octobre 1910, à l’âge de 36 ans.

B... vient de la Santé à la suite d’une infraction à la police des chemins de fer et d’inculpation de vagabondage. Le rapport médico-légal le déclare atteint de paralysie générale.

Effectivement il est dément, désorienté, satisfait, il a des accrocs dans la prononciation des mots.

Le 18 novembre 1906 il trouve moyen de s’évader par une pluie torrentielle.

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Il est réintégré le 6 décembre dans le même état. Les différentes lettres qu’il écrit sont caractéristiques : lettres sautées, mots estropiés, etc., lettres finement tremblées. Quelques-unes portent sous la signature ; député et sénateur, avec une orthographe des plus incorrectes, probablement habituelle. Peu à peu son état s’aggrave, et le 2 septembre 1907 on note : démence complète, délire de grandeur, il est riche à millions, il est député et sénateur, il va épouser Mue 'p q^j jjjj château ; il est alité, il gâte ; parole extrêmement difficile; tremblement marqué de la lèvre supérieure, surtout à gauche.

Continuation de l’aggravation, le tremhlement se généralise par moments, même au lit où il est obligé de rester, ne pouvant plus tenir sur ses .jambes; on note des périodes où ce tremblement s’exagère.

4 juin 4909. — Démence complète. Grosse difficulté de la prononciation; on perçoit cependant qu’il se dit député, sénateur et millionnaire; difficulté d’avoir avec lui une conversation quelconque qui n’est plus comprise ou à peine. On essaie de le faire écrire; il peut encore écrire son nom; mais comme on lui dicte ; Voici dix ans que je suis à Bicêtre; il écrit, en jetant ses mots au hasard sur la feuille, d’abord le chiffre 10, ensuite, avant, le mot ; Voici, et enfin après le mot dix, les mots ; à Bicêtre. Les lettres sont finement tremblées par place, mais en plus elles sont anguleuses, à crochets brusques, ce qui est dû au tremblement spécial du malade.

En effet, ce qu’il y a d’intéressant chez lui, c’est le tremblement intense, (jénéralisé, comme je n’en ai encore vu qu’un exemple auparavant : ce tremblement est constitué par deux éléments : d’une part, un tremblement fin, continu, peu accentué (visible sur les premières lettres et sur le dernier écrit d’aujourd’hui) et d’autre part des secousses ii grandes oscillations qui surviennent sous l’influence de la moindre excitation, telle que heurt ou bruit. Elles se produisent également au cours des actes, en décomposant le mouvement en une série de mouvements saccadés. Mais il n’y a pas là de tremblement intentionnel. Cela est surtout accusé à gauche, et surtout au membre .supérieur. Sans ataxie proprement dite, le malade a de la peine à prendre un objet de la main gauche, les secousses lui faisant dépasser le but. La marche est incertaine, mais spasmodique, sautillante, à cause de ces mêmes secousses. Le malade serre peu avec les mains, qui semblent avoir perdu notablement de leur force.

Les réflexes sont très exagérés aux membres supérieurs et inférieurs, mais pas de trépidation épileptoïde, pas de signe de Babinski. Les pupilles normales réagissent vite à la lumière et à l’accommodation.

4 S octobre 4909. — Mort dans le marasme.

C’est là l’exagération du tremblement que l’on trouve à peu près chez tous les P. G., avec secousses spéciales surajoutées.

Paralysie généràle. — Mort avec hypothermie (1). — Ly..., âgé de 43 ans, entre à Bicêtre le 3 mars 1909, avec le diagnostic de paralysie générale

(1) Cctto observation été rédigée et communiquée par M. André Collin, interne des Hôpitaux, à la Société médico-psychologique. Voir Annales médico-psychologiques, juillet-août 1909.

PARALYSIE GÉNÉRALE

Antécédents. — Sa sœur nous apprend les jours suivants qu’un grand’pèreaurait été fou six ans avant de mourir à 73 ans; que leur père serait mort d’une maladie cérébrale.

