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CLASSE. — CORALLIAIRES OU P O L Y P O Z O A I R E S

On réunissait autrefois sous le nom de Poly[)cs tous les animaux fixés, vivant au sein des eaux, dont la cavité digestive est munie d’une seule ouverture et entourée d’une couronne de tentacules, mais on a reconnu que certains d’entre eux devaient en être séparés à cause de leur organisation qui se rapproche de celle des Mollusques (Bryozoaires), et que d’autres correspondent à un stade de déve-

Fig. — Sycandra ciliata (Éponge calcaire).

C0RALL1A1HKS.

DESCRIPTIVF.

loppemeiil de formes bien diÜerentes qui flottent librement dans l’eau, et qu’on appelle des Méduses, formes appartenant à une classe voisine, celle des Acalèplies de Cuvier. Force a donc été de séparer ces prétendus polypes des Polypes vrais qui constituent la classe dont nous devons maintenant nous occuper. A cette classe, ainsi restreinte dans ses limites, on peut donner le nom de Coral- //rt/rcs employé par Milne Edwards, ou le nom de Polypozoaires préférable à celui d’Antliozoaires qui a été proposé, mais qui a le défaut d’être semblable, par sa prononciation, au mot Entozoaires dont le sens est tout autre.

Les Polypozoaires se distinguent des formes polypoïdes qui produisent des Méduses, par une organisation plus compliquée de leur cavité digestive. Celle-ci, en effet, n’est pas simple, mais présente des loges formées par des cloisons membraneuses ou replis mésentéroïdes disposés radiairement autour d’un estomac central ; ces loges se prolongent dans des tentacules et se continuent avec uii système de canaux périphériques, mais elles ne sont pas fermées et s’ouvrent par en bas dans une cavité commune, où débouche également le tube gastrique (fig. 125, B, j; B"). Celui-ci est muni, à son extrémité inférieure, d’un muscle sphincter (B, i) de telle sorte que les matières alimentaires y sont retenues plus ou moins longtemps pour y être digérées, avant de passer dans les loges périgastriques et les canaux qui les suivent. Ainsi le système gastro-vasculaire tend à se diviser en une portion stomacale et une portion irrigatoire.

Les parois du corps sont formées par l’endoderme, par l’ectoderme et par un tissu de substance conjonctive, le mésoderme, intermédiaire aux deux autres et dérivé de l’ectoderme. Les cellules de la couche interne limitant la cavité gastro-vasculaire sont grandeset ciliées; celles delà couche externe sont plus petites et dépourvues de cils; on y trouve de nombreux nématocystes. Le mésodermecontient des fibres musculaires qui prennent parfois un développement considérable, dans le pied des Actinies, par exemple ; il est ordinairement le siège de dépôts solides donnant naissance aux formations squelettiques qu’on n\i[ie\\e polypiers.

En général, ces animaux ne restent pas isolés, mais forment des colonies qui résultent de la multiplication, par scissiparité ou par bourgeonnement (blastogéncse), d’un Polype simple issu d’un œuf {Oozo'ite, Lae.-Duth.). Les individus ainsi produits restent unis par un tissu général commun appelé cœnenchyme on sarcosome (fig. 125, A, A). L’agrégation qu’ilseonstituentest désignée parLacaze- Diithiers sous le nom de zoanthodème. Les diflérents Polypes qui la composent sont en communication les uns avec les autres au moyen

ZOOPllYTES OU KADIAIUES. — CüELEM'ÉKÉS.

[ZOÜLOGIK

(le canaux cjui parcourent le cœnencliyine, et clans lescpiels circule le fluide nourricier (lig-. 125, h, /), de sorte (ju’à côté de la vie propre à charpie habitant de la colonie, il existe une vie commune à la colonie tout entière. Les formations sriueletticpies ou polypiers, rjui ont

Fig. 125. — Coui)C d’une portion de lige de Corail, d’après Lacaze-Dulliiers. — Portion d’une tige dont l’ccorce a clé fendue suivant l;i longueur et en partie enlevée. — II, II’, B", Polypes ouverts et vus dans des positions dilTércntcs. — B, Polype dont les tentacules (d) sont épanouis : k, bouche; m, œsophage; i, bourrelet ou S|diinctcr inférieur de l’œsophage; j, replis radiés ou mésentéroïdes. — B', Polype à tentacules (d) rentrés dans les loges périœsophagieuncs; e, espace circulaire autour do la bouche et œsophage; c, orifice correspondant aux tentacules retournés; b, partie du corps formant le tube saillant lorsrpie l’animal est épanoui; a, festons du calice. — B", Polype coupé profondément et montrant les huit cloisons rayonnantes ou replis radiés libres vers le milieu de la cavité. — A, A,sarcosome avec scs vaisseaux en réseaux irréguliers (/i); en réseaux .à tubes longitudinaux (f). — P, polypier : g, ses cannelures, dans lesipicllcs se logent les vaisseaux longitudinaux (/*) (d’après Lacazc-Dulhiers, Histoire du Corail, jil. IV, Paris, 180i).

