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FF. 9 7 (4 AE

DÉGATS DES ANIMAUX 993 termes de vénerie, on dit que le cerf loucheau boëïs, et l'on nomme frayoirs les déchirures faites à lécorce des arbres. Les dommages que causent les cerfs ne sont pas très sensibles dans les taillis et les peuplements naturels bien complets, où la perte de quelques sujels a peu d'importance ; mais 1ls font un tort très appréciable aux bois déjà clairs et surtout aux plantations d'arbres verts, parce qu'ils brisent beaucoup de jeunes arbres en touchant au bois. | |

Quand les cerfs deviennent assez nombreux pouf compromettre l'état du peuplement, on les chasse en battues. Ces destructions se font aux mois de septémbre et d'octobre. C'est à ce moment que les animaux sont en venaison. La chair des cerfs tués au fusil, à cette époque, est assez bonne, tandis qu'elledevient mauvaise si l’on attend la saison du rut.

— Le daim a des habitudes analogues à celles du cerf, se nourriture est la même, et au point de vue forestier il n'y a aucune différence à faire entre ces animaux. Ils sont également nuisibles s'ils devien-

nenttropnombreux. Il estrare que les forestiers aient besoin de recourir à l'aide des tireurs pour arrèter cette trop grande multiplication ; mais il n'est pas rare, au contraire, de voir les chasseurs demander aux forestiers les moyens de favoriser la reproduc-

tion de ces belles espèces. |

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Les procédés de conservation les plus simples consistent d’abord à détruire autant que possible les loups et les renards, qui font une chasse acharnée aux jeunes faons ; puis à s'abstenir de tuer les biches. Il faut ensuite réserver quelques ronciers, qui les abritent et leur fournissent du feuillage vert pendant l'hiver ; puis, quand la terre est couverte de neige, déposer dans les endroits fréquentés par les hardes de cerfs des fourrages, des faînes et des pains fabriqués avec de la terre glaise et du sel.

Grâce à ces précautions, la reproduction des grands fauves sera assurée et l'on n'aura pas à craindre de les voir sortir du bois pour aller au gagnage dans la plaine, où ils sont exposés à être tués par les braconniers.

— Le chevreuil est moins nuisible aux forêts que le cerf et le daim ; il fait aussi moins de dégâts dans les champs, parce qu'il quitte rarement le couvertoù iltrouve des jeunes pousses, des faïnesetdes feuilles de ronces, qu'il préfère à toute autre nourriture. Au printemps, il mange les jeunes pousses de bourdaine; cette nourriture produit chez lui une espèce d'ivresse qui lui fait perdre le sentiment du danger. H n'est pas rare de voir, à cette époque, des chevreuils affolés pénétrer jusqu'au milieu des viilages et approcher de l'homme, qu'ils fuient en tout autre temps,

de:

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Le chevreuil mâle prend le nom de brocard: la femelle, celui de chevrette. Le brocard a, comme le cerf, la tèle ornée de bois qui tombent tous les ans vers le mois de novembre. Sa tète est refaite vers la fin de janvier.

On emploie, pour assurer la multiplication de ces animaux, qui sont fort recherchés des chasseurs à cause de la délicatesse de leur chair, les moyens indiqués plus haut pour le cerf et Ie daim. C'est en détruisant les loups et les renards, en respectant les chevrettes, et en réservant des ronciers, qu'on arrive le plus sûrement à conserveries chevreuils dans les forèts où 11 y en a déjà.

Il est beaucoup plus difficile de les introduire dans celles d'où ils ont disparu, car les animaux adultes qu'on y transporte, se trouvant dépaysés, n'ont pas de refuites, et vont souvent se faire tuer dans la plaine. Il est préférable d'élever en demi-domesticité des faons, qu'on rend à la liberté au moment du rut. Les chevrettes vont mettre bas dans les fourrés, et si l'on peut préserver les portées des atteintes des braconniers et des carnassiers, on aura de nouvelles générations habituées à la vie sauvage.

— Le sanglier se nourrit, comme le pore, de fruits, de glands et de racines. Il sort des bois pendant la nuit et va dans les champs de blé, d'avoine, de maïs et de pommes de terre, où il fait de grands ravages.

H dévore aussi les levrauts et les lapereaux qu'il

trouve dans leurs rabouillères, les faons de che-

vreuils et les poules faisanes qu'il saisit sur leurs œufs. C'est un animaléminemment destructeur, que

les forestiers aussi bien que les chasseurs ont intè-

rèt à poursuivre à outrance. DE.

Les sangliers ne sont point sédentaires; pendant quelques années, on les trouve en grande abondance dans certaines forêts; puis on les voit tout d'un

coup se porter dans les forèts ‘très éloignées, quils quitteront de mème säns qu'on puisse se rendre

compte des causes de ces déplacements.

On donne le nom de maycassin au jeune sangher, tant qu'il porte la livrée, c'est-à-dire tant que son

pelage est marqué de bandes fauves et noires. Plus

tard il devient béte de compagnie, ragot, tiers-an, puis solitaire, lorsque, devenu plus âgé, il cesse de

faire partie d'une bande.

