‹ Éléments de statistique comprenant les principes généraux de cette science et un aperçu historique de ses progrèsChapitre 6 sur 56 · CH. H. — CLASSIFICATION · texte numérisé non relu

CH. H. — CLASSIFICATION

reursde l'évaluation de la grandeur de l'empire. C'est qu'il faut, jmur déterminer l'étendue d'un pays, des opérations scirnliliques très-délicates rt très-mu llipliées , qui exigent d;-s connaissances d un ordre très élevé, et qu'il faut, de plus, beaucoup d'hommes qui possèdent complètement eesconuaissances. Il faut des agronomes pour tracer une méridienne et lixrr le gisement des points de repère ; — des géomètres pour exécuter une grande triangulation déterminer l'altitude des reliefs; — une foule d'arpenteurs pour mesurer les surfaces des propriétés et remplir les iitl<T\alli's du réseau deslriaiigles; — et, pour les seconder, une multitude d'agents , dessinateurs, vérilirateurs, piqueurs, conservateurs, directeurs, qui forment une administration si dispendieuse , que beaucoup d'États de l'Europe n'auraient pas plus les moyens de payer que d'organiser cette grande entreprise.

Cependant, pour décrire l'état physique d'un pays, il y a encore bien d'autres opérations à exécuter que celles du cadastre. 11 faut des nivellements pour les chemins de fer et les irrigations ; — des déterminations du volume et de la rapidité des cours d'eau, pour régler leur régime ; — une exploration du pays , pour en dresser la carte minéralogiquc; — des sondages, pour obtenir, par des puits forés, des eaux jaillissantes pour les usages domestiques, l'arrosage, l'action des machines et bien d'aulres besoins. 11 faut encore des investigations météorologiques longues et nombreuses pour

■>'i élésiiîiMs dk siiTisi'iyti;.

connaître la puissance des agents du climat, et leur action sur la production agricole et sur la santé publique.

I,a Statistique recueille soigneusement tes données numériques que lui fournissent ces opérations; elle les classe et en forme des tableaux analytiques, qui font connaître :

I" L'état physique des contrées : leur gisement, leurs limites, leurs eûtes, leurs montagnes, leurs fleuves, et la constitution géologique de leurs différentes sortes de terrains.

2° Leur climat : leurs températures moyenne et extrême, la quantité de pluie qui arrose leurs plaines et leurs montagnes; la pression atmosphérique, les \cnts et autres agents météorologiques.

3° Leur territoire divisé physiquement : l'étendue des régions montagneuses, des plaines, des vallées; celle des terres arables , des pâturages et des forêts.

V Leur division politique et administrative, ancienne et actuelle.

Dti tous les États de l'Europe, la France est celui dont la Statistique territoriale est la plus avancée ; ou peut espérer que, dans quelques années, elle sera complète et satisfaisante, jlarini les progrès récents, il faut mentionner aux éloge la grande carte exécutée au dépôt de la guerre et la carie géologique duc au savoir et à la persévérance de MM. Étiede ISeaumont et Dnfreuoy. Oiidoltalta-

Hier d'autant plusde pri\ ;ï tes magnifiques travaux qu'ils sont encore sans exemple ; et que des royaumes, tenant une grande place dans l'histoire contemporaine, n'ont pu encore parvenir à faire aucune de ces investigations qui sont les bases nécessaires des améliorations qu'exige la prospérité publique.

bien et heureusement gouver sèment de celte rare et diffici

lus, un fléau; l'Irlande

Ohjet de tous les intérêts sociaux, la population est la base des opérations de la Statistique, et le terme qui sert de mesure à leurs résultats. Il faut avoir compté les habitants d'un pays pour connaître ce qu'ils doivent obtenir de la terre, afin de pourvoir à leur subsistance, et pour savoir les forces qu'ils opposeront à leurs ennemis, Aussi, fautil dater de quarante siècles le premier dénombrement connu; et encore est-il évident qu'il n'était alors qu'une tradition égyptienne dont l'origine se perd dans la nuit des temps.

H ne suffît pas aux nécessités de l'Économie publique d'apprendre uniquement le chiffre de la population; il importe encore de découvrir, dans cette masse, les parties distinctes qui la constituent, les rapports qu'elles ont ensemble, les morne-

ments <|ui les agitent, et particulièrement li's conditions de leur renouwlleiiicht progressif, de leur agrandissement ou de leur déclin.

