‹ Éléments de sémiologie et clinique mentalesChapitre 98 sur 159 · ASB · texte numérisé non relu

ASB

Premiers signes de faiblesse intellectuelle vers deux ans. Pai-alysie marquée à gauche vers un an et demi ; la paralysie brachiale aurait augmenté, celle de la jambe a diminué.

Examen de l'enfant le 28 décembre 1904. (Bourtieville). État général bon ; expression assez intelligente. Pas de gros stigmates de dégénérescence, sauf des oreilles écartées de la tête et le lobule adhérent.

Hémiplégie gauche. Le membre supérieur au repos pend le long du corps. M...ne peut s’ en servir, les doigts se ferment incomplètement. Oscillation dansla marche. Légère atrophie. Réflexe rotulien aboli à gauche, conservé fi droite. Pas de trépidation épileptoïde, pas de Babinski.

Thorax symétrique.

Ne lit pas couramment, fait l’addition. Écriture lisible. Copie.

1908. — Hémiplégie gauche avec Babinski. Immobilité à gauche, flexion à droite. Paralysie faciale gauche pour certains muscles de la face pendant le rire (muscles abducteurs de la commissure), droite pour d’autres muscles pendant le rire (muscles élévateurs de la commissure et muscles péri-oculaires). Hémiplégie droite pour la langue et le peaucier. L’œil gauche est plus ouvert à l’état de repos, fermé pendant les mouvements de la face, volontaires ou émotionnels.

Note.<i de l'école : Ne sait pas lire couramment, sait écrire pour la copie, fait l’addition et la soustraction.

Très paresseux à l’atelier de tailleur; fait pourlanl le pressage assez bien.

Se tient toujours propre.

4 février 1909. — Passage aux adultes.

28 juin. — Examen du niveau mental.

B. — Quel âge avez-vous?

R. — Dix-huit ans et demi.

D. — Quand êtes-vous entré â la quatrième (Service des Enfants) ?

R. — Je ne sais pas combien d’années. Je suis entré pour une paralysie.

1). — Vous avez été à l’école?

R. — Oui, monsieur le docteur.

D. — Jusqu’à quel âge?

R. — Douze ans et demi.

D. — A l’École des Enfants, qu’avez-vous appris?

R. — Pas grand chose. Je sais un peu lire.

En fait, ne sait pas lire, prend les lettres les unes pour les autres. N’écrit que son nom en signature et est incapable d’écrire une phrase simple. Sait un peu l’addition, mais pas la table de multiplication. Fait par écrit péniblement une addition de 243§-(-3279. Soustraction impossible. Notions de géographieet d’histoire nulles. Sait les mois de l’année qu’il dit d’abord être des saisons; incapable de les réciter à rebours. On l’interroge sur les occupations de charbonnier qu il remplit actuellement, et très bien, dans l’Hospice. Il répond exactement, avec bon sens, mais sans savoir ce que représentent 50 kilos, etc. I) donne réponses sensées à des questions simples : Quand on est en retard pour arriver àl’École,qu’est-cequ’onfait?Il répond:On se dépêche. — Quand on est fatigué et qu’on n’a pas six sous pour prendre l’omnibus, qu’est-ce qu’on fait?— On se repose un instant sur le trottoir et on repart. — Si on vous donnait à porter un sac de 100 kilos, que feriez-vous? — Je prendrais une petite voiture

ARRIÉRATIONS MENTALES.

à bras ou je me ferais charger par un copain. — Reconnaît et nomme les objets usuels. — Air assez intelligent, affable, excellente tenue. Dit qu’il voudrait sortir pour aller à l’abattoir travailler avec son frère, moutonnier, pour être dégraisseur.

Voici la façon dont il se comporte dans le service. — 11 fait sa toilette et s’habille seul. Il mange proprement à l’heure de la cloche. Se couche normalement. Vit en bonne intelligence avec tout le monde. Les visites des autres l'intéressent; il fait très bon accueil à ses parents. Travaille très ponctuellement. Jeux enfantins. Conversations avec les débiles et les imbéciles. Très bien adapté à Tasile. Il a une montre et sait s’en servir.

