CÉNÉRALE.J ORGANES DE REPRODUCTION
tlisme est alors aussi complet que possible, mais souveiil, malgré que le même animal porte des testicules et des ovaires, la disposition de ces organes est telle, que leurs produits ne peuvent se rencontrer, et restent sans emploi s’ils n’arrivent pas au contact d’éléments rournis par un autre individu dont le concours devient ainsi nécessaire. Dans cette forme d’hermaphrodisme restreint ou relatif, les procédés de fécondation ne sont pas toujours semblables. Quand, dans l’accouplement entre deux individus, chacun joue en même temps le rôle de mâle et de femelle, on dit que la fécondation est réciproque, comme dans le Colimaçon par exemple. Queh|uefois aussi, le même animal fonctionne à la fois comme mâle et comme femelle, mais vis-à-vis d’individus dilïérents : c’est ce qu’on observe chez les Limnées qui sont souvent accouplées de cette façon en une longue chaîne. Enfin, il y a des liermaplirodites dont les organes sexuels n’entrent pas en activité à la même époque; c’est alors d’une façon alternative que ces animaux font office de mâle et de femelle ; tels sont les Ancyles lluviatiles. Ce mode de fécondation établit le passage entre l’hermaphrodisme et la séparation des sexes.
Cet état de diœcie dérive de l’hermaphrodisme qui l’a précédé dans révolution des animaux, et constitue une forme perfectionnée de la génération sexuée, mais cette forme ne diffère par rien d’essentiel de la première et ne se produit que secondairement. Il résulte, en effet, des recherches de Waldeyer (1) que, chez les animaux supérieurs, les organes sexuels sont primitivement réunis et que rindividu, à une période peu avancée de son développement, présente une conformation hermaphrodite. L’embryon est tout d’abord mâle et femelle ; c’est là un fait du plus haut intérêt qui est aujourd’hui acquis à la science et (jui montre comment se réalise la séparation des sexes.
Cette dernière forme de génération sexuée, gonochorisme d’IIaeckel, lapins parfaite de toutes, est celle qu’on rencontre d’une manière générale chez les animaux d’une organisation élevée. Elle résulte de la disparition, par atrophie, de l’un des appareils sexuels, de sorte que la division du travail physiologique est complétée par l’attrihution de chacun des sexes à des individus différents. Dans ce cas la rencontre des éléments génésiques est amenée le plus souvent par l’accouplement du mâle et de la femelle; cependant il n’en est pas toujours ainsi, et quelquefois la fécondation s’opère en dehors de l’organisme de la femelle, sans qu’il y ait rapprochement entre elle et le mâle, comme on le voit chez heaucoup de Poissons.
La séparation des sexes entraîne dans l’ensemble de l’organisme
(1) Waldeyer. Eierslock iind Ei. Leipzig, 1870, p. 15:2.
I)ÊYELOPl>EME>jT DES ANIMAUX. [zoologie
des modifications en rapport avec le rôle différent qui appartient à chacun des parents. Quand ces différences ne sont qu’indirecteinent liées à l’acte de la reproduction, elles constituent ce (jue Ilunter a appelé des caractères sexuels secondaires; c’est ainsi que le plus souvent les sexes se distinguent au premier abord par l’apparence extérieure du corps, et parfois ce dimorphisme sexuel est porté si loin, que les mâles et les femelles paraissent appartenir à des espèces ou à des genres différents: on en trouve de nombreux exemples dans les Insectes, dans les Crustacés (1).