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Le mulot fait de grands dégâts dans les pépinières | ee ét les semis artificiels. C'est un animal éminemment nuisible, dont il est diflicile d'arrêter la multipli- » cation; on le détruit avec des pièges ordinaires 44 des pots de terre vernissés à l'intérieur, qu'on enferme dans le sol, en les remplissant d'eau e. moitié. Les mulots s'y laissent tomber et se noiE après avoir fait des efforts impuissants pour grimper sur les parois lisses. -
Le moyen le plus simple et le plus économique 4 de préserver les forèls des dégâts des petits rongeurs, est de ne pas détruire les oiseaux qui leur font une chasse acharnée. Ces derniers surtout devraient toujours ètre respectés à raison des services signalés qu'ils rendent.-Un seul d'entre eux, remarquable par sa:taille et assez rare, le grand-duc, chasse le lièvre et le gibier; tous les autres se nours rissent presque exclusivement de souris, de mulots
DÉGATS DES ANIMAUX 231 et de rats. C'est donc un grand préjugé que de tuer, comme des bêtes malfaisantes, des oiseaux qui sont pour le forestier de précieux auxiliaires,
Le hérisson est aussi un animal utile qu'il faut se garder de tuer, car il dévore-les larves d'insectes, les vipères et les mulots. S'il détruit quelques couvées, c'est un petit inconvénient, eu égard aux services qu'il rend d'autre part.
Les carnassiers. —- Les carnassiers les plus ré-
pandus dans les forêts sont les loups, les renards; les chats sauvages, Les fouines, les belettes et les putéis. Tous ces animaux sont les ennemis.les plus dangereux du gibier; aussi sont-ils regardés par les chasseurs comme des concurrents redoutables qu'ils poursuivent à outrance.
Le loup et le renard se chassent à courre et en battues. Nous ne parlerons pas du premier procédé, qui est du domaine de la vénerie; mais nous indiquerons quelques précautions nécessaires pour rendre les battues fructueuses.
La première de toutes est de garder le plus complet silence quand on place les tireurs et les rabatteurs. C'est compromettre bénévolement le succès d'une chasse que d'arriver à grand fracas près d'une enceinte où l'on a détourné l'animal. Il est probable qu'il a depuis longtemps flairé le danger et pris les grands devants.
292 SYLVICULTURE
Dans certains pays, la population entière se met en mouvement pour une battue aux loups. Les rabatteurs se font suivre de tambours, ils portent des crécelles et crient à tue-tète pendant qu'ils sont sous bois. Il est oiseux d'ajouter qu'on ne tue jamais rien dans ces bruyantes expéditions. Queliques chasseurs placés à bon vent, à portée des refuites, valent mieux qu'une bande nombreuse de tireurs inexpérimentés. Si les rabatteurs sont guidés par des gardes connaissant bien le terrain, s'ils marchent sans bruit, rapprochés autant que possible, les loups, aussi bien que les renards et les sangliers, s'empresseront de se dérober devant eux et iront se faire fusiller sur la ligne des tireurs. Si, au contraire, les traqueurs mènent grand train, les animaux effarés partent dans toutes les directions et forcent souvent la ligne des rabatteurs.
On se débarrasse aussi des loups et des renards avec des appâts empoisonnés. Le poison le plus sûr est la strychnine, qu'on extrait de la noix vomique, Il suffit d'une pincée de cette substance pour faire périr instantanément un grand loup et à plus forte raison un renard. Quel que soit le poison employé, strychnine, noix vomiqne, arsenic, il faut bien se garder de le mettre comme on le fait quelquelois, dans des bêtes mortes laissées au milieu du bois. On risque d'avoir empoisonné tous les chiens
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DÉGATS DES ANIMAUX 23 du pays avant qu'un seul loup se hasarde à mordre à l'appât. Pour éviter le danger qu'offre l'emploi du poison, on devra ne s'en servir qu'à l'époque où, la chasse étant close, les chiens ne fréquentent plus les bois. Le meilleur moment est le mois de mai, époque où les animaux carnassiers, ayant des petits à nourrir sont obligés de chasser très activement. On se procurera des mulots, des souris, des grenouilles ou des petits oiseaux récemment tués. On introduira dans le corps de ces animaux une pincée de strychnine, d'arsenie ou de noix vomique, et on les placera dans les plaines qui entourent les forêts, et non dans les forèts mèmes., Les loups et les renards qui font toutes les nuits leur randonnée autour des bois. pour prendre les levrauts, les oisillons et les mulots, trouveront les appâtsetles dévoreront sans méfiance. Si l'on s'est servi de strychnine, ils resteront sur place; ils iront, au contraire, mourir dans quelque buisson éloigné, si l'on a employé la noix vomique ou l’arsenic, parce que l’action de ces poisons est bien moins prompte.