En somme: alcoolisme maternel; infections révélées parles convulsions à l’àg'e de 3 et 8 mois; reliquat de paralysies. Parle assez bien, mais ne sait ni lire ni écrire, sauf son nom: instruction scolaire générale nulle. Capable de faire des travaux faciles et de les expliquer. C’est le niveau qualifié imbécillité .simple, sans talents particuliers ni défauts marqués. On sait en effet que non seulement l’arriération intellectuelle peut ne pas être égale pourtous les processus intellectuels, mais encore que très souvent à l’arriération se joignent les perversions telles que je les ai étudiées à la sémiologie. C’est ainsi qu’il y a des imbéciles pervers, instables, etc. Quelques-uns ont des talents particuliers, comme le suivant.

Imbécillité. — Aptitudes musicales développées. — Fra..., entré k Bicêlro le il novembre 1898, à l’dge de 20 ans, sorti le 30 novembre 1906; entré de nouveau le 18 décembre 1906.

C’est un grand garçon, fort et robuste, qui n’a que peu de signes physiques, mais il a bien la physionomie d’un imbécile : léger strabisme convergent, surtout marqué à droite, nystagmus, pas de troubles oculaires autres. Oreilles normales; voûte palatine ogivale; dents très développées (celles qui restent), les canines sont aussi grandes que les incisives. Système pileux développé.

Ongles rongés. Réflexes plutôt faibles, sensibilité intacte. Il parle, mais il ne sait ni lire ni écrire et son instruction est nulle : il ne sait même pas distinguer sa droite de sa gauche. Il fait sa toilette seul, s’habille seul peu soigneusement, il entend la cloche des repas, il mange seul, mais très goulûment (Voyez p. 39) et en roulant les yeux à droite et à gauche. Il se couche normalement, bien qu’on soit parfois obligé de le déshabiller. Il est peu patient avec ses voisins. Si l’on fait quelque chose qui lui déplaît, il ne dit rien, mais s’en va en roulant des yeux furibonds dans un coin de la cour où il se mord lui-même, déchire ses vêtements, frappe du pied, bref se met dans une violente colère. Il serait jaloux des visites desautres s’il n’en recevait pas lui-même. Il accueille avec joie son père et sa mère. Il aide parfois, lorsqu’il est bien disposé, aux gros travaux, à tirer la voiture, pousser la brouette, etc.

Il se promène dans la cour, seul, ou se tient debout dans un coin toujours le même. Ne parle k personne. De temps à autre fait entendre une soi-te de

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glapissement, puis fuitt... fuitt... et ajoute :« C’est épatant ce que tu as l’air c... »; il est très habitué à l’asile et s’y plaît; mais demande toujours ii sortir en permission et lorsqu’il est chez ses parents demande à rentrer. D’ailleurs, si ses parents le gardent trop, il fait du tapage chez lui et casse tout. Aussi on avait supprimé les permissions, et alors les parents, peu logiques, avaient essayé de le reprendre, mais ils ont dû le ramener au bout de dix-huit jours. — Ce qu'il a d’intéressant est sa capacité musicale. 11 va toujours écouter la musique des aveugles exécutée dans le service les mardis et samedis; il danse d’une façon baroque avec un idiot qui lui fait vis-à-vis. Mais il sait jouer du piano. Son père l’entendant dans son jeune âge faire des bruits musicaux sur des métaux, des ressoi'ts, lui a fait donner pendant cinq mois des leçons de piano. C’est la seule chose qu’il ait pu apprendre. 11 est capable d’accompagner. Quand on lui joue deux ou trois fois un morceau, il peut le jouer. Il joue par cœur différents morceaux: j’ai entenduFra... jouer sur le piano à la salle de gai’de : La Marche indienne, Si j’étais roi, Faust, etc. Le père prétend même que son fils faisait des variations sur l’orgue. — Le père est lui-même doué musicalement. Une sœur du malade, de dix-huit ans, bien portante, joue avec lui à quatre mains; elle est très douée et a une excellente mémoire musicale. Le père, qui donne ces renseignements, ajoute comme contraste qu’on est obligé de conduire ce grand garçon de Fra.. comme un enfant dans la rue : il se laisserait écraser par les voitures.

