VERTÉBRÉS OU OSTÉOZOAIR ES
(ZOOLOCIK
un repli de la peau appelé prépuce. Souvenl il y a dans la verge un os pénial dont la grosseur et la forme varient beaucoup. Enfin, le pénis est quelquefois bilide (Monotrèmes, Marsupiaux). Indépendamment des vésicules séminales annexées aux canaux déférents, il y a, chez les Mammifères, des glandes qui s’ouvrent dans le canal de
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Fig. 70i. — Testicule, épididyine et origine du canal dcfe'rent chez l’Homme. — 1, lobules testiculaires; 2, caiialicnles droits formant le resean do Haller 3; 4, partie rectiligne des canaux efférents; 5, partie contournée des mêmes canaux; 6, tète de l’épididyme; 7, cana de l’épididymc enroulé; 8, vaisseau aberrant; 9, canal déférent (Beaunis et Bouchard).
rurétre ; ce sont la prostate et les glandes de Cowper. A la partie postérieure de ce même canal, il existe entre les orifices des canaux déférents un [letit appendice vésiculaire (organe de Weber), qui représente les restes du canal de Müller, et correspond par conséquent au conduit vecteur de l’appareil génilal chez la femelle.
Les ovaires sont logés dans les replis péritonéaux connus sous le nom de ligaments larges; ils sont symétriques, excepté chez les Monotrèmes, dont l’ovaire droit s’atrophie, tandis que l’ovaire gauche est bien développé. Les ovidnetes, formés par les canaux de
MAMMIFÈIIES.
UESCRIPIIYK.)
Millier, se dilTérencient en plusieurs parties distinctes : la supérieure, toujours paire, constituant les trompes de Fallope, dont l’extrémité terminale évasée et nommée parillon se trouve dans le voisinage immédiat de l’ovaire; une seconde partie, généralement simple par suite de la fusion des deux conduits primitifs, mais quelipiefois double, servant de chamlire incubatrice et appelée utéru'i; enfin, une troisième partie, le plus souvent impaire comme la précédente, destinée à recevoir le pénis pendant la copulation et désignée sous le nom de vagin. Le canal de l’urètre débouche au-devant de l’orifice vaginal, dans un vestibule génito-urinaire ordinairement très court, dont l’entrée forme la vulve. L’utérus présente des variations nombreuses, suivant que les canaux de Millier sont plus ou moins complètement soudés en ce point: ainsi quelquefois les deux utérus restent «entièrement séparés l’iin de l’autre (Monotrèmes, Marsupiaux); parfois ils ne sont réunis qu’à leur extrémité inférieure, de sorte qu’ils sont distincts dans presque toute leur étendue, mais communiquent avec le vagin par un orifice unique (Rongeurs); d’autres fois la fusion est poussée plus loin, et l’utérus n’est plus double que dans sa partie supérieure divisée en deux cornes qui se continuent avec les trompes (Carnivores, etc.). Enfin, chez les Mammifères les plus élevés, la fusion est complète et Tutérus est simple.
L’orifice d’entrée des voies génito-urinaires présente sur chacun de ses bords deux replis cutanés qui forment les petites et les grandes lèvres, les premières placées au dedans des secondes, lesquelles correspondent au scrotum des mâles. A la partie inférieure (ou antérieure, si la station est verticale) de cet orifice, dans l’angle formé par les petites lèvres, se trouve un organe érectile, analogue au pénis du mâle et nommé clitoris; la forme en est variable. En général il n’est pas perforé, mais quelquefois il est parcouru par le canal de l’urètre (Loris, Makis). Les organes glandulaires sont moins développés que dans l’appareil mâle ; on n’y rencontre que les glandes vulvo-vaginales, ou de Bartbolin, qui sont les analogues des glandes de Cowper. Les canaux dits de Gartner représentent les conduits des reins primordiaux qui, chez le mâle, forment les canaux déférents.
A l’appareil reproducteur se rattachent les glandes mammaires dont le produit de sécrétion sert à l’alimentation des jeunes; elles existent dans les deux sexes, mais elles sont rudimentaires chez les mâles. Ces glandes appartiennent exclusivement à la classe des Mammifères dont elles constituent un des principaux caractères; de là le nom qui a été donné à ces animaux. Elles sont produites par différenciation des glandes dermiques, et sont situées à la face
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ventrale du corps. Elles sont formées i)ar de nombreux acini, dont les conduits excréteurs se réunissent entre eux, de façon à constituer quelques troncs principaux qui vont s’ouvrir au sommet de la glande, sur une saillie nommée mamelon ou tétine. La position des mamelles varie beaucoup; elles sont placées, en eftet, tantôt sur la poitrine, tantôt sur l’abdomen ou dans les aines. Leur nombre est aussi très variable et, d’une manière générale, en rapport avec celui des petits dont se compose chaque portée.