Pour arriver ii la connaissance de ces objets, la Statistique étudie la population.

1° Dans son état actuel et ancien, la comparant à des époques diverses, et pendant des périodes plus ou moins éloignées ;

T Dans ses mouvements intérieurs : ses naissances, ses décès, ses mariages, soit dans les villes ou les campagnes, soil dans tout le pays;

3- Dans l'état civil des individus : célibataires, gens mariés, veufs et veuves , enfants légitimes et naturels ;

i" Dans la différence des sexes à la naissance, a la mort, pendant la vie, dans le reuvage, et sui- ■ vaut L'Iïtat civil de chacun;

5° Dans la diversité des âges des vivants et des morts;

(i" Dans la mortalité ordinaire , par les maladies communes ou épidémiques, ou accidentelles ou violentes;

7" Dans l 'accroissement moyen et annuel du uombre des habitants;

8" Dans la différence des races originelles, des cultes et des conditions sociales, à des époques an-

!)° Dans la capacité politique des individus conformément aux exigences imposées par la loi ; 1 0° Dans la nature et la valeur de la propriété ,

distribuée par catégi u-ics de propriétaires, suivant l'espèce des biens fonciers.

Il s'en faut de beaucoup que, même aujourd'hui, on puisse recueillir toutes ces données statistiques, chez les peuples les plus avancés de l'Europe. Il y manque toujours quelque eluw. En France, ce sont l'âge et la, profession des individus; en Angleterre, leur état civil ; ailleurs, le sexe même des habitants n'est pas indique, l.n l'ortugal , au lieu de compter les personnes, on énumère les feux. En Espagne, ou a laissé passer un demi-siècle sans recenser la population. Eu France, avant la révolution, la constatation des naissances, des décès, des mariages appartenait il l'Eglise, et ce n'est que depuis cinquantesept ans qu'elle est une attribution de l'administration municipale. Dans les aul res pai s catholiques les actes civils sont encore enfouis dans les sacristies. Eu Angleterre , c'est seulement depuis sept ans que ee service publie, d'une si grande importance, a été retiré aux ministres de l'Eglise établie et des communions dissidentes , pour être confié à une administration spéciale, chargée du soin de dresser les actes, dans chaque localité, et de centraliser la connaissance di s mouvements de la population.

Ces divergences ne doivent point surprendre.

'Jadis, sous la domination romaine, un édit impérial, qui prescrivait un dénombrement ou touteautre mesure d'utilité publique sntlisait pour en étendre l'exécution à j() provinces, grandes chacune comme nos royaumes modernes, et dont l'ensemble

constituait alors le monde civ Misé, liais, au moyen Age, l'Europe fut fractionnée, par la puissance féodale, en une multitude de souverainetés , gouvernées, sous le nom île lion plaisir, par les eapriees, les volontés arbitraires et violentes des seigneurs, maîtres à la fois de la terre et de ceux qui l'habitaient. Les monarchies, qui se sont formées de la conquête de tous, ces petits États n'ont pu réussir à en effacer les innombrables diversités, et l'on pourrail eu citer, tjui se composent de IKI provinces dont

Ces monarchies, quoique les besoins de leurs peupies soient les mêmes, n'ont rien de semblable entre elles, sinon ce qui ne peut être autrement. Les rivalités, les guerres perpétuelles leur ont inspiré une profonde aversion pour tout ce qui se fait chez leurs voisins; elles mettent leur orgueil à repousser les améliorations les plus avantageuses : le système décimal, appliqué au* monnaies, l'unité des poids et mesures, la triangulation du territoire, sa division administrative en parties approxhnal ii einenl égales, le cadastre, le recensement, les opérations statistiques et géodésiques et beaucoup d'autres améliorations utiles à la société.

Cependant, une longue paix a permis à plusieurs gouvernements de mieux juger les intérêts des populations confiées à leurs soins; et depuis quelques années, il a été fait d'heureux progrès, surtout en Angleterre , eu Prusse et dans plusieurs parties de l'Allemagne. Mais, il faut le dire avec regret, les

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litats du Midi de l'Enrope sont demeurés stationnants, aussi étrangers à ces applications de la science que s'ils c» ignoraient les bienfaits.