On voit que cet imbécile Fra... est bien moins développé en général que le premier cité Mon... ; il a de l’agitation, des violences sans cause, des colères qu’il tourne contre lui-même ; des phrases automatiques, stéréotypées, etc. En revanche il a des aptitudes musicales qui manquent à de mieux doués, aptitudes d’ailleurs plus automatiques qu’intelligentes. En fait d’aptitudes, je rappelle cet arriéré (voyez p. 84) qui, incapable de rien faire de sesdix doigts, sauf d’écrire correctement, et paresseux comme une couleuvre, avait des aptitudes au calcul de tête, dépassant celles de bien des polytechniciens. Tous les aliénistes ont vu des cas plus ou moins analogues. On les observe encore plus fréquemment dans les degrés supérieurs, arriérés proprement dits. C’est parmi eux que se recrutaient les bouffons des rois.

Arriération mentale. — Mey..., entrée à la Salpêtrière à l’Age de d3 ans

29 janvier 1908.

La mère est tuberculeuse très vraisemblablement. Le père alcoolique est mort d’albuminurie. Six autres enfants, sur lesquels je n’ai pas de détails. L’enfant a eu du mal à se développer intellectuellement; a toujours gâté au lit jusqu’à il y a quelques années; a commencé ses dents à quatorze mois, n’a marché qu’à quatre ans. Pas d’accidents convulsifs.

Avril 4911. — Actuellement c’est une fille de taille pas très développée, mais trapue, laide et asymétrique, capable de faire de gros ouvrages auxquels

ARRIltRATIONS MENTALES.

elle s’applique, k condition qu’on la surveille, sans cela elle ne les finit pas. Mais elle, qui a seize ans maintenant, est incapable de faire une dictée sans d’énormes fautes; une partie des fautes vient de ce qu’elle ne comprend pas les mots dictés; il lui est impossible de donner des explications sur certains mots simples ; la lecture est au même niveau. Pourtant elle peut écrire de temps en temps une lettre à ses parents. Elle fait péniblement et automatiquement une petite multiplication et même une division à force de patience de la part do l’institutrice; les connaissances générales sont à peut près nulles. Goûts enfantins. Elle est en somme bonne à être auxiliaire dans un asile, mais ne pourrait rien faire livrée à elle-même.

Je n’insisle pas davantage pour ne pas allonger ce chapitre. Je renvoie à l’exemple que j’ai donné (p. 235) à propos du syndrome, d’une arriération plus étudiée dans les détails.

Il me paraît inutile de faire un résumé de l’observation de Mey....; je ferai seulement remarquer ici encore l’alcoolisme du père. Cette mention d’alcoolisme ouvre comme un refrain toutes ou presque toutes les observations d’arriération.

Dans 1 arriération proprement dite on compte plusieurs degrés; il y a des enfants plus intelligents mais pas encore normaux. Je traite à part de la débilité mentale qui n’est qu’une forme spéciale d arriération, très limitée, compatible avec une instruction, une activité intellectuelle parfois très grandes et même avec le succès dans la société. Enfin il y a les arriérés que l’on appelle les arriérés scolaires, et les anormaux scolaires. Les premiers sont des enfants normaux, jnais qui ont été privés d’éducation. Les anormaux scolaires, qui ne doivent pas appartenir à l’asile, mais à des classes spéciales libres, sont des enfants arriérés pour des petites causes d arriération, ou un peu instables, inattentifs, légers, obsèdes, liqueurs, névropathes, etc., bref ceux qui touchent par presque tous les côtés, sauf un, à la normale.

