BATRACIENS
DESCRIPTIVE
d’organes (.le rcsi)ii*alion atn ieiiiie, de poumons. La Iracluîe-artère qui amène l’air dans ces organes est rudimentaire. Liiez les Anoures elle constitue une sorte de larynx qui sert à la production des sons; les bronches sont très courtes, membraneuses. Les poumons consistent en deux sacs, généralement égaux et de forme ovoïde, sur les parois desquels courent ([uelques vaisseaux sanguins. Leur structure varie. Chez les Protées ce sont de simples poches dont la cavité ne présente aucune trace de divisions cellulaires et dont les parois sont très peu riches en vaisseaux; chez les Tritons ce sont deux longues vessies, dans lesquelles on ne trouve également aucune division, mais dont les parois sont plus vasculaires. Dans la Sirène, les poumons très longs s’étemlent sous forme de deux sacs cylindriques jusqu’à l’extrémité postérieure de l’abdomen ; leur cavité ne présente que des cellules peu marquées. Chez les Salamandres, les poumons sont divisés en cellules larges et nombreuses et celte disposition se montre beaucoup plus complète chez les Crapauds, les Grenouilles et surtout chez les Pipas.
Les certes étant rudimentaires ou milles, la respiration se fait par le jeu de l’appareil hyoïdien et des parois de la cavité thoracoabdominale.
La disposition de l’appareil circulatoire varie suivant que la respiration est branchiale ou pulmonaire; dans le premier cas elle est analogue à celle que l’on observe chez les Poissons. Le comr se compose alors d’une oreillette et d’un ventricule suivi d’un bulbe aortique qui en est séparé par un étranglement connu sous le nom de détroit de Haller. Le tronc qui continue le bulbe se divise en une double série d’arcs aortiques, ordinairement au nombre de quatre paires, qui entourent l’œsophage et se réunissent au-dessus (le lui pour constituer l’aorte dorsale. Les arcs des trois premières paires seulement fournissent des anses vasculaires qui se ramifient dans les branchies externes; le quatrième arc ne se rend pas dans
Fig. 0:20. — Branchies internes et poumon d’une larve de Grenouille.
— 1, veine cave; 2, oreillette droite; 3, veines pulmonaires; oreillette gauche; 5, ventricule; 6, bulhe artériel; 7, artères branchiales; 8, veines branchiales; 9, aorte; 10, artère pulmonaire venant des quatre arcs branchiaux.
VEUTÉBUÉS OU OSTÉOZOAIRES.
[ZOOLOCIK
l’appareil respiratoire et débouche directement daiisl’aorte dorsale. Quand des branchies internes se dévelopj)ent et remplacent les branchies externes, il se forme sur les arcs hyoïdiens un réseau capillaire qui se distribue dans les appendices membraneux dont ces arcs se garnissent, tandis que la portion terminalede ce système vasculaire qui occu[)ait les branchies externes s’atroi)bie et disparaît avec elles. Dans tons les cas, l’arc aortique primitif se trouve divisé en nue artère branchiale^ vaisseau aiférent qui conduit le sang dans la hranchie, et une artère épi branchiale, vaisseau elférent qui le ramène dans l’aorte dorsale, après qu’il a traversé le réseau capillaire respiratoire. Mais avec l’apparition des poumons un nouveau changement se montre. Alors, en effet, le dernier arc vasculaire ne reste pas simple; il donne naissance à nu rameau qui se rend à l’organe pulmonaire et forme ainsi l’origine de l’artère qui porte ce nom; il y a aloi's coexistence d’une circulation hranchiale et d’une circulation pulmonaire. Chez les Pérennibrancbes, le système vasculaire présente d’une façon permanente cette disposition, qui n’est que transitoire chez les antres Batraciens. Chez ceux-ci, l’atrophie des branchies entraîne la disparition du système capillaire qui s’y distribue, et la reconstitution des crosses aortiques simples a lieu par suite du développement d’une branche anastomotique basilaire (Rusconi). Certaines de ces crosses, il est vrai, peuvent disparaître, du moins en partie, et il en résulte des modifications nouvelles, mais secondaires, et des variations nombreuses dans la disposition des gros troncs vasculaires. Ainsi le premier arc fournit les artères carotides qui le prolongent directement quand il s’atrophie dans sa portion terminale; de môme le dernier arc peut former uniquement le tronc des artères pulmonaires, bien qu’il conserve souvent un jtetit canal de communication avec l’aorte (canal de Botal). L’apparition des poumons entraîne aussi un changement dans la conformation du cœur; l’oreillette, primitivement simple, se divise en deux par le développement d’une cloison intérieure. Il se forme ainsi une oreillelte droite et une oreillette gauche, la première recevant les veines caves, la seconde les veines pulmonaires. Le ventricule reste unique et présente seulement des traces de séparation. Le sang veineux est ramené au cœur par deux troncs antérieurs, ou veines caves antérieures, et une veine cave postérieure. Il traverse sur son parcours un système porte hépatique et un système porte rénal.
