ARACHNIDES. — ACARIENS
abdominale, qui comprend quatre ganglions, et d’iin collierœsopliagien dans lequel les deux ganglions cérébroïdes sont un peu écartés l’im de l’autre ; de ceux-ci partent des nerfs destinés aux i*.
yeux et aux palpes.
Ces animaux sont hermaphrodites. Ils possèdent un ovaire tubuleux impair et deux testicules dont les canaux sont en connexion avec une vésicule séminale, et aboutissent, i,e même que l’ovaire, dans un cloaque formé par la portion terminale dilatée de l’intestin. Le développement est direct.
LesTardigrades ne forment qu’une famille, celle des Arctisconidés , comprenant plusieurs genres ; Arctiscon,
MacrobiotUH (fi g. 339), etc.
Les Acariens, que l’on désigne aussi sous le nom iV Acam ou de Mites, sont des Arachnides de petite taille, et dont le corps discoïde ou globuleux ne laisse pas distinguer l’abdomen du thorax, avec lequel il est confondu.
Souvent on voit à sa surface des prolongements de l’enveloppe tégumentaire en forme de poils ou de soies.
Les pattes varient dans leur
conformation, suivant le genre de vie de l’animal; en général, elles sont terminées par deux griffes; parfois, chez les espèces parasites, leur extrémité porte une ventouse pédiculée (Sarco})te). Les appendices buccaux sont aussi de forme variable, disposés tantôt pour mordre et tantôt pour sucer. Le système nerveux est remarquable par la concentration des ganglions en une masse
Fig. 339. — Macrobiolus Hufelandii , vu en dessus par transparence et grossi 240 fois. — B, bulbe pharyngien; GG, ganglion céphalique latéral; O, points oculaires; GLS, glandes salivaires; VA, vacuole; El, estomac ou sac stoinaco-intestinal coloré par les sucs alimentaires; OV, ovaire; VS, vésicule séminale (d’après Doyère, Aiui. des Sciences naturelles, 2" série, t, XIV).
ANNELÉS OU ENTOMOZOAIRES. — ARTHROPODES. [zoologie
unique. Des yeux, au nombre de deux ou de quatre, se rencontrent quelquefois, mais le plus souvent ils font défaut. Le canal digestif est pourvu d’appendices cæcaux, et s’ouvre au dehors par une fente située sur la face inférieure ventrale. Dans sa partie antérieure, il est en connexion avec des glandes salivaires, qui sont parfois très développées (Ixodes). Dans quelques cas, on a reconnu l’existence de tubes de Malpigbi (Gamases). Il n’existe pas d’appareil circulatoire, et le sang est partout ré})andu dans la cavité générale; mais les organes respiratoires ne manquent qu’aux espèces parasites; ce sont des trachées disposées en faisceaux, qui communiquent avec l’extérieur par une paire de stigmates.
Les sexes sont séparés. Chez les mâles, il existe parfois un organe copulateur ou pénis, et chez les femelles, un oviscapte protractile qui sert à porter les œufs sous l’épiderme des végétaux ou des animaux. Le développement embryonnaire comporte en général une sorte de métamorphose, les jeunes n’ayant en naissant que trois paires de pattes, quelquefois deux, et passant par des mues successives pour arriver à la forme adulte.
Ces animaux ont des formes d’existence très variées. Les uns sont aquatiques, comme les Hydrachnes; d’autres vivent à la surface du
sol, se nourrissant de matières organiques diverses; la plupart sont parasites, et, à ce point de vue, plusieurs d’entre eux offrent un intérêt particulier.
Les Acariens se distribuent en plusieurs familles, dont nous ferons rapidement rénumération.
Les Démodicidés ne renferment qu’un seul genre, dont l’espèce type est le Demodex folliculorum, (jui vit en parasite sur rilomme, dans les glandes sébacées et les follicules pileux de la face et des ailes du nez en particulier. Ces petits Arachnides, dont la longueur est de 0,3 dixièmes de millimètre environ, se distinguent par leur pro- ^ ^ loiigement abdominal, rpii leur donne une appa-
dex foUiciiiorum. reiice vermiforme. La tète porte un suçoir muni
de deux stylets et de deux palpes latéraux. Les pattes, très courtes, sont composées de trois articles et terminées par trois grilles; chez les jeunes, il yen a seulement trois paires. Jusqu’ici les mâles sont inconnus.
On trouve des Demodex sur les corps de dilTérents animaux. Chiens, Chats, etc.
Les Sarcoptidés, auxquels appartient l’Acariis de la gale, ont le
DESCRIPTIVE.] AHACHNIDES. — ACARIENS. 333
corps ramassé et les pieds généralement terminés par des ventouses pédicnlées. Ils vivent en parasites dans l’épaisseur de la peau des Vertébrés à sang chaud.
