‹ Éléments de statistiqueChapitre 8 sur 80 · CHAPITRE PREMIER · texte numérisé non relu

CHAPITRE PREMIER

et à Helmstaedt, de 1650 à 1670, àStruve, à Schmeitzelel àAchenwall qui enseignaient à Iéna et à Gôttingue de 1708 à 1750, que Ton attribue communément l'honneur d'avoir formulé les premiers linéaments d'une doctrine sur la Statistique, en cherchant à utiliser d'une façon consciente quelques-unes de ses données et en exprimant des appréciations réfléchies sur les ^services qu'elle peut rendre dans le gouvernement des Etats. A côté d'eux, on cite volontiers toute une pléiade d'écrivains anglais : J. Graunt W. Petty, King, Davenant et l'astronome llalley, dont les travaux furent publiés dans la période comprise entre 1662 et 1693.

Tandis que les premiers réduisaient l'emploi des chiffres à la simple description des divers éléments constitutifs de l'état politique d'un pays, ce qui a fait quelquefois donner à leur école le nom d'Ecole descriptive, les seconds s'attachaient, de préférence, à l'étude de faits

([) Le livre du capitaine John Graunt, publié en 1665 (nous avons sous les yeux la 5e édition, much enlarged, de 1676), sous le titre de Natural and political observations upon the bills of movtality, serait, au dire de certains, l'œuvre de William Petty lui-même auquel J. Graunt, son collègue à la Société royale, aurait simplement prêté son nom.

beaucoup plus limités, à l'étude des faits démographiques et, spécialement, à celle des naissances et des décès. C'est à l'un d'eux, le véritable chef de l'Ecole, à William Petty, à la fois statisticien, économiste et sociologue, qu'est due l'invention du mot Arithmétique politique, vocable assurément plus expressif que le mot Statistique, mieux fait pour désigner l'observation numérique des phénomènes sociaux.

1 1 . Sans songer à diminuer le mérite de qui que ce soit, nous voudrions essayer de réparer une omission trop souvent commise à l'égard de quelques écrivains français dont le nom ne saurait, sans injustice, être passé sous silence dans une histoire même sommaire de la statisque. Nous voulons parler non seulement de Bodin, qui est de beaucoup antérieur aux savants allemands et anglais que nous venons de nommer, mais encore et surtout de Fénelon, de Vauban, de l'abbé de Saint-Pierre qui sont leurs contemporains (*).

(1) Ces trois noms, ainsi que celui de Jean Bodin, sont généralement omis, comme par une sorte de tradition singulière et bien injustifiée, par la plupart des savants français qui ont écrit, de nos jours, sur l'histoire de la statistique.

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