Les fouines, putois et belettes sont d'autant pins dangereux que leur petite taille les rend plus difficiles à atteindre. Ces animaux se nourrissent exclusivement de proie vivante et d'œufs. Ils sont redoutables pourles faisanderies,les pares et les bassescours, dans lesquels ils font de grands ravages.
On les prend avec des pièges dits assommoirs ou
ne AA POP CEE RS Te Re LE nt D A Li TA HELENE Tee à" DR F2 Nu 23 SYLVICULTURE RS quatre de Ms — FES engins sont trop connus |
une assez grande valeur, lorsque l'animal a été tué en hiver. On paye une peau en bon état de 15 & 18 fr. Ce prix est assez élevé, pour qu'il y ait avan: tage à élever de jeunes martes dans les forèts des montagnes, où, d'ailleurs, le froid et les neiges rendent impossible la conservation du gibier, 4
Le chat sauvage et lé chat domestique, lorsqu' la pris l'habitude de courir les bois, sont de grands destructeurs de gibier. Il faut les tuer sans s aucun ; miséricorde. ? 3
Les oiseaux. — Les oiseaux qui habitent les forêts peuvent être classés dans trois catégories distinctes. Ceux qui sont considérés comme gibier, savoir : les | etes; les oiseaux de proie, diurnes et nocturnes one
faisans, tétras, bécasses, perdrix, ramiers,
etc., et enfin les … granivores et insectivores. 147 TIRE
Le gibier plume ne fait aucun tort au bois. Loi E procédé le plus certain de favoriser une multiplica- AE
Cr tion qui ne présente aucun inconvénient consiste &
faucons, buses, chats-huants,
à détruire les animaux qui se nourrissent d'œufs, de ? petits ou d'oiseaux adultes. Nous avons déjà signalé, 4 comme les ennemis les plus dangereux du AE A
poil, les loups, les renards, les sangliers, les fouines
DÉGATS DES ANIMAUX 230 el les belettes. Ces animaux sont aussi redoutables pour le gibier à plume ; mais ce dernier à en outre à craindre les grands oiseaux de proie, qui le chassent sans trève quand il est à terre aussi bien que lorsqu'il traverse les airs. Si l'on veut qu'une forêt soit giboyeuse, il faut, par tous les moyens, en chasser ces oiseaux carnassiers. On détruira leurs couvées, on tendra des pièges sur la cime des arbres où ils ont l'habitude de se poster, On les tirera chaque fois qu'il se présentera une occasion favorable,
Nous avons dit précédemment qu'à l'exception du grand-duc, les oiseaux de nuit : chouettes, hiboux, chats-huants, sont de grands destructeurs de mulots ; ils font en outre une énorme consommation de gros insectes, tels que hannetons, phalènes, sphinx, fort nuisibles aux arbres, et méritent, à raison de ces services, une protection toute spéciale,
Il faut que les forestiers s'affranchissent entièrement du préjugé absurde qui voue à la mort ces oiseaux de.nuit, qui n'ont jamais fait que du bien. En Allemagne, la chouette, qui parcourt sans bruit les forêts pendant la nuit, en les purgeant de ses ennemis les plus darigereux, est considérée comme l'emblème du forestier vigilant et respectée de tous.
