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de reproduction décroiît avec l’âge. Elle est moins grande dans les sols maigres et secs que dans les terrains frais et fertiles, dans les régions froides que dans celles dont le climat est doux.

Il faut éviter de trailer en taillis les forèts situées dans des fonds bas et humides, où les gelées prinlanières sont fréquentes, Au moment de leur essor, les rejets de souche sont gorgés d'eau et par suite très sensibles aux changements de température: leurs tissus ne se solidifient qu'après l'été. S'ils sont surpris par des gelées au mois de mai ou de juin, moment de leur plus actif développement, ils sont infailliblement détruits. C'est une pousse perdue. Quand ces accidents se produisent plusieurs fois, le taillis se rabougrit, les cépées s'étalent, beaucoup de souches meurent et il se forme à leur place des

clairières couvertes de grandes herbes marécageuses

quil devient très difficile de faire disparaître. Pour

maintenir le régime du taillis dans de pareils terrains, 1l estindispensable de les assainir de manière à faire écouler les eaux et de faire disparaître avec

elles les vapeurs qui occasionnent les gelées. Mais il

est, en général, plus facile de substituer au régime

du taillis celui de la futaie. Les bourgeons dépourvus de toute enveloppe protectrice qui viennent sur

ke les souches sont, en effet, bien plus exposés à la gelée que les boutons écailleux des jeunes plants.

100 SYLVICULTURE Ceux-ci sont d'ailleurs moins hâtifs, mieux abrités, ils redoutent donc moins les froids tardifs.

On devra aussi, et par les mêmes motifs, renoncer à traiter en taillis les bois situés à de grandes aïtitudes, car les changements subits qui se produisent dans la température de ces régions mettent, à chaque exploitation, l'existence du peuplement en danger.

Les terrains frais et profonds, en plaine ou en coteau, sont ceux qui conviennent le mieux aux taillis; mais, avec des soins convenables, on peut aussi tirer un bon parti de ceux qui croissent sur des sols peu profonds, pourvu qu'ils ne soient ni trop secs, ni trop légers.

Les bouquets de bois peu importants s'exploitent

en une seule fois, quand le taillis a atteint l’âge où

il peut ètre utilisé avantageusement ; mais dès qu'une forèt a une contenance un peu considérable, il est de l'intérêt du propriétaire de répartir les coupes de manière à obtenir, non plus un revenu intermittent,

mais des revenus réguliers à peu près égaux : c'est

ce qu'on appelle aménager une forèt,

Aménagement. — L'aménagement des taillis consiste à partager la surface de la forèt en un certain nombre de coupes qui seront exploitées successivement, à mesure que le peuplement aura atteint l’âge de la révolution.

LELOAPERT.

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Lorsque la forèt est assez grande pour qu'on puisse y asseoir autant de coupes qu'ilya d'années dans la révolution, l'exploitation sera annuelle ; elle sera biennale, triennale, si le nombre des coupes est la moitié, lé tiers de celui des années de la révolution, Une forèt aménagée en taillis présente donc toujours une succession de coupes d'âges gradués. La plus ancienne est garnie de rejets qui ont autant de pousses que la révolution a d'années, la plus jeune porte le recru de l’année.

La première chose à faire quand on veut aménager un bois traité en taillis, c'est de fixer la durée de la révolution, La solution de cette question préliminaire dépend : de la nature du sol, du climat, des essences qui dominent dans le peuplement et surtout des débouchés locaux. Nous indiquerons succinctement les considérations principales d'après lesquelles les propriétaires doivent se guider pour fixer la révolution de leurs bois.

La régénération des taillis étant fondée sur la propriété que possèdent certaines essences de produire des rejets et des drageons, les exploitations doivent être dirigées de manière à obtenir, par ce mode de reproduction, une succession régulière et indéfinie des produits les plus considérables et les plus utiles.

Les arbres ne se reproduisent pas indéfiniment au moyen des rejets de souche, aussi ne peut-on assu-

102 SYLVICULTURE | rer la perpétuité des taillis qu'en remplaçant, soitpar des repeuplements artificiels, soit par des semis naturels produits par les arbres réservés, les souches qui viennent à dépérir. Les rejets, comme les drageons, ne sonten effet que des tiges nouvelles croissant sur les souches ou les racines d'un arbre qui a une existence limitée, et dont la vitalité s'épuisera d'autant plus vite que des exploitations réitérées viendront plus souvent modifier les conditions normales de sa végétation.

La puissance reproductive des souches s'affaiblt et disparaît dès que les arbres ont atteintun âge qui. À varie suivant les essences, le sol et le climat ; d'au- 2: tre part, les rejets produits par des souches exploit‘es trop souvent sont dépourvus de vigueur: il est donc très important de ne pas attendre pour exploiter les taillis qu'ils soient trop âgés pour se régénérer ; il ne l'est pas moins de ne pas fatiguer les souches par des abatages répétés.

Il y a avantage à exploiter jeunes certains taillis croissant avec rapidité dans les premières années qui suivent la coupe, et dont la végétation se ralentit ensuite ; il sera avantageux, au contraire, de retarder l'exploitation des bois peuplés d'essences dont la végétation, d'abord assez lente, ne commence às'activer qu'au bout d'un certain nombre d'années.

