‹ Éléments de sylvicultureChapitre 37 sur 68 · PAT · texte numérisé non relu

PAT

és Là dif SA

sur l'hypothèse que chaque affectation sera entiè=.

we

rement repeuplée pendant la durée de la période des

ae

coupes de régénération. Cette hypothèse ne se réa. à 4

lise pas toujours. On peut même dire qu'ilest rare . que le repeuplement naturel soit assez complet pour | suffire à constituer un massif régulier. I faut alors de suppléer par des repeuplements artificiels à ce que ÊLS l'ensemencement naturel n'a pu faire. On ne doit pas attendre, pour commencer ces repeuplements artificiels, que toute l'affectation dans laquelle ils

ee S doivent ètre entrepris ait été exploitée : car il arrive

; mi souvent qu'à ce moment la régénération nest pas. Cr complète. On est alors forcé de suspendre les

FUTAIES 147 coupes de cette affectation et d'entamer la suivante pour ne pas interrompre les exploitations. Lorsqu'on s'aperçoit que l'ensemencement naturel ne se prouit pas, il faut se mellre en mesure de garnir la coupe soit au moyen de semis, soit par des plantations. |

Les plantations, quoique plus coûteuses en apparence que les semis, revienent souvent moins cher, parce qu'elles ont moins de chances d'insuccès. Pourvu qu'on puisse se procurer de bons plants, on est à peu près sûr de réussir, et l'on peut mélanger les essences dans les proportions les plus convenables. Ce méiange d'arbres aptes à vivre ensemble est un des moyens les plus certains d'assurer la bonne venue des futaies.

Ainsi, en plaine, dans Îles terrains légers, le -chène associé au pin sylvrestre croît mieux qu'à Fétat pur. Dans les sols plus compacts, le chène s'ass socie au charme; à Forme, aux érables. En mon- | tagne, les massifs mélangés de hètres et de sapins

ont une plus belle venue que ceux où ces arbres croissent sans mélange.Lesrepeuplements artificiels permettent d'introduire dans les forêts les essences qu il est utile d'y propager; ils servent à empècher la formation de clairières et complètent ainsi l'œuvre de Ja nature, dont l'action n'a pas loujours la régu-

larité que comporte un aménagement bien suivi

148 SYLVICULTURE En mème temps que la première affectation se. repeuple, soit naturellement, soit artificiellement, les affectations ‘suivantes sont parcourues par des coupes d'amélioration, éclaircies et nettoiements. Ces coupes régularisent les peuplements, préparent la régénération et permettent de tirer parti de tous les bois surabondants. Comme elles peuvent se suivre dans un ordre bien déterminé, on les as-

. , ’ r ; soit par contenances égales sans se préoccuper des =

différences des produits. [nous resterait maintenant à tracer la marche des coupes tant de régénération que d'amélioration ; mais nous ne pourrions, sans dépasser les limites de ce travail, entrer dans l'examen de ces questions qui sont du ressort de la science de l'aménagement plutôt que de la sylviculture proprement dite.

L'abatage, dans les futaies, doit s'effectuer après. la chute des feuilles et avant l'époque ou la sève se

Le

met en mouvement. — On croit en général que …

les bois exploités en temps de sève, ainsi que ceux qui sont coupés hors des époques de la pleine lune, ne se conservent pas. Aucune expérience concluante ne légitime cette croyance vulgaire. Si l'on pres-

crit de faire les exploitations en automne et en. hiver, c'est principalement pour attéguer les dé-

gâts causés aux jeunes peuplements par des aba-.

lages faits au printemps et en été, époque oùles n

pousses sont tendres et cassantes. La chute des

arbres et leur transport à travers les recrus occasion

nent alors bien plus de dommage que dans l’arrière-saison.

Dans toutes les coupes de régénération, on ébran-

chera les arbres à abattre et l'on dirigera leur chute

de manière à éviter d'endommager le sous-bois. Dans les coupes de cettte nature, on n'a pas à ménager les souches comme dans les taillis. On peul

donc permettre l'usage de la scie pour l’abatage

des gros bois. La scie quiest la plus commode pour ce travail est celle dite Tyrolienne. Gest un passepartout dont les dents sont découpées sur une lame convexe. Quand on veut profiter de toute la longueur de certaines pièces de prix, on procède à l’arrachage en creusant autour du pied un fossé circulaire. On tranche les grosses racines à mesure qu'on les dé-

couvre, et quand l'arbre est à peu près détaché, on

le met à bas au moyen de cordes. Cette opération doit toujours ètre précédée d'un ébranchement complet.

