‹ Eléments de zoologie médicaleChapitre 131 sur 144 · Ténia éehinocoque · texte numérisé non relu

Ténia éehinocoque

\Z ou 4

orofllMU. 5. Ténia inerme.

Le Téniqjiain (1) a été observé, en 4 854 , en Egypte, et en quantité considérable, par le docteur Bilbarz, dans les intestins grêles d'un jeune homme mort de méningite.

Cet entozoaire oflfire une taille fort petite ; il est long d'environ 43 millimètres et mince comme une aiguille. Ses articulations paraissent proportionnellement assez larges. Il a une tète grosse, obtuse antérieurement et portée par un long cou. Sa proboscide est pyriforme ; ses oscules sont saillants.

Ses. œufs sont globuleux et pourvus d'une coque épaisse, lisse et jaunfttre. On voit distinctement à travers cette dernière les trois paires de crochets de l'embryon.

Le Ténia à taches jaunes (2) a été découvert à Massachusets, en 4 842, par le docteur Ërza Palmer, et décrit, malheureusement sur des fragments sans tète, par le professeur Weinland. Il avait été rendu par un enfant de neuf mois, très bien portant, sevré à six et nourri à la manière habituelle.

On l'avait pris d'abord pour un Bothriocéphale. Ce ver présente de 20 à 30 centimètres de longueur, sur 2 à 3 millimètres de largeur. D est blanchâtre avec une tache jaune très apparente sur le milieu de chaque article. Ceux-ci sont très réguliers, excepté à l'extrémité postérieure, où, rétrécis en avant, ils prennent une forme presque triangulaire.

Le caractère le plus remarquable de cette espèce, c'est la situation de ses orifices sexuels, placés tous du même côté, comme dans les TVnios de plusieurs mammifères. Je dois ajouter que l'ovaire n'offre pas un axe principal correspondant à des branches latérales, mais une agglomération des œufs sur tout l'article.

Ces derniers sont sphériques, transparents, avec une tache jaunfttre dans le centre. Ils sont revêtus de trois enveloppes, dont l'intérieure, résistante, se brise sous la pression, à angles aigus, et h seconde plus épaisse et ridée.

(i) Tœnia /Bgyptiaca BUh. {T, nana Sieb., Diplacanthui nantit WtioL). (t) Tania flavopunctata {Hymendopit /lavopunctata Yfnnh),

TÉNIAS. 3ô9

Le Ténia échinocoque{i) est un ver encore mal étudié qui se trouve fréquemment en Islande, et en nombre considérable dans les intestins du chien ; on croit qu'il se rencontre aussi chez Thomme. Ce fait ihe paraît extrêmement douteux.

Ce Ténia est très petit, presque microscopique. Sa longueur ne dépasse guère 3 millimètres; il présente à peine trois ou quatre articulations, que la dernière se trouve déjà adulte, fécondée et char« gée d*œufs. IladeS8à36 crochets.

Le pénis se voit sur le côté, en arrière du milieu de l'articulation . Son ovaire est grand et sinueux.

Les œufs sont sphériques.

Les cucurbitinS) après leur séparation) deviennent ausâi volumi-* Deux que le Ténia tout entier.

Le Ténia inerme (2) a été découvert, en i 853, par M. Kûchen» meister. Il habite en Europe ; il paraît ne pas être rare en Allemagne; Il se tient dans les intestins grêles. Un exemplaire de la même espèce a été rendu, il y a peu de temps, par un charcutier de Louvain, et un autre par une jeune fille de lâége (Van Benèden).

Le Ténia inerme est voisin du Ténia ordina,irej avec lequel il a été confondu. Il s'en distingue surtout par Tabsence des crochets et par la simplicité de ses ovaires. Les premiers observateurs l'auront pris probablement pour quelque individu de Tespèce commune devenu inerme par l'efTet de Tâge ou par un accident.

La tête du Ténia inerme est un peu plus volumineuse que celle du Ténia ordinaire, très obtuse et comme tronquée. Elle ne présente ni crochets, ni proboscide ; ses suçoirs sont très grands ; ses articulations se détachent avec une grande facilité. Ses ovaires consistent en un canal longitudinal duquel partent latéralement une soixantaine de branches parallèles simples ou bifurquéiss et jamais arborisées.

Les œufs sont ellipsoïdes et lisses.

Quelques auteurs ont encore désigné comme parasites du corpd de l'homme les espèces suivantes, sur lesquelles nous manquons de renseignements :

4<» Le Ténia du Cap (3)) signalé par M. Kûchenmeister d'apréâ un échantillon observé ^uf un Hottentot. M* Weinland le regarde comme une variété ou une monstruosité du Ténia ordinaire ou du Ténia inerme, M. Leuckàrt pense qu'il ne diffère pas du dernier.

