partie noial du même Océan
ou DRE IX. — CARNIVORES
Les Carnivores sont, comme l’indique leur nom, des Mammifères essentiellement carnassiei’s et dont l’organisation présente des
MAMMIFtUKS. — CAILMVülŒS.
DEsciurnvE.l
(•aractères eu liarinonie avec le {’eiire de vie (lue comporte ce réi^iuie. Leur agilité, leur force et leur vigueur leur perinetteut de poursuivre leur proie, de ratteiudrect de s’eu emparer, ou bien leur intelligence leur sert à obtenir le même résultat [>ar la ruse (d l’adresse. Ils ont une dentition comi)lèle (lig. propre à déchirer la chair des animaux, composée de six incisives à chaque mâchoire, de fortes canines lacérantes, et de màclielières plus ou moins séca-
trices, dont rime, plus grosse' et plus tranchante que les autres, a reçu le nom de dent carnassière ; seules les dernières molaires, au nombre d’une ou deux, qui suivent celle-ci, ont une couronne tuberculeuse. Un point digne de remarque, c’est que les caractères des dents sécatrices et lacérantes sont d’autant plus prononcés (lue les hahitiules de l’animal sont plus sanguinaires. Les mâchoires sont mises en mouvement par des muscles puissants, et le condyle, dont le grand axe est transversal, forme avec la cavité gléiioïde une sorte de charnière «jui ne permet de déjilacement que dans le sens vertical.
Les membres sont bien développés et varient, du reste, dans leur forme suivant la manière de vivre des différents carnivores. Ils sont terminés par quatre ou cinq doigts mobiles, [ires({ue toujours pourvus de fortes grilfes. Tantôt celles-ci sont rétractiles, et, étant relevées, ne s’usent pas pendant la marche, de sorte qu’elles constituent des armes toujours acérées (Cdiat); tantôt elles sont imnio- :hiles et peuvent servir soit à grimper, soit à fouiller le sol. Dans la marche, c’est la plante tout entière du pied qui pose à terre, ou ce rsont seulement lesdoigts, et, d’après ce caractère, ona divisé parfois 'les Carnassiers en Plantigrades et Digitigrades. Les clavicules sont rudimentaires, ou font entièrement défaut.
Un estomac simple non divisé, un cæcum peu développé ou nul, un intestin court, sont des particularités de l’appareil digestif en rapport avec le régime carnassier. Le cerveau est assez volumineux et présente quelques circonvolutions; les sens sont en général très perfectionnés. Le placenta est de forme zonaire.
(ZOOJ-UGli:
m VEnTÊlJHÉS OU OSTÉOZOAIKES.
Ces animaux sont répandus sur toute la surlace du globe : ils y ont l’ait leur apparition au commencement de répocjue tertiaire. On les partage en plusieurs familles.
Les Félidés (Felis) sont les Carnassiers par excellence ; nous en
avons le type dans notre Chat domestique. Ce sont des digitigrades, au corps souple et flexible, aux formes gracieuses, remarquables à la fois par leur agilité et leur force musculaire, les plus fortement armés et les plus féroces des Carnivores. Leurs mâchoires courtes portent des dents formidables. Les canines et les carnassières sont extrêmement développées ; les dents tuberculeuses manquent, ou du moins il n’y en a qu’une très petite à la mâchoire supérieure, et le nombre des molaires est seulement de 4 en haut et de 3 en bas. La langue est munie de pa})illes dures et cornées qui la rendent râpeuse. Les membres sont vigoureux et ont, les antérieurs cinq doigts, et les postérieurs quatre doigts, tous armés de griffes rétractiles ; la dernière phalange, habituellement relevée par un ligament élastique, jieut s’abaisser parla contraction des muscles lléchisseurs des doigs, et les griffes, faisant alors saillie, constituent des armes puissantes. Ces animaux vivent solitaires et ont des représentants dans toutes les parties de l’ancien et du nouveau continent. Us sont essentiellement sauvages et il n’en existe que deux qui aient pu être apprivoisés par l’Homme, le Chat et le Guépard.
Les Félidés renferment un certain nombre d’espèces remarquables. Ce senties Lions (Felis leo), (|ui habitent l’Afrique et quelques parties de l’Asie; les Cougouars, ou Pumas (F. co;/co/or), qui appartiennent â l’Amérique ; les Tigres (F. ti(ji‘is), qui sont répandus en
DESCRIPTIVE.] M AMMIFÈRtiS. — CAIINIYOIIES. 783
Asie; les Jai-uars {F. onca), i[yi on appelle aussi Tigres d’Aiuéi’ique ; les Panthères (fig. 7T3) et les Léopards (/A pardiis) (lu’on trouve eu Afrique et dans les régions chaudes de l’Asie; les Lynx qui sont représentés en Europe par le Lynx vulgaire (Lynx vulgaris), etc.
