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NUTRITION D9 plusieurs essences redoutent la lumière trop vive dans leur jeune âge, et c'est pour cela qu'on leur ménage, jusqu'au moment où ils sont assez forts, des abris qui laissent arriver jusqu'à eux assez de lumière pour former leurs tissus, tout en interceptant l'excès de chaleur qui pourrait les dessécher.
Lorsque la sève a acquis, par son contact avec l'air, dans les cellules de la feuille, les qualités qui la rendent propre à nourrir le végétal, elle est ramenée dans son intérieur par un mouvement contraire à celui qui l'a élevée jusqu'aux feuilles.
Cette sève élaborée entre dans les canaux formés par les nervures des feuilles, elle arrive au pétiole et pénètre, en suivant le faisceau de fibres qui relie cet organe à la tige, jusqu'à la zone fibro-vasculaire.
Dans la description de cette zone, ila été dit qu'elle est forméede fibres rayées de petit diamètre, qui constituent le bois, de vaisseaux ponctués, dont l'ouverture est plus grande, d'une couche mince de cellules, que recouvrent desfibres longues et résistantes, nommées fibres corticales, et de vaisseaux laticifères.
Si l'on se rappelle que le pétiole est le prolongement d'un faisceau de ce tissu fibro-vasculaire, prolongement dans lequel chaque partie conserve sa position relative, il est aisé de comprendre qu'en
s'infléchissant, pour s'étaler ensuite sous forme de feuilles, les fibres corticales et les vaisseaux laticifères qui occupent la portion externe du faisceau dans la tige, occuperont la partie inférieure du pétiole et de ses ramifications, et que les fibres formeront la partie supérieure.
La sève dont l'élaboration s'est faite dans les ceilules des feuilles trouve là des canaux tout préparés pour la ramener. Ce sont ceux qui forment le prolongement des vaisseaux laticifères et des fibres corticales ; elle s'y engage et descend ainsi dans cette partie de la tige qui constitue la couche intérieure de l'écorce, et qu'on nomme Liber, à cause de sa disposition qui rappelle celle des feuillets d'un livre.
La sève descendante, qui a acquis la consistance d'un liquide visqueux, se répand entre la couche des fibres corticales et celle des fibres ligneuses; elle s'épaissit et donne naissance à une couche composée de cellules en voie de formation, qui s'intercale entrele bois et l'écorce. On donne le nom de cambium à ce tissu naissant.
L'organisation du cambium, d'abord purement cellulaire, se complète peu à peu, les cellules se multiplient; elles se transforment en fibres et en vaisseaux, qui reproduisent exactement les tissus sur lesquels ils s'appliquent. La couche du cambium,
primilivement homogène, se dédouble alors en deux parties distinctes : l'une, composée de fibres et de vaisseaux ligneux, s'applique sur la zone ligneuse préexistante et la recouvre ; l’autre, formée de fibres corticales, revêt intérieurement la couch& corticale et la repousse à l'extérieur.
Le cambium arrive ainsi, en descendant toujours, jusqu’à l'extrémité de la racine, dont il accroît la longueur.
La plus grande partie de la sève descendante suit la voie qui vient d'être indiquée, mais il en passe aussi une certaine quantité par les fibres du bois et par les cellules des rayons médullaires et de l'écorce. En traversant ces tissus, cette sève épaissit les parois des cellules et des fibres, qu'elle incruste d'une substance nommée cellulose, composée d’eau et de carbone, comme la fécule, mais qui en diffère parce qu'elle renferme moins d'eau que cette dernière. La sève descendante dépose en outre dans l'intérieur des cellules de la fécule, du sucre et diverses autres matières solubles.
Les diverses phases que nous venons de décrire peuvent se résumer ainsi qu'il suit: l’eau, arrivant par les racines, dissout ‘dans leurs tissus et dans ceux de la tige les matières nutritives qu'ils contiennent, elle s'élève jusqu'aux boutons, dont elle détermine le développement en bourgeons et en
feuilles. Lorsque les feuilles sont formées, la sève, qui continue à y arriver, subit dans leur tissu une élaboration qui la transforme en un liquide susceptible d'organisation. Ce liquide donne naissance à une couche de cambium, qui s'intercale entre le
bois et l'écorce dans toute la longueur de la tige
et de Ia racine. Le cambium se dédouble en deux couches, l'une, de tissu ligneux, qui s'applique sur le bois et augmente son épaisseur ; l’autre, de tissu cortical, appliquée à l'intérieur de l'écorce, et qui rejette à l'extérieur les parties précédemment formées.
La tige s'accroît donc d'une couche de fibres, qui se dépose sur le tissu ligneux comme une couche de peinture sur une baguette. L'épaisseur de cette couche dépend de la vigueur de la végétation, et varie suivant les essences et la température. L'écorce, au contraire, s'accroît en dedans, comme un tube qu'on enduirait à l'intérieur d'une couche de vernis.
A la fin de l'été, la feuille qui a accompli sa fonction perd sa couleur el jaunit, son pétiole se dessèche, elle tombe en laissant voir à son point d'attache un petit amas de tissu cellulaire, qui est le bouton destiné à donner lieu, au printemps suivant, à une nouvelle génération de bourgeons; pendant l'automne, les tissus du bois et de l'écorce, impré-
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gnés des substancés apportées par la sève descendante, prennent de la consistance, les racines continuent à croître par leur extrémité, mais ce travail tout intérieur ne se manifeste pas au dehors. Les froids de l'hiver arrètent complètement la végétation.
Les premières chaleurs du printemps produisent sur le jeune plant, dont nous venons de suivre le développement, un effet analogue à celui qu'elles ont produit l'année précédente sur le germe d'où il est sorti. Les boutons, situés à la base des feuilles et au sommet de la tige, s'accroissent comme s'était accru le germe ; mais au lieu de tirer, comme ee dernier, leur nourriture des cotylédons, qui ont disparu, ils la trouvent dans les provisions déposées par la sève descendante dans les tissus de la tige. |
L'eau que les racines tirent du sol monte dans la tige en se chargeant, pendant son trajet, de fécule et.de sucre ; elle arrive aux boutons, qui grossissent,. s'allongent en bourgeons et donnent naissance à une nouvelle production de feuilles.
Les phénomènes que nous avons déjà décrits se reproduisant tous les ans, dans le même ordre, il en résulte : une nouvelle couche de tissu ligneux appliquée sur celles qui existaient déjà, une nouvelle couche de fibres corticales s'appliquant à l'intérieur
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de l'écorce, un bourgeon terminal, qui prolonge la tige principale, et des bourgeons latéraux qui forment les branches. La longueur de la tige s’accroît ainsi chaque année de la longueur du bourgeon terminal, pendant que sa grosseur s’augmente de l’épaisseur d'une couche ligneuse et d'une couche corticale. Ces différentes couches ligneuses sont assez faciles à distinguer ; dans le chène, elles sont très nettement dessinées par des lignes de points placés sur le bord interne de chacuned'elles.
Ces points sont les ouvertures des vaisseaux qui n'existent pas
sur le reste de la zone, dont le tissu, formé de fibres serrées,
Fig. 12.
est beaucoup plus compact. Le bois d'orme présente la même structure. On ne voit pas ces lignes apparentes de points dans tous ks bois; mais dans ceux de nos climats, les couches annuelles se reconnaissent toujours parce que
Fig. 12. — Portion de la tige d'un chène âgé de 7 ans. — Les couches annuelles du bois sont séparées par des lignes blanches, Les couches corticales ne sont pas en nombre égal à celles du bois, parce que les plus extérieures, plus anciennement formées, sont déjà détruites.
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