Le caractère antérieur du malade était doux ; mais il était « exagéré en tout », vantard; il aimait à faire montre des connaissances qu’il avait acquises en voyageant pour son commerce de rideaux. 11 avait fait son instruction luimême et n’avait pas même passé son certificat d’études.

Le début de sa maladie, toujours d’après sa sœur avec laquelle il habitait,, remonterait à six mois. A cette époque son caractère change d’une façon manifeste; il fait à table de futiles et fréquentes querelles à sa sœur.

Cependant, il devait avoir commençé à être malade depuis dix-huit mois. au moins, car, alors que ses rapports avec les autres étaient encore normaux, sa sœur dit l’avoir entendu la nuit jouer aux cartes seul dans sa chambre et faire à haute voix la démonstration des différentes façons de s’y prendre pour s’assurer le gain de la partie. Il passait aussi la plus grande partie de ses journées à jouer d’une « façon effrénée ». Nous ajouterons qu’il a eu la syphilis, et qu’il buvait abondamment les apéritifs les plus divers.

A Toulouse, en octobre 1908, il aurait eu un état morbide, qualifié crise de neurasthénie, au cours duquel on arrive juste à temps pour lui retirer le revolver avec lequel il avait l’intention de se tuer.

11 est invité à dîner, le 3 mars 1909; contrairement à ses habitudes, il se refuse à changer de vêtements pour se rendre à cette invitation; il rentre à

10 heures du soir et se met à crier subitement que la fortune lui est venue, qu’il est millionnaire, etc., etc.; toute la nuit il est très agité et très excité; oi> l’envoie d’office au Dépôt, de là à Sainte-Anne, puis à Bicêtre.

Les différents certificats constatent que cet état de vive agitation et d’excitation n’a point cessé.

6 mars 1909. — Son entrée dans le cabinet du médecin et sa tenue sont caractéristiques. La tête haute, il entre résolument en disant : « Je suis le milliardaire ». On le fait asseoir. II le fait sans difficulté en disant : « Oui, mon-

Dès lors, rien ne peut arrêter son flux de paroles. « Je suis le plus bol homme, je vais chanter (il chante quelques couplets) ; je suis l’homme bolide ;. voulez-vous parier qu’en huit secondes je vous envoie au Vésuve avec moi; vous me donnerez le bras; je mets une armure en caoutchouc, je prends des. instruments de science, je danse sur un volcan, sur un moteur de 40 000 chevaux; ainsi, tenez, je vais porter votre fauteuil à bras tendus. »

Nous n’insisterons pas davantage sur ce délire caractéristique ni sur les. autres signes de démence.

Les signes physiques sont non moins probants ; Myosis, signes d’Argyll. Robertson, abolition des réflexes rotuliens et achilléens, achoppement à certains mots.

8 mars. — 11 est absolument dans le même état d’agitation et d’excitation.

Il mord un malade qui veut prendre ses vêtements.

11 accueille ainsi l’interne : « On m’a assassiné, viens voir cela; j’ai téléphoné à M. Lépine (en pleurant). Je suis fort, je l’aurais tué si j’avais voulu avecun doigt, mais je n’ai pas voulu. »

Les jours suivants, l’insomnie est presque absolue ; il fuit du bruit la nuit.

PARALYSIE GÉNÉRALÉ.

on est obligé de le mettre aux agités. On n’a pu lui donner qu’un seul bain prolongé le 1 mars, parce que le lendemain il a été pris d’une syncope au bout d’une heure de bain. Pour la même raison, on lui a donné peu de chloral. 11 n’avait d’ailleurs pas de lésion cardiaque constatable.

Dans la nuit du IS ou 16 mars, à 2 heures du matin, toute agitation et toute excitation cessent brusquement. On le transporte à l’infirmerie, l’interne de garde constate une certaine algidité. U tâche d’obtenir une réaction par des frictions d’alcool, des sinapismes, des injections d’alcool.

A 10 heures, le malade est dans le coma; température rectale 33", 8; même traitement que ci-dessus.

