lléléronièrcs
Dans ce sous-ordre se trouve d’abord la famille des Méloidks, nommés aussi Insectes vésicants, j)arce que plus.ieurs d’entre eux ont la propriété de développer, quand on les met en contact avec la peau, une irritation suivie du soulèvement de l’épiderme par accumulation de sérosité.
Les Méloïdés sont j)articiilièremcnt intéressants, à cause des transformations successives par les(}uelles ils j)assenl avant d’arriver à l’étal adulte, et qui, conslituaut une métamorj)liose plus compliquée (jue la métamorphose ordinaire, ont été désignés par Fabre sous le nom (V hyperniélainorphose. C’est sur une esi)èce du Cl. Silaris qu’ont porté les remarquables observations de ce naturaliste (fig. 411). Il a reconnu que la jeune larve se présente d’abord sous forme de Irionyutin, avec trois paires de longues pattes terminées par des giilfes, des antennes séliformes et des filets caïulaux; elle est armée de fortes mandibules et pourvue de <iuatre ocelles. Cette larve pénètre dans l’intérieur des nids d’une .Vbeille solitaire (Antliopliora pilipes). Pour y arriver, elle s’accroche aux poils (jui garnissent le thorax des Antbopbores mâles, ceux-ci a[>paraissant avant les femelles, sur le corps desquelles,
i'iS ANiNELÉS OU ENTOMOZOAlllES. — AlUi HUOPOÜES. [zûülogu:
au inoineiil de raccoupleineiit, elle passe ensuite. Puis, (|uaud la ponte a lieu, quand l’œu!' est déposé dans une cellule préj)arée pour le recevoir, elle s’y laisse tomber avec lui. Gel œuf doit lui fournir, eu elîet, sa première nourriture et elle ne tarde pas à le dévorer, sa coque lui servant de radeau pour flotter à la surface du miel contenu dans la cellule. Bientôt elle subit une première mue et prend une nouvelle forme; elle est molle, blanche, très convexe sur sa face ventrale, avec tles pattes rudimentaires et
Fig. iii. — lljperiuctaniorj/Iiosc tlu Sitaris (d'après Fabre) . — 1, première larve un
Triong-iilin ; seconde larve; d, pseudo-chrysalide; 4, troisième larve; 5, nymphe (face ventrale); G, Silai'is muralis adulte.
aveugle; cette deuxième larve se nourrit du miel ((u’elle trouve autour d’elle; puis, elle se transforme en un corps ovalaire, segmenté, inerte, ayant toute l’appareuce d’une pupe ou d’une chrysalide. Elle ne pi'end alors aucune nourriture et traverse eu général l’Iiiver sous celte forme, nommée par Fabre pseudo-chnjsalide. A la pseudo-chrysalide succède une troisième larve, à peu près semblable à la seconde, et (jui bientôt se change en une véritable nymphe, d’où sort, au botit de (|uel(jues semaines l’insectt^ parfait. Ainsi, dans ce mode d’évolution, la larve ne devient nymphe ((u’après avoir passé par (|uatre formes : lai've primitive ou Iriongulin, deuxième larve, pseudo-chrysalide et troisième larve.
j)EscRii'Tivr:.|
INSECTES. — COEÉOl'TÈUES.
Les principales espèces vésicanlcs appartiennent aux genres Ljfita, Vylahris et Mrlot\
La Cantliaride (Lj/tla n>sicaloria) (fig. Ü5)est la pins employée pour la préjiaration des vésicatoires. Elle est d’iine belle couleur vert doré, avec des antennes noires, lilitbrnies, composées de onze articles. Cet Insecte se trouve surtout dans le midi de l’Europe et alionde en Espagne, d’oii le nom de Mouche d’Espagne qui lui est souvent donné. 11 vit en sociétés nombreuses sur les frênes, les lilas, les troènes spi’il dépouille de leurs feuille^. Pour faire la récolte des Cantharides, bn les fait tonifier en secouant les arbres;^ où elles se tiennent, et on les reçoit sur des toiles étendues au-dessous; c’est de grand matin, quand elles sont engourdies par le froid, (pi’on procède à cette opération. On les asphyxie d’ordinaire en les exposant à la vapeur du vinaigre bouillant, puis on les sèche, et' on les conserve en vase clos.
Le développement des Cantharides, a pu être suivi récemment ùans ses diverses phases par Lichtenstein qui a réussi, dans des éducations artificielles, à obtenir toutes les transformations de l’Insecte (1). Ce développement a la plus grande analogie avec celui <les Sitaris, mais on ignore encore de quelle espèce d’Aheilles les larves sont parasites dans les conditions naturelles; c’est peut-être dos Bourdons?
Les Mylahres (Mi/labri ) ont les mêmes propriétés (pie la Cantharide. Ils s’en distinguent par la forme de leurs antennes renllées à l’extrémité et par la coloration de leurs élytrcs, marqués transversalement de bandes jaunes ou rougeâtres sur fond noir. On en trouve communément une espèce, le Mylabris variahüh (fig. MO), dans le midi de la France.
Les Méloés(d/c/oe) sont privés d’ailes et leurs élytres croisés à la hase, mais écartés ensuite l’im de l’autre, ne forment pas une suture droite comme cela a lieu chez les Coléoptères en
(1) Comptes 7'endus de VAcad. des sciences, t. LXXXVIII, p. 1089, 1879.
Fig. 447.
Fig. 4iG. — Mylabris variabilis.
Fig. 447. — Meloe proscarabœus, femelle.
Fig. 413. — Canthariile (Lylta vesicatoria).
ANNlüÆS OU KNTOMOZUAllîES. — AÜTII KOPODES. [zoologjk
rè^le générale; de j)1ies, riiez les feiiiellcs ces élylres soiil très courts et ne lecoiivrent ijii’ime j)arlie de rahdoineii qui est très voluuiiueux (fig. ü"). Le Méloé coiiiuiiiu {Mrloe prosfarabœus) est le plus répandu; il est (riiu lileu Ibiicé, à rellels violets.
Nous devons citer encore coiuiue appartenant aux llétérouières la famille des Téxébrionidés composée d’insectes dont la coloration
nnirormément noire leur avait valu le nom de Milusomcs, sons leiiuel les désignait Laireille. Les plus connus sont les Ténélirions et les l)laps. Les premiers sont représentés chez nous par une espèce, le Ténéhrion meunier (Tenehrio moUîor) (tig. i 18) ([u’on rencontre communénaent dans les boulangeries et dont la larve appelée Ver de farine (fig. 418) est recherchée pour nourrir les Rossignols que l’on garde en captivité, i^es seconds, dé pourvus d’ailes, ont les élytres soudés et terminés en pointe; ils fuient la lumière et habitent les caves, les lieux sombres et humides, se nourrissent de détritus animaux et végétaux; (piand on les touche, les doigts restent imprégnés d’une odeur fétide. Le vulgaire regarde ces Insectes comme étant de sinistre augure, d’où les dénominations de Rlaps porte-malheur, Présage de mort {Blaps inortisuija) <}Lii leur ont été données.
FiG. us. — Tenebrio mo litor. Sa larve.