Nos diverses races de Chats domestiques paraissent tirer leur origine soit du Chat de Nubie, ou Chat ganté (7^’'. maniculata), soit du Chat sauvage (F. catus), qui vit dans les forêts de l’Europe.
Ou range encore dans cette famille les Guépards {Cynaiiurus) propres les uns à l’Afrique (G. giittatus), les autres aux Indes {C. jubatus), et qui forment le passage avec les Canidés.
Les Canidés (Canis) sont des digitigrades ayant cinq doigts aux pieds antérieurs, et quatre aux pieds postéi'ieurs, munis d’ongles non rétracliles. Leurs mâchoires sont longues et portent 6/7 molaires, dont deux tuberculeuses placées derrière les carnassières. Leur tube digestif présente un court cæcum. Ils ont des instincts moins sanguinaires que les Félidés.
Le genre Chien (Canis) comprend les Chiens proprement dits et les Renards. Les premiers sont des animaux diurnes, à pupille toujours ronde, à queue en général de longueur moyenne et médiocrement touffue. Les principales espèces sauvages qui leur appartiennent sont ; le Loup vulgaire (G. lupus), qui habite l’Europe et l’Asie et vit habituellement solitaire ; le Loup des prairies, ou Chacal aboyeur (G. latrans), qui est répandu dans toute l’Amérique du Nord; le Chacal, (G. aiireus), qu’on trouve en Asie et en Afrique; le Chien crabier, ou Chien des savanes (G. cancritwrus), qui est propre à l’Amérique, notamment à la Guyane, et était domestiqué chez les Indiens lorsque les Espagnols arrivèrent dans ces contrées; le Ruansii, ou Chien primitif (G. primœvus), découvert par Hodgson dans le Népaul et qu’on a considéré, avec d’autres, le Chacal en particulier, comme étant peut-être la souche de nos Chiens domestiques, mais l’origine de ceux-ci (G. familiaris) est fort obscure. Tandis que les uns pensent que les races si nombreuses et si diverses de Chiens actuellement existantes dérivent d’un type primitif unique, d’autres, parmi lesquels Darwin, regardent comme plus probable qu’elles descendent d’un petit nombre de formes voisines, récentes ou éteintes, plus ou moins mélangées ensemble.
Les Renards (Canis vulpes) se distinguent des Chiens proprement dits par leurs habitudes nocturnes, par la forme allongée de leur pupille. Ils ont une queue longue et toulïue, un pelage épais dont la teinte varie avec les conditions extérieures, avec les saisons. Tout le monde connaît les mœurs de ces animaux renommés par leur intelligence et leur ruse.
Le Renard bleu, ou Isatis (G. lagopiis), des régions polaires
78i VKin'ÉJmÉS OL’ OSTÉOZOAIÜES. IzooLOGiE
l'ouniit uno t'ouiTUi‘e\le couleur grise eii.élé, mais plus ou moins bleue eu hiver, (jui est Tort estimée. Les benecs {Megalçlis) et les ()ioi'^oi\s{(nocyon) sont des espèces africaiuesvoisinesdes Renards, et remarquables })ar leurs graïules oreilles.
Les IIyéniués [llijœna) présentent une certaine ressemblance avec les Canidés, mais portent l’arrière-train plus bas que l’avanttraiii, ce qui leur donne un aspect particulier. Ils ont la tète forte, de grandes oreilles dressées, une crinière le long de l’écbine, les pattes terminées par quatre doigts à ongles non rétractiles. Le nombre des molaires est de 5 en haut et de i- en bas, et il y a, comme chez les Chats, derrière la carnassière supérieure, une petite dent tuberculeuse (|ui fait défaut à la mâchoire inférieure. Ce sont des animaux voraces mais lâches, à habitudes nocturnes, se nourrissant principalement de charognes.
On connaît trois espèces d’ilyènes : l’ilyène rayée {JJyœna striala)y l’Hyène tachetée {H. crocuta) (lig.744), et l’Hyène brune
(II. brunea). La première est la plus anciennement connue et se trouve eu Asie et en Afimpie ; les deux autres sont propres au sud de l’Afri(jue.