A 11 heures, le corps est froid; température 34°; la figure est grimaçante, les oreilles sont cyanosées, les membres supérieurs sont raides; le pouls est impossible à compter. L’auscultation fait entendre IS il 18 systoles par minute.

Insensibilité absolue à toutes les excitations.

A deux heures, on fait une injection sous-cutanée de 230 grammes de sérum physiologique.

Les systoles deviennent un peu plus fréquentes sous l’influence d’huile camphrée; la température est voisine de 34°.

Mort sans avoir repris connaissance ù, 4 heures et demie. La température, prise à 4 heures, était la même.

Opposition pour l’autopsie.

Je ne reviens pas sur les signes de début qui peuvent aussi se rencontrer dans la période d’état, ni sur d’autres petits signes de détail, déjà donnés à la sémiologie, qui peuvent apparaître parfois et qui ont leur importance bien plus pour la pathologie que pour la clinique :

Les stéréotypies motrices et verbales (p. 209);

La catalepsie (p. 222).

Remarques générales. — Des observations qu’on vient de lire, il ressort que la P. G. est une affection à symptômes touffus^ très nombreux, variables, mais dont le fond est d’une part la démence, démence en bloc, révélée souvent au premier coup d’œil par le masque spécial (je ne saurais trop insister sur l’importance de ce signe révélateur, difficile à décrire sans doute, mais qu’on reconnaît ■ facilement avec l’habitude), avec ou sans délire de teinte variable, mais souvent de grandeur, « mobile, diffus, incohérent et contradictoire, » en règle générale, et d’autre part des signes physiques capitaux dont les plus importants sont : l’achoppement, le bredouillement de la parole, le tremblement fibrillaire des lèvres et de la langue, les signes oculaires, surtout le signe d'Argyll Robertson, et la lymphocytose. Cette affection évolue fatalement vers la mort, terminaison que j’ai pu montrer dans plusieurs

PARALYSIE GÉNÉRALE

de ces observations, après une durée qui varie de quelque mois à dix ans et plus, mais qui est fréquemment coupée par des rémissions.

La coïncidence de la vérole, constatée par des signes certains, signe d’Argyll Robertson, tabes, ou avouée par les malades, est trop fréquente pour qu’il n’y ait pas une relation entre la P. G. et elle. En fait, celle-ci est la cause de celle-là, comme pour le tabes. Tabes et P. G. sont deux manifestations dites si elles sont liées à la syphilis, elles ne paraissent pas lui être liées directement, car le traitement mercuriel intensif est nuisible pour la P. G. Celle-ci a une lésion des plus caractéristiques révélée par la lymphocytose : c’est une méningo-encéphalite diffuse qui n’apparaît que plusieurs années après le chancre. L’âge moyen où apparaît la P. G. est l’âge moyen de l’homme, car on contracte généralement la syphilis dans la jeunesse; le maximum de fréquence de la P. G. se trouve vers la douzième année de l’infection. On connaît aussi des cas de paralysie générale infantile^av sypliilis héréditaire et des cas tardifs après 60 ans.

Difficultés du diagnostic. — La fréquence de la P. G. est si grande et elle a des allures si variées qu’il faut toujours y songer en présence d’un homme adulte, entre 33 et 50 ans, présentant des troubles mentaux. D’autant plus que si les cas que j’ai rapportés jusqu’ici ne donnent pour la plupart lieu à aucun doute, il n’en est pas toujours ainsi. Ce qui apporte la plus grosse difficulté au diagnostic, c’est l’alcool. N’ai-je pas mentionné plus haut ces formes d’alcoolisme chronique dites pseudo-paralysies générales alcooliques? D’autre part la fréquence de l’alcoolisme dans les antécédents des P. G. d’asile fait que très fréquemment on se trouve en présence à’hybrides. Voici un exemple où la ponction lombaire, dont le résultat aurait été décisif, n’ayant pu être faite, par .suite de circonstances particulières, je n’ai pu être certain du diagnostic, d’autant plus que je n’ai pas revu le malade : il y avait chez lui alcool certain et syphilis ancienne certaine, puisqu’il avait des gommes en évolution.

