OU DUE DES DI UN EU STE S
Les animaux qui coiuposcnl ce groupe soûl connus depuis peu el Ibrnient passage entre les Poissons el les Ampli iliiens. Lorsqu'en 18d7 on découvrit le Léi)idosiren (lui vit dans les eaux douces du
Fie. 014. — Lepidosiren paradoxa.
‘Présil el de l’Afriuue ij tropicale, I embarras lui grand pour décider si l’on avait affaire à un Pieplile ichtyoïde ou à un Poisson, et on lui appliqua Pépilliète de ILiradoxal, à cause de rétrangelé de son organisalion. Pientùt, à coté du Lépidosireu prit place un nouveau genre africain, le ProtQptère, el dernièrement le Ceratüdus Forsteri, découvert en
tralie, est venu s’ajouter à ces deux représentants d’un petit g imu j'ic^'carac tér i sé parla présence simullanée d’orgaiies servant à la respiration aérienne, ou de poumons, et d’organes servant à la respiration aquatique, ou de branchies; de là le nom de Pneuniobranebes qui lui a été donné.
« Durnnt la saison sèche de l’année, durant l’été, dit Ilaeckel, ces étranges animaux s’enfouissent dans l’argile desséchée, au milieu (Pun nid de feuilles, et là ils respirent par des poumons, comme les Ampliibiens. Pendant la saison humide, au contraire, ils vivent dans les rivières el les marais el respirent l’eaii par des branchies, comme les Poissons. Par leur forme extérieure, ils ressemblent aux Poissons aiiguillifornies et sont comme eux recouverts (l’écailles. Par maintes particularités de leur structure interne, du squelette, des extrémités, etc..., ils se rap[)roclient plus des l’oissons (|ue des Anijibibiens ; mais, par d’autres caractères, ils ressemblent au contraire davantage à ces derniers, par exemple par la conformation des poumons, du nez el du cœur. Aussi, est-ce entre les zoologistes un éternel sujet de dispute que de savoir si les l‘neumobranclies sont des Poissons ou des Ampliibiens. Des naturalistes distingués se sont prononcés en faveur de l’une et de l’autre opinion. Pni réalité, les Dipneustes ne sont ni des Poissons ni des Ampliibiens tant le mélange des caractères est intime (1) » et
(1) Haeckel, Ilisk de la Créalion nat., éd. franr., Paris, 1871, p. 517.
OF.SCUIPTIVE.I
lUTUAClENS.
llaeckel conclut en en faisant une classe nouvelle servant de trait d’union entre les premiers et les seconds. Les Dipneustes se partagent en Monopneumones et Dipneumones, suivant qu’ils ont un poumon seulement, ou qu’ils en ont deux.
Les Monopneumones ne renferment que le G. australien £[fira=. todus (lüT Oir)), dont on trouve des dents fossiles dans le jurassique ëf même dans le trias (Muschelkalk.)
Les Dipneumones comprennent les deux G. ProtopLexus^Sii. Lejui- (losiren qui habitent, le premier (Pr. annectens) l’Afri e rie second (L. paradoxa) le Brésil.
Les Batraciens (de 'Sotxpxxo;, grenouille) étaient autrefois réunis aux Reptiles sous le nom de Reptiles nus. Ils en furent séparés par de Blainville qui, se fondant sur les caractères de leur organisation, proposa d’en faire une classe distincte, voisine de celle des Poissons, tandis que les Reptiles vrais ou écailleux se rapprochent davantage des Oiseaux. On sait que ces vues furent confirmées pai* l’embryologie, les premiers prenant place parmi les Anallantoïdiens et les seconds parmi les Allantoïdiens.
La conformation générale des Batraciens est en rapport avec la vie amphibie , quoiqu’elle présente de nombreuses variations. Tantôt, chez ceux de ces animaux qui ont des habitudes plus particulièrement aquatiques, le corps est allongé et terminé par une longue queue; tantôt, chez les espèces plus spécinlemcnt terrestres, il est ramassé et dépourvu de queue (Anoures). Les membres sont plus ou moins développés. Ghez les Protées, ils sont rudimentaires; chez les Sirènes, il n’y en a ([ue deux, les postérieurs manquent; chez les Cécilies, ils font entièrement défaut.
La peau est presque toujours nue; elle joue un rôle important comme organe respiratoire, et peut même suffire à l’accomplisse-
Fig. 615. — Ceratodus Forsteri (d’après Gunlher).
2® CLASSE. — BATRACIENS (AMPHIBIENS)
VERTÉBRÉS OU OSTÉOZOAIRES.
ment de celte fonction et au maintien de la vie, ainsi que l’ont montré les exjjériences de Spallanzani et de W. Edwards sur la Grenouille. Quelquetois elle porte des écailles rudimentaires (Gécilies), ou renferme des plaques osseuses dermiques (Ceratophys). On y trouve de nombreuses glandes cutanées fournissant une sécrétion abomlante (jui lubrifie la surface du corps et possède dans certains cas des propriétés vénéneuses. Ces glandes sont, les unes disséminées, les autres groupées, et celles-ci forment parfois des saillies verru(|ueuses très prononcées, ou même des masses d’un certain volume comme celles qu’on nomme pm^otides chez les Crapauds. La peau est aussi très ricbe en cellules pigmentaires dont le jeu peut produire de curieux changements de coloration, chez les Uainettes, par exemple.
