‹ Elements de zoologieChapitre 39 sur 312 · CONSTITUTION DE L’OVULE · texte numérisé non relu

CONSTITUTION DE L’OVULE

GENERALE

Souvent la membrane vitelline est percée d’une ouverture nommée micropyle, par laquelle les éléments fécondateurs pénètrent dans Toviile.

Le vitellns est formé de deux parties ; l’une, corpuscules plastiques, servant h la formation de l’embryon, et l’autre, globules vitellins, servant à sa nutrition, d’où la distinction établie par lleichert, d’un vitellns format if ei d’un vitellns nutritif. Ces deux vitellns sont en proportion variable dans l’ovule suivant les cas. Il y a des œufs dans lesquels les éléments nutritifs sont en quantité insuffisante pour le développement de l’embryon, et celui-ci se nourrit alors aux dépens d<’ l’organisme maternel; ils ont été appelés pour cette raison œufs incomplets par Milne Edwards.

On les nomme aussi œufs simples ou holoblastes, parce que les deux éléments dont se compose le vitellns s’y trouvent intimement mélangés (Mammifères). D’autres contiennent une réserve nutritive assez grande pour que l’embryon se développe indépendamment de la mère; ce sont des œufs complets qu’on désigne aussi sous le nom d'œufs complexes ou méroblastes, parce que les deux vitellns y sont séparés. Dans ce cas, on distingue ceux qui renferment des matériaux nutritifs en grande abondance, et dont les corpuscules plastiques ne forment plus qiEune tache limitée, ou cicatricule, sur la sphère vitelline très développée, de ceux dans lesquels les éléments nutritifs étant moins ahondants, les corpuscules plastiques occupent une portion plus grande de cette sphère. Les premiers sont les œufs

grand vitellns ou à cicatricule des Oiseaux et des Céphalopodes; les seconds, les œufs k petit vitellns des Deptiles, des Batraciens, de la plupart des Poissons et de presque tous les Invertébrés.

Outre la vésicule de Purkinje, Balbiani a signalé dans l’œuf l’existence d’un élément particulier, nommé vésicule embryogène. Cette vésicule naît par bourgeonnement de l’une des cellules épithéliales qui entourent l’œuf. D’abord extérieure à celui-ci, elle y

Fig. 61. — Ovule pris dans la vésicule de de Graaf d’une Fcmiiie. — a, la laclic germinative ou nucléole de la vésicule germinative b, ou noyau du vitellus c, ou contenu de la membrane vitelline, ou paroi d de la cellule proprement dite que l’œuf a représentée dans les premières pliases de son évolution; e, espace clair laisse entre le vitelius (c) et la membrane vitelline (d) par suite du retrait du vitellus, grossi 400 fois. (Ilobin, Anatomie et Physiologie celhUaires.)

DÉVEl.OPPEMKÎsT DES A^4MAUX.

pénètre ensuite et se montre coinnie encliâssée dans le vitellus.

A cette cellule appartiendrait, selon Balhiani, un rôle important dans le développement de rembryon. C’est toujours autour d’elle, en ellet, (jue se produit la matière plastique qui constitue le germe. Elle exercerait une action analogue à celle d’une cellule séminale et représenterait un élément mâle primordial, qui interviendrait par une Sorte de lecondation anticipée ou de préfécondation, sous l’influence de laquelle l’ovule, avant d’avoir été fécondé, parcourt les premières phases de son développement; mais en règle générale ce développement est très limité ; il s’arrête si la fécondation ne s’effectue pas et l’ovule meurt.

Pendant cette première période qui précède la fécondation, période orogénique, on constate dans le globe vitellin des lihénomènes particuliers. La vésicule de Purkinje se porte au centre de l’ovule et disparaît ensuite ; le vitellus subit un retrait d’où résulte la formation d’une zone claire périphérique entre la membrane vitelline et son contenu. Parfois même il se produit d’autres changements qui, à la vérité, sont d’ordinaire consécutifs à la fécondation, tels que certains mouvements dans la masse vitelline, ou l’expulsion des globules transparents appelés globules polaires (Ch. l\o\nn), do w\ \q. rôle est encore mal connu. Quoi qu’il en soit, révolution de l’œuf, excepté dans les cas de parthénogéaèse, ne va pas plus loin si la fécondation n’a pas lieu. En quoi consiste donc cet acte si important, nécessaire pour que le développement de l’ovule se continue et que l’embryon se forme?