L'ACMciiLTuiE est le premier de tous les intérêts des peuples, et cependant, par une inconcevable fatalité, c'est le moins connu et le plus négligé. En France, l'inventaire de la richesse agricole a été vainement reclamé, depuis les élats de lîlois, pendant plus de deux siècles et demi. Le projet en a été conçu et prépare par Louis XIV et Napoléon; et trois fois, aux meilleures époques de l'administration du pays, l'exécution en a été commencée, mais toujours sans succès, à cause de la méthode d'évaluations en masses, qu'on suivait avec autant d'aveuglement que d'opiniâtreté. On s'imaginait qu'on pouvait déduire la quantité delà production totale du royaume, tantôt du produit brut d'une lieue carrée, tantôt par le nombre des charrues existantes, ou bien de la supposition que 6,521 communes étant cadastrées, les 30,730 autres ne devaient eu différer aucunement. La première de ces méthodes d'induction appartient à Vauban, la seconde à Lavoisier et la troisième à M. Cliaptal.

(le n'est point par des conjectures semblables on analogues qu'on est arrive, dans la Statistique générale de France, à l'appréciation de la production agricole, C'est par une enquête ollieielle , exécutée dans chacune des 37,300 communes, qu'on a constaté la quantité des produits ruraux et leur valeur. Cette entreprise colossale, qui a exigé six années de

considérable, l'ont' atteindre , s'il était possible, cet objet important, on a établi, par d'immenses roi I entions de chiffres officiels , — quels étaient autrefois et quels sont aujourd'hui :

1" La surface de chaque sorte de culture;

T Son ensemencement en quantité et en valeur ;

3° Sa production annuelle, totale el par hectare ;

4° La valeur et les prix de cette production, par départements et en niasse;

5" La consommation des produits agricoles , par localité, par habitant et pour tout le royaume;

G° Le commerce de ces produits tant à l'intérieur qu'à l'étranger.

Et l'on a examiné successivement , sous ces différents rapports :

1° Les céréales en masses et par espèces ;

T La vigne et ses produits : les vins et les eauxdc-vie;

3" Les cultures diverses, alimentaires, industrielles, bon ieult il raies ;

<i° Les pâturages, savoir: les prairies naturelles, les prairies artificielles, les jachères et les palis ;

!>° Les bois et forêts de la couronne, de l'État et des particuliers;

G" Et entin le domaine agricole, en hviicimI, dans son état actuel et tel qu'il était à différentes époques mémorables de l'histoire du pays.

l'ue seconde partie traite des animaux domesti-

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ques, élevés [iar l'agriculture; on y trouve leur énumératiou par espèces, par sexes, par âges, par localités; leurs valeurs, leurs revenus, la quantité et le pris de ceux abattus pour la consommât ion , avec leur poids brut et net, et les quantités de chaque sorte de viande, consommées par chaque habitant, chaque arrondissement et chaque dépar-

tion générale des différentes branches de la production et des revenus qu'elles rapportent , année moyenne. Le résultat final est le chiffre total de la richesse agricole du pays, objet capital, qu'ont recherché, depuis plusieurs !>r lierai ions, les Eco noniistcs et les Statisticiens, mais qu'il était, impossible d'atteindre, sans avoir t'ait et achevé la longue et difficile investigation , à laquelle nous nous sommes dévoués.

Ea classification suivie, dans celte œuvre de persévérance, ne peut être appréciée par comparaison, car elle est encore la seule de son espèce en Europe. Son exécution a démontré la possibilité de déterminer, par des opérations rationnelles, la production agricole d'un pays de 53 millions d'hectares; et c'est, un exemple dont ou peut croire que l'utilité est reconnue et admise par les hommes d'Etat éminents des pays les mieux préparés à une pareille entreprise.

IV. — Ki^jrsTRiE, cette reine de notre siècle, n'a point encore ejtom de la science l'honneur d'une

histoire et d'une Statistique. Tout ce qu'on a dit jusqu'à présent de sa production, 1rs nombres auxquels on en élève 1rs quantités et les valeurs, eu Angleterre et en France, sont des conjectures plus ou moins téméraires. C'est dire assez, qu'il n'y a point encore de classification des matières dont se compose cet immense intérêt, ou du moins qu'il n'y en a point qui ait reçu le sceau eo nfin natif, imposé par l'éxecution. Ou sait assez, quelle distance sépare de la réalité les projets spéculatifs , qui ne sont ni limités ni comprimés parles innombrables obstacles que rencontre, dans la pratique, la recherche de la vérité.

