‹ Éléments de statistique comprenant les principes généraux de cette science et un aperçu historique de ses progrèsChapitre 34 sur 56 · IS · texte numérisé non relu

IS

Europe septentriona

ï.iiHî.finri

— méridionale

Ces chiffres , quoique tirés de sources officielles ou atitlienliques , laissent des incertitudes de plu-

" Réduction faite de la propriété Mlie.

"" Par uni; iip|ii"\im;itioii ituiir les t'Iniirnl'i nf sont que tralaeniblahles.

sieurs sortes , même en ce qui concerne la France ; mais sur ce sujet , c'est déjà beaucoup que d'avoir obtenu , par un immense travail , des approximations su disantes, pour rendre évidentes les déductions ci-après ;

Le nombre des propriétaires territoriaux varie considérablement dans l'Europe moderne; et par exemple, la France a 47 fois autant de propriétaires que les Iles-Britanniques, toutes choses égales d'ailleurs. L'étendue de chaque propriété diffère encore plus ; elle n'est en Hollande et en Belgique que d'un 60' de sa surface moyenne dans le Royaume-Uni. Tes prodigieuses diversités résultent de l'abolition ou de la conservation des possessions féodales et de celles de main-morte. 11 importerait peu à la société que les biens ruraux fussent en grande masse ou en médiocres héritages et qu'ils appartinssent à quelques riebes propriétaires ou fussent partagés entre beaucoup de cultivateurs peu fortunés, si d'ailleurs, le travail et la production étaient les mêmes; mais il n'en est nullement ainsi. Plus les propriétés sont vastes et moins elles produisent; leurs maîtres ne sont pas, comme le petit propriétaire, enseignés par la nécessité, pressés incessamment par le besoin. Aussi, lorsque la ï'ranre était divisée en cent mille liefs ou terres de l'église, ayant chacune 500 hectares, la famine revenait-elle , tous les trois ans , décimer la population. L'Angleterre ne peut, aujourd'hui même, nourrir ses habitants, malgré toute la perfection de

son agriculture , parée qui' chacun de ses propriétaires de terres n'a pas moins de 170 hectares dont il dispose à son gré , sans prendre aucun souci de la subsistance publique, faisant, des champs de blé qu'elle réclame, tantôt, comme Guillaume-le- Itoux, un pare pour ses hétes fauves, tantôt, comme ladv Strafford , une pâture pour ses moutons, et détruisant, comme eux, trente villages, pour faire place à ces animaux.

La France, qui, depuis 1788, a multiplié ses habitants de moitié en sus , ne pourvoit à les nourrir que parce que les événements de la révolution ont fait tomber les propriétés féodales et cléricales dans le domaine commun et les ont divisées quarante fois plus qu'elles ne l'étaient. L'intérêt du petit propriétaire rural, son travail personnel et son intelligence appliqués à l'exploitation de son propre bien ont produit cette merveille de dos jours, v raiment digne de notre admiration, puisque la même terre donne maintenant une production 50 fois aussi grande que celte qu'on en obtenait , il y a 00 ans.

Loin d'être touchés par ce bienfait signalé, des esprits chagrins ou prévenus prétendent que rien n'est plus nuisible que la division du sol , attendu que la pauvreté des petits propriétaires ne leur permet ni amélioration , ni exploration nouvelle ; ils stigmatisent le Code civil, pour avoir accordé une part égale à chaque enfant, dans l'héritage de son père; et ils voient dans l'accroissement du

20fi ÉLÉMENTS DE STATISTIQUE.

nombre des cales foncières, un témoignage assuré du morcellement progressif du sol, qui doit être arrêté , selon eux , par une loi pour reconstituer la grande propriété.

Toutes ces assertions sont des erreurs.

Bous le régiino. de la grande propriété , le blé ne produisait, en France, que si*, pour un de semence; sous le régime de la pelile propriété, il donne 12, en moyenne générale. Ainsi l'amélioration , loin d'avoir manqué, comme on le dit, est de cent pour cent.

I,e fait capital de la progression du morcellement n'est pas plus vrai ; niais pour élre réfuté , ii exige plus de détails.

On sait que le nom de mie exprime , sur les cartes cadastrales, le numéro assigné à toute propriété quelconque. Le relevé de ces cotes a donné pour leur nombretotal :

En 1815 — 10,083,528 — 1842 — 11,511,841

Accroissement en 27 ans 1,428,313.