A l'exception du grand corbeau ét de la pie, qu'on accuse de détruire les nids, la plupart des oiseaux forestiers sont insectivores et sont, par cela
230 SYLVICULTURE même, de précieux auxiliaires du sylviculteur. Tous les becs-fins, les mésanges, se nourrissent des larves et des insectes qu'ils récoltent sur les arbres; les loriots, les coucous, dévorent les grosses chenilles velues; les pics eux-mêmes, auxquels on reproche de percer des trous dans les troncs d'arbres, ne font pas de dommages sérieux, car ils ne s'attaquent qu'à des arbres déjà envahis par les insectes.
En général, on peut dire que la présence des oiseaux dans les bois est éminemment favorable : les forestiers doivent donc faire tous leurs efforts pour empêcher la recherche des nids, la chasse aux gluaux, à la raquette et tous les moyens de destruction si fort en honneur dans les campagnes.
Ils devront surtout s'attacher à expulser les gamins qui vont, au printemps, courir les bois dans le seul but de fouiller les nids. Il est difficile de faire comprendre à ces dévastateurs inconscients tout le mal qu'ils font; mais quelques coups de gaule bien appliqués suffiront pour leur faire voir qu'il n'est pas permis d'aller récolter sur les arbres les matériaux d'une omelette.
La conservation des petits oiseaux est aujourd'hui considérée comme d'intérèt général ; il est très important que les gardes des forèts soient les premiers à donner l'exemple de l'obéissance aux règlements qui protègent ces utiles destructeurs d'insectes.
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DÉGATS DES ANIMAUX 237 Les insectes. — De tous les ètres vivants qui s attaquent aux forèts, les insectes, les plus petits de tous, sont les plus nuisibles, Leur nombre et leur voracité les rendent dangereux, non seulement pour quelques arbres isolés, mais pour des peuplements entiers, dont ils peuvent amener la ruine, Le plus redoutable des insectes destructeurs des bois est le bostriche. C'est un petit coléoptère, long de 3 à 4 millimètres. Aux mois d'avril et de mai, les bostriches voltigent autour des épicéas dépérissants ou récemment abattus, ils percent l'écorce jusqu'au liber, creusent de petites galeries où la femelle
dépose ses œufs, au nombre de 0 à 60. L'éclosion a lieu quinze
Fig. 6.
jours après la ponte. Les larves creusent à leur tour des galeries latérales qui vont en s'élargissant, elles se transforment en chrysalides à l'extrémité de Ia galerie, puis elles deviennent insectes parfaits, percent l'écorce et sortent pour s accoupler à l'extérieur. La durée de ces transformations est de deux à trois mois, suivant la température.
Le bostriche typographe (fig. 46) s'attaque exclu-
Fig 46. — Bostriche tvpographe (grossit.
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538 7 - SYLVICULEURÉ DO PERS ne 7%
cause de ces ravages. Il est fort difficile se. détruire un insecte qui vit sous l'écorce et qui est, par suite, peu exposé aux attaques des autres animaux. Les seuls moyens qu'on puisse employer | consistent à ne laisser dans les forèts aucun bois dépérissant, à enlever le plus promptement possible les chablis, les bois abattus, à faire abattre les arbres attaqués et à faire brûler les écorces. On reconnaît qu'un épicéa est infesté par les bostriches aux signes suivants: les aiguilles devien- 4 nent jaunes et tombent, l'écorce prend une couleur rougeâtre et se détache facilement, elle est parsemée de petits trous d'où s'échappe une poussière fine, qui est de la vermoulure. On voit, sous lé. & corce, des sillons nombreux, noirs, pleins d'œufs et de larves d'insectes. L'arbre présente des caractères marqués de dépérissement, il finit par perdre | son écorce et se dessèche complètement. À Le sapin ordinaire est souvent attaqué par un -à bostriche qui diffère peu de celui de l'épicéa, mais ‘4 les dommages qu'il cause sont moins sérieux; Jes 7 moyens préservatifs sont d'ailleurs les mèmes. “ On peut dire, d'une manière générale, que cest insectes se multiplient de préférence dans les.
bois dont le sol est sec, maigre, aux expositions |
DÉGATS DES ANIMAUX 239 chaudes, qu'ils se reproduisent en grande quantité, et c'est de là qu'ils se répandent dans les cantons plus fertiles. On préservera donc d'autant mieux les massifs des dégâts causés par les insectes, qu'on activera davantage la végétation par l'äpplication
… des règles d'une bonne culture forestière, -— L'hylésine dupin (fig. 47) est un coléopttre comme le bostriche. Il diffère de ..
