PALETTE
LE SOL 27 cette substance sont très légers, très perméables et d'une très faible fertilité.
Les roches sédimentaires sontles calcaires, les grès, les argiles et les marnes.
Le calcaire ou carbonate de chaux est la roche qui constilue la plus grande partie des couches supérieures du globe. Les terrains £alcaires forment les deux tiers du territoire de la France. Les Alpes, les Pyrénées, les montagnes du Jura, les coteaux de la Bourgogne, ceux de la Guyenne sont composés de roches calcaires. La craie, qui affleure dans les plaines de Ia Champagne et de l’Artois, est un calcaire.
Cette dernière roche, qui est du carbonate de chaux presque pur, produit des terrains très légers,
qui redoutent beaucoup la sécheresse. Quand la
couche réduite à l’état terreux est mince, elle est presque infertile. Avec un peu de profondeur et d'humidité, les terrains crayeux deviennent assez fertiles, s'ils sont suffisamment fumés.
Les autres roches calcaires forment des terrains de fertilité variable suivant la consistance des produits de la désagrégation de la roche fondamentale.
Si cette roche est dure, compacte et divisée en gros
fragments, le terrain sera sec, maigre, infertile. Si, au contraire, elle se décompose en fragments ténus mélangés d'argile, le terrain sera de bonne qualité.
Dans la plupart des terres à blé de la France, le calcaire domine.
Les grès sont principalement composés de silice en parcelles très fines, agglutinées par un ciment tantôt siliceux, tantôt calcaire. Ce sont des roches de consistance très variable, friables dans certains pays, ils sont très durs et compacts dans d’autres.
Les terrains formés par la désagrégation des grès sont très maigres; ils ne retiennent pas l'eau. Ce sont des sables fins qui ne deviennent fertiles qu'à force d'engrais. |
Lorsque les sables de grès sont mélangés de terreau, ils constituent la terre de bruyère, terre légère qui convient à la culture des plantes délicates.
Les argiles proviennent, comme nous l'avons dit plus haut, de la décomposition des roches feldspathiques. Elles sont principalement formées d'alumine. Ce sont des matières douces au toucher, ductiles lorsqu'elles sont humides. Les variétés les pluspures servent à la fabrication de la poterie. Les sols argileux laissent difficilement pénétrer l'air et l'eau. Quand ils sont imprégnés d'humidité, ils la retiennent fortement. Ils se crevassent en se desséchant et deviennent très durs. Ce sont des terrains froids, difficiles à travailler.
L'argile mêlée de calcaire prend le nom de marne. Cette roche a des propriétés intermédiaires entre
LE SOL 29 celles de ses composants. Comme elle se délite aisément, les terrains qu'elle forme sont plus meubles que les argiles et moins légers que les calcaires purs.
D'après ce qui précède, on voit que les sols de désagrégation ont tous des propriétés différentes, mais qu'aucun d'eux n'a celles qui produisent la fertilité. C’est qu’en effet tous ces sols, formés du petit nombre d'éléments qui composent les roches fondamentales, sont ou trop compacts ou trop légers.
Pour qu'un terrain soit vraiment fertile, il faut que ces éléments divers soient mélangés de telle sorte que leurs défauts se neutralisent. Il faut, en outre, qu'ils renferment une certaine quantité d'Aumus.
On nomme humus, la substance noirâtre spongieuse qui est le résidu de la lente décomposition des matières organiques. Le terreau que l’on trouve dans le tronc des arbres, sous les souches des vieilles bruyères, est de l’humus.
Le carbone qui domine dans la composition de cette substance, ayant déjà fait partie de corps orga-
nisés, est très poreux et par conséquent très péné-
trable à l’air et à l'eau, dont il absorbe de grandes quantités.
La présence de l'humus dans un sol lui donne toutes les qualités qui produisent la fertilité, car 1l
ameublit les terres trop compactes, réchauffe celles qui sont trop froides, et conserve la fraîcheur à celles qui se dessèchent trop facilement.
Les alluvions, formées de matières minérales entrainées par les eaux et réduites à l’état de limons, dans lesquels on trouve intimement incorporés le calcaire, la silice, l'argile et l'humus, sont des terrains de première qualité.
On peut dire, d’une manière générale, que la fer lité d'un sol est d'autant plus grande qu'il est composé de plus d'éléments divers.
Les bouleversements qu'ont subis les couches supérieures du globe, les modifications qu'elles ont éprouvées par l'effet des eaux, ont produit d'innombrables mélanges entre les matières qui composent les roches. Aussi la variété des sols est-elle très grande. Il n'y a, pour ainsi dire, pas deux terrains qui soient identiquement composés des mêmes éléments ; mais pour faciliter l'étude de leurs propriétés, oh Gésigne, comme nous l'avons fait, les sols de désagrégation par lenom dela roche qui y domine. Ainsi, on dit les terrains granitiques, crayeux, argileux, siliceux : quant aux sols composés, ils prennent le nom de la substance dominante, nom auquel on joint celui des roches qui entrent dans le mélange. Ainsi, on a des sols argilo-calcaires ou calcaireargileux, argilo-siliceux, etc.
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En indiquant ensuite la proportion d'humus qui est mélangée aux matières minérales, on obtient une définition des sols qui suffit pour indiquer à peu près leurs qualités.