Alcoolisme certain. — Syphilis démontrée par des gommes. — Est-ce delà paralysie générale? — Sc.... Jean, journalier, entré à Bicêtre le 5 février 1909, à rage de 45 ans.

Antécédents {fournis par la femme.)— S.... buvait habituellement beaucoup de vin et de l’absinthe ; il avait des cauchemars, de l’agitation nocturne et (les crampes. Il y a un an s’est levé une belle nuit disant qu’une voiture l’atten-

CHASUN. — Sémiologie. 28

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dait en bas. 11 y a quatre semaines il rentre de son travail se plaignant de la tête et commence à dire des choses incohérentes (renseignements très vagues); il a eu. cinq enfants dont deux morts en bas âge (le premier et le cinquième).

7 février. — A l’entrée, on constate une parole presque inintelligible. Propos complètement incohérents. Réflexes rotuliens faibles. Inégalité pupillaire, mydriase gauche, mais réaction vive à la lumière. Gros tremblement de la langue.

Sur le tiers moyen du tibia droit, à la partie antérieure, on constate une perte de substance arrondie de la grandeur d’une pièce de 5 francs ; deux plus petites du même aspect se voient tout près à la face interne du tibia. Ce sont des gommes typiques.

On donne pendant dix jours 8 grammes d’iodure de potassium. Emplâtre de Vigo.

5 mars. — Amélioration de l’état mental, mais signes nets de démence. Guéi'ison des trois gommes.

26 mai — La famille réclame le malade ; on le lui rend après un nouvel examen. Les signes physiques sont en grande partie disparus, mais le malade a toujours de la perte de mémoire, de la désorientation; il est incapable d’un raisonnement simple et il est encore incohérent : par exemple, il dii qu’il y a douze jours dans un mois, puis qu’il y a des mois de 24 jours, 30 et 31 jours, etc.

Dans l’exemple suivant, la paralysie générale disparaît en partie sous le masque de l’alcoolisme ; mais les signes physiques èont trop nets pour qu’on puisse méconnaître la première.

P. G. — Complication d’alcoolisme. — Keh..., maçon, entré à Bicêtre le 11 septembre 1908, décédé le 11 mars 1909.

11 paraît qu’il buvait énormément de vin, mais pas d’alcool, d’après son frère. 11 aurait été soigné avec des pilules il y a plus de vingt ans.

Le malade est peu solide sur ses jambes, abolition des réflexes rotuliens, accrocs de la parole, signe d’Argyll Robertson, euphorie légère ; démence ; dans la journée et le soir il voit des rats autour de lui et fait souvent le geste de les saisir ; il crie parfois comme s’il était à son travail en regardant au plafond ; <( Eh là-bas ! fais attention à tomber ! » Tous les matins il raconte que la veille au soir il est sorti en voiture avec l’infirmier et qu’il ont « tapé sur la queue du cheval parce qu’il n’y avait plus de vin et qu’il n’a bu que du lait. » 11 ne peut se tenir debout et reste couché constamment. L’affection a' une marche rapide. Mort par cachexie le 11 mars.

Il y a là un hybride d’alcoolisme, vraisemblablement délire alcoolique subaigu avec syndrome de Korsakoff, pseudo-souvenir toujours le même, avec la paralysie générale nette préciséepar le signe d’Argyll et les accrocs caractéristiques.

J’ai eu l’occasion de voir plusieurs malades qui avaient été envoyés à Bicêtre sous l’étiquette de P. G. L’un deux en particu-

PABALYSIE GÉNÉRALE.