Résumé (1).

L idiotie est donc la privation presque totale de l’intelligence (au sens large du mot) avec un développement nul ou faible de la parole.

imbécillité e,s,\. un degré moins bas ; il y a des rudiments d’intelligence et de sentiments divers. La parole est plus ou moins développée, mais l’écriture et la lecture restent toujours nulles ou rudimentaires.

silence tous les détails psychologiques qui n’intéressent que le spécialiste elle psychologue.

ARRIÉRATIONS MENTALES.

MO

\1 arriération proprement dite est plus élevée ; il y a vraiment des ressources intellectuelles et sentimentales, une possibilité d’instruction scolaire et pratique qui permet, dans les degrés supérieurs, Tutilisation de ces inférieurs de l’esprit à l’intérieur d’un asile ou dans des placements familiaux, pour des besognes simples et toujours les mêmes.

Mais il ne faut pas oublier les perversions et les inégalités de développement des différentes «facultés » ;d’où les différents types : l’imbécile, l’arriéré pervers, le vaniteux (voyez à l’art. Débilité mentale), l’instable, etc. A l’article de la folie morale on verra des jeunes gens qui, suffisamment intelligents pour jouer un rôle ordinaire dans la société, aboutissent pourtant à l’asile ou à lapri.son àcausede leurs sentiments anti-sociaux (arriérés ou idiots moraux).

L’épilepsie se rencontre chez les trois quarts des idiots, ce qui aggrave singulièrement le pronostic par la gravité propre à ce syndrôme.

Les anormaux scolaires sont des arriérés par des causes diverses, plutôt avec des trous dans leur développement ou des affections qui, empêchant la fréquentation régulière de l’école et les études suivies, entravent par cela même le développement intellectuel ; ils ne peuvent pas être considérés quoique malades, comme des « arriérés d’asile ».

Quant aux arriérés scolaires, ce sont des arriérés par défaut d’instruction et d’éducation familiale : ce ne sont pas des anormaux le plus souvent, mais des victimes de leur famille ou du milieu. Mais ils peuvent devenir par abandon de leur famille des antisociaux pervers.

Je sépare complètem,ent de l’arriération la débilité mentale, la. sottise, qui est, comme beaucoup d’autres anomalies, placée sous le titre général de déséquilibre mental, une arriération particulière, associée fréquemment à l’arriération proprement dite; et je l’ai étudiée à part (voyez plus loin) à cause de sa grande importance et de ses relations, probablement très intimes, avec les folies. Mais elle n’est pas en rapport avec des lésions somatiques grossières comme la plupart des arriérations.

Je renvoie à la sémiologie (p. 264) pour l’énumération des signes physiques. Je n’en fais pas la description que l’on trouvera dans les traités des maladies des enfants.

Étiologie. — On rencontre parfois la folie et les affections nerveuses chez les parents, mais c’est \ alcoolisme qui est le grand

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facteur de rarriéralion, plus rarement les maladies infectieuses. Viennent ensuite toutes les causes pouvant agir sur la mère pendant la grossesse, intoxications, infections, traumatismes, etc.

Au moment de l’accoucliement, une des causes les plus fréquentes signalées est Vasphyxie. Enfin toutes les infections de l’enfance peuvent amener les idioties non congénitales.

Il 7 aurait plus du double de garçons idiots que de filles.

Le pronostic est grave en tous cas, surtout quand il y a épilepsie, car il ne faut pas se faire d’illusion sur le traitement, qui ne peut que prolonger la vie sans améliorer l’esprit, et encore cola dépend du degré des lésions cérébrales.

Le diagnostic ^ est facile. Pourtant il ne faut pas confondre les arriérés privés d éducation avec les vrais arriérés. 11 faut aussi savoir si on n’apas affaire avec une des autres arriérations spécifiques.