Longtemps on a eu les idées les plus erronées sur la nature de ce phénomène, et c’est seulement à la fin du siècle dernier que les expériences de Spallamîani (1777) ont montré qu’il fallait que l’œuf, pour produire un être nouveau, subît l’action directe de la liqueur séminale. Cependant les agents essentiels de la fécondation, ou les Sperniatozoides, avaient été découverts un siècle auparavant par Louis Ilam, et ce fait ayant été communiqué à Leeuwenhœck, celui-ci avait observé les animalcules spermatiques, comme on les appelait alors, chez un grand nombre d’animaux : Mammifères, Oiseaux, l'oissons. Mollusques et Insectes; de nos jours cette étude a été poursuivie dans toutes les classes du règne animal.

D’une manière générale, les Spermatozoïdes (tig. (>5) sont constitués par des filaments flexibles dont la partie antérieure, renflée, porte le nom de lête, tandis (pi’on appelle queue la jiartie mince et graduellement atténuée qui lui fait suite. Celle-ci a pour fonction de faire mouvoir le Spermatozoïde dans le liquide ambiant. Ces corpuscules séminaux présentent quelques variations dans leur forme et leurs dimensions. Chez l’homme, leur tête est ovalaire ou plutôt

generale.] constitution DE L’OVULE. 79

piriforme, et donne attache à la queue par sa poidion élargie. Leur longueur totale est de Ü^'%00 environ ; ceux des autres Manimileres ont avec les précédents la plus grande analogie. Il y a des Spermatozoïdes dont la longueur est beaucoup j)lus considérable ; ceux des Oiseaux par exemple, dont la partie cépbali(jue peu élargie est souvent contournée en spirale ; ceux des Gastéropodes pulmonés atteignent juscpi’à 1 millimètre de long {IJelix pomatia)^ et ils ont l’aspect de ^tils terminés par un léger renflement de forme conique. Dans certains Vers, ils sont linéaires et sans le moindre épaississement, etc.

Le développement des Spermatozoïdes, bien qu’il ait été l’objet de nombreuses recbercbes , n’est encore ({u’imparfaitement connu. On sait que ces éléments tirent leur origine des cellules épithéliales qui revêtent les canalicnles séminifères, et, d’après Kolliker, ils se développeraient aux dépens des noyaux que contiennent ces cellules; mais, d’après les observations de Balbiani (1), ils seraient produits par bourgeonnement de ces mêmes cellules. De plus, cette prolifération s’opérerait sous l’iidluence d’un élément cellulaire voisin, regardé par lui comme un élément femelle ou ovule primordial, qui existe toujours dans la glande mâle des jeunes Vertébrés, et qui, en se conjuguant avec la cellule épithéliale, communiquerait à celle-ci l’aptitude à procréer des filaments spermatiques. Malgré que la découverte des animâlcules spermatiques soit ancienne, leur action comme éléments fécondateurs a été longtemps méconnue et n’a été démontrée expérimentalement qu’en 18:24, par Drévost et Dumas. Aujourd’hui il est établi, grâce aux recherches de ces physiologistes et à celles de Darry, Leuckart, Meissner, Lacaze-Diithiers, etc., que les Spermatozoïdes doivent être portés au contact de l’ovule pour que la fécondation puisse se faire, et, de plus, qu’ils doivent pénétrer dans le vitellus, soit qu’ils passent par une ouverture de la membrane vitelline ou micropyle, soit qu’ils perforent cette membrane pour la traverser. 11 faut (|u’un certain nombre de Spermatozoïdes arrivent ainsi dans l’intérieur de l’ovule pour qui' celui-ci soit fécondé.

Fig. 05. — Spermatozoïdes. :

a, de taureau ; h, de pigeon ; c, de grenouille ; d, de carpe.

(1) Voy. Balbiani, Leçons sur la génération, etc.

DÉVELOl'PEMENT DES ANIMAUX.

Page 1