tant d’impoflancc chez la plupart dos Coralliaires, sont le plus souvent conslituées par des corpuscules calcaires nommés sclérites ou

DESCRIPTIVE

COR.VLLI.ilUES.

spiculés ((ig. 120) qui se déposent dans les parties molles sous-tégumenlaires. Le tissu qui renferme des sclérites a reçu de Milne Edwards le nom de sclêrenchyme. Quand ces sclérites sont disséminés

Fig. 1^7. — Nodosités spiiuileuses terminales des spiculés. — a, de face; b, de profd. Fig. 158. — Spiculés {a, b, c) en voie de dévcloppeincnt.

dans le tissu, ils lui donnent une consistance coriace, granuleuse (xVlcyoniens), mais quand ils sont 'en grand nombre et soudés, agglutinés entre eux, ils lui communiquent une dureté pierreuse.

La formation des polypiers s’effectue suivant deux modes différents. Dans certains cas, le dépôt calcaire se fait dans les couches extérieures du parenchyme et, de là, s’étend vers le centre en se propageant dans les cloisons rayonnantes de la cavité gastrovasculaire (Madréporaires). La partie qui se forme d’abord est la portion pariétale ou muraille ; elle débute à la face basilaire du

FiG. 159. — Echinopora vosularia. — Coupe verticale montrant un calice au milieu du Gcen ncliyme (d’après Milne Edwards.)

corps et se développe latéralement à mesure que l’animal grandit, donnant ainsi naissance à une sorte de coupe ou de tube {calice) (fig. 129). Souvent la surface externe de la muraille préseute/les saillies ou côtes qui correspondent aux cloisons. A l’intérieur, des dispositions variées résultent du développement de parties accessoires; souvent le centre est occupé par un axe vertical ou coiumelle, et celle-ci est parfois entourée d’une couronne de prolongements analogues nommés (fig-. \^0).Les synapticules sont de petites barres

Fig. 130. — Cyathina Cyathus. — Calice vu d’cii haut, montrant au centre la coluineile, plus en dehors les palis et extérieurement les cloisons (d’après Milne Edwards, Annales des sciences naturelles, 3® série, t, IX).

170 ZOOPHYTES OU PiADlAlRES. — COELE^’TÉRÉS. [zoologie

transversales s’étendant d’une cloison à l’autre. On donne le nom de planchers à des lames horizontales qui divisent le polypier en étages superposés] celui de dissépiments ou traverses endothécales à des lamelles qui naissent irrégulièrement sur les parois des loges, se

soudent entre elles et forment une sorte de tissu aréolaire.

Les traverses exothécales sont semblables aux précédentes, mais développées au dehors de la muraille entre les côtes. Enfin on appelle épithèque une lame extérieure continue qui parfois enveloppe ces diverses parties. De plus, il faut noter que le nombre des cloisons rayonnantes va s’augmentant avec l’âge du Polype ; il est primitivement de 4- ou de G, mais il est porté à 12, 2i, et souvent plus par le développement de nouvelles cloisons dans les espaces interseptaux (bg. 130).

Dans un second mode de formation, les sclérites unis par une substance organique fondamentale, ou quelquefois par une matière calcaire intermédiaire jouant le rôle de ciment (Corail), constituent dans l’axe du corps le squelette auquel Milne Edwards a donné le nom de sclérobase. Quand la substance organique prédomine ou existe seule, le squelette est de nature cornée (Gorgones) ; parfois cette substance s’incruste de calcaire, mais sans qu’il y ait de spiculés distincts (Gorgonella). Dans les Isis, le squelette axial se compose de segments litboïdes alternant avec des segments cornés.

Indépendamment de la multiplication parscissiparité ou jiar gemmation, les Coralliaires se reproduisent par voie sexuelle. Les organes génitaux sont représentés par des cordons pelotonnés ou par des amas de capsules, souvent pédonciilées (Corail), qui sont portés sur les bords ou les faces latérales des replis mésentéroïdes. Leurs produits tombent par déhiscence dans la cavité gastro-vasculaire et sont ensuite évacués par la bouche. Ordinairement les sexes sont séparés, cependant les formes iinisexuées présentent parfois des cas d’hermaphrodisme, et celui-ci est de règle chez les Cérianthes. Tantôt les individus mâles et femelles sont réunis dans la même colonie, tantôt ils forment des colonies séparées. La fécondation a lieu dans l’intérieur delà cavité gastro-vasculaire ; les jeunes naissent sous

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