Le traitement ne peut guère se faire que dans des asiles spéciaux. Il ne faut pas en attendre des miracles qui ne se produisent jamais. Je ne veux pas m’étendre sur ce sujet si spécial. On devrait ne soumettre à l'instruction scolaire que les arriérés supérieurs qui peuvent en profiter, et quant aux autres les utiliser à des travaux rudimentaires pratiques sans perdre son temps, de l’argent et beaucoup de dévouement à poursuivre le but chimérique de 1 instruction. Les bribes de connaissances scolaires que peuvent conquérir si péniblement ces anormaux sont totalement mutiles, et d’ailleurs vite oubliés. En un mot, il faut faire un traitement beaucoup plus individuel, suivant les aptitudes, après une sélection rigoureuse et sans le fétichisme de l’alphabet. Il faut réserver celui-ci pour les trop nombreux normaux qui ne savent pas lire.

ni. — Arriération syphilique et parasyphilitique.

{P. G. infantile.)

\oici un exemple de la première. Je crois que l’on ne peut ici aire le diagnostic clinique de P. G. infantile, les signes caractéristiques manquant, achoppement, bredouillement, trémulation (les lèvres et de la langue ; il n’y a pas non plus d’état de satisfaction ou autre, mais seulement indifférence complète.

Mor... G., âgée de 12 ans, entrée le 7 novembre 1909 à la Salpêtrière.

huit grossesses, dont deux fausses coucbes. Trois enfants morts en bas âge de bronchite, fluxion de poitrine,

ARRIÉRATIONS MENTALES.

méningite. Trois vivants: une jeune fille de vingt-ti'ois ans bien portante; un enfant de quatre à cinq ans bien portant; enfin la petite malade âgée de douze ans, venue au monde après des couches normales et faciles.

Enfant normale. Bien constituée. Parlant, marchant et allant à l’école. Sachant lire et écrire jusqu’à sept ans.

A partir de cet âge, paresse; l’enfant refuse de travailler; accès de colère, maussaderie. Dans cesaccès de colère survenant deux ou trois foispar mois, l’enfant ne crie pas et ne fait pas de hruit, mais déchire ses vêtements et ceux de sa sœur, ainsi que tout ce qui lui tombe sous la main.

Diminution progressive de la parole qui devient embrouillée et incompréhensible, confuse, mal prononcée. L’enfant se fâche quand on lui en fait l’observation.

L’enfant a presque complètement désappris à lire et â écrire.

Diminution de la mémoire : l’enfant embrouille les différents mouvements qu’on lui demande et ne se rappelle plus.

Le sommeil est normal; il n’y a eu jamais de crises nerveuses.

.lamais aucune affection aiguë ou autre.

Antécédents familiaux. — Père bien portant (?) ni alcool ni syphilis avoués. La mère se dit bien portante, mais accuse quelques douleurs de membres inférieurs : douleurs brusques. L’examen de la mère révèle des signes nets de tabes.

Signe de Romberg.

Abolition des réflexes achilléens et rotuliens.

Réflexes pupillaires à la lumière ; abolis à gauche, faibles et Invertis à droite (dilatation à la lumière). Les pupilles sont égales, mais déformées et irrégulières.

Troubles sensitifs : diminution de sensibilité à la douleur, surtout aux membres inférieurs. La sensibilité du tact semble beaucoup diminuée.

Perte du sens de la position des pieds et orteils.

Pas de troubles sphinctériens ni viscéraux, sauf quelques troubles vésicaux (léger écoulement d’urine) à la suite d’une fausse couche il y a quinze

L’interrogatoire ne permet de relever aucun passé spécifique en dehors des fauses couches.

La ponction lombaire de la mère révèle la présence d’une véritable purée de lymphocytes.

Examen de Penfant à l’entrée :

Examen physique. — Enfant petite. Asymétrie faciale. Crâne aplati de haut en bas. Front bas. Menton dévié et prognate. Voûte ogivale ; dents supérieures mal rangées. Réflexes forts.