L’animal qui produit la gale, Sarcoptes (fig. 341-343)
est à peine visible à l’œil nu, punctiforme, ue dépassant pas un tiers de millimètre environ. Les mâles sont plus petits que les femelles. Leur corps marqué de sillons à sa surface présente par places des prolongements épineux et quelques longues soies. Le rostre est large et court, armé de cbélicères en forme de pinces et de palpes triarticulés. Les pattes ont cinq articles; il y en a deux paires situées en
Fir,. 212.
Fig. 341. — Sarcoptes scabiei, Latreille; femelle vue par la face ventrale. — a, œuf.
Fig. 342. — La même, vue par le dos, grossie 250 fois.
avant, les deux autres étant assez éloignées en arrière. Les antérieures sont munies de ventouses pédicnlées {ambulacres) , les postérieures sont toutes terminées par des soies raides chez les femelles, tandis que chez les mâles celles de la dernière paire portent aussi des ventouses. Les jeunes naissent pourvus de six pattes seulement et subissent plusieurs mues.
Les temelles creusent dans l’épaisseur de la peau des galeries, improprement appelées sillons, où elles déposent leurs œufs dans des })oints marqués par la formation de vésicules transparentes; de là vient l’insupportable démangeaison causée par la présence de ces parasites.
Nous ne saurions donner ici plus de détails sur cet Acarus dont l’existence, comme cause de la gale, après avoir été connue des
334 ANNELÉS OU ENTOMOZOAIRES. — ARTHROPODES. [zoologie
anciens, n’a été définitivement
On a observé la gale sur divers animaux, chez qui elle est alors produite par des espèces voisines de la précédente : Sarcoptes equi;
S. canis ; S. cati, etc.
Quelques autres genres, tels que les Psoroptes, les Chorioptes, etc., prennent place dans cette famille.
Les Tyiioglypuidés sont très voisins des précédents avec lesquels on les réunit souvent; ils vivent sur des matières animales ou végétales fermentées. Les Mites du fromage (Tyroglyplius siro , T. lo7igior)(i\^.3li), et la Mite de la farine (T. farinœ) en sont les espèces les plus connues.
Les Gamasidés commencent la série des Acariens pourvus de trachées, mais sans yeux : leurs pattes sont terminées par des grilîes et une ventouse vésiculaire. Ils comprennent un certain nombre de formes
qui vivent en parasites sur des animaux fort divers : Insectes, Oiseaux , Mammifères , et qui appartiennent aux genres Gamase ( Gainasus coleopteratoriim ) , D e r m a ny s s e {Dermanyssus avium)y etc.
FiG. 343. — Le Sarcopte mâle, vu par la face ventrale, au même grossissement.
Fig. 344.
Fig.' 344. — Tyroglyphus longior.
Fig. 3i5.
Fig. 345. — Ixodes reduvius.
Les IxoDiDÉs sont quelquefois pourvus de deux yeux. Tantôt ils
(1) Voy. Histoire 7iaturelle des Insectes aptères, par Walckcnacr et P. Gcrvais, Paris, 1837-44, et Delafoiul et Bourguignon, Traité pratique... de la Psore ou Gale, 1802.
descriptive.] AliACIlN'IDES. — PHALANGIDES.
vivent on liberté, à terre ou sur les végétaux, et tantôt ils se fixent sur le corps de certains animaux dont ils sucent le sang. On donne vulgairement le nom de Tiques à des Ixodes qui s’attaquent aux Mammifères, tels que les Chiens, les Moutons, et quel([uefois à rilomme. Les espèces en sont nombreuses : Ixodes ricinus^ I. reduvius (tig. 345), I. nigiia, etc. Cette dernière est propre à rAmcrique et connue sons le nom de Garapatle.
Dans cette famille se range encore l’Argas de Perse, ou Punaise de Miana {Argas persicus) (fig. 340), qui s’attaque à l’IIomme cl dont la piqûre est fort douloureuse. Une espèce européenne.
Fig. 3i6.
Fig. 347.
Fig. 348.
Fig. 34G.
Argas persicus.
Fig. 347. — llouget ou Lepic aulomnal.
Fig. 348. — Atax spmipcs, vu en dessous.
V Argas reflexus, se trouve dans les colombiers, sur les Pigeons, et accidentellement sur rilomme.
Les Tromdididés se font généralement remarquer par leur brillant coloris et sont errants sur le sol ou sur les plantes, mais leurs larves sont parasites. Ainsi, Rouget o\\ Lepte automnal (tig. 347) (jui attaque l’Homme et lui cause de vives démangeaisons, est la larve hexapode du Tromhidiuni holosericeum.
Les Hydraciinidés sont des Acariens aquatiques dont les pattes sont modifiées pour la locomotion dans l’eau. Ils se répartissent en plusieurs genres ; JlydracJuia, Atax (tig. 348), Limnocharis, etc.