Ikr avait été soigné antérieurement dans un asile, pour cette affection, par un médecin des plus compétents. Il est resté pendant les trois ans que je Fai vu dans un tel état d’amélioration que je me suis demandé s’il était bien un P. G. et j’ai fini par pencher vers le diagnostic de syphilis cérébrale^ améliorée sans traitement. On lira cette observation au chapitre Syphilis cérébrale (p. 441). Je mentionnerai aussi plusieurs cas de paralysie pseudo-bulbaire, qui ont été pris pour de la P. G. Je les rapporterai au chapitre Démence artérielle. Enfin je n’insiste pas sur plusieurs malades qui n’étaient que des alcooliques, ni sur d’autres qui n’étaient que des débiles et qui ont été pris pendant un certain temps pour des paralytiques.

Mais c’est une preuve de la difficulté que l’on peut éprouver si souvent à formuler un diagnostic certain. La ponction lombaire est d’une importance capitale dans les cas douteux, à moins qu’ü s’agisse de distinguer la P. G. de la syphilis cérébrale, ce qu’eUe ne peut faire, puisqu’il y a lymphocytose dans les deux cas.

Exposé général.

La paralysie générale, qui est pathologiquement une méningoencéphalite diffuse parasyphilitique, est caractérisée cliniquement par une démence « globale », avec ou sans délire, et des signes physiques spéciaux.

La syphilis est nécessaire. Quelquefois elle est héréditaire (P. G. juvénile). Dans les antécédents, on a signalé parfois la folie ou les affections nerveuses des parents. On incrimine comme causes adjuvantes : l’alcool (si fréquent chez les malades d’asile), la civilisation, la vie dans les villes, le surmenage.

Le maximum de fréquence tombe entre la dixième et la quinzième année de la syphilis, par suite entre la trentième et dp cinquantième année d’âge en général. Chez l’enfant, entre 13 et 20 ans (syphilis héréditaire).

Période prodromique. — Parfois très longue (années).

Changements d’humeur et de caractère brusques. Craintes vagues. Lassitude, faiblesse, douleurs névralgiques variées et singulières, maux de tête intenses, sensations bizarres dans la tête.

Début (Période dite médico-légale).

Signes psychiques. — Suractivité intellectuelle et motrice, par-

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fois joie enfantine, OU dépression, inertie avec des faiblesses intellectuelles fréquentes, pseudo-neurasthénie ; oublis, erreurs, négligence. Perte de la politesse; perte des sentiments moraux; actes absurdes , achats, ventes inconsidérés, vols ridicules, etc. Délits variés. Égarement dans la rue. Fugues. Exhibitionnisme; ismtéroe; attentats à la pudeur et aux mœurs.

Signes physiques. — Maladresse dans le travail; mauvais travail; parésies passagères oculaires fréquentes; ictus apoplectiformes, épileptiformes, légers troubles de la parole; migraine ophtalmique; troubles viscéraux divers; insomnie ; cauchemars effrayants parfois.

Période d'état. — Le masque du P. G. est le plus souvent caraetéristique de très bonne heure.

Signes psychiques. — Démence progressive en masse :

Perte de l’attention, difficulté à la fixer et à la maintenir; un des meilleurs procédés révélateurs est de demander les mois à rebours.

Perte, de la mémoire des faits actuels et antérieurs.

Pertes du jugement et du raisonnement (par exemple très souvent le malade qui sait encore la date de sa naissance et à qui on dit la date actuelle est incapable de savoir calculer son âge).

Incapacité de percevoir une énorme contradiction.

Désorientation dans le temps et le monde extérieur.

Fatigabilité rapide (à la fin de la conversation la démence apparaît plus qu’au début, de même quoies accrocs de la parole). ^

Indifférence. Satisfaction fréquente, joie, crédulité, passivité. Tristesse, etc. Les sentiments moraux, familiaux, sociaux, de convenance, de pudeur, onfdisparu. Exhibitionnisme. Attitudes et tenue en rapport.

Gloutonnerie. Actes incohérents et absurdes. Chiffonnage. Erotisme. Frigidité. Excitation et agitation. Dépression, stupeur. Incohérence. Aspect circulaire. Impulsions, suicide. Violence, homicide. Fugues. Stéréotypies.