On induit de ces chiffres que nos champs ont perdu, pendant cette période, 1 \ pour cent de leur étendue. Il y a là des méprises que nous ne qualifierons point, malgré leur étrangeté, parce que les «■empailles sont dis gens «le mérite et habitués à mieux dire.

Et d'abord, le nombre de cotcB attrilmé à 1815, est sans valeur. 1! est prouvé, par le rapport sur le

cadastre, en date de 1817, qu'alors les opérations ne s'étaient étendues que sur un quart du territoire; 1 \ centièmes n'avaient point encore été cadastrés. On n'avait donc établi le chiffre de dix raillions de cotes que par induction, et ce n'est point un terme spécifique sur lequel on puisse fonder des comparaisons rigoureuses. C'était uniquement un chiffre provisoire, qui laisse douter s'il y avait dix millions de entes ou davantage. Les mêmes objections s'élèvent eontre les nombres formulés postérieurement ; seulement le cadastre ayant fait des progrès , on a pu se rapprocher de la vérité, sans toutefois qu'il soit possible de prendre les termes assignés au nombre des cotes , comme étant réels et positifs. Ainsi tous les raisonnements établis sur celle base, n'ont aucune solidité. Admettons cependant qu'il y eut, en 1815, dix millions décotes. Parce que postérieurement on eu a trouvé davantage, est-il juste de l'attribuer au progrès du morcellement des terres ? .Nullement.

Une expérience constante montre que toutes les fois qu'on institue une enquête, de chiffres , ceux qu'on obtient la première année et. même au delà , sont toujours au-dessous de la vérité ; ils sont atténués par de nombreuses omissions; et ee n'est que par degrés qu'on parvient à rassembler les nombres, qui avaient échappé au début des opérations. Conséquemment l'augmentation du nombre des cotes peut provenir tout simplement d'une recherche plus prolongée et plus

exacte. Mais elle provient en réalité d'une aulre cause dont ou n'a tenu aucun compte dans l'interprétation des cliilïrcs ollieiels; t'est la multitude de constructions nouvelles, élevées depuis que la paix a répandu une plus {grande aisance dans la société. D'après les documents cadastraux, il y avait :

En 1815. . . . 5,584,000 maisons imposables.

Accroissement en 20 ans 1 ,S41 ,4eo Jusi[u'en 1842. . . 372,000

Total. 1,613,400

Ainsi , raccroissement du nombre des cotes foncières résulte, non pas d'une plus grande division du sol, mais bien de l'augmentation du nombre des maisons, qui, en 20 ans, a gagné 30 pour cent. Comment des pu l>li cistes ont-ils pu méconnaître wrltc cause? C'est que leur talent dédaigne île condescendre à consulter les documents statistiques, et que, faute d'y recourir, ils son! lombes dans une incroyable contusion ; ils ont supposé que les cotes du cadastre ne comprenaient que les propriétés rurales , tandis qu'elles rassemblent dans leur total, sansdistinction, toutes les propriétés rurales et bâties et même les propriétés de l'État, qui n'étant pas employées à un service public, sont imposantes comme les autres biens.

Il ne semblait pas qu'il fût possible de se tromper davantage; et cependant d'autres écri-

CH. S. — F AIIS SOCIAUX COSSTAtïs. 299

vains ont encore dépassé cette erreur . ils ont compté le nombre (les propriétaires par ctJui des cotes de propriété, et, par conséquent, ils dcieut à onze ou douze millions cette classe, qui rroba- Mement se réduit <ï quatre; ils en ont conclu eue le royaume est lacéré en parcelles, et qu'on ni 1 saurait assez tôt arrêter législa li veinent le parlai des héritages, et rétablir le droit de priinogénitiire. On est tenté de croire qu'au lieu de faire sortir des

ncr les faits. Pour se convaincre qu'il n'y a point, comme on le soutient, un morcellement, de plu? en plus grand du domaine rural, il suffisait, sans même évoquer la Statistique, d'observer ee qui se passe continuel 'lient sous nos yeux, dans la société.

