‹ Éléments de statistique comprenant les principes généraux de cette science et un aperçu historique de ses progrèsChapitre 29 sur 56 · SS · texte numérisé non relu

SS

Ktats l\oma

1S. 17UJ

— 21 isay

l.ombardie.

Ainsi ia mortalité a diminué :

Eu Suède, de près d'un tiers, eu (il ans;

lin Danemark , de deux cinquièmes, en 60 ans ;

En Allemagne, de la même quantité, en 37 ans;

En Prusse, d'un tiers, en 1 01! ans;

En Autriche, d'un treizième, en 7 ans ;

En Hollande, de moitié en 24 ans;

Eu Angleterre, de moitié en un sièele et demi ;

lin France, des trois quarts, en 72 ans;

Dans les États Romains, d'un tiers en 62 ans;

En Lombardie, d'un septième, en 06 ans.

La mortalité est resiée à peu près la même en Russie et en Xorwège; elle s'est augmentée dans le royaume de Kaples.

La diminution gradative de la mortalité a été opérée par les mêmes eauses. dans les |)i'inri|iah's villes de l'Europe. Le nombre des décès, comparé à relui des habitants à des époques différentes, donne les populations ci -après :

Son décaissement a été :

A Paris, de près d'un tiers, en l 'espace de Stl ans; A Londres de plusde moitié, en 178 ans;

A Berlin, d'un quart, eu 72 ans ;

A Genève, <lc trois cinquièmes, en 'ilil ans;

A Vienne, d'un quart, en 80 ans;

A Rome, de moitié, en (ï.l ans ;

A Amsterdam, d'un sixième, en fi l ans ;

A PétersbouTg, près de deux tiers, en 40 ans;

A Stockholm, de plus d'un tiers, en 07 ans ;

A Liverpool, de moitié, en 38 ans;

A Manchester de trois cinquièmes, en Ci ans, etc.

I.es causes de la plus grande mortalité, dans les contrées de l'Europe et dans leurs cités, sont principalement :

L'humidité marécageuse de l'air, surtout dans les pays chauds; — les effets de la misère, dans les dernières classes de la société; — La disette des subsistances ou seulement leur prix élevé comparé à celui du travail; — Les maladies pestilentielles ou épidémiques ; — Les intempéries des saisons, notamment les brusques changements de température; — 1,'élroitessc, la malpropreté et l'insalubrité des demeures particulières ; — (les prisons et des salles des hôpitaux et des hospices; — L'usage excessif des boissons alcooliques et l'habitude de l'ivrognerie; — Les travaux insalubres ou sans relâche, surtout pendant, l'enfance et la jeunesse; — Ijilin. la guerre, niais bien moins par les effets des combats que par ceux de la fatigue, des marches forcées, et fréquemment par la mauvaise administration {les armées.

Les causes de la diminution de la mortalité, dans Kl

2'l2 ÉLÉMENTS DE STATISTIQUE.

les lieux où la civilisation est progressive, sont : Les dessèchements des marais et l'embanquemeutdesfleuvcset des rivières; — L'1 jeu reuse répartition de la fortune publique, qui donne, à chacun, des moyens de travail et de subsistance ; — L'abondance et la lionne qualité lies aliments du peuple; — Les soins protecteurs donnés aux enfants, depuis leur naissance, et continués, dans les écoles, dans les travaux des manufactures et dans tous les établissements publies; ^- La vaccine et les dispositions sanitaires, qui empêchent l'importation ou le dëveloppeineut des contagions exotiques; — Le bas prix des produits de l'industrie, qui permet aux classes les moins aisées, des habitudes de propreté jadis également inconnues et impossibles, et qui leur donnent les moyens d'échapper aux intempéries des saisons ; — Enfin, les mesures prises avec succès, pour faire cesser l'insalubrité des villes et spécialement celle des collèges, des spectacles, des hôpitaux, des prisons, des églises, et autres établissements publics, qui, cependant dans beaucoup d'endroits, manquent encore de moyens de ventilation, de chauffage et de nettoiement.

