‹ Éléments de statistique comprenant les principes généraux de cette science et un aperçu historique de ses progrèsChapitre 36 sur 56 · I.* accroissement individuel a été de I sur 175 liai · texte numérisé non relu

I.* accroissement individuel a été de I sur 175 liai

Ces supputations, basées sur des nombres ofliriels, établissent que pendant 84 ans, dont 14 appartiennent au siècle de Louis XIV, 59 au règne do Louis XV et 10 à celui de Louis XVI , la population ne S'accrut que de 5,1.11,000, faisant fi 1,81)0 par année. Calculé sur la population moyenne , c'était seulement un accroisse oient d'un sur 3(>0 habitants; terme qui suppose que pendant la moi-

lié du temps {'elle population demeurait station nairc, ou même restait en perte Eu admettant que la fécondité fût néanmoins iri s- grandi', pur exemple d'un 25* du nombre des habitants, il fallait que la mortalité lui fût à peu près égale , comme dans le type suivant, qui doit être forl rapproche de la vérité.

Naissances. . . 1)00,000' une sur 25 hab.

Décès 928,200 un — 21

Accroissement. 61,800 un sur 360 Il fallait bien qu'il en fiït ainsi, puisque l'accroissement n'était que d'un individu sur 72 familles de cinq personnes chacune, et que par conséquent, pour un enfant qui survivait à sa première année, il y en avait une multitude qui [périssaient par les maladies ou la misère. Dans cette situation, le doublement de la population ne pouvait être espéré qu'à l'extrémité d'une immense période de 250 ans.

Quand on examine les temps écoulés entre 1781 et 1841, on dirait qu'il ne s'agit plus do même pays. Dans un espace de 57 ans, la population s'est accrue de 9, «0,000 individus ou 168,600 chaque année. Proportionnel Icmenl au nombre moyen des habitants, c'est un accroissement annuel d'un sur 175, ce qui fi\c à 122 ans la période du doublement. Le pays a acquis chaque année un nouvel liabitant sur 35 familles de cinq personnes; et cela malgré 2i aus de guerres civiles et étrangères et

les |)lus terribles vicissitudes dont l'Europe moderne ait «te témoin. On peut savoir avec certitude et précision comment s'est opérée cotte augmentation ('tonnante. Sur une population moyenne de 29,515 habitants, il y a eu pendant 57 ans :

Naissances. . . . 952,000 une sur 31 liai).

Décès 783,000 un — 38

Accroissement annuel 108,600 un sur 175

Voici en peu de mots les différences distinctives et caractéristiques de ces deux périodes mémorables de notre histoire.

Dans l'aneienne monarchie, jusque vers la fin du règne de Louis XVI, la société était soumise il des influences qui multipliaient ses mouvements intérieurs d'une manière étonnante. Les naissances et les décès étaient extrêmement nombreux ; la fécondité humaine était vraiment prodigieuse, mais elle était stérile, car il mourait pnsqi fautant d'individus qu'il en naissait. Il y avait beaucoup plus de naissances pour une faible population moyenne do '>■! millions, qu'il n'y en a eu, de 1784 à 1841, pour une population de 30 millions, c'est-à-dire plus forte de 37 pour cent. D'autre part, la mortalité était infiniment plus grande. Il y avait plus de décès en un an qu'il n'y en avait en là mois, pendant la seconde période, lorsque la population était plus grande d'un tiers et au delà. Au juste, il mourait ordinairement, dans la vieille société, plus de 'i personnes sur cent. Dans la société nou-

ch. x. — faits sociaix uoasrATÉs. 313 \elle, ce tribut est réduit à 2 et demi; et si, comme on doit l'espérer, les progrès des sciences physiques et économiques continuent, an commencement du siècle |)ni(liLiiii. la mortalilé n'excédera pas annuellement un cinquantième de la population, et sera moindre de moitié que sous Louis XIV, et même sous Louis XVI.

L'accroissement de la population était autrefois nul, ou limité a un très-petit nombre, |iuisi|ueles décès exilaient presque les naissances. Comparé à celui de la deuxième période, il lui fut. inférieur, chaque année , pendant trois générations , de f 07,000 personnes ou 151 pour cent.

C'est pourquoi il n'y avait pas 20 millions d'habitants en France au commencement du xviii' siècle, et 25 millions à la fin. Et cependant, i,i iO,000 familles produisaient ()!H),00f> enfants chaque année, ou 23 par 100; tandis que, de nos jours, cette production n'est plus que de 952,000, pour six millions de familles, ce qui ne donne qu'une fécondité de 15 à 16 pour cent, ou inférieure d'un tiers à celle d'autrefois, (l'était comme en Irlande, où plus la détresse est grande, plus il survient d'enfants. Mais, iei, la culture de la pomme de terre permet, dans les temps ordinaires, de les nourrir, et la population s'accroît considérablement, tandis que jadis, en France, étant privée de ce secours, elle s'augmentait il peine. Quand les naissances avaient comblé ce déficit, causé par les décès, il ne restait plus qu'un enfant sur 17 nouveau-nés.

31 i ÉLÉMESTS J>E STATISTIQUE.

Ces phénomènes, qui modifiaient si puissamment la rie civile et domestique, avaient leur origine dans la constitution * icieuse de la société, et dans l'abjection où l'agriculture étail restée en sortant de la servitude féodale.

En recherchant dans les archives de la Statistique de l'Europe les recensements et les mouvements de la population dans chaque Etat, ou peut établir, par la mojenne de plusieurs années récentes, quel est le terme de 1 accroissement individuel, et lctcudue de la période de doublement du nombre des habitants. Les résultats de ces supputation* sont énumérés ci-après :

iU: ilimMi'iu

Belgique

i sur

60 habitants

Hollande

Kl al s -Sardes. . . .

G.-Bretflgne et M.

Royaume de Xaples.

Angleterre . . .

Allemagne. . .

Danemark. . .

Empire russe. .

Suisse

Portugal. . . .

France

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