ARACHNIDES
DESCRIPTIVE
et par les extrémités des pattes très riches en terminaisons nerveuses.
Le tube digestif est le pins souvent pourvu de cæcums, qui parfois s’étendent jusque dans les membres (Galéodes, Pycnogonidés). Chez les Aranéides il présente une disposition remarquable ; l’estomac, en elfet, offre la forme d’un anneau d’où partent de chaque côté cinq cæcums qui se dirigent en rayonnant vers la base des membres (fig. 331). En arrière cet estomac annulaire se continue avec l’intestin qui traverse l’abdomen et s’ouvre dans une portion dilatée, sorte de cloaque où débouchent également les canaux urinaires (canaux de Malpighi). Au tube digestif sont annexées des glandes salivaires, et, chez les Sc^pions et les Araignées, des organes glandulaires hépatiques bien développés.
L’appareil de la circulation fait défaut chez les Arachnides inférieurs, tels que les Acariens, mais il existe dans les formes d’une organisation plus élevée, et il présente nue analogie complète avec celui que nous avons rencontré chez les Crustacés. Le cœur est situé dans l’abdomen ; il est tubuleux et a la forme d’un vaisseau doçsal divisé en plusieurs chambres, qui sont pourvues chacune d’une paire d’oritices afférents. Il se continue en avant avec une artère appelée aorte ou artère céphalique, en arrière avec une artère caudale, et il fournit latéralement des artères qui se distribuent dans le foie, et sont nommées artères hépatiques. Le sang est porté par ces vaisseaux et leurs branches dans toutes les parties du corps, passe dans les lacunes inter-organiques et arrive dans des sinus abdominaux, d’où il pénètre dans les organes respiratoires. Il est ensuite ramené par des vaisseaux pneumocardiaques dans le sinus vestibulaire que forme le péricarde, et, de là, rentre dans le cœur. Cette disposition se rencontre chez les Scorpions, où l’appareil respiratoire atteint son plus haut degré de développement ; dans les autres Arachnides on observe une réduction du système vasculaire, qui est surtout marquée dans les espèces à respiration trachéenne.
Les organes respiratoires manquent parfois complètement, mais
Fig. 331. — Organe digestif de la Mygale. — œ, œsophage ; c, ganglion œsophagien supérieur; V, estomac; v', prolongements latéraux; v" , appendices dirigés en dessus; i, intestin moyen; ?•, extrémité de l’intestin, élargie en forme de cloaque; h, h, ouvertures du foie dans l’intestin; e, canaux urinaires (d’après Dugès).
326 AN>ÎELES OU ENTOMOZOAIRES. — ARTHROPODES. Izoologie
en règle générale ils sont représentés par des trachées on des sacs pulmonaires. Chez la plupart des Acariens, on trouve des tracliées d’une grande ténuité ; cependant on peut reconnaître sur celles qui a})partiennent aux grosses espèces, répaississeinent en forme de fil spiral qui existe dans leur paroi ; ces trachées naissent de deux stigmates dont la position varie. Les Arachnides qui forment le groupe des Phalangides et celui des Solpugides, présentent un système trachéen bien développé. D’autres, tels que les Araignées, les Scorpions, ont des organes respiratoires qui consistent en des sacs ou des poches que l’on nomme poumons. Ils sont placés par paires à la partie inférieure et antérieure de l’ahdomen ; ils communiquent au dehors par des orifices que l’on appelle stigmates, comme les orifices des trachées. Chacun de ces stigmates s’ouvre dans une espèce de petite chambre vestibulaire, au fond de laquelle
de petits trous donnent accès dans des vésicules qui sont comprimées et qui ont l’aspect de feuillets serrés (fig.33:2). Le nombre des poumons varie suivant les espèces. Chez les Araignées ordinaires il n’y en a qu’une paire; il y en a deux paires chez quelques Aranéides qu’on a appelées pour ce motif qiiadripulmonaires. Chez les Scorpions on en trouve quatre paires, dont les stigmates s’ouvrent sur les quatre premiers anneaux de l’abdomen. Il y a des espèces dont l’appareil respiratoire est pour ainsi jclire mixte, et se comj)ose en partie de })oumons, en partie de trachées. Cliez les Ségestries et chez les Dysdères, sur quatre stigmates placés à la hase de l’abdomen, les deux antérieurs communiquent avec des poumons semblables à ceux des autres Aranéides, tandis que les deux j)oslérieurs débouchent dans des tubes trachéens q-ui vont les uns dans l’abdomen, les autres dans la région céphalothoracique. C’est IJugès qui a le premier signalé cette disposition ; on l’a observée depuis chez quelques autres espèces (Salti-
ques, Epeires...) où cet appareil trachéen est plus ou moins rudimentaire.
