CHAPITRE IX REPEUPLEMENTS
MODES DE REPEUPLEMENT. — Semis, plantations, boutures et marcottes, — Comparaison des divers modes. — SEMIS. — Choix des graines. — Récolte et conservation. — Préparation du sol, — Semis en plein, par bandes et par potets, — Semis sur la neige, — Binages. — PLANTATIONS. — Saison favorable. — -Extraction des plants. — Précautions contre le soleil et le froid. — Mise en jauge. — Pose du plant. — Recepage.
— PÉPINIÈRES, — Choix de l'emplacement, -- Première préparation. — Clôture. — Division en platesbandes et rigoles. — Abris. — Entretien. — Pépinières volantes. — BouTURES. — Essences propres au | bouturage. — Modes d'exécution. — Marcottage.
Modes de repeuplement. — On repeuple les ler
rains dégarnis de bois au moyen de semis, de plantations, de boutures et de marcottes.
La nature du sol, l'espèce d'arbres qu'on veut y introduire déterminent le choix à faire entre ces divers modes de repeuplement.
On emploie les semis lorsqu'il s'agit de reboiser des terrains pierreux où les plantations sont d’une exécution difficile, les terres légères garnies de
bruvères courtes el peu serrées, Les essences dont
Les: 2 4 UE
| REPEUPLEMENTS 103 la graine est à bas prix, comme lé pin nrarilime, se sèment plutôt qu'elles ne se plantent. |
La plantation est préférable aux semis, dans les terrains compacts, couverts d'herbes et exposés au soleil ; elle est seule praticable pour le repeuplement des vides de peu d'étendue. En général,
une plantation bien faite offre plus de chances de
réussite qu'un semis, et ne coûte, en fin de compte,
pas plus cher. [Il est certaines essences qu'il vaut mieux semer que planter; ce sont celles dont les plants sont fortement enracinés, comme le chène, le vhâtaignier. Les difficultés qu'on éprouve à extraire les plants de ces essences et à les mettre en terre avec leurs longues racines rendent les plantations si coûteuses que le semis, malgré ses inconvénients, doit être préféré lorsqu'il s'agit de travaux de quelque importance.
Les repeuplements par boutures sont limités au très petit nombre d'essences qui se reproduisent aisément par ce procédé. Le marcottage peut s'appliquer à un plus grand nombre d'espèces d'arbres,
mais il exige de tels soins qu'il est difficile de l'em-
ployer pour des réboisements importants. Ce mode,
très utile pour propager des arbres précieux, est du domaine de lhorticulteur plutôt que du forestier,
Semis. — Les semis se font au printemps ou en automne ; leur succès dépend : du mode de prépara-
164 SYLVICULTURE :
tion du sol, du choix des graines, de leur mise en terre, des soins apportés à la conservation des jeunes plants. etenfin des circonstances climatériques, qui ne peuvent être toujours combattues, mais contre | lesquelles on peut cependant prendre quelques précautions.
Les graines doivent ètre saines, fraiches et de bonne | qualité. On s'assure de leur qualité en les ouvrant à l'aide de l'ongle ou du couteau; elles doivent être pleines à l'intérieur et présenter les caractères d'une graine récemment cueillie. Ces caractères varient suivant les essences; nous les ferons connaître spécialement pour les semences qui sont d'un emploi général, en indiquant les soins à donner à leur récolte
et à leur conservation. ,
Le gland doit ètre plein, lourd, frais à l'intérieur et muni de son germe; les glands piqués, moisis, ceux qui ont déjà germé, doivent ètre rejetés. La récolte se fait en automne, par un temps sec sil est possible; on évite de choisir les glands qui proviennent d'arbres dominés ou trop âgés, ou ceux qui sont tombés les premiers. Aussitôt après la cueillette, on les laisse se ressuyer dans un lieu sec et bien aéré.
Quand on sème les glands en automne, ilnya d'autre soin à prendre que de les étendre et de les remuer à la pelle, pour qu'ils ne fermentent pas: si
Ye
RÉEPEUPLÉMENTS 10.) l'on veul les conserver jusqu'au printemps, il faut les mélanger avec du sable bienlavé et sec, les mettre en tas sur une aire bien battue et les recouvrir d'une couche épaisse de paille ou de feuilles sèches; il est . préférable de les garder en silos ou dans l'eau, On construit les silos en ouvrant, dans un sol bien à l'abri des eaux, une fosse assez profonde dont on garnit le fond: d’un lit de paille de 30 centimètres d'épaisseur; les parois sont revètues de pieux entrelacés de tresses de la même matière. Les glands sont étendus dans.les silos{par couches que séparent des lits de paille ou de feuilles sèches, et l'on recouvre le tout de planches ou de branchages sur lesquels on rejette la terre.
On peut aussi conserver les glands en les mettant dans des tonneaux qu'on remplit d'eau. Dans certains pays, les gardes emploient ce procédé pour obtenir à peu de frais une boisson rafraîchissante et assez tonique. La légère fermentation qui s'établit ne détruit pas la faculté germinative du gland; quelques poignées de houblon jetées dans le tonneau donnent
au liquide, qu'on retire au printemps, un goût
d'amertume qui n'est pas désagréable.
La faîne, quiest le fruit du hètre, doit être pleine, fraîche et d’une saveur franche. L'on en tire une huile de très bon goût. On récolte la faîne en au-
tomne; il faut attendre qu'elle tombe naturellement,
PTE
et se garder de hâler sa chute en gaulantles arbres, É car on détruit ainsi les bourgeons qui fructifieraient F Fannée suivante. Après avoir laissé se ressuyer. les graines recueillies, il suffit de les entasser dans une chambre aérée et bien sèche, et de les recouvrir d'une couche de paille. ‘te D:
Les graines des épicéas et des pins sylvestres se "4 récoltent en automne et en hiver; celles du sapin F en septembre. On cueille les cônes à la main, on. à les entasse dans un grenier aéré et on les remue de D 58 temps en temps. Les graines du sapin tombent avec les écailles; on les sépare par un eriblage. a écailles des cônes des épicéas et des pins sylvesires ne s'ouvrent que sous l'influence de la chalear. L'extraction en grand s'opère artificiellement dans. des appareils spéciaux. Pour les quantités peu con- c
ou Là to ponte ot dr Er ALI ‘à
sidérables, il suffit d'exposer les cônes au soleil et de les remuer; après quelques heures, la graine s'échappe avec facilité. +)
Les semences ainsi recueillies sont garnies d' une membrane légère qui en facilite la dispersion: il est. e utile de les en débarrasser, afin qu'elles soient d° un e moindre volume et que le vent ne les enlève pas 4 aussi aisément. On exécute cette opération en les |
Cu +, à DA
SAN Mai D 6m CP
battant au fléau après les avoir renfermées dans un É sac, ou mème en les agitant fortement dans un ba rillet où l'on place quelques cailloux. È