Le squelette des Batraciens (fig. 61G) présente quelques particularités importantes. Les corps vertébraux renferment le plus sou-
Fig. GIG. — Squelette de Grenouille.
vent dans leur centre des restes (le la corde dorsale; ils varient dans leur forme et sont tantôt biconcaves ou ampbicœliques (Protée), tantôt procreliques (la jiluparl des Anoures), quelquefois opislhocœliques (Salamandre). Ils sont séparés par des cartilages intervertébraux (|ui n’existent pas cbez les Poissons. La tète s’articule avec la colonne vertébrale au moyen de deux condyles occipitaux situés latéralement.
Le nombre des Vertèbres est extrêmement variable : très petit chez les Anoures, où on n’en compte (jue dix en y comprenant la pièce appelée coccyx, il est considérable cbez les Pérennibranches :
DESCRlTTiVE.] HATHACIENS. 615
ainsi il est de 90 chez la Sirène, et il atteint le chiffre de 230 chez les Cécilies. Généralement les apophyses transverses sont bien développées, mais, chez les Cécilies excej)té, les côtes sont rudimentaires, ou font complètement défaut. 11 n’y a jamais de côtes sternales, et le sternum même manque chez les Urodèles, dont la ceinture scapulaire est interrompue en dessous; souvent il n’est représenté que par des pièces cartilagineuses. Le bassin des Anoures présente une forme particulière; les os iliaques très longs sont en connexion par leur extrémité antérieure avec la colonne vertébrale, et se réunissent en arrière avec les os ischio-puhiens qui sont sondés ensemble et forment un disque vertical, dont les faces latérales portent les cavités cotyloïdes. Chez les Urodèles le bassin est fort réduit.
La boîte cràni. mie reste en partie cartilagineuse, mais comprend un certain nombre de pièces osseuses produites les unes par ossificatiou de la capsule primitive (occipitaux latéraux, prootiques, etc.), les antres par ossification du derme (pariétaux, frontaux, etc.). A la base, il existe, comme chez les Poissons, un large parasphéno'ide qui ne se rencontre plus chez les Reptiles et les autres Vertébrés. Dans la région antérieure, on remarque un os singulier. Vos en ceinture de Cuvier, ainsi nommé à cause de sa forme annulaire et correspondant, du moins en partie, aux ailes orbitaires du sphénoïde. L’appareil maxillaire supérieur est sondé avec le crâne auquel la mâchoire inférieure est suspendue par l’intervention de l’os carré.
Le squelette branchial présente des modifications en rapport avec le mode de respiration. Il subit une réduction considérable chez les Datraciens dont les branchies sont transitoires et remplacées par des poumons; il ne reste alors , après la métamorphose, que l’arc hyoïdien. Chez les Pérennihrauches, au contraire, tous les arcs branchiaux persistent.
Le système nerveux des Datraciens se rattache de près, par sa conformation générale, à celui des Poissons, bien qu’il lui soit un peu supérieur. La moelle allongée est creusée d’un Inrge sinus rhoml)oïdal, ou quatrième ventricule (tig. 017). Le cervelet est rudimentaire et consiste en une petite bande transversale étendue an-
Fig. GI7 — Cerveau de Rana esculenta. — I, nerfs olfactifs; L,ol, lobes olfactifs; Hc, liéniisphères cérébraux; Vh,o, couebes optiques ; l’?i, glande pinéale ; L,op. lobes optiques ; C, cervelet; S,rh, sinus rbombo'idal ou quatrième ventricule; Mo, nioeile allongée.
VEKTf;ni{És or ostéozoaikes.
IZOOLOGIE
dessus de ce veidriciile. Les lobes ü})tiqiies soid à découvert comme ceux des Poissons, imiis moins volumineux comparativement aux liémis[)lières cérébraux qui ollreiit un plus grand développement. Les lobes ollaclirs sont gros et séparés cbacuii du lobe cérébral correspoiulanl par un simple rétrécissement. Les nerfs optiques forment nu ebiasma.