Lntin, les Oriratidés dont le corps est revêtu par une cuirasse solide, et les Sciridés (Ddellidés) qui se distinguent iiar leurs grands palpes antenniformes et coudés, terminent la série de tamilles que comprend l’ordre des Acariens.
ordre V. — PHALANGIDES
Les Pbalangides longtemps réunis aux Acariens sous le nom d’//oH//‘c.s‘, ont l’abdomen composé de jilusieurs articles et large-
n3() ANNELKS OU ENTOMOZOAIllES. — AHTHIlOl'ODES. [zoologie
nient uni au céphalothorax, de sorte que leur corps est de forme ovale ou arrondie. Leurs chélicères sont terminées par des pinces
didactyles et leurs palpes maxillaires sont filiformes, quelquefois garnis d’épines {Gonyleptes). Leurs pattes sont longues et grêles. Ils ont deux yeux qui occupent sur le céphalothorax un tuhercule médian; parfois il y en a deux autres plus petits sur les côtés. Ils respirent au moyen de trachées, qui s’ouvrent au dehors par une seule [laire de stigmates placés sous les hanches des pattes de la dernière Fig. 349. — Gonyieptes curvipes. paire. De ces stigmates nais-
sent deux troncs qui se dirigent vers l’extrémité céphalique et qui fournissent un grand nomhre de branches. Celles-ci se répandent dans les diverses parties du corps et pénètrent jusque dans les membres et dans les palpes. L’appareil circulatoire est représenté par un vaisseau dorsal divisé en trois chambres. Les organes génitaux débouclient entre les pattes postérieures, et sont munis d’un pénis chez les mâles, d’un oviscapte chez les femelles.
Les Faucheurs de nos bois {Phalangium opilio), remar([uahles par l’extrême longueur de leurs pattes, apiiartiennent âcette famille dont les espèces sont généralement exotiques et réparties en plusieurs genres : Gonyieptes (tig. 341)), Ostracidium, Goniosoma.
ORDRE VI
SCORPIONIDES
Les Scorpionides (Pédipalpes de Latreille), dont le type nous est fourni par le Scorpion de nos pays, sont caractérisés par leurs palpes maxillaires, en forme de grands bras, et terminés par une pince didactyle puissante.
A côté des Scorpions proprement dits, ce groupe renferme quelques Arachnides qui présentent avec ceux-ci de nombreux caractères communs, mais qui en dilîèrent sous certains rapports, de sorte qu’on les considère parfois comme formant des ordres distincts : ce sont les Pseudo-Scorpions et les Phrynidés. Nous nous occuperons d’abord des vrais Scorpions, ou Scorpionidés.
Scorpionides. — Ces animaux sont remarquables par la grosseur
DKSCIUI’TIVE.J
AKACllMDK^- — SCOUriONlDES.
(le leurs pulpes maxillaires et des pinces didaclyles qui les terminent. Leur abdomen se divise en une portion lari^e qui continne le thorax etcompreud sept anneaux, et une portion rétrécie qui simule une queue et se conq)ose de six anneaux. On donne à la première le nom de préabdonieii, et à la seconde celui de poslabdomen. A l’extrémité postérieure se trouve un appareil venimeux constitué par une double glande renrermée dans une vésicule (juc termine un aiguillon acéré et recourbé (lig. 350). Celuici présente, près de la pointe, deux petits orifices par lesquels s’écoule le venin, quand l’animal se sert de cette arme pour attaquer ou pour se délèndre.
L’organisation des Scorpions atteint à un degré de perléctionnement relativement élevé. Le svs-
tème nerveux est bien développé; il se compose d’un cerveau bilobé, relié à une masse sousoisopbagienne formée par la réunion de plusieurs paires de ganglions thoraciques, et suivie d’une chaîne abdominale ([ni s’étend jusqu’à l’extrémité postérieure et comprend sept ou huit renllements ganglionnaires. Les yeux sont au nombre de plusieurs paires (de 3 à G), dont rune est située sur le milieu du céphalothorax, et les autres |)lus petites sont placées latéralement, sur le bord frontal. On a vn déjà (juelle était la disposition des organes internes, et, en particulier, des api)areils circulatoire et res])iratoire.
L’orifice génital est situé à la hase de l’abdomen, entre des appendices spéciaux aux([uels on a donné, à cause de leur forme, le nom de peianes^ et (jui jouent probablement un rôle dans l’accouplement. Ils sont innervés par une grosse branche nerveuse. Ces animaux sont vivipares.
Les Scorpions sont répandus dans les régions chaudes ou tem-
Fig. 350. — S(M)i’[)ion tunisien.
SIC.VRb.
ANiNELÉS OU ENTOMOZOAIIIES.
AllTllKOPODES.