‹ Éléments de statistique comprenant les principes généraux de cette science et un aperçu historique de ses progrèsChapitre 21 sur 56 · CH. VIII. — ERBEI RS · texte numérisé non relu

CH. VIII. — ERBEI RS

une longue période est, pour la Statistique, un immense avantage, puisque la comparaison des chiffres de périodes distantes, coordonnée semhlablerat'tit, fournil d'eveellenls matériaux, à l'histoire économique du pays. Mais rien n'est plus difficile que cette consen a! in», si l'on en juge parla France, car on n'y trouve sur presqu'nnciiu sujet une série de tahleaux numériques dont, l'exécution ait été suivie, d'après le même modèle, pendant plusieurs années. Il survient sans cesse quelqu'homme supérieur, qui, pour mieux faire, change tout ce qu'on a fait, et rend impossible de constater, à travers des transformations sans nombre, quels ont été les progrès des choses. I ne disposition d'esprit tome différente prévaut en Angleterre ; on y garde avec nue persévérance opiniâtre les formules les plus anciennes; et, par exemple, on continue encore aujourd'hui de s'y servir usuellement et officiellement, pour évaluer les marchandises importées et exportées, d'un tarif don! les prix furent établis, en 1 fifiO, sous Charles II. On conçoit qu'après une période de IHti ans, qui a vu la faee du monde se renouveler, ce tarif immuable est bien moins un document statistique qu'un monument d'archéologie. Un effet, on ne saurait trouver ailleurs rien de semblable à cette hypothèse statistique, dont la durée a dépassé celle de six à sept lîéiii'niliinis. Pour juslilier l'usage de ces évaluations si différentes de la vérité, ou a prétendu qu'on pouvait en déduire la comparaison des quantités

Digiiized by

156 ÉLÉMEM'S DE STATISTIQUE.

de marchandises importées un escortées, et connaître, parleur moyen, les progrès du commerce anglais entre deux époques données. Cette assertion n'a point de fondement, car elle suppose que les marchandises sont toujours les mêmes, et qu'elles changent seulement de quantités, tandis qu'évidemment leur nature varie également, et qu'une multitude d'objets qui entrent maintenant en niasses considérables dans les transactions commerciales, n'en faisaient point partie du temps de Charles II. Ainsi cette grande collection statistique ne fournit point de notions pour constater les quantités, et quant aux valeurs, les prix assignés paire tarif aux marchandises exportées sont devenus tellement élevés par l'abaissement des prix actuels, qu'ils les exagèrent de 100 p. cent. On peut s'en convaincre en rapprochant des valeurs officielles celles qui sont lUrlaries à l'exportation. En 1842, les premières montaient à 2,500,000,000 francs; et les secondes, pour les mêmes articles, h 1,184,000,000 seulement. Si l'on tient compte d'uni.' moindre exagération dans l'élévation de l'impnrlalion, il faut encore reconnaître que la valeur du commerce anglais, au lieu d'Être de près de quatre milliards cl demi, comme le fait croire l'usage lii/an'o île < es laides surannées, esl seuJemen! d'environ trois milliards; richesse qui est bien assez grande pour n'avoir pas besoin d'être augmentée lie ti veinent. Le tarif officiel l'exagère de moitié en sus.

Page 1