ORGANES DE REPRODUCTION
Les choses ne se passent pas autrement dans la nature : pendant tout l’été on n’observe ({ne des pucerons vivipares (jiii se multiplient par parthénogenèse ; en antomne seulement il naît des mâles, et les femelles s’acconjdent alors, pondent des œufs qui traversent l’hiver, éclosent an printemps suivant et ne fournissent de nouveau ({ue des individus vivipares. Des phénomènes analogues ont été observés depuis chez d’autres animaux, tels que les Psychés, les Abeilles, etc., parmi les Insectes, les l)a{)hnies, parmi les Crustacés. On appelle pseudovum ou faux œuf cet œuf againogénique et pseiidovaire l’organe qui le produit, par comparaison avec l’œuf véritable, ovum, et avec l’organe, nommé ovaire^ où se forme ce dernier.
La reproduction sexuelle, ou amphigonie d'iliieckel, qu’il nous reste maintenant à examiner, est la forme la plus commune parmi les animaux d’une organisation un peu élevée. Elle est caractérisée par l’intervention d’un élément générateur nouveau, ïélément mâle, ou sperme, dont l’action est nécessaire pour le développement ultérieur du germe, ou élément femelle, représenté par Vovule.
Dans les cas les plus simples, ces produits prennent naissance en certains points de la paroi du corps qui ne sont pas différenciés, de sorte qu’il n’y a pas d’organes spéciaux pour leur formation : c’est ce qu’on observe chez les Cœlentérés. Quand ces parties productrices des éléments sexuels présentent des caractères particuliers qui les distinguent des parties environnantes, elles constituent alors des glandes, et, suivant qu’elles sécrètent le sperme ou les ovules, on leur donne le nom de testicules ou d'ovaires. Les organes génitaux se montrent rarement ainsi, à l’état de simples glandes dont les produits tombent soit dans la cavité générale du corps, soit au dehors (Echinodermes). Il survient eu général diverses complications, par l’adjonction de parties accessoires destinées à conduire ces produits et à les mettre en présence pour que la fécondation s’opère (lig. G3).
Les testicules sont munis, à cet effet, d’un conduit excréteur, nommé canal déférent, dont une partie est souvent dilatée en forme de réservoir spermatique ou vésicule séminale. Des glandes accessoires mêlent au sperme leur produit de sécrétion, comme les prostates, ou quelquefois lui fournissent une enveloppe, de sorte que les éléments fécondateurs sont renfermés dans des étuis tubulaires auxquels Milne Edwards a donné le nom de sperinatophores (1) (Mollusques, Crustacés). Les canaux déférents débouchent dans un
(I) Milne Edwards. Observations sur la structure, etc.. {Ami. des sc. nat 2* série, t. XVIII).
i STHUCTURK ET FONCTIONS DES ORGANES. [zoologie
coiuluit ([iii leur fait suite et dont les parois sont riches en tissu niusculaire : c’est le canal cjaculateiir. D’autres organes, très divers dans leur constitution, niais destinés à réaliser l’accouplement et à assurer ainsi la rencontre des œufs et de la matière fécondante, complètent d’ordinaire l’appareil génital mâle.
Les ovaires sont également pourvus d’uii canal vecteur appelé oviducle y dont certaines portions forment, en s’élargissant, des cavités où les œufs séjournent plus ou moins longtemps pour y parcourir dilférentes phases de leur développement ; c’est ce qui a lieu dans la chambre inciibatrice de certains Insectes, dans Viitérus des Mammifères. Des glandes annexes interviennent aussi pour fournir à l’œut des parties complémentaires, comme l’alhumen dont l’ovule est souvent entouré, ou l’enveloppe protectrice plus ou moins résistante qui forme le chorioil ou la coque de l’œuf. Enfin, la portion terminale de l’oviducte présente des dispositions particulières servant soit à l’accouplement, soit à la conservation du sperme, telles que vagin, poche copulatrice, réceptacle séminal.
Dans les formes inférieures, les deux éléments génésiques, ovules et liqueur séminale, peuvent être réunis chez le môme individu qui alors est cà la fois mâle et femelle; c’est cet état qu’on a désigné sous le nom dliermaplirodisme et les animaux qui le présentent sont dits hermaphrodites ou androcjijnes. Dans ce cas il n’est besoin que d’un seul individu pour la conservation de l’espèce, puis(ju’il produit à la fois les deux germes dont l’action réciproque a pour résultat le développement de l’embryon; ainsi, dans les Synaptes par exemple, les éléments sexuels se trouvent en présence dans le corps môme de l’animal qui se féconde lui-même, comme l’a observé de Quatrefages (1). L’hermaphrc-
Fig. 03. — Appareil générateur mâle du F’igeou. — a, anus; hb, testicules; cc, conduits déférents; ee, uretères; f, gros intestin; g, renflement cloacal du rectum; i, loge copulatrice du vestibu'e commun ;j, pa|)ille sexuelle droite au sommet de laquelle débouche le canal déférent. Entre celle-ci et la papille gauche se trouvent les orifices des urelères (d’après Martin Saint-Ange, Savants étrangers, 1850, t. XIV, pl. viii).
(1) Quatrefages, Mém. sur la Sijnaple de Duvenwy.{Ann. des sc. nal.,^^ série, t.XVJl ).