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Le jardinage régulier consiste donc à exploiter chaque année, ou à des périodes fixes, un nombre déterminé d'arbres choisis d'abord parmi les sujets morts, viciés ou dépérissants, nombre qui est complété avec les plus gros des arbres sains.
On conçoit que si le nombre d'arbres ainsiexploités est fixé de manière à ne pas dépasser l’accroissement annuel de la forêt, celle-ci ne s'appauvrira pas. Si d'ailleurs ces extractions sont disséminées sur de grandes surfaces et n’enlèvent qu’un ou deux arbres sur chaque point, le massif ne sera interrompu nulle partetles jeunes plants seront toujours abrités,
Cette dissémination des exploitations, qui est une des conditions nécessaires du jardinage, n'est pas sans quelques inconvénients. La surveillance est plus difficile, les transports sont plus onéreux pour des extractions dispersées dans toute une forêt que pour des coupes faites d'un seul bloc, comme celles des taillis. Aussi a-t-on cherché à atténuer ces inconvénients, sans toutefois modifier le caractère essentiel du jardinage, en concentrant les extractions
d'arbres sur des surfaces réduites. Pour cela, on
partage la forèt en un petit nombre de divisions de
contenance à peu près égale. Ces divisions sont établies en utilisant les limites naturelles, vallées, routes, crêtes. Leur nombre varie suivant la disposition des lieux et la fertilité du sol. Les exploita-
cune de ces divisions, dans une période égale à leur
nombre. S'il y a 10‘ divisions, les exploitations reviendront tous les 10 ans dans chacune d'elles. Ces
exploitations portent d'abord sur les arbres morts, puis sur ceux qui sont dépérissants, et enfin, s'il est.
nécessaire pour parfaire la possibilité, sur les arbres
les plus mûrs. Mais elles se font toujours par pieds. isolés, de manière à disséminer les trouées dans tout le massif. Parce moyen, la végétation du sous-étage se développe à l'abri et prépare une nouvelle géné= ration de grands arbres. On arrive ainsi à obtenir sur chaque point de la forèt des arbres de tout âge qui se soutiennent les uns les autres et qui forment
partout un peuplement uniformément varié.
Ce mode d'exploitation est le seul qui puisse ètre
appliqué aux massifs situés à de grandes ailtitudes, sur les versants abrupts, coupés de rochers et bal-
fus par les vents, ainsi qu'à ceux qui constituent des forêts de protection, c'est-à-dire qui ont pour objet de mettre les villages, les cultures et les routes à l'abri des avalanches, des éboulements et des vents dangereux. Il est encore indiqué pour les forêts dans lesquelles, à raison: de la rigueur du elimat et la nature du sol, la régénération naturelle
est extrêmement lente et aléatoire.