A l’exception des Tardigrades, tous les Arachnides ont les sexes séparés. En général, les mâles se distinguent des femelles par certains caractères sexuels secondaires, et notamment par leur taille plus })ctite. Une particularité remarquable est olferte par les Araignées dont les palpes maxillaires sont modifiés chez le mâle de fa^-on à servir au transport du sperme dans les organes géni-
Fig. 33::^. — l’ounioiis du Scorpion.
— a, bord du sliijinatc; h, paroi de la vésicule qui naît du bord du stigmate et couvre l’ouverture ; c, autre paroi de la vésicule qui rejiose sur le squelette; d, poumon en éventail, continuation de la vésicule (d’après Muller).
ARACHNIDES. — LINGUATULIDES.
DESCRIPTIVE
taux de la femelle, et présentent parfois une structure fort compliquée (lig. 333). Les glandes sexuelles sont paires, mais souvent unies par des connexions transversales. Les conduits excréteurs, canaux déférents ou oviductes, débouchent à la base de l’abdomen par un orifice ordinairement simple ; ils sont parfois pourvus d’organes glandulaires accessoires et d’expansions servant de réservoirs pour le sperme.
La plupart des Arachnides sont ovipares ; quelques-uns seulement, par exemple, les Scorpions,
sont vivipares. Leur déve- ^ maxillaire d’une araignée mâle ;
^ B, sperinatophore d’une Épeire [Lyniphia triangu-
loppement est direct, tou— laris). — p, avant-dernier, et p', dernier article du
tefois les Acariens ne sont pa'pc; "f. coussin; st, spermatophorc. sp, organe
spiralé; i, son extrémité; fl, llagellum.
le plus souvent munis en
naissant que de six ou même de quatre pattes, et n’acquièrent les autres que plus tard; quelques-uns d’entre eux même, les Trombididés et \ es Hydrachni dés, [irésentewi une véritable métamorphose.
Le tableau suivant donne la division des Arachnides en ordres :
' Plusieurs articles au céphalothorax et à l’abdomen
Î Abdomen inarticulé et pédi-
Abdomen com- / posé de plu- des sacs pols.eurs articles nlonaicos..
et non pé.li- I
Cillé \ des trachées.
\ Abditmen conlbndu avec le céphalothorax
1, i T. i en forme de tronçons
d organes^ Des pattes ; , .
i ‘ (. longues et multiarticulecs
respira- i „
I , f Pas de pattes; corps vcrmiformc
\ toires V 151
G al éo des Aranéhles.
Scorpionides .
Phalangides.
Acariens.
Tardigrades.
Pantopodes.
LinguatuUdes
ORDRE I. — LINGUATULIDES
Les LinguatuUdes sont des parasites qui, par leur apparence extérieure, ressemblent à des Vers, et qu’on a longtemps rangés
ANNELÉS OU ENTOMOZOAIRES. - ARTHROPODES. [zoologie
parmi ceux-ci, mais que les caractères de leurs embryons (fig. 336) ont fait reporter dans la division des Arthropodes et dans la classe des Arachnides.
Leur corps a la forme d’une languette allongée, ce qui leur a valu leur nom (de lingiiatus, en forme de langue). Il est nettement annelé et ne porte que deux paires d’appendices constitués par des crochets rétractiles auprès de la bouche. Ces animaux ont un tube
Fio. 33 k Fig. 335.
Fig. 33-k — Lingiiatule (Pentastomum denlicidatum).
Fig. 335. — a, Linguatula Diesingii, de grandeur naturelle, renfermée dans son kyste ;
b, la meme retirée du kyste et grossie ((t’après Van Beniden).