Dans les sols fertiles, on peut prolonger la durée

TAILLIS 103 des révolutions, parce que les brins de taillis y prennent une grande hauteur. On rapprochera au contraire les coupesdans les forêts dont le sol est maigre el peu profond, parce que au bout de peu d'années, la croissance des taillis situés dans de pareils terrains se ralentit sensiblement.

Enfin, la durée de la révolution dépend encore de la nature des produits que la forêt est destinée à fournir.

On coupe les taillis jeunes quand les bourrées, le menu fagotage, sont d'un débit avantageux, quand on trouve à utiliser les brins à la confection de

cercles, de roxettes, d'articles de vannerie, marchan-

dises qui, lorsqu'elles ont un débouché facile, donnent aux jeunes bois une valeur supérieure à celle qu'ils acquerraient en prenant plus d'accroissement,

On retardera au contraire l'exploitation des taillis qui doivent produire du bois de feu, des perches,

de la menue charpente.

Les révolutions généralement adoptées sont pour les essences dures, telles que: chêne, charme, hêtre, etc., celles de 25 à 40 ans, lorsque les bois sont situés dans de bons sols. On ne dépasse pas la limite de 4o ans, mais on réduit la révolution à 20 ans, et mème au-dessous lorsque le sol est de qualité médiocre,

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Les révolutions de 15 à 25 ans sont préférées pour les aunes, bouleaux, trembles et les taillis mélangés d'érables, de frènes et de fruitiers, tels que sorbiers, merisiers, pommiers.

Enfin on exploite à 8, 10 et 15 ans les taillis de châtaigniers spécialement traités pour la confection des échalas et des cercles, ceux où dominent les saules, les coudriers, cornouillers et autres mortbois à croissance rapide.

Les révolutions des taillis simples sont ordinairement courtes; elles ne dépassent guère 20 ans. En

général, on n'applique ce mode de traitement qu'aux

forêts dont le sol médiocre est peuplé d'essences inférieures, et où les arbres de réserve ne sont pas susceptibles d'acquérir de belles dimensions.

Cependant on exploite aussi en taillis simple le chène, le châtaignier, le micocoulier croissant dans de bons sols, quand l'écorce des jeunes taillis de chène, les cercles fabriqués avec le châtaignier, les fourches et les manches de fouets confectionnés avec les brins de micocoulier ont un prix élevé qui rendent ce mode d'exploitation préférable à tout autre, Mais le propriétaire, qui ne s'aædonne pas à ces productions spéciales, devra maintenir des réserves dans ses bois, toutes les fois que le sol sera assez profond pour qu'elles puissent prospérer jusqu'à l’âge où elles donneront des semences.

Quand on est fixé sur la durée de la révolution et, par conséquent, sur le nombre des coupes, il ne reste plus qu'à les asseoir sur le terrain età marquer leurs limites par des signes fixes. C'est ce qui constitue l'aménagement proprement dit.

Cette opération exige l'intervention d'un arpenteur, qui lève le plan du bois, en mesure la surface et le partage en coupes d'égale contenance. Chaque coupe est ensuite assise et délimitée soit par des bornes, soit par des fossés d'angle.

Il n'y a pas à faire chaque année l'arpentage de la coupe à exploiter dans les bois ainsi aménagés, puisque la: contenance de toutes les coupes a été calculée en une seule fois.

Les propriétaires, qui ne veulent pas faire, d'un seul coup, les frais d'un aménagement complet, peuvent arriver à régler en plusieurs années l’exploitation de bois peu étendus, d'une manière suffisamment exacte, en adoptant la marche suivante : ils prendront sur les plans cadastraux un calque du bois à aménager; ils diviseront la surface totale par le nombre d'années de la révolution pour obtenir la contenance de lacoupe annuelle, puis ils marqueront approximativement, sur le plan extrait du cadastre, la place que doit occuper chacune des coupes, en commençant par les bois les plus âgés. Sila conformation du terrain le permet, ils traceront sur ce plan

TENFANTECE

106 SYLVICULTURE une laie sommière pouvant servir de voie de vidange sur laquelle s'appuieront toutes les coupes.

Quand ce croquis de la marche de l'exploitation est fait, il ne reste plus qu'à le suivre fidèlement. Chaque année, lors de l'arpentage, on asseoira la coupe dans l'ordre qui lui est assigné. Après l'exploitation on fera ouvrir des fossés-bornes, et au bout de la révolution, on aura une série de coupes bien assises et dont la contenance sera à peu près égale.

Supposons, pour fixer les idées au moyen dun exemple, que le cadastre ait donné le pourtour du bois dessiné dans la figure ci-jointe (fig.44), et qu'il lui ait assigné une contenance de 120 hectares. Si nous voulons aménager ce bois en taillis à la révolution de 0 ans, chaque coupe devra avoir pour contenance la 20° partie de 120 hectares, soit 6 hectares, Il s'agit d'asseoir sur le terrain ces 20 coupes. Nous supposons que le bois à aménager occupe les deux versants d'une vallée dont le fond est parcouru par un sentier tortueux, mais susceptible d'être transformé en voie de vidange, partout praticable aux voitures chargées. Nous tracerons sur le plan une laie sommière suivant à peu près la direction du sentier, puis nous calculerons la contenance de chacune des parties du bois situées à l'Est et à l'Ouest de cette ligne. Supposons que la première ait 63",10et la seconde 56"*,90 ; en divisant ces chiffres par celui

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