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VIII. — Arriération mongolienne

IV. Arriération par démence épileptique. — La plupart des idiots sont épileptiques. Mais il y a de plus des enfants épileptiques, tout à fait normaux intellectuellement, qui tombent rapidement dans la démence et qui par suite ne peuvent plus se développer, puisqu’ils perdent ce qu’ils avaient acquis. On appelle quelquefois cet état idiotie épileptique, quand l’arrêt survient dans le jeune âge. J en ai parlé à l’article Épilepsie (voyez p. 400) et je n’y reviendrai pas ici.

X. — On pourrait aussi comprendre dans les arriérations celle qui accompagne la déchéance acquise de la « démence précoce » et faire une dixième forme : arriération par « démence précoce », quand celle-ci débute très tôt. Je renvoie au chapitre Folies discordantes.

I et II. — Idiotie, imbécillité, arriération dues à des lésions non spécifiques.

Ces degrés d arriération se retrouvent, à quelques nuances près, dans les autres classes d’arriération. Ces degrés sont mal délimités, et d ailleurs il est difficile de classer méthodiquement les arriérés suivant le plus ou le moins de leur développement, puisque les différentes « facultés » peuvent être inégalement développées. Doù il suit qu’il ny a même pas un syndrome arriération avec du'ers degrés, mais des arriérés ; comme on l’a dit pour d’autres affections, il n’y a pas d’idiotie, mais des idiots. On pourrait aussi distinguer l’idiotie congénitale, due à des lésions intra-utérines, et iidmtie acquise. Effectivement, il y a souvent une différence somatique entre les deux. L’enfant devenu idiot (démentj par une lésion acquise tardivement a un aspect bien moins malformé, esl souvent de figure normale, etc. Cette distinction n’a pas d’importance au point de vue exclusivement pratique où je me place.

Apres avoir, sur des exemples, pris une idée de quelques types cliniques d’arriérés, le lecteur comprendra facilement comment peuvent se présenter les autres catégories d’arriérations. 11 me suffira d’en donner un résumé.

Gestes stéréotypés. Cécité. -Moni... Henriette, entrée à ta Salpetriere le -13 avril 1896, à l’âge de 2 ans 1/2.

Ppüa “ f Lamère serait bien portante (Un premier enfant bienportant).

fendant la grossesse de Henriette, elle se trouvait mal à chaque instant. Accou-

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chement normal, mais l’enfant avait le cordon autour du cou, asphyxie violette, ophtalmie purulente à la naissance. Pas de convulsions, première dent à 10 mois . N’a jamais parlé ni marché. Elle reconnaissait la voix de la nourrice, mais ne suivait pas la lumière, d’après sa mère.

4 avril 191 4. — D’après les renseignements du service, elle n’a pas changé depuis son entrée, sauf qu’elle a grandi. Assise sur un fauteuil percé, gâteuse, elle mène une vie végétative, sans parler, sans bouger presque, sauf les mouvements automatiques très fréquents qu’elle fait avec ses mains en écartant les doigts des deux mains portées à la hauteur des yeux. Le petit doigt de la main gauche est appuyé sm* un des doigts de la main droite, tantôtl un, tantôt l’autre, tandis que le pouce gauche touche presque l’œil gauche. Dans cette position, les mains sont agitées d’une sorte de battement très rapide fréquent, comme un battement d’aile, tandis que les mains se touchent par différents doigts. En môme temps les globes oculaires cachés sous les paupières sont animés de mouvements brusques. Il est impossible d’examiner sérieusement les yeux ; le droit paraît présenter une taie, le gauche paraît avoir une cataracte. Parfois Mon... ouvre les paupières quand on est loin, et les yeux paraissent présenter du nystagmus. L’enfant ne semble jamais rien regarder en dehors de son pouce gauche. Elle semble percevoir pourtant la lumière quand le soleil donne directement dans ses yeux. Elle interrompt ses mouvements automatiques d’elle-môme, de temps en temps ou lorsqu’on la lève de son fauteuil. Aucune expression de comprendre quelque chose, sauf quand onia metdebout. Elle s’agrippe au dossier d’une chaise et crie un peu, en s’agitant. Elle paraît sentir quelque chose quand on approche la main de son visage. Ordinairement elle grince des dents et fait entendre une espèce de petit murmm'e. Elle ne prend'pas sa nourriture, ne mâche pas. On est obligé de la lui entonner cuillerée par cuillerée.