Chaque famille de propriétaire est composée, par un terme moyen, d'un aussi grand nombre de iilles que de garçons. Lorsqu'ils partagent ]"liéril;igc de leur père, les premiers de ces enfants ont une surface de terre égale à celle que reçoivent les seconds. S'ensuit -il que l'bcritagc partagé demeure dédoublé, parée qu'il est dh isé entre une fille et un garçon? Son, car l'un et l'autre, en se mariant, bientôt acquièrent des biens à peu près égaux sinon plus considérables; et la propriété amoindrie par le déces des parents, vst reconstituée sans. retard par le mariage de leurs enfants. Ce n'est que dans le cas, où les familles seraient, très-nombreuses que l'équilibre serait rompu; mais, en France, il n'y a rien

de [lar.'il; la population s'y accroît, do nos jours, avec in fi extrême lenteur, ce qui montre que les cnfaits remplacent leurs père et mère , saus excéder pour ainsi diro lo nombre do leurs ascendants.

(in oublie, dans la supposition du morcellement, qui beaucoup de personnes, qui appartiennent aux fanilles de propriétaires ruraux, prenneut d'autres professions que celle de cultivateur, et participent aux fortunes que créent, chaque jour; le commerce, l'industrie, les fonctions publiques. Personne aujourd'hui n'est enchaîné dans sa caste, et n'est condamné à y vivre et y mourir. L'éducation publique permet à toutes les aptitudes d'entrer avec succès dans de nouvelles carrières, et de s'y créer des positions sociales avantageuses.

La division des propriétés, telle que l'a faite la révolution, et telle qu'elle se maintient, n'est point, comme on l'a dit, une calamité; la France lui doit, au contraire, les progrès de son agriculture et la possibilité de nourrir douze millions d'habitants de plus ; elle lui doit une population, attachée par les intérêts les plus puissants à la terre qu'elle cultive, et au pays qu'elle serf et défend ; et, ce que le philosophe et le moraliste apprécieront comme un bienfait précieux, elle lui doit d'avoir élevé le paysan mercenaire, le serf d'autrefois, à la dignité de propriétaire- cultivateur, et d'avoir doublé l'abondance de nos récoltes, par !e développement de son intelligence et l'habileté de son travail '.

• M. Rlppoljte Pn>sy s'«t orciipi 1 île l'important snjet île la

Le cadre, étroit d'un programme nr nous permet pas de suivre ainsi l'examen des éléments statistiques de chacune des autres classes de la société; et nous devons nous hâter d'arriver an terme de cette esquisse, en exposant quel esl maintenant l'accroissement des populations, et en le comparant, autant que possible, à celui qui avait lieu autrefois.

V. — Accboissemest des sociétés. La puissance de la reproduction est immense, dans une multitude d'espèces végétales et animales. 1,'ne seule feuille de tabac en produit 360,000, une araignée avieulaire pond, d'une seule fois, '.2,000 o:ufs, une ahcille (i,000, une perche 380,000, et une morue près d'un milliard *. Il est évident que les animaux qui jouissent, depuis 40 siècles, de cette effrayante fécondité, auraient envahi entièrement la terre et les eaux, si mille causes de destruction n'arrêtaient le prodigieux accroissement de leur population. Ces alternatives d'une vie surabondante et d'une mort anticipée sont une loi générale de la nature organique; et le genre humain ne peut lui échapper. L'influence qu'elle exerce sur ses destinées, est l'objet d'allusions mythiques, dans les livres des Indous dont les récits remontent, dit-on, à trois ou quatre cent mille ans. La Statistique en

division des propriétés, et la traiU-.ivw' cette raison supérieure (|u'un retrouve dans nuis srs écrits.

" l.cuivenliivfli M. de ,1. Travaux de l'Académie des Scien-

fournît de meilleurs témoignages, en montrant ce que le globe possède d'habitants, et ce qu'il en posséderait si les populations étaient libres des obstaeles qui s'opposent à leur extension.

On ne saurait eu douter, la puissance prolifique (le notre espèce permet à eltaque mariage de produire, en l'espaee d'une seule génération , sis enfants, dont deux meurent, ordinairement en lias nge, et quatre survivent à leurs père et mère. Ceux-ei se mariant à leur tour, deviennent la souebe d'une génération nouvelle, double, en nombre, de celle, qui l'a précédée. Ainsi la descendance <lireete d'un seol couple donne au pa\s, qu'il habite, six personnes en :t:t ans, 1 2 en GG, 24 eu un sièele, 192, en 200 ans, plus de !>8, 000 en 500, et. au delà de trois milliards en mille années. Suivant cette |)n>|)<>rliim, s'il n'eût existé aucun obstacle à l'ordre naturel des choses, une famille unique, du temps de Philippe- Auguslc, aurait sulli pour produire, par sa filiation, loole la population qui couvre le sol de la France, les habitants actuels de l'Europe pourraient provenir d'un seul couple, vivant sous le règne de Hugues Capet ; et le globe entier aurait pu recevoir sa population lotale d'une famille existant sous Charlemagne, et dont les générations se seraient succédé réguiiéi'ement jusqu'à nos jours, sans trouver aucune entrave à leur développement. C'est par un calcul analogue qu'on est arrivé à supputer que, l'an 1 f>00 de la création, il y avait, vers l'époqoe du déloge, .i.iO milliards d'ha-