(In peut apprécier d'une manière positive les résultats de ces améliorations, eu recherchant quelle a été leur influence sur la mortalité, pendant le dernier siècle, dans les trois pays de l' Europe, dont les progrès ont été les plus sensibles. Si l'on réunit en un seul groupe l'Angleterre, l'Allemagne et la ïrance, on trouve que le terme moyen de la mor-

laliié, qui, dans les grandes et populeuses régions, était autrefois d'un habitant sur 30, n'est pas maintenant chaque année d'un sur 4ô. Cette différence, réduit de moitié le nombre des décès dans l'ensemble de ces trois pa\ s, et, chaque année, une multitude de vies humaines (luisent leur conservation aux améliorations sociales, effectuées dans les trois Liais de l'Ijimpr occidentale, dont les efforts, pour atteindre ce but, ont ohtenu le plus de

Ainsi la vie de l'homme n'est plus seulement cmbclh'c dans son eours par les progrès de la civilisa-

a pour effets de restreindre et de diminuer, proportidiiuelleiiieril à la population, le nombre annuel des naissances, et beaucoup plus encore celui des décès; et c'est, au contraire, un signe caractéristique de l'élat de barbarie, qu'une grande quantité de naissances, égalée ou même surpassée par l'étendue de la mortalité. Dans le premier eas, les hommes arrivent en foule à la plénitude de leur développement physique et moral, la population est forte, intelligente et virile; tandis qu'elle demeure dans une enfance perpétuelle, lorsque les général ions sont emportées rapidement, sans pouvoir mettre à profit, l'expérience du passé, pour perfectionner l'économie sociale.

.J'ii t'i.i'viKvi's m: stvtistkii r:.

Statistique rfe la Société lïcife.

ïjii Société , i\ ile est l'airxtloméralion d'une multitude de familles, qui sont réunies alin de n'en former qu'une seule et de en ti fondre leurs intérêts divers en un intérêt commun, Plus elle, est compacte et similaire dans toutes ses parties, et plus est puissante et indestructible l'imité de l'Étal.

Celte imité esl la garantie de l'indépendance nationale; car c'est elle qui fait la force du pays. Avant Louis XI et Richelieu, la France n'était, qu'une confédération de grands vassaux toujours prêts à s' en Ire- dévorer. Avant l'Assemblée constituante et le comité de saint public, elle n'était qu'un assemblage de provinces et de castes profondément divisées d'intérêts et sans cesse eu humiliés implacables. On ne peut méconnaître que nous devons à ces terribles pouvoirs notre unité sociale et politique, qui esl la plus parfaite de l'Europe.

Quand on examine dans ses détails la Société' civile, ou trouve qu'elle se compose de plusieurs catégories de personnes, Irès-dislinetes et appartenant , les unes à l'ordre naturel , et les autri s à l'ordre social. Nom allons en indiquer les éléments numé-

riques le plus sommairement possible, comme il convient il un simple Compendium statistique.

I. — La DirfKivisscE ihïs sexes partage la Société en deux grandes divisions. On croit communément qu'elles sonl égides en nombre, puisque chaque part du genre humain a de tels rapports avec l'autre, que leur' inégalité doit tromper le vieil de la nature. Celte opinion, quoique très-plausible, manque de fondement. 'Par l'effet de quelque vue mi sterieusc , dont l'objet nous échappe, quand nous voulons scruter les bus de la création , les milles naissent en plus grand nombre que les femmes; mais, celles-ci, par une singulière compensation, ayant une vie plus longue, sont eu majorité dans la société.

J.a supériorité du nombre des naissances d'enairts mâles est prouvée par de longues séries de chiffres.

Eu Angleterre, de 1801 a 1830, il y a eu !),887,'i66 naissances totales. Sur ce nombre, il y a eu 213,890 garçons d'excédant ou un W du chiffre des naissances. Ku 1840 et 1841 , sur 1,034,120 naissances des deux sexes, l'excédant des garçons a étédc25,8;>3 ou un 40*; d'où il suit que cet excédant s'est augmenté.

En France, de 1 80 1 à 1 836, les naissances totales se sont élevées à 33,220, i22. L'excédant des enfants nulles a été de 1 ,044,220, ou un 32°. 11 a été plus grand que celui de l'Angleterre, presque de moitié en sus, toutes choses égales d'ailleui-s; mais (S. *•

346 Éléments df statistique.

il a diminué dans ces derniers temps. En si* ans , de 1839 à 1844 , la France a eu 5,820,1 19 naissances des deux sexes; l'excédant des garçons a monté à. 107, 885 ou un :iô f . En comprenant les enfants mort-nés, commis dans la période précédente, il n'excède pas un 30 e des naissances, et reste encore au-dessous du terme qu'il attei^iiiiil précédemment.

