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CHAPITRE PREMIER

Ce n'est pas seulement par de nombreux écrits que s'est manifesté, durant tout le xixe siècle, le développement des théories Statistiques et l'importance croissante qu'elles prennent au regard de l'opinion. C'est aussi par la création, dans quelques pays, notamment en France et en Angleterre ('), de Sociétés de Statistique dont les membres se comptent par centaines et qui sont d'utiles foyers de discussions et d'études désintéressées; c'est, depuis 1833, par des Congrès internationaux réunissant, tantôt dans un pays tantôt dan§ un autre, les statisticiens les plus compétents et les plus

de doctrines sur la Statistique comme à l'utilisation scientifique de ses données; ce sont, en France, Laplace, Joseph Fourier, Poisson, et surtout Cournot; en Angleterre, J. Herschel et Buckle; en Belgique, Quételet.

(*) La Royal Stalistic'al Society de Londres date de 1835. C'est une noble et puissante association qui a rendu de grands services à la Statistique. La Société de Statistique de Pai'is date de 1860. Mais celle-ci ne se rattache nullement à la première, quoi qu'en ait dit à tort, tout récemment, au Congrès tenu à Londres en juillet août 1905, un membre français de l'Institut international de Statistique, par un lien de filiation. Elle descend en ligne directe d'une Société de Statistique fondée à Paris vers 1799 et de la Société de Statistique Universelle organisée, à Paris également, par César Moreau, en 1829 et qui fut si prospère de 1829 à 1848.

actifs du monde entier; c'est par la fondation, en 1885, d'un Institut international de Statistique, qui compte aujourd'hui (décembre 1905) environ 180 membres titulaires et qui soumet à une investigation méthodique, dans les sessions qu'il tient tous les deux ans, les problèmes relatifs soit à l'organisation de la Statistique, soit à l'utilisation de ses données; c'est enfin par la création, dans le haut enseignement d'un grand nombre d'Universités, dans presque tous les pays civilisés, de Chaires ou de Cours de Statistique (').

15. Nous nous bornerons à dire quelques mots de l'objet des doctrines sur la Statistique formulées au cours du xix° siècle.

Cet objet a naturellement un peu varié, suivant les périodes.

(') Sur ce point, nous avons le regret d'être obligé de signaler la sensible infériorité de la France, quand on la compare à la plupart des autres pays. Si nous voulions être au niveau d*e l'Allemagne, de l'Italie, de l'Autriche, de la Belgique, des Etats- Unis, nous devrions avoir, non pas une seule chaire de Statistique, à la Facullé de droit de Paris, mais une au moins dans chacune de nos Universités et renseignement de la Statistique devrait y être pourvu de la sanction d'un examen.

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