Les organes des sens accusent un faible degré de perfectionnement. Le toneber s’exerce d’une manière géuéi'ale }iar la peau qui est nue et riche en terminaisons nerveuses; de i)lus, on trouve chez les larves des organes latéraux analogues à ceux des Poissons. Les Batraciens avalent leur proie sans la diviser, aussi le goût paraît devoir être peu dévelot)|)é chez eux, cependant il existe, car on a constaté sur leur langue la présence de papilles gustatives. L’odorat a pour siège la muqueuse qui tapisse les fosses nasales paires et en communication avec la bouche par des orifices internes placés très en avant, et même parfois dans la région labiale (Protée, Sirène). L’organe de l’onïe se compose d’une oreille interne et, dans certains cas, d’une oreille moyenne; la première est représentée par un labyrinthe et trois canaux semicirculaires ; la seconde, quand elle existe, est formée par une caisse du tympan qui communique avec le pharynx par une trompe d’Eustaclie. Qiiebinefois, les deux trompes se réunissent et s’ouvrent par un orifice commun dans la région palatine (Pipa). La membrane du tympan est tantôt visible au dehors et tantôt cachée sous la peau; elle est reliée à la fenêtre ovale par la colinneUe dont la structure est très variable. Les yeux sont parfois dépourvusde paupière (Pérennibranches, Pipas). Chez les Anoures, ils sont munis d’une membrane nictitante très mobile. Chez certains Batraciens à vie souterraine, les organes de la vue, par un remarquable phénomène de rétrogradation, sont atrophiés, rudimentaires et cachés sous la })oau (Protées, Cécilies).
L’appareil digestif n’offre rien de remarquable. Ordinairement la bouche est armée de dents pointues, recourbées en crochet, insérées sur les mâchoires et au i)alais; quelquefois, chez les Pipas, juir exemple, elles manquent. La langue des Batraciens inférieurs ressemble à celle des Poissons; elle est peu développée, peu mobile et formée par un prolongement de l’hyoide; mais, chez la plupart des Anoures, elle est musculaire, protractile, et constitue un organe de préhension. Elle fait défaut chez les Pipas et les Dactylètres. L’estomac est simple, plus ou moins élargi, droit ou plus souvent recourhé sur lui-même au voisinage du pylore. L’intestin est relativement court, et la muqueuse qui le tapisse est sillonnée, comme celle des Poissons osseux, par un grand nombre do plis longitudi-
nATIlACIK.NS.
DKSCIiü'TIVE.
iiaiix, généralement ondulés on en zig zag. On Ironvc chez les Jlütraciens nn foie et un pancréas annexés au luhe digeslif (fig. (UN), mais [)as de glandes salivaires.
Fig. 018. — Analomic de la Grenouille. — a, oreillelle; V, ventricule; la, Imlbc artériel; rto, crosse de l’aorte; cl, carotides; p, troncs pulmonaires; ac, branche té^nnientaire ; ap, artère pulmonaire; pd, poumon droit; h, foie; vf, vésicule du fiel; de, canal liépatiqnc ; pa, pancréas; s, raie; vt, estomac; i, intestin grêle; r, rectum; re, reins; ad, corps adipeux; vji, vessie urinaire; ov, ovaire; od, oviducte; u, dilatation de ce conduit, en forme d'utérus.
Les organes de circulation et de respiration présenlent des modifications corrélatives les unes des antres. En etîet, (juand au cours du développement la respiration pulmonaire succède à la respiration branchiale, l’appareil circulatoire suhitdeschangementscorrespondants.
Tous les Batraciens, au moins pendant leur jeune âge, respirent
VEUTÉI50ÉS OU OSTÉOZOAIKES .
[zoologie
par (les branchies. Celles-ci alTectent deux disposilions dilTérenles; lant(jt elles sont perlées sur les arcs viscéraux et cachées sous la peau, tantôt elles naissent de l’extréniilé supérieure de ces arcs, sont placées extérieureuieut et seinhlent roriuer un prolongeineut de la peau. Ou voit les })reiuières chez les têtards des Batraciens anoures, et les secondes chez les larves des Salamandres et chez les Batraciens pérennihranclies, qui ne sont sans doute que les jeunes d’espèces peu ou point connues. Les têtards des Anoures sont pourvus néanmoins, pendant la première période de la vie, de hranchies externes très simples. Les tubes qui les composent sont en tonne de doigts de gant ; on n’en voit qu’un chez le têtard de la Bainetle ou Grenouille des arbres, mais, en général, ils sont d’abord bifides ou trifides et ont plus tard de cinq à sept ramifications. Ils disparaissent vers le septième jour (Lerehoullet). Chez les larves des Salamandres et des Tritons et chez les Pérennihranches, ces
hranchies extérieures ont un développement plus complet (lig.OlO). Elles ont l’apparence de |)anaches, et varient du reste dans leur forme suivant les esi)èces, mais se composent en général d’une tige ramifiée dont la surface est garnie de cils vihratiles ; elles sont au nombre de trois de cha(|ue côté, souvent do longueur inégale (Sirène).
Chez les Anoures dont les hranchies externes n’ont (ju’une existence très courte, des hranchies internes se dév('loppent sur les arcs cartilagineux de l’appareil hyoïdien (pii sont d’ordinaire au nombre de quatre (fig. ():20). Elles sont portées sur le bord convexe et externe de ces arcs et sont forméespar de petites houj)pes de (ilaments très fins. Elles sont recouvertes par la peau (jui forme audessus d’elles un repli, lequel n’est libre (pie par nu point très limité et constitue ainsi un orifice fort petit à la partie inférieure et postérieure de la région cervicale. Les vaisseaux qui portent le saiiii' aux hranchies suivent le bord inférieur des arcs branchiaux.
Lorsipie les Batraciens arrivent à l’état parfait, ils sont pourvus