On faconnera les branchages le plus tôt possible et on transportera les bois sur les laies, chemins

et places de dépôt. On profitera des fortes gelées

ou des sécheresses pour faire ces transports, beaucoup plus faciles alors que le sol est solide. On s’abstiendra de faire pénétrer les voitures dans les coupes après les grandes pluies et les dégels. — Il

150 SYLVICULTURE

ne faut pas trop S'effrayer des dégâts apparents occa-

sionnés par les exploitations ; les jeunes peuplements

de bois feuillus qui paraissent dévastés après la coupe

se complètent assez promptement, si on a soin de.

receper les brins endommagés. Les résineux demandent à être mieux ménagés; cependant, il n'y aura pas de danger sérieux pour leur avenir, si l’on a la précaution de ne pas faire de grandes clairières dans les jeunes fourrés.

L'établissement de bonnes voies par lesquelles les produits de toutes les coupes deviennent aisément transportables est sans contredit l'amélioration la plus profitable aux forêts ; malheureusement, ces travaux exigent des avances devant lesquelles beaucoup de propriétaires reculent. S'ils comparaient la surface occupée par les chemins de desserte successivement ouverts puis abandonnés, à celle qu'occuperait un bon réseau de chemins, s'ils tenaient compte de la diminution des frais de transport et par suite de l'augmentation de valeur des bois, ils reconnaîlraient presque toujours que les frais de premier établissement seront couverts en peu d'années par

la plus-value des coupes.

Les produits des coupes situées en pays accidentés,

où les voitures ne peuvent arriver, sont transportés soit au moyen dé glissoirs, soit sur des chemins de schlille,

« ft

Il y a des glissoirs naturels etdes glissoirs artiticiels. Les premiers sont des rigoles creusées par les eaux sur des pentes raides et qu'on redresse le mieux possible; les autres sont construits au moyen de pièces de bois reliées de manière à former un canal ouvert. Quand le glissoir traverse des vallées, il est supporté par des élriers ou des chevalets. — L'extrémité inférieure des'glissoirs débouche ordinairement sur des prairies ou mieux dans un étang. Les troncs amenés au haut du glissoir sont lancés le gros bout en avant.

Le moment le plus propre au glissage est celui où la neige est bien prise; mais on doit suspendre le lancement pendant les grand froids, parce que les trones se brisent alors avec une grande facilité.

On appelle chemins de schlitle des sentiers en travers desquels se placent des morceaux de bois retenus par dés piquets. Dans les Vosges, on nomme ravelons les bûches qui forment les barreaux de l'espèce

d'échelle qu'on établit ainsi sur toute la longueur

du chemin. La pente du chemin de schlitte est de 10 à 12 pour 100, elle doit ètre aussi régulière que pos-

sible. Pour transporter les bois sur ces chemins, on

se sert d'un traîneau léger tiré par un homme qui appuie ses pieds sur les ravetons.

. Jardinage. — On appelle jardinage un système

d'exploitation des futaies qui consiste à enlever cà

12 SYLVICULTURE

et là dans toute la forèt les arbres les plus àgés, les

plus viciés, secs ou dépérissants, et mème ceux bien venants que réclament les besoins du commerce. Ce mode de traitement est celui qui a été le plus anciennement pratiqué, car lorsque les hommes ont commencé à employer le bois pour construire leurs premières demeures, ils ont abattu dans les forèts les arbres à leur convenance, sans se préoccuper de leur reproduction. Comme les forèts étaient immenses et la population clairsemée, ces exploita-

tions faites sans règle n'avaient pas de grands in

convénients, car la puissance de reproduction était supérieure à la consommation. Mais il vint un moment où les besoins s'accrurent au point de compromettre l'existence des forèts, qui ne produisaient plus assez de bois pour satisfaire aux exigences des populations. Dans la crainte de voir disparaître les

forêts et avec elles le bien-être qu'elles produisent,

les gouvernements prirent des mesures pour assurer

leur conservation. Le jardinage désordonné fut in-

terdit dans les forèts possédées par les souverains et les communautés et l'on fixa pour chaque forêt le nombre d'arbres à abattre chaque année. Les particuliers adoptèrent cette règle, qui leur assurait un revenu soutenu, et aujourd'hui on ne jardine plus à l'aventure que dans quelques régions peu accessibles où les bois n'ont aucun débouché.

ALOR PPT

de,

Page 1