ce dernier par la forme de son ue.
corselet, qui est plus étroit. La femelle dépose ses œufs dans l'écorce des arbres dépérissants ou récemment abattus. Les larves, qui éclosent peu de temps après la ponte, creusent leur galerie dans le Liber et y opèrent leur métamorphose. L'insecte
< parfait, qui sort au mois de juil-
let, attaque la base des Jeunes pousses du pin, les
- perfore dans leur longueur jusqu'au bourgeon ter-
minal."A l'automne, il se réfugie au pied des arbres, dans la mousse el sous l'écorce. |
On reconnaît la présence des hylésines à l'aspect
des jeunes pousses, qui jaunissent et tombent. Cet
insecte fait beaucoup de mal aux pineraies. C'est
surtout àux bois dont la végétation est languissante
Fig. 47. — Hylésine du pin (grossi).
240 SYLVICULTURE
qu'il s'attaque ; aussi, pour s'en préserver, n'y a-tl d'autre moyen que de débarrasser les peuplements de tous les bois morts ou dépérissants.
-— Le bombyx du pin (fig. 48) est un papillon de nuit, dont la chenille, qui se nourrit des feuilles du pin sylvestre, est des plus nuisibles ; sa puissance de reproduction est si grande et sa voracité si redou-
lable, que des forèts entières sont complètement dépouillées de leurs feuilles par ses innombrables bataillons.
On a en vain essayé, pour les détruire, tous les moyens imaginables. On a tenté de couper par des fossés les cantons attaqués ; mais les chenilles sont quelquefois en si grand nombre qu'elles remplissent
Fig. 48. — Bombvx du pin,
DÉGATS DES ANIMAUX 21 les fossés et finissent par les franchir. Le seul procédé praticable est de recueillir et de brûler en hiver la mousse dans laquelle elles se cachent,
— Le hanneton est un coléoptère dont la larve porte le nom de man ou ver blanc. A l'état parfait, le hanneton se nourrit des feuilles du chène, du hètre, du charme et de beaucoup d'autres arbres feuillus ; il ne s'attaque pas à celles des résineux. Les dommages qu'il cause, quoique très apparents, ne compromettent pas l'existence des arbres forestiers, mais ils ont pour effet de ralentir leur croissance et de dé.
truire les organes de fructifica-
tion de l'année. La larve ou ver blanc produit des effets bien plus funestes. Cette larve (fig. 49) provient d'œufs que le hanneton dépose dans le sol vers le mois de juin. Elle éclôt un mois ou six semaines après la ponte et commence à creuser les galeries souterraines dans lesquelles elle vit jusqu'à l'été de la troisième année. À ce moment, elle se rapproche de la surface, se transforme et sort à l’état de hanneton.
Le ver blanc se nourrit des racines tendres de Fig. 49. — Larve du hanneton.
543 SYLVICULTURE :
presque tous les végétaux ; il est redouté des cultivateurs, dont il détruit les récoltes. Sa voracité est très grande. Les pépinières et les semis sont très exposés aux ravages de ce dangereux insecte, qu'il est très difficile de détruire à cause de sa vie souterraine.
De tous les moyens employés pour se débarrasser du ver blanc, le seul qui ait donné des résultats consiste à recueillir les hannetons quand ils sont engourdis dans les feuilles. On secoue énergiquement les jeunes arbres sur les lisières des bois, et l'on ramasse les insectes tombés. On peut ainsi en détruire, en peu de jours, d'énormes
quantités.
Le hanneton dépose plus volontiers ses œufs dans la terre ameublie que dans le sol compact des forèts, aussi les cultures qui avoisinent les bois sont-elles plus exposées que les autres aux dévastations de ces larves. Les laboureurs emploient, pour Ies détruire, des enfants qui les ramassent quand la charrue les découvre. On habitue aussi à faire cette chasse les oiseaux de basse-cour et mème des chiens, qui sont très friands de ces larves. |
Fig. 50. — La courtilière à l'élaC d'insecte parfait.
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