‹ Eléments de zoologie médicaleChapitre 14 sur 144 · DES HOMMES PRÉTENDUS SAUVAGES · texte numérisé non relu

DES HOMMES PRÉTENDUS SAUVAGES

L'Homme existe-t-il, a-tril existé quelque part réellement à Tétat sauvage? La réponse est négative et devait être négative. L'Homme (Homo sapiens) est un être essentiellement sociable (4). Lors de son apparition sur la terre , s'il est resté quelque temps dans un état dit de nature , il a dû sortir rapidement de cet état. Mais son enfance sociale n'a jamais été semblable ni analogue au genre de vie des mammifères, même des mammifères les plus parfaits. Les peuplades les moins éclairées , les insulaires les plus grossiers , ont toujours présenté une association plus ou moins développée , quelquefois très remarquable, qui annonçait manifestement, et le besoin de la civilisation, et la faculté de la produire. En effet, parmi les tribus les plus bornées , on a reconnu sans peine l'existence et la domination des instincts les plus importants et les plus moraux de la famille, de la propriété et de la religion.

La sociabilité humaine se distingue essentiellement de toutes les associations animales ((7astor«, Abeilles, Fourmis), par les motifs qui la déterminent, par les avantages qui en résultent et par sa marche ascendante vers la perfection (Huilier).

On voit avec peine un grand naturaliste admettre , pour la plus noble des créatures , un type sauvage (férus) (2) , auquel il donne pour caractères la station quadrupède, le défaut de la parole et la villosité du corps (tetrapus, mutus, hirêutus) (3).

Divers auteurs ont publié les histoires plus ou moins apocryphes de quelques misérables individus de notre espèce, abandonnés par la pauvreté ou par le crime, qui ont vécu dans des bois ou dans des cavernes, souvent parmi des quadrupèdes, privés de l'usage de la parole, ne poussant que des cris inarticulés, sales, brutaux et dans un état plus ou moins voisin de l'imbécillité.

On aurait tort d'aller chercher, avec de Lamettrîe (4), dans ces exceptions heureusement fort rares et généralement mal étudiées , le type primitif de notre espèce. Ces hommes dégénérés sont des

(i) Zwov iroXiTtx^y (Aristote).

(iS) Homo ferut Linn. non est varietas (Erxleben).

(3) Aristote et Pline croyaient aufsi au type humain sauvasse.

(4) De Lamettrie rapporte plusieurs exeniplcg et en déduit les caractères de Thomme à l'état de nature. Ces caractères sont au nombre de six.

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