On sait que les ph\ siuloyisies croient que la prédominance des mâles lient à la vigueur des génératious dont ils sont issus; or, l'état de paix laisse illainleiiant dans les familles, les hommes robustes (pie la guerre confisquait autrefois pou l' les années; il s'ensuit que l'excédant des garçons devrait s' accroître; tout au contraire, il diminue; et la génération contemporaine de l'Empire, qu'on s'est plu à peindre dans un épuisement et une infirmité sans exemple, se trouve avoir produit beaucoup plus ■d'enfants mâles qu'on n'en procrée maintenant au milieu de toutes les bénédictions de la paix. Est-ce que l'exaltation de ces temps héroïques était plus Hàvorable à ce phénomène que les douceurs du repos? Nons l'ignorons; et nous ajournons à quelque occasion future, une élude plus étendue de eette curieuse question d'anthropologie.

Une autre anomalie remarquable nous est offerte, dans la différence des sexes. C'est l'inégalité de leur nombre qui est générale et constante dans toute population. Partout il y a plus de femmes que d'hommes, et c'est uniquement la proportion

de leur excédant qui varie. Les causes de celle exubérance sont évidemment : la guerre, les émigrations, les professions insalubres, les périls de la navigation, de la grande pèche, de l'exploitation des mines, et beaucoup d'iinhvs destinations qui occasionnent parmi les hommes une mortalité supérieure à celle des femmes. Il faut que l'influence de ces causes soit très-puissante, puisqu'elle détruit d'ahord l'effet du phénomène naturel , qui rend plus nombreuses d'un 1 7 e les naissances mâles, et que, de plus, elle diminue la quantité des hommes, de manière à la rendre beaucoup moindre que celle de femmes. Voici quelques exemples de cette différence, qui affecte la société dans ses principaux éléments.

L'excédant du nombre des femmes était, en Angleterre, exclusivement à l'Ecosse et à l'Irlande: En 1801 de 355,501 un 11° 181 1 — 387,301 un 12 e 1821 — 310,543 ud 18" 1831 — 365,636 un 19" 1811 — 300,300 un 21 e

On v oit que cet excédant a diminué de moitié depuis la paix. Cependant il est encore double ou presque triple de celui qui existe en France maintenant ; une telle différence entre deux pays voisins témoigne l'étendue de l'influence qu'exercent les professions sur la durée de la vie humaine. Voici quel est, d'après nos recensements, l'excédant

•Jiti ÉLÉMENTS îiF. STATISTIQUE.

du nombre des femmes, au delà <lu nombre des hommes.

Excédant des femmes.

1801, 727,233 mi 35 5.

1821, «78,098 un 3;.

1831, 576,f>78 un -Mi

1836, 015,508 un 54 .ï.

Ainsi, il est établi que les femmes sont constamment en plus grand nombre que les hommes dans la population de la France. Leur surabondance est considérable ; elle surpasse le nombre des habitants d'un département du royaume; elle varie selon les époques; elle a diminué progressivement depuis le commencement du siècle; elle est moindre, à présent, de 60 pour cent.

.Néanmoins, les hommes perdent d'abord l'excédant du nombre de leurs naissances, qui est de KiS,000 individus, et ensuite un nombre égal à celui dont les femmes sont supérieures, s'élevant à environ 620,000, au total un déficit de près de 80d.0l>0. Cette mortalité a pour cause : les périls du premier Age, qui sont plus grands pour les garçons que pour l'autre sc\e, et ceux qui sont réservés aux hommes, dans leur vie aventureuse.

L'exliubéraucc des femmes laisse irrémédiablement dans le célibat, ou dans le veuvage, plus d'un demi-million d'entre elles, qui ne rencontrent dans la société que des plaies déjà occupées. I, 'invasion qu'ont faite récemment les hommes de beaucoup de

ai. \. — faits sociaux constatés. 25!) professions des femmes, nnlammeut de leur emploi dans les magasins, dans la domesticité, et autres humbles positions, réduit à la dé! rosse nue foule de femmes qui ne peuvent, par défaut d'hommes disponibles, trouver à se marier. Jl est juste, il est instant que les Pouvoirs publies les protègent contre ees usurpations dont les progrès s'augmentent eliaque jour, et deviennent très-nuisibles à la société.