Quand l’organisme a atteint un degré de développement suffisant pour que les organes de la génération entrent en activité, c’està-dire à l’iige de la puberté, il se produit divers changements qui afiTectent des parties sans relations apparentes avec ces organes, par exemple le système tégumenlaire, l’appareil vocal. En général l’activité reproductrice n’est pas continue et se manifeste périodiquement, mais d’une façon variable suivant les espèces et suivant les conditions de milieu; on donne le nom de rut à celte période d’activité des organes générateurs. Ce moment coïncide chez la femelle avec la chute et le passage dans les trompes d’un ou de plusieurs ovules. C’est alors que ceux-ci rencontrent les spermatozoïdes qui ont été apportés dans l’utérus pendant le coït et que la fécondation s’opère.
L’ovule fécondé subit une segmentation totale suivie du développement du blastoderme; il est entouré d’une enveloppe villeuse ou cliorion au moyen duquel il se fixe dans l’utérus. On a vu déjà comment chez la plupart des Mammifères l’allantoïde venait se mettre en rapport avec les parois utérines et donnait naissance à un placenta (p. 87), mais celui-ci n’existe pas toujours, et c’est sur la présence ou l’absence de cet organe que repose la division des Mammifères en Placeutaires et Implacentaii^es. De plus les caractères tirés de sa forme et de sa disposition ont été aussi utilisés dans la classification. Parfois le placenta est composé d’un grand nombre de villosités qui sont éparses sur toute la surface du cborion : placenta diffus des Équidés, des Porcins, des Cétacés; parfois les villosités sont réunies par îlots et forment pour ainsi dire autant de petits placentas isolés nommés cotylédons : placenta cotylédonaire des Ruminants ; dans certains cas, le placenta s’étend autour de l’œuf suivant une zone annulaire : placenta zonaire des Carnivores; enfin, d’autres fois, il est concentré sur une surface limitée et prend la forme d’un plateau circulaire : placenta discoïde des Primates. Quand cet organe adhère faiblement à la muqueuse utérine et s’en sépare sans qu’aucune portion de celle-ci soit entraînée avec lui au moment de ta naissance, autrement dit sans qu’il y ait formation d’une membrane caduque, les Mammifères sont
DESCRiPTlVE.]
MAMMIFÈRES
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Le temps pendant lequel l’œuf séjourne dans l’organisme maternel varie beaucoup chez les différents Mammifères, et la durée de la gestation, c’est-à-dire de la période pendant laquelle s’accomplit le travail embryogénique, est en rapport avec la taille qui est propre à chaque espèce, et avec le degré de développement que doit atteindre le jeune avant la naissance. Ce degré, en eflet, est loin d’être toujours le même, et chez les Marsupiaux les petits viennent au monde dans un tel état d’imperfection qu’ils ne pourraient vivre, si leur développement ne se complétait dans la podie marsiipialej^ ils sont enfermés et suspendus aux tétines de la mere.
On observe chez la plupart des Mammifères un dimorphisme sexuel assez marqué. En général le mâle l’emporte sur la femelle par sa vigueur et sa puissance musculaire; il est mieux armé qu’elle et se distingue souvent par des caractères particuliers, comme l’existence de cornes chez un grand nombre de Ruminants, d’une crinière chez le Lion.
De tous les animaux les Mammifères sont ceux chez lesquels l’intelligence atteint son plus haut degré de développement. On connaît une foule d’exemples qui prouvent qu’ils sont capables de mémoire, de discernement, de réflexion et de jugement. Ils sont susceptibles d’éducation, et on ne saurait rapporter au seul instinct, comme on l’a prétendu, tous les actes qu’ils accomplissent. Leurs mœurs sont très diverses; les uns vivent isolés; les autres se réunissent en troupes, soit d’une façon permanente (sociétés domestiques), soit d’une façon accidentelle (bandes de Loups). Quelquesuns exécutent des migrations (Rennes, Buffles, Lemmings). Beaucoup d’entre eux se construisent des demeures, soit en creusant dans le sol des terriers ou des galeries souterraines, soit en édifiant des habitations d’une architecture compliquée, et comparables aux nids des Oiseaux. Parfois ils accumulent dans leur demeure des provisions qui leur servent pendant la mauvaise saison.