Délire surajouté non indispensable ; En règle absurde, mobile, contradictoire, incohérent. — Délire de grandeur (souvent avec excitation et agitation), optimiste. Délire d’auto-accusation, de ruine, d’amoindrissement, hypocondriaque, dénégation, de transformation corporelle, de persécution avec ou sans hallucinations (quelquefois relativement systématisé) ; ces teintes délirantes sont plus ou moins mélangées, ou alternantes, ou pures.

Signes physiques. — Masque paralytique.

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Tremblement fibrillaire et instabilité des mains, de la langue, des lèvres, des muscles de la face. Parésies, paralysies transitoires. Catalepsie, spasme, crampes, contractures, mâchonnement, grincement des dents.

Marche difficile par parésie, ataxie, tremblement, quelquefois spasmodique. Chutes soudaines.

Troubles de la parole: Faire lire à haute voix un passage un peu long. Quand ils ne sont pas très marqués, ils se manifestent surtout à la fin; ils peuvent disparaître avec l’excitation et le bavardage. Trémulation, achoppement, bredouillement, traînement, hésitation; suppression, redoublement, interversion d’une ou plusieurs syllabes.

Troubles de l écriture : 1° calligraphiques: écriture tremblée, ataxique, mal formée, malpropre, etc. ;

5° Psychiques :

a) Ordonnance de l’écrit : choix du papier, sale, bizarre; direction irreguliere des lignes, majuscules à tort et à travers, intercalation de figures et de dessins, fautes d’orthographe, mots et syllabes sautés, oublis, etc. ;

b) Troubles du contenu dus à la démence et au délire : style, composition, mots de grandeur, etc.

Troubles visuels. Rétrécissement, dilatation, déformation, inégalité pupillaire ; perte des réflexes, signe d'Argyll Robertson, réaction paradoxale.

Ptosis, strabisme, diplopie, nystagmus, lésions du fond de l’œil. Réflexes tendineux ; exagérés, abolis; cutanés : variables; signes de Babinski et de Kernig.

Altérations de la sensibilité; signe du cubital.

Troubles trophiques, othématome (1), altérations diverses de la peau et des ongles; zonas, éruptions diverses.

Escarres (2), artbropathies, fractures spontanées, atrophies musculaires.

Autres appareils : lésions diverses.

Rétention d’urine, parésie intestinale, gâtisme fécal et urinaire. Amaigrissement progressif. Crises d’amaigrissement et d'en-graissement variables.

Lymphocytose,

Ictus apoplectiformes, épileptiformes, paralytiques, aphasiques.

(I) Epanchement sanguin clans le pavillon de l’oreille.

( ) Elles ne se produisent que chez les malades mal soignés ou toutàfait à laün.

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Hyperthermie, hypothermie.

Période terminale. — Aggravation de la démence. Disparition de l’intelligence.

Incapacité de se tenir debout.

Gâtisme vésical et anal; stase urinaire et fécale ; engouement, paralysie du gosier. Cachexie, troubles trophiques, escarres.

Complications :

-' ■Tabes, sclérose des cordons pyramidaux.

Hémorrhagie cérébrale.

Pneumonie, tuberculose, congestion pulmonaire.

Infections de la peau, furoncles, anthrax.

Gommes, etc.

Complications intestinales, urinaires.

Marche . — Fatale, rapide ou lente. Rémissions très fréquentes. Durée. — De quelques mois à dix ans et plus. Moyenne : trois ans à quatre ans.

Cachexie.

Décubitus aigu.

Ictus.

Ftat de mal.

Hypothermie.

Engouement.

Complications.

Elle paraît arriver surtout en novembre et décembre.

Formes (peu nettes) :

Classique avec délire de grandeur (rémissions fréquentes). Agitée (quelquefois très rapide).

Dépressive (quelquefois très rapide).

Circulaire.

Hypocondriaque.

Avec délire de persécution et hallucinations.

Démentielle simple. '

Tabétique.

Féminine-, un peu spéciale ; l’aspect est terne, fruste, effacé. Le délire est moins riche, peut-être parce qu’il y a moins souvent d’alcoolisme adjuvant, et il roule souvent sur les préoccupations .génitales (100 millions d’enfants, fleuve de sang menstruel, etc).