II. — Les aces partaient naturellement les populations, eu une centaine de séries, graduées d'année en année, depuis la naissance jusqu'à la mort. Ils forment, dans la société civile, des groupes de personnes qui ont des besoins semblables ou des droits et des devoirs analogues. 11 v a des fixations légales pour chacun d'eux. On est militaire a 20 ans, électeur à 25, député à 30, -vétéran à GO ; mais les révolutions et le génie s'affranchissent des règles établies pour les âges. Voltaire faisait Œdipe à 17 ans, et >apoléon, général eu chef de l'année d'Italie, remportait, a 25 ans, les victoires de Montenotte, Millosimnet Mondovi.

Lorsqu'on partage plusieurs populations eu différentes séries, selon les Ages des individus qui les composent, on trouve qu'il existe de grandes et singulières ersités dans les séries correspondantes, et que des peuples contemporains, dont les territoires sont limitrophes, di lièrent esscnlielli meut dans les éléments dont ils sont composés. Quelques-uns offrent une quantité d'enfants exu- )>érante; riiez d'autres, les vieillards occupent une

place qui est proportionnellement beaucoup plus grande que chez des peuples voisins; il eu est enfin où les classes formées par les personnes qui sont au milieu de la vie, sont bien plus nombreuses que dans la plupart des autres parties de l'Europe.

Ces difl'creniTS sont réelles, ou seulement apparentes; celles-ci sent produites par l'imperfection des documents dont on est forcé de faire usage, pour explorer ee sujet : mais les premières résultent de causes pin siques difficilement appréciables, et d'éventualités dont on ne peut nier l'action , quoiqu'on ne sache ni quelle est son étendue, ni quelle est sa durée. Une guerre longue et acharnée, comme celle qui a rempli les neuf dernières années du xvni e siècle cl les sei/.e premières de celui-ci, a pour effet, de diminuer la partie virile des populations, et de réduire les générations à l'enfance. Une civilisation imparfaite, qui laisse les enfants sans soins, sans défense contre tous les maux dont leur existence est menacée, n'atténue point, comme on pourrait le croire, leur proportion <'i la masse gêné raie. Au contraire, plus leur mortalité est grande, plus leur nombre s'accroît; et par exemple, puisqu'il 1780 il naissait en France autant et plus d'enfants sur 2 i millions d'habitants, qu'il y a peu d'années pour une population de 33 millions, il est évident qu'alors la mortalité des premiers âges, et généralement celle de l'enfance était bien plus considérable qu'aujourd'hui, proportionnellement à la population.

Les effets d'uni! pareille différence, sont évidents. Si dans deux masses d'hommes taules en nom lue, il eu est une où l'enfance et la v ieillesse occupent une place plus ^vande i|ue dans l'autre, celle-ei, qui consequeninicnl esl supérieure aux classes arrivées au milieu de la vie, est nécessairement plus puissante sous les rapports physiques cl muraux, quoiqu'elle ne soit formée que d'une même quantité d'individus. 11 en est ainsi dans tout pays qui présente, à des é]i("|ues différentes de son histoire, des différences semblables dans la composition de sa population.

Quelque important qu'il soit de savoir les âges des populations, on les connaît fort mal. C'est la partie la pliis imparfaite de la Statistique; il faut dire aussi que c'est l'une de celles qui rencontrait le plus d'obstacles. ('/est dune sans pouvoir prétendre à une ^raniii' evaclilude que nous adoptons les termes suivants , donnés par les meilleurs documents que nous ayons trouvés.

1° ENFASCE JDSQU'A QUINZE À\S.

Londres, Irlande,

Iles Ifritanniqiu Angleterre, Ecosse,

France , Paris ,

I eulanl sur i il» habitant*.

252 ELEMENTS DU STATTSTKjLE.

2° MILIEU DE LA VIE, DE IjljlNZE ANS A SOIXANTE.

Iles Britanniques, 5i — Londres, 51! —

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