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TAÏILLIS 121
Le seul moyen qui ait presque constamment été suivi de succès consiste à adjoindre aux chênes des pins, dont le couvert fait disparaître la bruyère, et dont les aiguilles fertilisent le sol appauvri. Voici comment on procède à cette opération: à l'automne qui suit la vidange de la coupe à regarnir, alors que tous les bois ont été enlevés et que le sol est encore sillonné parles ornières des voitures employées à la vidange, on outre, dans toutes les parties clairiérées, des potets séparés l’un de l’autre par un intervalle de 1%,50 dans un sens et de 2 mètres dans l’autre, La dimension des potets sera déterminée par l'âge des plants qu'on aura à sa disposition. Au commencement du printemps, on plantera dans ces potets des pins de 2 à 3 ans, extraits de pépinières et soigneusement tenus à l’abri du soleil. Si l'on a eu la précaution d'établir à portée une pépinière volante d'où l'on puisse extraire les plants en mottes, le succès sera presque assuré.
En mème temps que l'on plante les pins dans les trous préparés à l'avance, un ouvrier muni d'une pioche et d’une gibecière pleine de glands sèmera, au milieu de l'intervalle de 2 mètres qui sépare les lignes des plantations, une ligne de glands espacés de 1%,50. On ne fait pas préparer à l'avance les trous destinés à recevoir les glands, parce qu'ils se remplissent souvent d'eau qui fait pourrir le germe.
122 SYLVICULTURE
Il suffit d'ailleurs de deux ou trois coups de pieche pour bien ameublir la terre dans laquelle on place les glands. :
Il vaut mieux semer au commencement du printemps qu'au commencement de l'hiver. A la vérité, on a l'embarras de conserver les glands pendant trois mois; mais comme ils germent peu de temps après le semis, ils ne courent pas autant de risques d'être mangés par les mulots et les sangliers que lorsqu'ils passent cinq mois en terre. Au mois de juin, après les pluies du solstice, il est très utile de faire donner un binage aux plantations, pour dégager les jeunes plants des herbes qui pourraient les gêner, On répétera cette opération au commencement de l'automne, époque où l'on remplacera les plants manquants.
L'année suivante on binera de nouveau la plantation à la fin du printemps et de l'été; l'on pourra ensuite se dispenser de tout autre travail d'entretien. Si l'opération a été bien faite, et si d'ailleurs les accidents météoriques n'en ont pas compromis le succès, les pins doivent ètre assez vigoureux pour lutter contre la bruyère, qu'ils finiront bientôt par dominer, La végétation des chènes restera assez languissante tant que les pins seront petits ; mais aussitôt que ceux-ci commenceront à s'élever, les chènes entreront en lutte avec eux et ne se laisse-