Pas d’adénopathie. — Aucune trace de cicatrices. Pas de déformations osseuses.

État intellectuel. — Aspect général : aspect hébété. Grimaces et mouvements continuels, l’enfant reste difficilement en place. Elle comprend à peine ce qu’on lui dit et donne comme unique réponse son nom et son âge. Elle n’est pas turbulente, mais si on la taquine, elle bat ses compagnes, et elle ne peut rester en place. Elle ramasse tout ce qu’elle trouve : chiffons, papiers, etc.

ARRIÉRATION SYPHILITIQUE.

Elle est très sale, et si on ne la surveillait pas étroitement, elle ferait sous elle. Trouble très marqué de la parole : mots mal prononcés et coupés. Parole rapide. Répétition des mots.

Elle va à Técole, mais ne sait ni lire ni écrire : elle compte jusqu’à dO d’une manière saccadée; elle assemble deux lettres en lecture. Pleurniche toujours en classe et déchire tout. Fait un peu de charpie.

Elle ne peut ni s’habiller ni se déshabiller seule. Elle mange seule, mais salelement et gloutonnement.

Elle n’a jamais eu de crises depuis son entrée dans le service. Jamais de pertes de connaissance.

Elle reconnaît sa mère et son père; sait qu’on vient la voir le dimanche, mais ne reconnaît ni les infirmières ni les autres enfants.

Inégalité pupillaire ; pupille gauche un peu plus grande, ne semble pas réagir à la lumière (examen extrêmement difficile).

Léger tremblement de la langue et des mains.

Ponction lombaire : présence de sang dans le liquide par piqûre veineuse : d5 à 20 lymphocytes par champ au milieu des amas de globules rouges.

24 mars 1910:

Pas de tremblement des mains, ni des lèvres.

Très léger tremblement de la langue.

Paroles défectueuses : la malade a une parole embarrassée, un peu explosive; certaines lettres, notamment L et R, ont de la peine à être prononcées, ce qui rend le langage difficilement compréhensible. Mais il n’y a pas d’achoppement à proprement parler, ni de bredouillement.

Réflexes rotuliens exagérés des deux côtés. Pas de trépitation épileptoïde, ni de signe de Babinski. L’intelligence a encore notablement baissé depuis l’entrée.

SI mars 1910. — Traitement par frictions mercurielles. Séries de huit jours.

On complète l’examen physique précédent; on remarque que les bosses frontales sont très accusées, et que les incisives supérieures présentent une échancrure semi-lunaire du bord libre; elles ont de plus la forme de barillet. Mais pas de torsion sur l’axe.

Avril 1911. — Ne prononce plus que quelques mots: maman Berthe, gâteau et m...., et dune façon complètement indistincte ; elle est constamment gâteuse. La déchéance est complète. Mais la physionomie est très mobile. Crie et pleure par moments sans cause connue. Déchire tout ce qu’elle peut agripper. Marche en se dandinant, mais se tient debout. On est obligé de la faire manger; ne mâche plus, a un mouvement de mâchoire comme les lapins.

Elle a eu depuis l’année dernière des frictions à plusiem’s reprises, sans aucun résultat.

Elle jette tout ce qu’on lui donne; si on ne ramasse pas l’objet, elle crie et dès qu’on lui a redonné, elle le rejette, fût-ce vingt fois de suite.

Je crois qu’il s’agit de syphilis cérébrale héréditaire, durant déjà depuis sept ans et ayant amené une démence complète ; c’est il la fois une arriération et une démence.

ARRIÉRATIONS MENTALES.

Quant à la paralysie générale infantile proprement dite, je renvoie aux quelques mots que j’ai dits à son sujet au chapitre P. G. (p. 439).

Le pronostic des deux formes est des plus sombres. Le traitement mercuriel ne re'ussit presque jamais dans la première et ne peut qu’être nuisible dans la seconde.

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