Cependant, en poursuivant lee grandes investigations de la Statistique de France, on est arrivé à celle de l'Industrie; et aujourd'hui qu'on a dépassé la moitié de ses opérations, on peut présenter, sous la sanction qu'ont obtenue leurs résultats, une classification qui en embrasse la vaste étendue; la

L'Industrie est partagée en deux ordres d'établissements très-distincts par leur degré d'importance, mais analogues par leur objet, qui est la production de tout ce qui doit servir aux besoins réels ou fictifs de la société; ce sont :

■2" Les Arts et Métiers.

Les uns et les autres sont répartis par régions, par départements, par arrondissements f par communewO'est, à vrai dire, la géographie industrielle

du pays, Puis, ils sont groupes el énumérés suivant la nature des produits qu'ils donnent. Ainsi toutes les exploitations de houille d'un département forment une masse unique; toutes les fonderies de fer en forment une autre; toutes les filatures de Un, de coton, de laine sont réunies par sortes, ete. C'est véritablement la Statistique de l'Industrie. Elle est divisée dans toutes ses parties en trois sections, selon la nature des éléments mis en œuvre par les fabriques; savoir :

1° Les produits minéraux; 2° — végétaux ; 3° — animaux.

Chaque série énumère les produits manufacturés ou exploités, dans l'ordre du simple au composé. Ainsi les terres et les fabrications qui résultent de leur emploi sont rangées les premières; ensuite les métaux sont énoncés suivant la quantité de travail qu'exigent leurs différentes transformations. Dans les séries des produits végétaux et animaux, les tissus sont classés les derniers.

Chaque article, dans chaque sorte d'industrie,' comprend deux séries de recherches numériques : 1° Les valeurs; 2" Les quantités.

Les valeurs sont ci lles îles patentes, des locations, des matières premières et des produits fahriqués.

Les quantités sont celles di s matières premières, avec leurs prix partiel et total et les chiures analogues pour les olijets de fabrication.

Kn outre de ces indiquions spéciales à chaquo « : tu!)lissi'iiii ni. et l'inM il na] il la Si;ii iMique de sa pro duc! ion, il v a l'imenlaiic des forces dont il dispose : le nombre de ses ouvriers par sexe, par âge,

sou mobilier industriel : ses moteurs, moulins à eau, à veut , à matière , machines à vapeur, animaux; ses feux : fourneaux, forces, fours; ses niiieliines :

Des récapitulations montrent la production industrielle, avec tous *s détails :

1° Par arrondissements, départements cl régions;

T Par produits exploités ou manufacturés;

3° Par séries de produits dont les éléments sont similaires ou les résultats analogues.

On conçoit que les produits de l'industrie u 'étant point, comme ceux de L'agriculture, circonscrits dans le cercle des choses naturelles, et parcourant au contraire, ii l'aide du génie inventif de notre siècle, les régions sans bornes de l'imagination humaine, rien n'est plus difficile que d'en tracer une classification logique qui puisse les embrasser étroitement et les enchaîner les uns aux autres, dans l'ordre de leur plus grande affinité, sans méconnaître, un seul instant , la nécessité de rester dans la possibilité de l'exécution administrative des investigations.

V. — T.i: commence iyi'ekielr. C'est le plus grand mouvement de la richesse publique qui puisse exister dans un pays. Les banques, l'impôt, la valeur

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même du numéraire i n circulation ne sont que peu de chose auprès de cette immense masse de capitaux en nature, diversifiés à l'infini par L'origine et la forme des objets qu'ils représentent .

Ce commerce a pour hut de satisfaire à tous les besoins réels ou factices de la population , en commençant par la subsistance de chaque jnur, pour finir par les spiendides trophées du luxe et de la mode. Il a pour effet, une circulation perpétuelle de marchandises de toutes sortes, dont l'abondance est proportionnée, dans chaque lieu, à la demande des consommateurs, et dont les prix se règlent sur les quantités disponibles.

Il est formé des ventes en gros et eu détail, dans les marchés, les halles, les boutiques, les magasins :

I" Des produits de l'agriculture du pays; 2" Des produits de l'industrie manufacturière et des arts et métiers ;

— Moins ceux exportés directement à l'étranger;

— Plus ceux de l'étranger, importés pom

I e Les entrepôts, les foires, les bourses, les bauqttes, les Iwars, les marchés de toute espèce;

2° J,es transports par le cabotage et la navigation des canaux, fleuves et rivières; et ceux par les grandes roules, les chemins vicinaux et les chemins

(|c fer,

:t(i élémlxts m statisthjle.