A côlé des Hyèties se place le Protèle de Lalande {Proteles Lalandii) (piivit au Cap.
Les VivKURiDKS (Lû'C/-m), dont le type nous est donné par la Civette, ont le corps allongé, la(|ueue longue et j)eudante, les jambes
descriptive. I
MA.MMIFEIIES. — CARNIVORES.
coiirles lcrininées p:'.r cinq doigts, ou seulement quatre aux pieds de derrière, à ongles géiiéralenieiit rétractiles. La plupart sont digiliurades. Ils ont deux molaires tuberculeuses à la màclioire supérieure, et nue seule à la màclioire inférieure. Un caractère particulier à certains d’entre eux est d’avoir près de l’aiius une poche où s’accumule le produit de sécrétion de glandes spéciales (fig. 745). Cette substance odorante, connue sous le nom de civette et employée comme parfum, est fournie par la Civette d’Afrique {Viveïixi civettci] et la Ci-
vette d’xVsie (F. zibelha). Une espèce voisine, la Genette (F. ge- 7ielta), est originaire d’Afrique, mais se trouve eu Espagne et dans le midi de la France; c’est le seul représentant de la famille en Europe.
On range en outre parmi les Viverridés : les Mangoustes {Herpestes) dont l’une, l’Iclinenmon, était regardée par les Égyptiens comme un animal sacré; les Paradoxures {Paradoxiiriis), qui sont grimpeurs et vivent dans l’Asie méridionale, etc.
Fig. 74G. — Civette (Viverra civetta).
Les Mustélidés {Mustela) sont des carnassiers de taille petite ou moyenne, à corps allongé, bas sur pattes; celles-ci ont cbacune quatre ou cinq doigts munis d’ongles le idus souvent non rétractiles. On trouve parmi eux des digitigrades et des plantigrades. Il n’y a qu’une dent tuberculeuse, tant en haut ([u’en bas, derrière la carnassière. Au voisinage de l’anus, il existe des glandes dont la sécrétion exhale en général une odeur fétide. Le pelage de ces animaux est fin, épais, variable avec les saisons, et les fourrures les plus SICAUD. . 50
VEUTÉBRÉS OU OSTÉOZOAIRES.
recherchées sont foiiriiies j)ar quelques-uns d’entre eux (Marte, Hermine, etc.). xV celte famille appartieuneut :
Les Maries (Mustela) dont deux espèces, la Marte commune {M. martes) et la Fouine (d/. foina) se trouvent dans nos pays, et dont une autre, la Zibeline (xH. célèbre par la beauté de
sa fourrure, vit en Sibérie ;
Les Putois {Pntorius), parmi lesquels nous citerons : le Putois commun {P. fœtorius), répandu dans toute l’Europe: le Furet (P. /’î(ro), importé d’xVfrique et enq)loyé pour chasser le lapin ; la Belette (P. ruhjaris), le plus petit de nos Carnassiers ; l’Hermine (P. herminea), dont le pelage d’hiver est d’une belle couleur blanche dans les pays froids, et constitue une fourrure très estimée; le Vison
d’Europe (P. lutreola) (fig. 7 i7) et le Vison d’xVmérique (P. americamis), qui fréquentent tous deux les eaux et ont les doigts à demi palmés ;
Les Loutres (fAitrcf), animaux aquatiques qui vivent aux bords des étangs et des tleuves, qui ont les j)ieds complètement palmés, la queue aplatie horizontalement, et dont la fourrure très chaude est fort employée en pelleterie ; les Eidiydres, ou Loutres de mer {EnJnjdris marina), ([u'on \vo\\\c sur les cotes septentrionales du Grand Océan ;
Les Mouffettes (d7cp///0’s), quidoivent leur nom à l’borril)le odeur que répand le liquide sécrété par leurs glandes anales, qui sont demi-plantigrades et appartiennent à l’xVmériqiie.
De plus, on place aujourd’hui parmi les Mustélidés quelques espèces plantigrades que ce caractère a longtemps fait ranger avec desH)urs dans un groupe peu naturel, celui des « Carnivores plantigrades» de Cuvier. Ce sont: les Blaireaux (Meles), ([ui sont communs (dans nos contrées, et creusent des terriers oii ils s’engourdissent 'pendant l’hiver ;
•Les Halels (d7c/û'om), qui ont beaucoup de rapports avec les Blai- -veaiix, et dont uneespèccvil au Cap (M. capcnsis), l’autre dans l'Inde ;