bitauts sur la terre *. Ufl savant jésuite, le père Tétau, adoptant cette donnée, a prétendu que, 283 ans après >'oé, le globe avait 1 55 fois autant d'habitants qu'au temps <le Louis XIV. Mirabeau et Montesquieu avaient quelque préoccupation semblable quand ils prétendaient, l'un que, (in temps de Jules-César, l'Espagne avait 52 millions d'habitants, l'autre, qu'à la même époque le monde était trente fois plus peuplé qu'il ne l'est de nos jours".

L'existence d'une quantité d'hommes plus grande jadis qu'aujourd'hui n'est nullement attestée par l'histoire, et c'est bien plutôt le contraire qui s'y trouve établi. Quant aux calculs, qui montrent quelle est l'immense reproduction de l'espèce humaine, ils prouvent seulement combien de calamités meurtrières se succèdent de siècle en siècle, puisque les sociétés, au lieu de s'accroître graduellement, restent souvent, stationnai rcs ou n'éprouvent qu'une augmentation lente et incertaine. La Statistique peut cri donner des témoignages puisés dans les annales di s peuples anciens cl modernes.

I,a société la plus <muidc cl la plus puissante de l'antiquité, l'Empire romain, avait, sous Vespasien, lorsqu'elle était dans toute la splendeur de sa prospérité, un domaine territorial d'environ 208,000 lieues carrées moyennes et une population de 75

* Wblstoa. Theory of ilie earth. W. Hcttjr, etc. " Leur, perunnes, 10S,

30'l ÉLÉMENTS DE STATISTIQUE.

millions de personnes libres. Si les esclaves, étaient aussi nombreux, ce qui est improb able, il y avait 7'2I1 habitants par lieue carrée, ou un peu plus de la moitié de la densité de notre population en 1847. C'est là le maximum des effets de la civilisation antique la plus parfaite ,* de cette- u tri US romaine, qui résista mille ansau\ vicissitudes de la destinée, et qui est l'œuvre la plus merveilleuse que le génie de l'homme ait enfanté.

11 n'y a rien de comparable dans l'histoire des autres peuples du monde. L'Asie, elle-même, celte mère féconde des nations, n'a poiut eu de monarchie peuplée d'autant d'habitants. En votant Xercès attaquer la Grèce avec 1,800,01)0 combattants, on ne doit pas se faire illusion sur la population de ses vastes États, car, en se rap]>elaiit qu'alors les levées militaires étaient de la moitié des hommes d'un pays ou autrement du quart de ses habitants, on est conduit à ne donner qu'une population de huit ;i neuf millions ii l'Empire des Verses.

Mais c'était là un ennemi formidable, irrésistible pour les Ktats de la Grèce, privés d'union, et n'arant pas tous ensemble plus d'un million d'habitants libres. Cependant, pour sauver leur patrie de la servitude, il suffit, à Marathon, du courage de 10,000 de leurs citoyens. Les populations de. ce pays, qui vivra éternellement dans la mémoire des hommes, étaient si peu nombreuses, qu'eu les comparant au territoire qu'elles habitaient, on ne

trouve que 'if>0 habitants par lieue carrée. Anémie contrée civilisée de l'Europe n'est maintenant aussi mal peuplée; et pour découvrir un pareil exemple, il faut le rechercher parmi les provinces de la Turquie.

Les pays barbares étaient encore bien inoins habités. La Gaule, par exemple, au moment de sa conquête, n'avait, d'après les chilIVes de César, qu'une population de huit millions, qui , répandue sur la surface de 33,000 lieues carrées, qu'elle avait alors, ne fournissait pas, pour chacune, 250 personnes. Elle était cinq fois moins condensée que celle qui vit, de nos jours, dans le même territoire, et ressemblait à la population des provinces polaires de la Suède, et de la Russie.

Les recensements delà république romaine nous offrent les moyens de calculer quel fut pendant huit siècles l'accroissement du peuple-roi. Voici les cm ieux résultats de ce «rand travail officiel.

