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CHAPITRE II

DÉFINITION ET OBJET DE LA STATISTIQUE

16. On a donné de très nombreuses définitions de la statistique. Leur é numération complète serait trop longue et dénuée d'intérêt (l).< Il suffit d'indiquer les trois conceptions différentes auxquelles toutes peuvent se ramener.

Suivant les uns, la statistique serait une « science » ; la science même des faits auxquels elle s'applique (2), ce qui paraît tout à fait excessif et inadmissible; ou simplement la science des dénombrements et de l'emploi de

(1) Voy. à ce sujet, Maurice Block, Traité théorique et pratique de statistique, p. 85 et s. ; Gabaglio, Teoria générale délia slalhtica, 2« édit., II, p. 1, 13 et p. 31, 47.

(2) Moreau de Jonnès, Eléments de sla/isiique, 2rt édit., p. 1. Telle est aussi la doctrine des premiers théoriciens de la statistique en Allemagne et de Ja plupart des nombreux et savants professeurs de statistique qui ont écrit sur la matière, en Italie. Voy. entre autres, Virgilii, Statistica, Milan, 1891, p. 5, 19.

DÉFINITION ET OBJET DE LA STATISTIQUE

leurs données ('), ce qui est tout à fait différent et ce qui serait, à la rigueur, acceptable.

Suivant les autres (2), elle serait une « méthode ».

Suivant d'autres (3), enfin, elle serait simplement une des formes, une des modalités de la méthode d'observation. Sans attacher plus d'intérêt qu'il ne convient à une question qui est, en réalité, de pure forme et dont la solution, par suite, est arbitraire et conventionnelle, nous dirons que cette troisième conception nous paraît de beaucoup préférable. On ne sau-

(1) V. Léon Say, Discours sur la statistique internationale, Journal de la Société de statistique de Paris, novembre 1885. Telle est aussi, quoi qu'en pense M. Liesse (V. La statistique, ses difficultés, ses procédés, ses résultats, 1905, p. 6), très probablement la conception de Quételet et, sans nul doute, celle de Gournot. V. au sujet de ce dernier, l'ouvrage si important pour tous ceux qui s'intéressent à la théorie de la statistique : Exposition de la théorie des chances et de la probabilité, 1843, et Bev. de métaphysique et de morale, mai 1905, p. 395 et s.

(2) Maurice Block, loc. cit., et Tarde, Lois de V imitation, 2e édit, p. 115.

(3) Presque tous les économistes et statisticiens anglais. Voy. également Levasseur, La population française, I (Introduction sur la statistique), p. 7; Liesse, loc. cit., p. 4; de Foville, La statistique et les statisticiens, Bev. politique et parlementaire, 10 nov. 1905, p. 225.

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