À UE
DÉGATS DES ANIMAUX 243
— La courlilière (fig. 50) est un insecte du genre des orthopères. Elle vitsous terre et creuse, comme le ver blanc, des galeries dans lesquelles elle fait sa
ponte ; elle ravage les pépinières, les jardins, en
dévorant les racines de tous les végétaux qu'elle
rencontre dans le tracé de ses galeries.
La courtilière est pourvue d'ailes dont elle se sert pour quitter, vers le soir, sa demeure souterraine, La femelle pond jusqu'à 200 œufs, qui éclosent au bout d'une ou de deux semaines. Les larves sont très voraces etse jettent avec avidité sur toutes les matières végétales ; aussi une seule couvée suffit-elle pour dévaster entièrement une plate-bande de pépinière.
On détruit cet insecte en recherchant, pendant le mois de juin, les nids dans lesquels il dépose ses œufs. Ce nid n'est pas à une grande profondeur : un coup de bèche suffit pour le découvrir. On brise la coque de terre durcie au milieu de laquelle les œufs sont placés, et ceux-ci périssent au contact de l'air extérieur.
Les courtiliéres, qui recherchent Ja fraicheur pendant les sécheresses de l'été, vont souvent se réfugier sous les planches et les paillassons -mis à plat sur le sol. On peut détruire un grand nombre de ces insectes en disposant, dans un coin de la pépinière, quelques vieux paillässons, qu'on relèvera au milieu du jour.
244 SYLVICULTURE
En signalant dans ce chapitre quelques insectes des plus connus et des plus redoutables, nous n'avons eu d'autre but que de donner une idée succincte des ravages qu'ils causent et des moyens qu'on peut employer pour les prévenir. Nous renvoyons ceux de nos lecteurs qui voudraient étudier plus complètement cette branche des sciences forestières à l'excellent petit traité publié par M. de La Blanchère, sous le titre de Les Ravageurs des forélts (1).
L'observation attentive des mœurs des insectes a fait découvrir quelques procédés de destruction qui peuvent être employés avec succès, mais on est obligé de reconnaître que ces moyens sont tout à fait insuffisants en présence des grandes invasions. Lorsque la ponte et l'éclosion se sont faites dans des conditions favorables, le nombre des insectes est si
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considérable qu'on ne peut songer à les détruire.
Dans ces circonstances, il n’y a qu'à laisser agir la nature, elle se chargera de susciter contre les espèces dont la multiplication est exagérée des ennemis qui auront bientôt rétabli l'équilibre.
Le sylviculteur ne doit cependant pas rester inactif; mais au lieu de poursuivre des ennemis insaisissables à cause de leur petitesse, ilcherchera d'abord
(a) Les Ravageurs des forêts, par La Blanchère ; in-16. 200 pages, 44 gravures; libr. J. Rothschild. prix: 2 fr.
DÉGATS DES ANIMAUX 245 à utiliser sans retard les arbres gravement compromis, puis il s’efforcera d'activer la végétation des massifs attaqués, de manière à réparer, sinon pour le présent, du moins pour l'avenir, les dommages qu'ils ont subis. Les moyens à employer pour arriver à ce résultat varient suivant la nature du terrain et l’état du peuplement; mais on peut indiquer d'une manière générale : le mélange des feuillus avec les résineux, la conservation du sousbois qui maintient la fraîcheur, les nettoiements et l'enlèvement des bois morts, comme les procédés les plus sûrs de prévenir et de réparer les dégâts qu’occasionnent les insectes les plus redoutables,