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TAILLIS 123 ront pas dominer. À la révolution suivante, on pratiquera dans les pins une forte éclaircie, afin de laisser les chènes prendre le dessus, et, plus tard, on pourra reprendre l'exploitation en taillis, avec la précaution de garder comme réserves quelques pins destinés à donner des semences.
Ces repeuplements continués après la vidange de
. chaque coupe feront peu à peu disparaître tous les
vides, Les cépées anciennes prendront une nouvelle vigueur, et la bruyère sera partout chassée par le pin qui couvrira bientôt le sol de son ombre et de ses aiguilles.
L'espèce de pin à employer comme essence accessoire pour la restauration des taillis dégradés variera suivant la région et la nature du terrain. Dans les plaines de l'Ouest et Sud-Ouest de la France, on pourra se servir de pin maritime ; mais lorsqu'on avance vers l'Est et qu'on s'élève dans les montagnes, cette essenee doit être remplacée par les pins sylvestres et d'Autriche. On préférera ce dernier pour les repeuplements à faire dans les terrains calcaires. Quant au sylvestre, il sera toujours employé avec grand succès dans les terrains siliceux et surtout dans les granits, pour lesquels il paraît avoir une prédilection marquée.
Dans tout ce qui précède, il n’a été question que de la restauration des taillis de chène dans les
124 SYLVICULTURE terrains pauvres. Certains taillis de bois durs, situés dans les terres argileuses, fortes et de bonne qualité, présentent bien souvent aussi de vastes clairières. Cet état est souvent dû au pâturage, qui détruit les semis à mesure quils se produisent. Dans ces conditions, il suffit le plus souvent de mettre le bois en défens pour voir les vides se repeupler naturellement. Ils se garnissent d'abord de mort-bois, tels qu'épines noires et blanches, marceaux, viornes, cornouillers, puis, au bout de quelques années, on voit surgir des chênes, qui, après avoir longtemps langui sous le couvert épais de ces broussailles, finjssent par prendre le dessus. On facilite la croissance des chènes en étètant les mort-bois qui les entourent. Il faut se garder de les couper par le pied, car ils n'en prendraient que plus de vigueur.
Quand le chène a disparu du peuplement, -on l'y introduit de nouveau au moyen de plantations par placeaux faites après la vidange. On appelle placeau un cercle d'un mètre environ de rayon qu'on cultive soigneusement, et dans lequel on plante trois ou quatre brins de chène. Les placeaux sont épars dans la coupe, mais l'on a soin de ne pas les mettre sous le couvert des réserves ; ils sont piochés deux fois par an; les fourneaux à charbon font de très bons placeaux.
Cultures spéciales. — On désigne sous le nom
TAILLIS 129 de furelage réglé un mode de traitement qui consiste à enlever sur chaque cépée les brins les plus gros, en réservant les autres pour être coupés aux exploitations suivantes. Ce système n'est guère appliqué qu aux taillis de hètre, dans les montagnes du Morvan
et du Rouergue. Il offre cet avantage de ne pas
dénuder le sol, et de maintenir l'activité de la végétation dans les souches de hètre, qui perdent souvent la faculté de produire des rejets lorsqu'elles sont coupées à blanc-étoc.
Pour régulariser le furetage, ou partage la révolution en deux ou trois périodes pendant chacune desquelles ‘es exploitations parcourent toute la forèt. Si, par exemple, la révolution est de 30 ans, on la partagera en trois périodes de 10 ans et on divisera la forèt en 10 coupes ; dans :haque coupe on ne prendra que le tiers des brins, en chc'sfssant les plus âgés de manière qu'il reste sur chaque cépée des brins de 10 et de 20 ans ; à la coupe suivante, qui revient 10 ans après, les brins qui avaient 20 âàns en ont 30, ceux de 10 en ont 20 ‘et les Jeunes rejets remplacent les brins de 1 à 10 ans. Par ce procédé, on assure la perpétuité du taillis, mais à condition toutefois de remplacer par des plantations les souches qui meurent. à
Si l’on néglige ce soin, il ne tarde pas à se former des clairières, car les faînes produites par des brins
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de 30 ans sont trop rarement fertiles pour pouvoir assurer un repeuplement naturel efficace.
Le sartage est un mode d'exploitation à la fois forestière et agricole qui consiste à couper les taillis à blanc étoc, à brûler les bruyères et les branchages et à ensemencer en céréales le sol ainsi écobué. Ce système de culture n'est guère usité qu'en Ardenne, Il permet aux populations de cette contrée d'obtenir sans engrais et presque sans culture les grains dont elles se nourrissent ; il active la végétation du chène qui forme le peuplement des taillis sartés, et permet d'en tirer d'excellentes écorces. Le sartage se fait à feu couvert ou à feu courant.
Pour essarter à feu couvert, on pèle le sol à la houe sur une épaisseur de 10 centimètres, et l'on forme, avec les mottes de terre et de gazon, des fourneaux qu'on allume dès qu'ils sont suffisam-
ment desséchés. Le feu dure plusieurs jours. Quand
les cendres sont refroidies, on les répand sur toute la coupe.
On pratique le sartage à feu courant en brûlant
sur le parterre mème de la coupe toutes les menues
branches qu'on y a laissé sécher jusqu'au mois de septembre. On allume ces branchages, en prenant la précaution de garantir les taillis voisins par une bande dénudée d'environ 20 mètres de largeur. Pendant la durée de la combustion, des hommes