Le système lymphatique très développé se compose d’un vaste réseau lacunaire sous-cutané et de cavités qui accompagnent les vaisseaux sanguins dans les dilférentes parties de l’organisme. Tout cet ensemble aboutit au réservoir sous-vertébral qui quelque-
HATUACIKNS.
OESCRIPTIVE-I
luis devient tubuleux et prend In. Ibriue d’un canal thoracique (Salamandre). On observe aussi des réservoirs contractiles qui ont reçu le nom de cœurs lymphatiques. Ils sont au nombre de (juatre, disposés par paires, et situés deux dans la région scapulaire et deux dans la région iliaque. A ce système lympbalique se raltacbent un thymus (représenté par deux glandes connues sous le nom de glandes carotidiennes) et une rate.
[jCS organes urinaires et les organes de la génération })i*ésentent chez les Batraciens les }»lus étroites connexions. Les reins dérivent de la portion postérieure des corps de Wollï’ dont la partie antérieure disparaît ou ne laisse que des débris. De leur bord externe partent des canalicules qui débouchent, soit isolément, soit après s’étre réunis, dans les canaux primitifs ou canaux de Wollf, et ceux-ci vont s’ouvrir directement dans le cloaque; il existe à la vérité une vessie urinaire, mais conij)lèlemént séparée de ces conduits et communi(]uant avec le cloacpie par un orilice particulier.
Les glandes sexuelles naissent au bord interne de la portion postérieure et persistante des reins primordiaux.
Chez les mâles, chaque testicule envoie ses canaux elTérents dans le rein correspondant (fig. 021, l) qui, étant ainsi traversé par le sperme, fonctionne comme un epididyme, et son conduit excréteur, ou uretère, sert en même temps de canal déférent. Chez les femelles (lig. 021, 2) on trouve une disposition un peu dilférente <luoique originellement semblable. Les œufs tombent, en etï'et, dans la cavité abdominale par rupture des parois de l’ovaire, et ils sont conduits au dehors par un oviducte qui n’est autre chose que le canal secondaire du rein primitif appelé canal de Millier, lequel est ici développé, tandis qu’il s’atrophie chez le mâle. Cet oviducte se réunit dans sa portion terminale avec
Fig. 6:21.— Organes génito-urinaires de liufo maeuliventris. — 1, du inàle : a, teslicnle; h, reins; (/.ancien canal de Millier. — 2, de la femelle : a, ovaire ; /, rein ; e, oviducte formé par le canal de Millier (grandeur naturelle).
{>“22 VERTÉnUÉS OU OSTÉOZOAIRES. [zoologie
le conduit urinaire primitif qui fonctionne uniquement comme uretère.
On remarque chez les Batraciens des différences sexuelles, différences de taille, de coloration, ou autres, qui souvent n’apparaissent qu’à l’époquede la reproduction. L’accouplement de ces animaux consiste dans un simple rapprochement des sexes, sans qu’il y ait une véritable copulation, les mfdes étant dépourvus de pénis. Cependant la fécondation est parfois intérieure, quand les orifices sexuels étant mis en contact, la liqueur séminale peut pénétrer dans les voies génitales de la femelle (Salamandres terrestres) ; mais la fécondation est plus souvent extérieure. En général, chez les Anoures, le mâle se cramponne sur le dos de la femelle qu’il tient étroitement serrée, et il féconde les œufs en les arrosant de sa semence au moment où ils sont évacués au dehors. Les œufs sont nombreux et ordinairement agglutinés entre eux, tantôt réunis en masses informes, tantôt disposés en cordon ou en chapelet; chez les Tritons, ils sont isolés et fixés sur les plantes aquatiques à l’aide de la matière visqueuse qui les entoure.
