‹ Éléments de sylvicultureChapitre 52 sur 68 · PAC · texte numérisé non relu

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DÉGATS DES ANIMAUX 219 peaux praliquent sur les pentes des sentiers horizontaux ; les touffes de gazon qui bordent ces sentiers sont peu à peu détachées du sol parles pieds de ces animaux et par les efforts qu'ils font pour en arracher quelques brins d'herbe. Les gelées de l'hiver, et plus encore les chaleurs de l'été, font périr les touffes dont les racines sont ainsi mises à nu. Comme les herbages sont toujours pacagés avant d'avoir produit leurs graines, les vides vont sans cesse en s accroissant. Les (roupeaux qui suivent toujours les mèmes sentiers finissent par en désagréger la surface ; les eaux, n'étant plus arrêtées par les végétaux, creusent des ravins dont la profondeur augmente à chaque orage; après quelques années, la terre a disparu avec la pelouse. Alors, au lieu du tapis de verdure qui les couvrait, les versants dénudés ne présentent plus qu'une surface aride, sillonnée de ravins et complètement improductive,

Quelles que soient les précautions prises pour diminuer les inconvénients du pacage des moutons dans les montagnes boisées, on ne peut jamais empêcher qu'il soit très nuisible. Mais on peut éviler qu'il devienne désastreux, en réduisant le nombre des animaux et la durée du pacage. Ainsi on pourra fixer, suivant la déclivité et la fertilité du sol, le nombre de moutons admis au pacage à 3 ou 4 têtes au plus par hectare. C’est à peu près toutce que

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peut nourrir cette surface de terrain à l’état de pâturage boisé. Lorsqu'on s'apercevra que le sol se ravine et que les gazons se dégarnissent par place, on mettra la montagne en défens pendant tout le temps nécessaire, pour reconstituer sa couverture végétale.

Les chèvres sont encore plus nuisibles aux bois que les moutons, parce qu'elles préfèrent à tout les feuilles et les jeunes pousses qu'elles savent atteindre en se dressant sur leurs pieds de derrière. Tout propriétaire désireux de conserver ses forèts en interdira complètement l'entrée à ces animaux.

Les pores ne font pas autant de mal aux forêts que les autres animaux domestiques. En fouillant le sol pour y trouver les graines et les racines dont ils se nourrissent, ils déracinent bien quelques petits plants ; mais si l'on a la précaution de ne pas les laisser séjourner longtemps à la même place, ils ne causent pas de grands dommages. Le porc détruit une grande quantité de larves d'insectes qu'il va chercher sous la mousse, il poursuit aussi les mulots et les serpents, et peut, à raison des services qu'il rend sous ce rapport, être considéré comme un animal plus utile que nuisible. L’introduction des troupeaux de pores dans les bois n'occasionnera pas de dommages si on ne les laisse pénétrer que dans les grands taillis et les perchis, où ils

DÉGATS DES ANIMAUX 291 peuvent, sans inconvénient, manger les glands et les faînes, car les plants que ces semences produiraient ne pourraient prospérer sous le couvert. Il faudra leur interdire l'accès des coupes de taillis deux ans au moins avant l'exploitation, et celui des coupes d'ensemencement des futaies, afin de conserver toutes les graines qui doivent reconstituer les nouveaux peuplements. Si d'ailleurs on a soin de ne pas laisser le troupeau s'arrêter longtemps sur le mème point et fouiller trop profondément, son passage, loin de laisser des traces fâcheuses, produira un bon résultat, parce qu'il aura pour effet d'ameublir le sol et de le purger d'une grande quantité d'insectes et de petits rongeurs.

Le gibier. — L'influence que les animaux sauvages exercent sur les forèts qu'ils habitent dépend de leur mode d'alimentation. Ceux qui se nourrissent de matières végétales, telles que feuilles, semences, écorces et racines, sont toujours plus ou moins nuisibles. Les carnassiers devraient, au contraire, être regardés comme utiles, parce qu'ils détruisent les premiers. Mais à côté de l'intérêt purement forestier qui commanderait la suppression complète des herbivores et des rongeurs, il y a l'intérêt de la chasse qui en exige la conservation, Il faut, pour concilier ces deux intérêts opposés, empècher le gibier de se multiplier assez pour causer des dommages sérieux

999 “ SYLYICULTURE et détruire les carnassiers, qui lui font une chasse trop active.

Les chasseurs mettent, en général, assez de zèle à s'acquitter de leur mission destructive, pour que les forestiers aient rarement à intervenir afin d'empècher le gibier de devenir trop abondant. Leur rôle le plus habituel est de favoriser sa multiplication -

dans cértains cas, cependant, ils sont obligés de

suppléer à l'insuffisance des moyens employés par les chasseurs et de procéder eux-mêmes à la destruction d'animaux devenus nuisibles par leur nombre. | de

On distingue, parmi les animaux sauvages herbivores, les grands fauves, les béles noires et le petit gibier. Les grands fauves sont les cerfs, les daims et les chevreuils. Les sangliers sont désignés sous le

nom de bètes noires; les lièvres et les lapins forment

le menu gibier,

— Le cerf se nourrit des fruits des forêts, il broute les jeunes pousses des chènes, des charmes et les feuilles des ronces ; il va au gagnage dans les plaines cultivées, où il cause de grands dégâts.

Vers la fin de l'hiver, les cerfs perdent leur bois, qui repousse immédiatement. Ils ont refait leur tête vers le 15 juillet, époque où ils commencent à frotter leur bois contre les jeunes arbres

pour faire tomber la peau qui le recouvre, En

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