Chiroptères frugivores
Les Chii’optères frugivores, ou Pioussettes, ont été nommés aussi (( Chiens volants, Pienards volants», parce que leur tête ressemble à celle de ces animaux. Ils se distinguent des autres Chauves-Souris }>ar leur grande taille, par la forme de leurs molaires à couronne plate, par l’existence d’une grilfe non seulement au pouce, mais au doigt indicateur, par l’état rudimentaire de la queue, })ar. l’absence d’oreillons et d’appendices nasaux. Ils habitent les régions chaudes de l’Afrique et de l’Inde. Ils forment une seule famille, celle des Ptéropidés (Pteropus). La Roussette édule {Pt. edulis), commune dans l’archipel Indien, est le plus grand des Chiroptères connus; l’envergure de ses ailes atteint P", 05.
ORDRE XII. — LÉMURIENS
Les Lémuriens étaient autrefois réunis avec les Singes dans un môme groupe; aujourd’hui ils sont considérés par les zoologistes comme formant un ordre dislinct. Leur tête ressemble à celle des Carnassiers, et leur museau rappelle celui du Renard. Leur taille est petite. Ils ont les membres postérieurs plus longs que les membres antérieurs; ils se rapprochent des Singes par la conformation de leurs extrémités dont le pouce est opposable (excepté chez le Galéopithèque). Les doigts sont eu général munis d’ongles plats, quelquefois de griffes. La dentition est analogue à celle des Insectivores, mais varie dans les dilTérentes especes. La mâchoire inférieure a ses deux moitiés qui ne sont pas réunies par la symphyse du menton. Les orbites sont incomplètes et communiquent avec les fosses temporales. Les mamelles sont pectorales, mais il en existe parfois une paire ou deux de ventrales. L’utérus est bicorne.
VERTÉBRÉS OU OSTÉOZOAIRES.
fZüOI.OGIK
Les Léiiuiriens sont des aniniaiiv grimpeurs, mais leur queue, de longueur variable, ii’est jamais préhensile. Ils sont iioclurnes et se nourrissent de petits Vertébrés, d’insectes et de fruits. Ils habitent l’Afrique, Madagascar en particulier, et l’Asie méridionale.
Les Lémuridés {Lemur) forment la principale famille de l’ordre. Chez eux, le pouce est toujours opposable, et les doigts portent des ongles plats, à l’exception du second doigt des extrémités postérieures qui est muni d’une grilîe. Presque tous ces animaux habitent Madagascar où ils remplacent les Singes, ce qui leur a fait donner le nom de Prosimiens, employé souvent à la place de- Lémuriens.
Fig. 754. — Propilhccus diadema.
Les Uükïs (Lemur), les lndvh(Lichanotus, Propîthecus)((\ÿ.lôi)j les Loris (Slenops) composent cette famille. Les derniers, appelés
descriptive.] mammifères. — LÉMURIENS. 795
parfois « Singes paresseux » à cause de la lenteur de leurs mouvements, vivent aux Indes.
Les Tarsidés (Tarsiiis) se distinguent par la longueur de leurs tarses (Macrotarses de Fitzinger). Outre le second doigt itostérieur, le doigt médian est quelquefois armé d’une grifle.
Les Tarsiers (Tarsius) habitent les Moluques; les Galagos {Olo- Ucnus) sont africains.
Fig. 755 — Galéopilhcquc {Galeopilhecus volans).
On range encore parmi les Lémuriens les Clieiromys et les Galéopitlièques dont on fait deux familles distinctes.
Les Clieiromys, ou Aye-Aye {Cliiromijs), sont de singuliers animaux nocturnes qui vivent à Madagascar. Par leur port ils ressemblent un peu aux Ecureuils dont on les a d’abord rapprochés ; ils ont comme eux une queue longue et touffue. Leur dentition rappelle aussi celle des Rongeurs par l’existence de deux incisives saillantes à chaque mâchoire, mais ces dents sont revêtues d’émail sur
VEUTÉnRÉS OU OSTÉOZOAIRES.