Les substances minérales qui entrent dans la composition des sols de désagrégation se renouvellent constamment par l'effet de la désagrégation des roches sous-jacentes ; la constitution chimique de ces sols est donc à peu près fixe en ce qui concerne ses éléments minéraux, mais il n’en est pas de même pour ses éléments organiques. L'humus se décompose sous l'action de la lumière, de la chaleur et de l'humidité: il subit une combustion lente et se transforme en acide carbonique, qui se répand dans l'atmosphère. Les sols les plus riches en humus peuvent donc s'appauvrir avec le temps et devenir infertiles lorsqu'ils sont réduits à leurs composants minéraux. Nous voyons souvent ce résultat se produire lorsqu'on cultive des terres légères, calcaires ou siliceuses, peu profondes, dans lesquelles il se trouve de grandes. quantités d'humus provenant d'anciens bois détruits ou de vieilles bruyères. Les labours répétés ramènent l'humus à la surface et ameublissent le sol; l'air le pénètre dans tous les sens, le soleil et la pluie font le reste ; au bout de peu d'années, tout l'humus a disparu. Cés terrains, qui avaient au début une couleur
sombre, due à la présence des débris organiques, prennent peu à peu la teinte de la roche dominante, ils perdent bientôt leur fertilité si de fortes fumures ne viennent pas remplacer l'humus détruit.
Cet effet, assez lent lorsqu'il se produit sur des terres en plaine, s'accélère considérablement pour les terrains en pente. Là les eaux pluviales entraînent, au fur et à mesure de leur formation, tous les composés minéraux solubles, toutes les particules fines, organiques ou autres. Elles ne laissent en place que des matières inertes, et transportent au loin, sous forme de sable et de limon, tout ce qui constitue la richesse du sol.
Les vallées traversées par les grands fleuves sont ordinairement formées de dépôts de cette nature. A raison de leur fertilité, ces vallées ont été cultivées les premières. C'est seulement lorsque la population s'est accrue de manière à ne pouvoir subsister sur cet espace trop restreint qu'on a commencé a mettre en culture les plateaux plus élevés et les versants des montagnes.
Les forèts qui couvraient toute la terre, à l'exception des hautes montagnes, où les grands végétaux ne peuvent croître, ont été successivement détruites par l'homme et remplacées par des terres, des prés et des vignes partout où ces cultures ont été praiicables. Mais on ne s'en est pas tenu là, et bien sou-
; promus
LE SOL 39 vent l'on a détruit des forêts dans des contrées où il y aurait eu tout avantage à les conserver. Ainsi dans les montagnes on a arraché les bois pour étendre les pâturages, et au lieu de bois qui venait très bien, on a obtenu des herbages d'abord assez abondants, mais qui sont devenus si maigres, par la suite, que les moutons peuvent à peine s'y nourrir. Ces terrains arrivent peu à peu à un état de complète dénudation. Les eaux y creusent de profonds ravins et entraînent dans les vallées, sous forme de sables et de galets, les débris arrachés aux flancs des montagnes déboisées. Ces désastreuses opérations n'ont pas été faites dans les montagnes seulement ; ilest bien des plaines où le terrain peu propre à la culture a été imprudemment défriché. Là encore on a remplacé de belles forèts par de mauvaises terres, dont le produit couvre à peine les frais de culture.
L'action que le terrain exerce sur la végétation n'est pas seulement due à la nature chimiqne des éléments qui le forment, elie dépend beaucoup de l’état de division de ces éléments et de leur aptitude
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à absorber l’eau. Le sol qui sert de support aux
végétaux peut être aussi considéré comme le réser-
voir dans lequel les racines vont puiser l’eau néces-
saire à leur existence. Les infiltrations des courants
souterrains, les pluies alimentent ce réservoir où I 3
l'eau se trouve maintenue en couches très minces mouillant chaque parcelle de terre.
Pour qu'un sol soit propre à la culture des grands végétaux, il faut d'abord qu'il ait une consistance assez solide ; car les racines doivent s'y implanter et sy fixer de manière à assurer la stabilité du végétal.
Il faut, en outre, qu'il soit perméable à l'air, et qu'il conserve toujours une certaine quantité d'humidité. Ces conditions sont remplies toutes les fois qu'un sol meuble, d'une certaine épaisseur, mélangé
d'humus, repose sur des sables, des pierrailles, ou
mème sur des roches fissurées, car alors la couche superficielle laisse pénétrer l'eau jusqu'aux racines qui s'implantent dans les fissures du sous-sol. Mais si le sous-sol, au lieu d'être pénétrable, est argileux ou formé de roches compactes, l'eau retenue par ces couches impénétrables empèche les racines de remplir leurs fonctions ; elles pourrissent, et le végétal meurt.
Les terrains très légers, comme les sables siliceux, se laissent traverser par l'eau avec une grande
facilité ; ils s'échauffent et se refroidissent prompte-
ment. Leur surface se dessèche si vite que les ra-
cines des jeunes plants sont brülées avant d'avoir
pu atteindre les couches plus profondes où il reste un peu d'humidité.
D'après ce qui précède, on comprend qué la fertilité d'un terrain dépend non seulement de sa composition, mais encore de sa situation et
de la quantité d'eau qu'il renferme. Ainsi, tel ter-
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rain calcaire qui, sur un coteau exposé au soleil, sera de très médiocre qualité, pourra devenir bon dans la vallée où il sera arrosé par des eaux d'infiltration.
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Un terrain infertile, quand il est souvent recouvert par des eaux stagnantes, deviendra excellent quand des travaux de dessèchement en auront fait Gécouler les eaux surabondantes. Un sol de très bonne qualité, mais formant une couche de peu . d'épaisseur sur des roches compactes, pourra être tout à fait impropre à la culture forestière, s'il est exposé au midi, parce qu'il se desséchera trop profondément ; exposé au nord, ou rafraîchi par des eaux d'infiltration, ce mème sol deviendra très bon.
La fertilité dépend donc d'un grand nombre de
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causes dont la détermination scientifique serait fort
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compliquée, si l'on voulait établir un classement
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