EN FRANCE ET EN ANGLETERRE
Périodes.
Population
Accroissement
Rapport
moyenne.
annuel.
proportionnel
11,775,000 habit.
t sur 71
Avant la révolution, qui donna pourvoi à l'Angleterre le prince d'Orange, l'accroissement de la population était encore moindre qu'en France, avant Henri IV, ce qui prouve que les Stuarts ne valaient pas mieux que les Valois. Mais dès le règne de Georges III, il s'agrandit au quadruple. Au commencement du siècle, il était sextuple; et le terme d'un habitant de plus sur 72, qui lui donnait cette proportion, s'est répété, de 1821 à 1831. Les irruptions du choléra asiatique l'ont atténué notablement, depuis 20 ans; mais il n'en est pas moins énorme puisque proportionnellement à la population moyenne, il est triple de celui qui a lieu en France. Pour produire dans ce dernier pays un accroissement de population égal à celui qu'obtient l'Angleterre, pendant la même période, il faut un nombre d'habitants trois fois aussi grand.
Une telle disparité entre des pays voisins, d'une civilisation analogue, et dont la puissance s'est longtemps balancée, produit une surprise inexprimable. Quoi ! cette France si favorisée par la nature doit attendre 156 ans avant que sa population puisse doubler tandis que 62 suffiront à l'Angleterre pour voir opérer le même phénomène ! Nous n'avons pas à l'espérer ou à le craindre avant l'an 2007, tandis qu'avant l'an 1913, nos amis d'Outre-Manclie
compteront 40 millions d'Anglais ou 5,000 par lieue carrée, comme jadis les habitants de l'Attique. Dieu les préserve d'une telle fécondité ! mais il est manifeste que sans obérer le pays, la flotte britannique pouvait sacrifier 50,000 hommes à la prise de Cronstadt.
La menace d'une population surabondante n'a rien de fort inquiétant, pour des pays, qui ont, comme la France et l'Angleterre, de vastes colonies à peupler. En attendant que cette population devienne une charge pour l'État, elle est une bénédiction du ciel, car elle est le signe de la prospérité nationale, du bien-être des classes laborieuses et des progrès d'une civilisation protectrice delà vie des hommes.