JZOOLOGIE
toute leur surface. Les exlréuiilés sont terniiiiées par cinq doigls longs et grêles armés de griffes, sauf le gros orteil qui est opposable et })orte un ongle aplati.
Les Galéopillièques (Galeopithecus) (fig. 755) sont caractérisés par un large repli de la peau qui s’étend sur les côtés du corps, depuis la tête jusqu’à la queue, enveloppe les membres jusqu’aux doigts et forme une sorte de parachute; c’est pourquoi ces animaux ont été désignés parfois sous les noms de c< Singes volants, Chiens volants ». Tous les doigts sont munis de grifles et aucune des extrémités n’a le pouce opposable.
Les Galéopithèques sont nocturnes et vivent sur les arbres, aux branches desquels ils se suspendent pendant le jour par leurs pattes de derrière, à la manière des Chauves-Souris. Ils habitent l’archipel Indien.
ORDRE X i: I . — PRIMATES
Les Mammifères les plus élevés par leur organisation forment l’ordre llnnéen des Primates, c’est-à-dire des animaux qui occupent le premier rang. Ce sont les Singes et l’Homme.
Fig. 757.
Fig. 75G. — Vue latérale d’un cerveau de Cliimpnnzé. — C, cervelet; f, scissure de Sylviiis le cerveau s’étend eu arrière (d) au delà du cervelet (e) (d’après Gratiolet).
Fig. 757. — Surface supérieure du luêuie. — A, liéiuisplière gauche; B, liéuiisphère droit.
Les Singes ont été longtemps réunis aux Lémuriens sous le nom de « Quadrumanes », dénomination inexacte en elle-même, car si chez eux les extrémités postérieures présentent un gros orteil opposable, et par suite une certaine ressemblance avec des mains, elles n’en sont pas moins de véritables pieds, comme l’a démontre Huxley (1). Ils ont donc, de même que rilomme, des mains aux membres antérieurs et des pieds aux membres postérieurs; scule-
(1) lhix\c}\ Lu place de l'Homme, etc., Irad. par Daily, p. 21^2 et siiiv. Paris, 1868.
DESCUIPTIVE.I
— HUMATES.
ment ceux-ci sont prélieusiles. Les màclioires, moins allongées chez les Singes (pie chez les Lémuriens, et la face, en grande partie dépourvue de poils, leur donnent une physionomie qui rappelle celle de rilomme. La i)aroi externe de l’orhile est complète, et il n’y a pas communication entre celte cavité et la lusse temporale. Le cerveau (fig. 750 et 757), pinson moins volumineux, est creusé de cir-
I'Tg. 758. — Vue Mérale delà mâchoire supérieure de plusieurs Prim.ites. — A, Homme, 15, Gorille; C, Gyuocé|tIialc ; I), Céhieii. — i, incisives; c, canines; pm, prémolaires; m, molaires. — Face inférieure de la seconde molaire de chacune de ces espèces.
coiivolutious, et présente tous les caractères essentiels du cerveau humain; comme celui-ci, il possède un troisième lohe (lui contient une cavité ancyroïde et un petit hijipocampe. Le cervelet est complètement recouvert eu arrière par les hémisphères cérébraux, tandis ([ue chez les l/nnuriens, il ne l’est qu’iinparfaitement.
Le système dentaire offre la plus grande analogie avec celui de riIomme(lig. 758). Comme celui-ci, il se compose, chez les Singes
VERTÉBRÉS OU OSTÉOZOAIRES.
de l’ancien monde, de quatre incisives, de quatre prémolaires et de six grosses molaires à chaque mâchoire, en tout de trente-deux dents; chez les Singes du nouveau monde, il y a quatre prémolaires de plus. Les canînes, à la vérité, sont heaucoup plus fortes et saillantes, et il existe dans la série des dents un intervalle appelé diastème, situé en haut, entre l’incisive latérale et la canine, en has, entre la canine et la première prémolaire, et où se place la canine de la mâchoire opposée.
Il n’y a chez les Primates qu’une paire de mamelles pectorales. Cet ordre se partage en deux sous-ordres : les Simiens et les Ifominiens'.