‹ Éléments de sociologieChapitre 12 sur 79 · ORIGINE DE LA FAMILLE A · texte numérisé non relu

ORIGINE DE LA FAMILLE A

à voir une femme dans sa sœur, quelquefois dans sa mère !

Et c’est lorsqu'on a ainsi séparé les deux moitiés de l'humanité, lorsqu'on les a rendues inconnues l’une à l’autre, que l’on espère les réunir pour le plus grand bien social! La femme ignore tout de l'homme, ses forces et ses faiblesses, ses qualités et ses défauts. On lui en a fait l'ennemi toujours à craindre et, tout d’un coup, on la donne pour compagne et pour aide à un de ces hommes et l’on croit qu’elle s’acquittera, probablement par la grâce divine, d’un double rôle qu’il lui a toujours été défendu d'envisager.

Laissons donc jouer ensemble nos petits garçons et nos petites filles! Supprimons la barrière entre les lycéens et les pensionnaires. Ne traitons pas toujours nos enfants comme s'ils étaient de précoces débauchés, mais puisque la nature à mis en nous des instincts toujours redoutés, ne les exaspérons pas par une claustration cruelle et, surtout, faisons appel à la loyauté toujours prête de ce petit peuple qui ne commettra jamais de vilenies, lorsqu'il ne verra pas en elles le seul moyen d'affirmer son entrée

dans l’âge viril.

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