Autrefois, on aurait pu déterminer la nature et In valeur des objets du commerce intérieur, puisqu'il chaque pas un péage était exigé: mais, maintenant que la circulation (les marchandises et leur vente sont libres , on ne saurait arriver à en connaître entièrement les quantités et à en apprécier totalement la richesse. Les difficultés qui s'y opposent, sont insurmontables.

Pour explorer cet important objet, si l'on vent établir sur les transports la base des supputations, un immense mécompte est causé par la masse des produils de toute nature- vendus sur place , dans l'endroit de leur origine, et qui, par conséquent , ne donnent lieu à aucun transport qui permette de constater leurs quantités.

Si l'on prend pour base, la production agricole et industrielle, on est conduit à de faux, calculs; car une très-grande partie étant consommée par les producteurs eux-mêmes , n'est point mise en vente et n'entre pour rien dans le commerce intérieur.

Eu adoptant les cou sommations pour point de départ, la même cause a le même résultat. En sorte qu'on ne saurait atteindre à la connaissance du mouvement commercial dans l'intérieur d'un pays, ni par la Statistique des transports, ni par celle de la production-, ni par celle des consommations, quoique tous ces travaux soient indispensables, pour en entreprendre l'étude.

Ce n'est pas tout : ces travaux essentiels n'ont encore été exécutés qu'en i'rance ; cl même ce pays

CM. II. — CLASSIFICATION . Al ■Tinli<|u< il U0- MUl-l'iJ"' A'- <rt» ■ I indiri .. .1 -m iv

indispensable pour une investigation générale du commerce intérieur.

On voit (pie rien n'est prêt pour cette entreprise, et qu'il se passera beaucoup de temps avant qu'il soit possible de songer à l'exécuter. Il serait donc superflu de rechercher ici quelle doit être la classification des matières d'un sujet qu'on ne peut se llatter de pouvoir aborder d'ici bien longtemps.

VI. —Le commerce extérieur ne rencontre pas les mêmes obstacles dans son exploration, ("/est. de toutes les parlies de la Statistique , celle qiii est la mieux connue ; les douanes qui environnent chaque État, et qui prélèvent des droits à l'entrée et même à la sortie de chaque marchandise , sont devenues di s agents actifs d'investigation. Instituées pour le lise, elles servent la science sans le vouloir, et inème souvent sans l'imaginer. L'intérêt financier qui s'attache à leurs opérations , eu garantit l'exactitude; cependant, dans plusieurs pays, leur avidité leur suscite un dangereux adversaire : la contrebande, qui soustrait une partie des marchandises aux taxes du gouvernement, et, de plus, à toute constatât ion scientifique.

Le commerce extérieur se divise naturellement en deux grandes sections :

P L'importation ; 2° L'exportation.

Chacune d'elles est partagée eu deux division fi :

38 ÉLÉUE.Yrs lil. STATISTMjl K.

I" Les marchandises importas pour la consoiuiiialioii cl celles exportées, provenant du sol ou de l'industrie du pays, constituent le commerce spécial il l'importation et à l'exportation ;

T Les marchandises importées de l'étranger et dé|Misées dans les entrepôts, jointes à celles exportées, mais n'appartenant point &ii sol ou à l'industrie du pais , composent , à l'importât ton et à l'exportation, le commerce général.

Sous le point de lue de l'origine et de la destination, le commerce spécial se divise ainsi qu'il suit :

1° A l'importation, les produits coloniaux et les marchandises étrangères ;

T A l'exportation, les marchandises destinées aux colonies et celles pour l'étranger.

Une autre division importante, qui s'applique à tout. le commerce, distingue selon la nature des transports :

I" Les marchandises importées ou exportées par terre ;

Mais la classification la plus importante , la plus lumineuse, est celle qui offre le commerce extérieur il l'importation et ti l'exportation, énuméré :

1° Par pays de provenance et de destination;

T Par m ai 'ch. m dises selon la nature et l'objet de chacune d'elles.

Dans le premier cas, chaque contrée du globe a sou tableau particulier, montrant par année, comparativement , les transactions en quantités et en

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