‹ Éléments de télégraphie sous-marine [microforme]Chapitre 13 sur 21 · LA TA RTE RE TP A M · texte numérisé non relu

LA TA RTE RE TP A M

LSCPFAT

48 ÉLÉMENTS danger consiste dans les torsions du câble résultant de la manière dont il est lové à bord; chaque tour produit une torsion, et, pour de grandes profondeurs, ces tours successifs, s'ajoutant les uns aux autres, impriment au càble une grande tendance à se tordre et à se déformer, et à faire des coques. On pourrait, il me semble, éviter ces torsions de plusieurs manières. Ainsi, pour le cäble qui irait directement de France en Algérie, qui n'aurait que 1,000 kilomètres de longueur et qui serait d'une très-faible dimension, peut-être trouverait-on moyen de le lover en S, en choisissant un navire assez grand; et même, si un seul navire ne suffisait pas, on pourrait en prendre deux, qui, comme cela se pratiquera pour le câble transatlantique, iraient ensemble à mi-distance des deux points à relier et partiraient chacun de leur côté en posant le câble.

a Même en lovant le câble comme à l'ordinaire, sur

Moyen de remédier

aux tossions, UN seul navire, on pourrait, je pense, à chaque tour qu'on le déroulerait de la cale, lui imprimer un mouvement tel que la torsion produite par ce tour serait annulée. Lors de la pose du fil de Varna à Balaclava, M par de faibles profondeurs , il est vrai, une machine 4 spéciale, imaginée par M. Gordon, soulevait le càble | ci le détordait à chaque tour. Malheureusement cette machine était démontée quand je suis allé à Neweastle visiter la fabrique de M. Newall ; mais j’ai vu dérouler | les câbles de cette facon à main d'homme, et l'expé- ï. rience m'a paru concluante (1). 4

(1) J'ai abandonné ces idées, surtout après les entretiens que j'ai eus avec M. Reech, directeur de l’École du Génie maritime, sur les torsions et les divers systèmes emplovés pour lover le câble.

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Les faibles dimensions que nous donnons à ces câbles rendent l'émission beaucoup plus facile ; néanmoins son poids est encore un grave inconvénient. On s’explique comment bien des personnes, pour se débarrasser de cette difficulté, en ont été amenées à demander la suppression de l’armature.

D'autres ont cherché à alléger le câble au moyen de substances additionnelles plus légères que l’eau. Un grand nombre de propositions ont été faites en ce genre. Une observation qu’il est bon de présenter, c’est que, à moins d’y avoir pourvu, toutes ces substances, du bois, par exemple, une fois rendues à quelques centaines de mètres, seraient soumises à d'énormes pressions, imprégnées par l'eau de mer, et auraient la même densité qu’elle. Il faut aussi considérer que ces matières allégeantes auront un volume considérable, et que déjà on est bien assez encombré par le câble. Enfin, ferontelles dès l’abord partie du câble, ou les lui ajouterat-on pendant la pose ? Dans le premier cas, le câble ne peut plus se lover ni s'émettre avec la même netteté : il se trouve engagé de tous côtés et peu maniable ; dans le second, les procédés à employer deviennent fort difficiles et la place peu commode à trouver.

Une idée fort ingénieuse, mais impraticable selon moi, était celle de M. Ballestrini, qui n’admet pas la possibilité de la pose des câbles armés. Je n'ai pu l'amener à faire fonctionner son câble devant moi ou même à me le montrer ; mais il m'a dit qu'il mettait, par intervalles , le long du cylindre en fer (ce fer en anneaux , dont il a été question au chapitre précédent), des parachutes fermés. Quand le câble, partant du na-

39, Substances allégeantes.

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vire, venait à rencontrer la surface de l’eau, le parachute s'ouvrait au moyen d’un petit système. Je n'ai pas à entrer dans beaucoup de détails sur ce projet; seulement je doute que les parachutes rencontrent l’eau de facon à s'ouvrir, et qu’ils conservent cet air, puis que l'outillage intérieur, qui doit être très-délicat, résiste aux efforts qu’il a à supporter de la part de l’eau, et surtout de la part du câble, qui presse par son propre poids quand il est lové. Puis, comment ces parachutes se conduiront-ils sur le treuil où s’enroule le câble avant de quitter le bâtiment (1)? etc.

En résumé, s’il fallait choisir entre se passer d’armature ou employer des substances allégeantes, je préférerais le premier parti; mais je pense que jusqu'aux profondeurs de 5,000 mètres il n’y a pas péril en la demeure, et dans mon opinion la pose du câble transatlantique, par exemple, offre de grandes chances de succès s’il est construit pareil à l’échantillon que j'ai entre les mains, et surtout si l'émission est bien dirigée.

(1) I a été fait quelques essais de parachutes ajoutés au câble, à bord de /’Elba, qui a posé le câble entre l'Algérie et la Sardaigne ; mais ces essais n’ont pas réussi,

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