(t) Quelques auteurs ont donné des cas de guérison do P. G.; jusqu’à plus ample informé, je crois qu’on peut continuer à considérer pratiquement la P. G. comme incurable.

Terminaison : la mort (1)) par . j

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Infantile: elle se montre le plus souvent sous la forme de démence simple paralytique sans délire. L’évolution est très lente, d une duree assez longue. Je crois qu’on l’a souvent confondue avec la syphilis cérébrale simple héréditaire (voyez p. 491). — A mon avis on ne peut admettre la P. G. infantile que lorsqu’il y a les signes physiques pathognomoniques : accrocs de la parole, tremblement fibrillaire des lèvres et de la langue, masque. ■

Diagnostic (1). — DelaP. G. juvénile, avec ; la débilité mentale ; la syphilis cérébrale; la démence épileptique; l’hébéphrénie.

De la période prodomique, avec ; la neurasthénie.

De la période de début, parfois très difficile, avec : la neurasthénie; la neurasthénie syphilitique; l’hystérie; l’épilepsie.

De la période d’état, ON Qc : l’alcoolisme chronique ; la syphilis cérébrale (voyez plusbas); le ramollissement cérébral (voyez plus bas) ; la débilité mentale avec délire ; le délire épileptique avec confusion; la confusion mentale ; les folies discordantes débutant un peu tard.

On peut ajouter encore : la démence sénile débutant tôt ; le délire infectieux; le saturnisme ; la sclérose en plaques; la maladie du sommeil, etc.

En un mot avec tous les troubles mentaux.

Quand on hésite entre la P. G. et un trouble mental non syphilitique, si le signe d’Argyll Robertson manque, la ponction lombaire vient lever les doutes.

Traitement. — Purement symptomatique.

Ne jamais employer le mercure qui est très mal supporté.

Contre l’excitation et l’agitation ; bains prolongés, hypnotiques variés.

Prévoir le suicide possible surtout dans les formes avec dépression et auto-accusation.

Hygiène alimentaire. Surveiller la gloutonnerie.

La propreté rigoureuse, surtout à cause du gâtisme, prévient les escarres qui n’arrivent que tout à la fin (Traitement spécial, voyez à la IV' partie).

Contre les accès apoplectiformes, épileptiformes, paralytiques : ergotine, révulsifs, saignée (ne pas oublier la température pour le pronostic : pourtant j’ai vu se rétablir des P. G. qui avaient atteint 40°).

(1) Je ne fais qu’une énumération, le diagnostic étant indiqué en traitant de chaque type clinique.

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Internement. — Quand faut-il interner un P. G. ? Quand il y a une surveillance possible au domicile, et qu’il n’y a pas d’excitation ni d’agitation, on peut soigner le malade chez lui. Chez les pauvres, l’internement est utile dès le début, dès que la démence ou le délire sont suffisants, pour justifier le certificat, car le P. G. est toujours mal soigné chez lui. J’ai vu des P. G., sortis de Bicêtre sur la demande de la famille et ramenés très amaigris, aggravés et escarriés, se remettre rapidement une fois réintégrés. La privation d’alcool est un bénéfice certain.

Prophylaxie. — Ne pas contracter la syphilis. La soigner sérieusement si on l’a, car, paraît-il, ce sont les syphilis mal soignées qui mènent à la P. G. (1). Ne faire d’excès d’aucune sorte; bref, les recommandations banales ordinaires.

(1) On a signalé des cas de P. G. conjugale, un conjoint ayant communiqué la syphilis à l’autre, et tout deux ayant terminé par la méningo-encéphalite diffuse. J’ai vu plusieurs femmes contaminées par leur mari, devenues ensuite P. G., venir me réclamer un traitement préventif, hantées qu’elles étaient par la crainte de finir comme leur époux. J'ai cru utile plusieurs fois de les soumettre à un traitement sérieux.

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