Sauteurs
Les Orthoptères sauteurs se divisent en trois familles ; Acrididés ou Criquets, Locuslidés ou Sauterelles, Gryllidés ou Grillons.
Les AciumuÉs (Cr. Acridiu)n)y confondus par le vulgaire avec les vraies Sauterelles, se distinguent de celles-ci par leur corps plus ramassé, par leurs antennes plus courtes, et j)ar leurs tarses composés de trois articles au lieu de (piatre. En outre, les femelles portent à l’extrémité de rabdomen quatre petites pièces cornées plus ou moins acuminées, au lieu de l’oviscapte, en forme de sal)re, (|iie possèilent les Sauterelles.
Les Cri((uets sont des sauteurs par excellence et font des bonds énormes. Les mâles produisent un son strident par le frottement des pattes de derrière contre les nervures saillantes des élytres, et on a comparé ce mécanisme à celui de l’archet raclant les cordes du violon; les femelles sont silencieuses. 11 existe des organes auditifs situés à la base de l’abdomeu.
Ces Insectes sont célèbres par les migrations (pi’ils exécutent parfois en troupes innombrablos, détruisant sur leur passage toute végétation, et ravageant les pays qu’ils traversent comme un (léau dévastateur. C’est à eux que doit être attribuée la huitième plaie d’Egypte; dans les temps modernes leur apparition a été observée
i“20 ANNKLÉS OU ENTOMOZOAIRES. — AUTHnOPODES. [zoologie
à diverses reprises, et notre colonie (rAt“ri(}ue, en particulier, a en souvent à souffrir de leurs invasions (1). C’est le Cricpiet voyageur (Pnc/iytylHs miyratoriwi) (lig. 4d:2) (jui accomplit ces funestes
Fig. 432. — Criquet voyageur. États de larve, de iiyinplic et d’insecte parfait.
voyages. f)ans certaines contrées, en Afrique et en (3rieni, les Cri(|iiets sont utilisés comme aliment, et on donne le nom d’Acr/- (lophages aux populations qui en font usage.
I.es tiOCUSTiDÉs on Sauterelles vraies ont pour type la grande Sauterelle verte {Locmtfè viridissima) (tig. 433) commune dans
Fig. 433. — Sauterelle verte (Locusta viridissima).
nos pays, ci improprement appelée Cigale dans le nord de la France. Les femelccs sont munies d’une longue tarière à deux valves qui leur sert à d ‘poser leurs cculs dans le sol. Les males font entendre un son qui est produit par le frottement des élytres
{!) Voy. lîrchm. insectes, cd. française, t. I, p. il- et suiv.
DESCRIPTIVE. I
INSECTES. — OinTiOI‘TÈKES.
ruii cüiitce l’autre; celui do droite présente à sa base un espace ineinbraneux uoiuiué miroir, sorte de tambour de basque qui entre eu vibration sous l’action de l’élytre gauche muni d’une forte nervure transversale. Des organes auditifs sont siuiés dans les pattes antérieures, à la base des jambes.
Les Guyllidés ou Grillons ont le corps plus court, plus large que les Sauterelles; les femelles sont pourvues d’un oviscapte qui est long, mais très grêle. Tout le monde coiiuait ie chant du Grillon qui a valu à cet Insecte le nom vulgaire de Cn-cri ; c’est le mâle qui le produit eu frottant avec rapidité ses élytces l’iiu contre l’autre.
Les Grillons habitent d’ordinaire dans des trous qu’ils creusent en terre, chacun vivant solitaire dans son terrier, d’où il ne sort que la nuit; tel est le Grillon des champs (Gryllus campestris), le plus commun dans nos campagnes. (3n a donné le nom de Grillon domestique {Grijllus domesticus) à une espèce qui vit dans nos maisons; celui-ci se tient dans les crevasses des murailles et recherche les endroits chauds comme le voisinage des fours ou des cheminées.
A la famille des Gryllidés appartiennent encore des Insectes, essentiellement fouisseurs, les Taupes-Grillons ou Courtilières
l'Tc. 434. — CüurtilicTc (Gryllotolpa vulgaris).
(Gn/llotalpa vulyaris) (fig. -DU) qui creusent des galeries souterraines à l’aide de leurs pattes antérieures transformées en instruments propres à fouir. Les femelles u’ont pas d’oviscapte ; elles déposent leurs œufs eu un point des galeries formant une sorte de chambre ou de nid qui en renferme deux cents en moyenne. Ces œuls éclosent en juillet; les larves, après avoir subi plusieurs
m ANNELÉS 01’ ENTOMOZOAIliES. — AllTUlîOl'ODES. [zoologie
imios, passent l’iiiver engourdies et ne eoinjilètent leur développeluenl que l’année suivante.
Les Tauj)es-(li‘illons sont nuisibles et causent de grands dégâts dans nos cultures en attaquant les racines des plantes qui languissent et meurent; elles sont d’une .voeacité extraordinaire, et se nourrissent également de proies vivantes, vers, larves, etc.
On peut rapprocher des Ortlioptcres un petit groupe d’insectes aptères dont les pièces de la bouche sont rudimentaires mais disposées pour hroyer, et qui ne présentent pas de métamorpboses. Ce sont les Thijsanoures, ainsi nommés (de QÛGœjoi, franges, ovpÿ., queue) parce que leur corps porte à son extrémité de longs fdets ciliés, ou un appendice bifide replié au-dessous de l’ahdomen et propre au saut (Podures).
Ils comprennent les Canipodes, les Podures et les Lepismes dont
on fait autant de familles. Le Lé- }>isme du sucre (Lepisma saccharina) (fig. 435) est bien connu, car il se trouve dans nos maisons; il se fait remarquer par sa couleur blanche et d’un éclat argenté, qui est due à la présence de petites écailles dont son corps est couvert.
On s’accorde assez généralement pour rattacher aussi aux Orthoptères de petits Insectes dont llaliday afait l’oidre desThysa}{oplères.
Jls sont caractérisés par leurs ailes bordées de cils, par leurs urmdibules sétacées et par leurs pattes dont l’extrémité porte une sorte de ventouse (Plujsopodes). Ils vivent sur les végétaux, particulièrement dans les tleiirs. (ie gi‘oup(‘ incertœ sedis a pour type le G. Tlirips, dont une espèce, le TInips des (Ad'éales, cause des dommages à l’agriculture en attaquant le grain de blé nouvellement formé.
Fig. i35. — Lepisma saccharina.