Périodes A CCI

■ois». aiin.de la popul. moyenne

1" siècle. .

37 ans,

un sur 21 citoyens.

un — 202 —

un —135 —

un —117 —

. 7ÏJ —

an 135

fi-

un — 98 —

un — 233 —

un — 150 —

En écartant le premier terme, qui comprend la

30(i ÉLÉMENTS f>E STATISTIQUE.

réunion (1rs peuples voisins, cet accroissement l'si. d'une lenteur extrême. Lus trois termes qui donnent le maximum de cette lenteur, et qui embrassent '].">() ans, n'ont point d'analogue parmi les populations de l'Lurnpe moderne. Les autres termes, qui expriment une lenleur moins grande, mais encore très- considérable, sont pour ainsi dire exceptionnels, et n'ont guère d'exemple qu'eu France et eu Suisse.

Cependant on ne peut douter que le faible accroissement de la population romaine ne fût formé , non-seulement de l'excédant des naissances sur les décès, niais encore de l'admission des habitants des pays conquis, au nombre des citoyens. L'utile politique de ces incorporations consolida la puissance de Rome; une politique contraire empêcha le dé- U'joppcmcnt dis Hébreux, qui, pour maintenir la pureté de leur race et de leur religion , refusaient de recevoir, parmi eux, les peuples vaincus, et n'hésitaient pas à les exterminer. Cette coutume féroce nous garantit que leur population, libre de toule intervention étrangère , ne s'augmentait que par l'excédant des naissances sur les décès. Des chiffres positifs nous permettent de fixer le terme de celte augmentation. Le recensement fait par Moïse, sur les rives du Jourdain, au sortir du désert, constata une population de 2,452,000 personnes. Celui du roi David , exécuté à une distance de 610 ans, porta ce nombre à (i,7S7,000. Ainsi l'accroissement total fut de 4,335,000 et

l'accroissement annuel de 6,770. Lu population moyenne étant de 4,020,000, la proportion de eet accroissement fut d'un sur 682.

Si Voltaire avait faitee calcul, il ne se serait pas récrié si malignement sur celte multiplication ; au lieu d'être, comme il le suppose, un prodige d'étendue et de rapidité, elle en est un d'exiguïté et de lenteur.

En effet, rien de pareil n'a lieu, de nos jours, dans aucun des États de l'Europe. I, 'accroissement de la population y est trois à (maire fois plus rapide ainsi que le témoigne le tableau suivant :

États-Romain

s, ISOO à

m sur 264 habitants.

France,

un — 170 —

Empire russe

un — 1.17 —

Suisse,

un — 1 40 —

Loin hardie,

un — 128 —

Rade,

un sur 49 habitants.

Hongrie,

un — 55 —

Belgique,

un — 60 —

Hollande,

nu — 62 —

États-Sardes,

e le moindre no

mbre de l'augmenta-

de la popt

ilatioi

i a lieu dans les Ktats-

Romains, et le plus grand, sur les bords du Rhin, dans un État allemand renommé pour son agricul-

308 Ét.ÉMKTiTS DE ST^TISTIQl'E.

lure perfectionna 1 . Il est vrai qu'ici les périodes sont peu étendues, i l qu'à mesure qu'on les accroît, les chiffres île l'augmentation du nombre des hommes diminuent beaucoup, attendu qu'en remontant le cours des temps, ou rencontre bientôt ces siècles de barbarie où tout était conjuré contre la vie humaine. Nous en citerons seulement deux exemples.

En recherchant quelle est l'augmentation moyenne et annuelle de l'Angleterre pendant les 464 ans compris entre IM77 et 18'iïi, on trome qu'elle n'a été. depuis Kdouard III, que d'un individu sur 312 habitants. Fn France, elle a été limitée à un sur 306, en l'espace de 275 ans compris entre t 566 et 1841, c'est-à-dire depuis Charles IX jusqu'à nos jours

Ces deux termes donnent un résultat remarquable; ils montrent que l'accroissement si lent delà population de la France et de l'Angleterre pendant ces périodes était encore moitié plus rapide que celui du peuple hébreu. Quoiqu'il soit difficile d'imaginer des temps plus funestes que la domination absurde et sanguinaire des Tudors et des Stuarts et celle des Valois, il est évident que les Israélites furent soumis à des épreuves encore

Anglelprrp. Population.

1S41, f.ï,«'!7,(W(U],lljif.

France. Popnliiion.

1841, 34,ïl-(,o()0hiii)ir.

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