Fig. 336. — Embryon de la Linguatula Diesingii, vu en dessous et montrant deux paires d’appendices terminés par un crochet double.
digestif complet qui se termine jiar un orifice aual situé à rextrémité postérieure. Ils ifont ni organes de circulalion ni organes de respiration. Leur svstème nerveux consiste en un collier œsophagien, dans lequel les ganglions céréhro'ides sont représentés par une simple commissure. Les sexes sont séparés; chez le mâle, l’orifice génital est situé en avant, derrière la bouche, taudis t|ue chez la femelle il est situé dans la jiartie postérieure, près de ranus. Ce sont des animaux ovipares. A l’état adulte, ils se rencontrent dans les fosses nasales et les voies respiratoires de difî'. rents Vertébrés.
Leiickart a suivi le développement d’nne espèce, le PentüStODUüu tœnio'ides, et a démontré que les œufs déposés sur les plantes passent de là dans l’estomac d’animaux herbivores, te s que le Lajiiu,
descriptive.] x\RAC11NIDES. — PANTOPODES. 329
le Lièvre. Ces embryrons émigrent dans le foie, où ils s’enkystent; sous cette forme agame, ils ont reçu le nom de Pentastomum denticulatum (fig. 334). Ils ne complètent leur évolution et ne deviennent sexués que s’ils sont portés dans les voies respiratoires d’un autre animal, tel que le Chien.
Les Linguatules forment une seule famille, qui elle-même ne comprend qu’un seul genre, le G. Pentastomum, ainsi nommé parce qu’on avait pris d’abord ses crochets pour des bouches. On en a observé une espèce enkystée dans le foie de l’Homme (P.'constrictum Siebold). Van Beneden a trouvé chez le Mandrill, dans des kystes péritonéaux, une Linguatule remarquahle par 'a division du corps en anneaux saillants, au nombre de vingt à peu près, et séparés les uns des autres par un étranglement profond. Il lui a donné le nom de Linguatula Diesingn (fig. 335).
ORDRE II, — PANTOPODES
On s’accorde assez généralement aujourd’hui pour placer dans les Arachnides ces singuliers petits animaux qui vivent dans la mer.
AK.MUUL. • ^ BfFVEILLER
Fig. 337. — Organisation des Pyenogonidés (Ammol/ioa pyenogonoïdes). — a, œsophage; h, estomac; c, intestin; dd, cæcums digestifs des pattes-mâchoires; ee, cæcums digestifs des pattes ambulatoires (d’apres de Quatrefages, Ann. des Sciences nat., 3® série, t. IV)»
principalement au milieu des algues, et qui sont remarquables par
A^NELÉS OU ENTOMOZOAIRES. — TARDIGRADES. [zoologie
le grand développement de leurs membres (irdç, Travro?, tout, et TToû;, TTO'îôç, pied). Ceux-ci, au nombre de quatre [laires, sont multiarticulés et terminés par des grilfes. Le céphalothorax est composé de quatre anneaux et porte en avant un rostre, à la base duquel se trouvent deux paires d’ajipendices, correspondant aux chélicères et aux pattes maxillaires. L’abdomen est rudimentaire. Le tube digestif présente une disposition extrêmement curieuse; on voit, en effet, partir de l’estomac de longs prolongements cæcaux qui s’étendent dans les pattes (fig. 337). 11 n’y a pas d’organes respiratoires, mais l’apjiareil vasculaire est représenté par un cœur muni de deux ou trois paires d’orilîces, et qui émet un court vaisseau aortique. Le système nerveux est formé par un collier œsophagien et une chaîne
ventrale composée de quatre paires de ganglions. Au-dessus du cerveau, sur le céphalothorax, se trouvent des stemmates au nomhre de quatre.
Les glandes sexuelles sont situées dans les pattes et s’ouvrent sur leur article basilaire. Les œufs sont généralement portés par une paire d’appendices on de pattes accessoires placées au-devant des pattes proprement dites. Ils donnent naissance à des larves dont le corps est inarticulé et pourvu seulement de deux paires de pattes à deux ou trois articles... Cet ordrenerenferme qu’une seule famille, celle des Pycnogonidés, dont les principaux genres sont les Pycnocjonum (11g. 338), Nymphoiiy Amniotlioa, etc.