‹ Éléments de statistique; principes généraux de cette science, sa classification, sa méthode, ses opérations, ses divers degrès de certitude, ses erreurs et ses progrès; avec son application à la constatation des faits naturels, sociaux et politiques, historiques et contemporainsChapitre 62 sur 72 · EN FRANCE ET EN ANGLETERRE · texte numérisé non relu

EN FRANCE ET EN ANGLETERRE

L'influence du choléra et celle des révolutions l'ont rapproché d'un 200e.

On voit que l'accroissement de la population varie selon l'influence des événements historiques et militaireset de la puissance heureuse ou funeste des personnages, qui les dirigent. Les différences d'une époque à une autre sont moinsévidentes,dans leur rapport avec leurs causes, quand on les calcule par périodes décennales au lieu de périodes quinquennales, mais les détails de celles-là tiendraient trop de place.

Le fait capital du tableau que nous venons de tracer, c'est le contraste des temps modernes et du passé. On ne l'a jamais démontré par des témoignages aussi péremptoires.

En deux siècles et plus, depuis Henri de Valois jusqu'à la fin du règne de Louis XVI, sous deux grands rois : Henri IV et Louis XIV, — sous trois grands ministres : Richelieu, Mazarin et Colbert, — mais, sous la triple influence du Pouvoir autocratique, clérical et féodal, la France n'est parvenue qu'à une population moyenne de 18 millions d'habitants, lui donnant un accroissement moyen et annuel de 48,000 habitants ou un sur 380.

Tandis qu'en l'espace de soixante ans seulement ou deux générations au lieu de six à sept, elle est arrivée à près de 31 millions d'habitants, au moyen d'un accroissement constant de 176,500 individus, par année. Cette progression si différente a eu lieu malgré les plus grandes guerres qu'ait soutenues la Gaule, depuis César, et la contagion la plus meurtrière qui ait fait invasion en France, depuis la Peste noire. Pour combattre les effets de ces fléaux, et

donner en trois l'ois moins de temps, un accroissement de population trois à quatre fois aussi grand, il n'a fallu qu'un ordre social fondé sur Pégalité civile, une meilleure répartition de la propriété territoriale, une division équitable des charges de l'État, et l'abolition de l'oppression des castes, érigée en système de gouvernement depuis l'irruption des barbares du Nord.

La Grande-Bretagne, c'est-à-dire l'Angleterre et l'Écosse réunies, va nous offrir un exemple confirmatif de celui de la France ; et là, encore une fois, les mêmes causes moins complètes mais beaucoup plus persistantes, ont concouru à produire les mêmes effets.

Époques.

Périodes.

Population totale.

Accroissement absolu.

Guillaume III . .

6,525,000 habit.

. 72 ans.

Guillaume IV.. .

Ainsi, depuis l'heureuse déchéance des Stuarts, la population de la Grande-Bretagne a triplé en l'espace de 163 ans; en cinq générations. En voici le calcul.

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