Crâne petit, suture médiane pariétale saillante. Oreilles à lobules adhérents. Lèvres grosses et renversées en dehors, dents saillantes, cariées, double rangée devant et inférieui-ement. Bouche constamment ouverte.

Très maigre. Taille au-dessous de son âge ; membres réduits presque aux os, abdomen énorme, sillonné de veines bleues. Nombreuses taches pigmentées de la peau. Au niveau du coccyx, dépression linéaire de quelques centimètres, avec deux replis à la peau de chaque côté. Pas de poils au pubis. Seins non développés. Hôgles absentes.

Genu valgum bilatéral, lheds en laïus valgus. Réflexe rotulien exagéré à à gauche, pas de trépidation épileptoïde .

Ne peut marcher, mais se tient debout; ne prend pas avec les mains, sauf pour s’agripper à- la grille du poêle pour ne pas tomber; elle oppose de la résistance quand on veut regarder ses yeux.

En résume : père alcoolique, asphyxie à la naissance. Elle n’a jamais parhi, ni marché ; elle est aveugle. C’est une enfant qui est au-dessous de l’animal, réduite à une vie purement végétative. 11 n’y a pas de paralysies, mais des malformations et déformations; les mouvements automatiques sont fréquents; il est difficile d’en connaître l’origine, mais il est curieux de remarquer

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leur ressemblance avec ceux des déments précoces ou fous discordants. 11 faut remarquer aussi l’alcoolisme du père et l’asphyxie à la naissance; ce sont deux causes distinctes, mais si fréquentes, d’idiotie et d’épilepsie. Je ne sais ce qu’on trouverait à l’autopsie; vraisemblablement des lésions diffuses provenant probablement d’une affection intra-utérine aggravée par l’asphyxie. C’est l’idiotie la plus profonde.

A côté de cette enfant, dans la môme salle, il y a d’autres idiotes qui sont analogues, mais plus élevées dans l’échelle, qui voient, qui mâchent un peu leur nourriture, déformées et mal formées, gâteuses, mais qui comprennent quelques paroles, manifestent des rudiments d’affection pour l’infirmière qui les soigne, de l’appétit pour la nourriture qu’on leur entonne; quelques-unes même prononcent quelques mots enfantins ou d’autres parlent sans comprendre ou répètent commodes perroquets (voyez p. 197). Beaucoup se masturbent avec frénésie, se balancent, grincent des dents, mâchonnent, ont d’autres tics variés, etc.

Imbécillité. — Hémiplégie infantile légère. — Mon... Victor, entré à Bicêtre, le 17 décembre 1904, k l’âge de 14 ans, passé dans mon service le 4 février 1909, à l’âge de 18 ans.

Renseignements (fournis par le père, d’après l’observation communiquée par mon collègue Nageotte).

Père : cinquante-neuf ans en 1904, boucher, rhumatisant, pas alcoolique, violent. Pas de renseignements précis sur les grands-parents paternels ou maternels. Le père avait neuf frères et sœurs, tous morts, sauf un frère, boucher, qui, à vingt ans, pesait 106 kilos.

Mère, cinquante-cinq ans en 1904, journalière dans une verrerie, s’enivre fréquemment. Rien à noter dans sa famille.

Cinq enfants vivants : la quatrième, fille, nerveuse. Une fille, morte à dix" sept ans, avait à chaque main l’auriculaire et l’annulaire accolés. Le malade est le plus jeune.

A la conception, querelles dans le ménage. Rien à noter que l’abus du vin et du café pendant la grossesse.

Accouchement à terme, par le sommet, sans forceps.

Allaitement désordonné. Sevrage à dix-huit mois. Première dent vers neuf ou dix mois. Dentition complète à cinq ou six ans. Début de la parole à dixhuit mois, de la marche à trois ans.

A bu du vin très jeune.

La mère dit qu’à trois mois l’enfant ne remuait pas normale .ment. Convulsions à trois et huit mois. Paralysé à gauche, mouvements alhétosiques de la main.

Voleur, gourmand; onanisme probable.

Rougeole à deux ans ; coqueluche légère à onze ans.

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