Il y a des Mammifères, dits hibernants, qui passent l’hiver engourdis dans leur retraite, et plongés dans une sorte de sommeil léthargique (sommeil hibernal); tels sont les Hérissons, les Marmottes, les Chauves-Souris, etc. Dans cet état ils sont immobiles, pelotonnés sur eux-mêmes et ne prennent aucune nourriture. Chez eux la circulation et la respiration se ralentissent, la température s’abaisse et n’est guère au-dessus de celle du milieu ambiant. L’engourdissement de ces animaux résulte de la diminution d’activité de leurs fonctions, sous l’influence du froid ; ils sont impuissants à maintenir leur température propre à un degré suffisamment élevé. On sait que la faculté de#conserver une température propre, sensiblement
VERTÉBRÉS OU OSTÉOZOAIRES.
constante malgré les variations extérieures, n’appartient qu’aux Oiseaux et aux Mammirères; c’est pour ce molil* qu’on les appelait animaux à sang chaud, tandis qu’on donnait le nom d’animaux à sang froid à ceux dont la température est très voisine de celle du milieu dans lequel ils vivent et s’élève ou s’abaisse avec elle. On a remplacé ces dénominations par celles beaucoup plus exactes d’animaux à lem|)érature constante et animaux à température variable. Or on voit (iiie les Mammifères bibernants appartiennent en réalité à cette dernière catégorie.
Les premiers animaux de cette classe qui apparaissent dans les formations géologiques sont les Marsupiaux qu’on rencontre dans le Trias, mais la plupart des fossiles leur appartenant se trouvent dans les terrains tertiaires et quaternaires. Parmi les espèces aujourd’hui disparues, il y en a qui ont été contemporaines de nioinme dans les temps préhistoj'iques, par exemple le Mammouth, l’Ours des cavernes, etc...
Linné divisait les Mammifères, Mammalia , en sept ordres, sous les noms suivants : Primates (flomme. Singes); Briita (Eléphant, Khinocéros, Edentés, Morses); Fera (Carnivores, Insectivores et Marsupiaux alors connus); G/frcs (Piongeurs); Pecora (Ruminants); Belluœ (Pachydermes, partim)] Cete (Cétacés).
Rlumenbach créa un ordre nouveau, celui des Bimanes, composé uniquement de l’IIomme, qu’il sépara ainsi des Singes ou Quadrumanes. Cuvier, en se fondant principalement sur les caractères tirés des membres et de la dentition, établit neuf ordres de Mammifères dont nous donnons ici le tableau :
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a la j : de dents J ^ '
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I ^ Estomac simple ou peu compliqué Pachydermes.
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( tion Ruminants.
Deux pieds seulement, les antérieurs disposés en forme de rames Cétacés.
De Rlainvillc apporta un perfectionnement considérable à cette classification en séparant des Mammifères ordinaires, qu’il appela
MAMMIFÈRES
DESCRIPTIVE
Monodelphes, les Marsupiaux et les iMonoIrèmes qui s’en éloignent par leur inoile de gestation, et il en forma deux sous classes sous les noms de Didelphes et d'Ornilhodelphes. Depuis, d’autres chaucements ont été encore introduits dans la distribution des Mammifères. Ainsi, on a reconnu que les caractères par lesquels l’Homme se dilTérencic des Singes n’ont pas une valeur suffisante pour qu’on puisse le regarder comme formant à lui seul un ordre particulier, celui des Bimanes de Blumenbacli, et on l’a réintégré dans l’ordre linnéen des Primates dont il constitue la première famille (1). Par contre un groupe de Mammifères grimpeurs, à mains et à pieds préhensiles, qui faisait partie des Quadrumanes, en a été séparé par A. Milne Edwards; c’est celui des Lémuriens considéré aujourd’hui comme un ordre. Les Carnassiers de Cuvier étaient divisés en Chiroptères, Insectivores et Carnivores; ces groupes ont été élevés au rang d’ordres ; de plus, on a fait aussi un ordre nouveau des Amphibies qui étaient réunis aux Carnivores, mais qui s’en écartent notablement par suite des modifications résultant de leur adaptation à la vie aquatique. Comme celui des Carnassiers, l’ordre des Pachydermes a été démembré, et on en a formé trois ordres distincts, ceux des Proboscidiens, des Jumentés et des Porcins. Les Proboscidiens (Éléphants) sont multiongulés et sont pourvus d’une trompe ; en outre, ils présentent une caduque qui fait défaut chez les autres Pachydermes. Les Jumentés sont caractérisés par le nombre impair de leurs doigts, et comprennent avec les Solipèdes de Cuvier, c’est-à-dire ceux qui n’ont qu’un seul doigt à chaque pietl (Cheval), les Bhinocéros et les Tapirs qui étaient rangés dans les Pachydermes ordinaires. Les Porcins ont comme les Ruminants des doigts en nombre pair, et on les a quelquefois réunis avec eux dans un même^groupe sous le nom de Bisulques ou Bisulces, c’est-à-dire animaux à pieds lourcbus ; mais ils s’en distinguent par la composition de leur système dentaire, et par leur estomac simple impropre a la rumination, aussi est-il préférable de les laisser dans un ordre séparé.
1 elles sont les principales modifications successivement apportées a la classification des Mammifères. Tl en résulte une distribution nouvelle de ces animaux qui se trouve résumée dans le tableau suivant :
(1) Voy. Huxley, De la place de l'Homme, trad. par Daily. Paris, 18G8.
tableau de la classification des mammifères.
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