La plupart des Batraciens abandonnent leurs œufs après qu’ils ont été fécondés; il y a pourtant quelques exceptions. Ainsi, le Crapaud accoucheur doit son nom à l’habitude ([u’a le mâle de tirer à lui le chapelet formé par les œufs agglutinés, et de l’entortiller autour de ses cuisses. Il en reste chargé jus([u’au moment de l’éclosion ; alors il se plonge dans l’eau qui fait éclater les œufs d’où s’échappent les petits têtards. Le Pipa ou Crapeau de Surinam place les œufs sur le dos de la femelle ; leur présence y détermine un gonflement de la peau, qui, en se boursouflant autour d’eux, leur forme des espèces de loges dans lesquelles s’opèrent non seulement le développement, mais encore les métamorphoses des têtards. Les Notodelphys portent leurs œufs dans une poche incubatrice située sur le dos.
Le développement des Batraciens offre un intérêt particulier. Les œuifs subissent une segmentation totale suivie de la formation de l’embryon, lequel est, comme celui des Poissons, toujours dépourvu d’allantoïde et d’amnios {Anallantoïdiens). L’évolution embryonnaire dans l’œuf est courte, et d’ordinaire, quand l’éclosion a lieu, le développement n’est pas achevé; il se continue donc après la naissance et donne lieu à une métamorphose plus ou moins marquée (fig. 02^). Les larves ou têtards présentent le type Poisson; elles respirent par des branchies ; elles n’ont pas de membres, et sont munies d’une queue qui leur sert comme organe de locomotion. Puis, par degrés, elles se transforment et acquièrent des caractères nouveaux ; la respiration pulmonaire se substitue à la respiration
ILVinAClENS.
DESCRIPTIVE. J
branchiale; la queue seréilnit et disparaît, taudis que lesrnembres se développent, et l’animal devient propre cà la vie terrestre. Mais c’est là le terme le plus élevé de ce développement, et tous les Batraciens ne l’atteignent pas. 11 en est qui s’arrêtent à des degrés inférieurs, probablement sous riniluence de conditions d’existence particulières, et qui olfrent alors d’une manière permanente des formes qui sont
transitoires chez d’autres. Cette action du milieu est mise en évidence par des observations nombreuses qui prouvent une corrélation intime entre les conditions extérieures et les phénomènes de développement. Ainsi l’Axolotl du Mexique (fig. 0^3), qui vit dans l’eau et peut même se reproduire sous cette forme larvaire, se métamorphose, quand l’eau vient à manquer, en un Triton de l’Amérique du Nord, l’Amblystome, qui n’a pas de branchies et respire par des
Ax'iictl iiuiiii (lo hrancliios cl. Axol ill les ayant iiiTiliies aînés sa tianslornialion.
/. DESGUIPTIVK.I
BATlîAClENS. — Al'ODES.
pouinoiis. D’mi autre coté ou cüiiuaîtdes Batraciens dont les larves vivent en dehors de leur milieu normal qui est l’ean, et se développent dans des conditions (jiii remplacent Jnsqn’à un certain point ce milieu. Il snflit, en elïet, (|iie les branchies soient dans un état constant d’humidité pour qu’elles puissent remplir leur t'oiiction d’organes respiratoires, résultat qui peut être atteint de diverses manières par voie d’adaptation (1).
Les Batraciens sont, en règle générale, des animaux aquatiques pendant le premier âge, et il en est parmi eux qui le demeurent toute la vie; les autres sont plus ou moins complètement adaptés à la vie terrestre, et la plupart sont amphibies. Leur nourriture consiste en matières végétales et en petits animaux. Vers et Insectes. Ils forment une classe peu nombreuse représentée dans les faunes anciennes, à partir de l’époque tertiaire, par des formes appartenant aux familles encore existantes, et, à une époque plus reculée, par de gigantesques Amphibiens, Labyruithodontes, aujourd’hui disparus.
La classitication de ces animaux est très simple. On les divise en trois ordres suivant qu’ils sont privés de membres. Apodes, ou que, étant pourvus de membres, ils possèdent une queue, Urodèles, ou u’en ont pas. Anoures.