On détruit les sangliers au moyen de battues, et

plus sûrement encore en entourant de tireurs les

enceintes dans lesquelles on lâche quelques chiens. Les sangliers, harcelés par ces adversaires plus bruyants que redoutables, se lassentde leur tenir tête, et finissent par se décider à vider l'enceinte. Cest

ce moment que les chasseurs saisissént pour les

tirer au passage.

ILestiputile de s'acharner à poursuivre un ragot.

Mipidgnt irrasens in io doiedc

dat WE

DÉGATS DES ANIMAUX 397 manqué; à moins d'avoir un équipage de vautrail, bien créancé, on ne le rejoindra pas de la journée.

La saison de la chasse au sanglier dure depuis le 15 novembre jusqu'au mois de février. Alors il s'est bien engraissé avec les faînes et les glands, et sa chair est assez bonne ; plus tard, elle prend un goût de sauvagine trop prononcé. Pendant que la terre est couverte de neige, la chasse du sanglier devient plus facile; c'est ce moment qu'on choisit pour opérer les grandes destructions.

On peut aussi tirer le sanglier à l'affût, lorsqu'il va, dans l’arrière-saison, retourner les champs de pommes de terre et de maïs ; mais, comme cet ani= mal a l’odorat très fin, il évente souvent de fort loim le chasseur, qui se morfond en l'attendant.

Avec une bète aussi nuisible il n'y a aucun ménagement à prendre ; il faut s'en débarrasser par tous les moyens. Les précautions qu'on pourrait prendre pour réserver les portées seraient presque toujours

sans profit, car l'humeur de ces animaux est trop

vagabonde pour que le chasseur puisse espérer re-

trouver en automne les marcassins rencontrés au printemps.

— Le lièvre et le lapin, quoique très rapprochés par leur conformation, diffèrent sensiblement par leurs mœurs. On trouve le lièvre dans les plaines cultivées, les bruyères, les buissons et les lisières

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des bois. Le lapin plus exclusivement forestier, ne quitte guère les bois et garennes; il creuse des terriers profonds dans lesquelsil se réfugie, tandis que le lièvre vit toujours à découvert et n'a, pour se préserver de ses nombreux ennemis, que la vitesse de ses jambes.

Les lapins, comme les lièvres, se nourrissent d'herbes, de céréales, de légumes, de bois tendre et d'écorces.

Les lièvres deviennent rarement assez nombreux pour causer des dommages sérieux aux forèts.

C'est seulement dans les parcs qu'ils se multiplient de manière à devenir nuisibles; mais il est toujours facile d'en réduire le nombre. Il n'en est pas de. mème du lapin. Ce rongeur est un véritable fléau pour les bois, et les forestiers ne sauraient prendre trop de soin pour le détruire.

Les lapins font les plus grands dégâts en hiver ; quand la neige couvre la terre, ils rongent l'écorce des jeunes brins de charmes, de trembles, de chènes et broutent les feuilles et les bourgeons terminaux des plants d'essences résineuses.

Il est impossible de faire des repeuplements et de conserver des pépinières dans une forêt infestée par ces petits animaux, qui se multiplient avec une effrayante facilité; car la femelle peut faire cinq ou

six portées par an.

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On détruit les lapins au moyen de battues souvent répétées. On emploie aussi les furets, qui les font sortir des terriers où ils se réfugient; beaucoup de propriétaires donnent à leurs gardes la permission de chasser le lapin : c’est une très bonne mesure, à condition que les gardes ne les ménageront pas pour se réserver une ressource alimentaire qui est fort prisée par eux. Quand on veut sérieusement purger un bois de ces hôtes dangereux, il faut prendre le parti décisif de les considérer, non plus comme un gibier qu'il est amusant de tirer, mais comme un animal nuisible dont il faut se débarrasser à tout prix. Pour arriver à ce résultat, quelques propriéltaires donnent à tous les chasseurs du pays l'autorisation de tirer le lapin dans leurs bois, ils permettent d'y faire des battues, de fureter, et parviennent ainsi, sinon à détruire entièrement ces animaux: du moins à arrêter leur trop grande multiplication.

On peut atténuer les dégâts que les lapins causent en hiver aux jeunes peuplements, en plaçant autour de leurs terriers des brindilles coupées de charme. de tremble, sur lesquelles ils exercent leur activité ; mais ce sont là de faibles palliatifs, et le plus sûr est encore d'appliquer les procédés destructifs.

— Nous ne mentionnerons, parmi les autres rongeurs, habitants des forèts, que l'écureuilet le mulot, Le premier de ces animaux fait quelque tort aux

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arbres résineux, parce qu'il brise les pousses terminales et ronge les écailles des cônes pour se nourrir des graines que renferment; mais dans les bois feuillus 1l est à peu près inoffensif, On le considère 4 cependant comme nuisible, parce qu'il pille les nids: x4 mais, comme il ne s'attaque guère qu'à ceux des pies ne. et des geais, on peut lui pardonner, à raison du peu 4

d'intérêt qu'offre la conservation de ces: oiseaux, “+ beaucoup plus destructeurs que lui.

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