(1) fœnia EcMnococcut Ktich.

(8) Tmnia inermis (7. meiiocanellaia Ktich.). — Ce deroier nom ne peut pas être admis, parce quMl est mal compose et qa*UD de ses radicaux n'est pas latin i Plusieurt auteurs ont cru qu'il fallait écrire mediocaneellata.

(3) Tœnia çapentit Kiich.

360 ENTOZOAIRES HELMINTHES.

2° Le Ténia tropical (1), qui est commun aux Indes. La moitié des nègres en est affectée. 11 est rare chez les Européens. On en a observé cependant chez ceux qui avaient résidé sur la côte de Guinée et qui portaient en même temps la Pilaire de Médina (2). On ne l'a jamais vu dans la race malaie. On dit qu'il n'a pas de crochets (?).

M. Van Beneden rapproche cette espèce du Ténia inerme.

3° Le Ténia dentelé (3), commun chez le chien, se trouve-t-il réellement chez l'homme, ainsi que plusieurs médecins Font assuré?

4° M.Escliricht dit avoir reçu de Saint-Thomas (Antilles) un Ténia canin (4) rendu par un esclave nègre. Le fait est-il exact?

3° Action sur l'homme. — Les Ténias habitent généralenaent dans les intestins grêles. Quand ils sont nombreux ou très développés, Us descendent dans les gros intestins. Rarement ils remontent dans l'estomac. Aubert, de Genève, a décrit une tumeur dans un testicule, produite par la présence d'un Ténia (!).

Cet entozoaire vit tantôt isolé, tantôt réuni à plusieurs autres. On en voit souvent deux ou trois dans un seul malade. Rudolphi a cité un exemple de quatre. M. Barth a soigné un malade qui en nourrissait 6 ; M. Monod en a fait rendre 4 4 en une seule fois ; de Haen . a guéri une femme de trente ans, qui en portait \ 8 . Bremser en a compté 70 et 80 dans les intestins de jeunes chiens (5). Le nom de Ver solitaire, sous lequel on désigne généralement cet animal, est donc un nom fort mal choisi.

Ces vers pénètrent à l'état de larves dans notre tube digestif (6). Leurs crochets céphaHques sont alors dirigés en avant ; ils s'enfoncent facilement dans le tissu de la muqueuse. Us s'abaissent d'avant en arrière, en même temps que leur talon se porte en dedans, et la tète du ver se trouve ainsi enclavée dans l'épaisseur de la muqueuse elle-même (Van Beneden).

Une observation récente de M. Sappey explique très bien comment ces parasites sont attachés à l'intestin. Cet habile anatomiste a TU, dans un chien, un Ténia dentelé dont la tête avait traversé l'épiderme et se trouvait appliquée contrôla couche sous-jacente. Il a réussi, en disséquant adroitement la muqueuse intestinale, à isoler cet entozoaire, avec un lambeau d'épiderme autour du cou, disposé comme une collerette.

(1) Tamia tropica {Bothriocephalus tropiem Schmidin.). (â) Voyez page 333.

(3) Tœnia icrrata Goeze.

(4) Tœnia canina Linn. {T. cucumerina Blocli).

(5) C'était une autre espèce.

(6) Voyez le chapitre XIII : Be» Ento%oaires véHcnleuX;

bUTUhlUCÊFUALÈ. liël

La présence des Téiiias produit un sentiuient de gône et de pesanteur, des borborygmes et des douleurs abdominales variées, vagues ou fixes, ordinairement légères, surtout dans les commencements. On éprouve des frissons, des anxiétés, un désir immodéré d'aKments, le corps s'amaigrit

M. Van Beneden soupçonne que c'est le Ténia échinocoque qui, à l'état de larve, produit cette épidémie affreuse à laquelle suc-* combe prés de la sixième partie des Islandais (Schleisner), affec* tion connue sous le nom de maladie du foie (4).

Lorsqu'une personne a rendu une très grande quantité de frag* ments de TVnta, le parasite finit par périr. Quand on traite un malade tourmenté par ce ver, on cherche avec raison si les parties antérieures, la tête surtout, ont été expulsées. Le renflement cépha* lique de ces animaux étant fort petit, il échappe souvent à l'observation. On croit que le malade n'a rendu que des articles, tandis qu'il s'est débarrassé de la partie active, delà partie la plus importante de son parasite. En examinant avec attention, parmi les matières fécales, on parvient quelquefois à découvrir la tête. On con» çoit facilement que lorsque le premier médicament administré a détaché et fait sortir la partie antérieure de l'animal, le médecin est arrivé à son but. Parmi plus de cent personnes affectées du Ténia^ traitées par Bremser, il n'en est pas une seule qui ait vu sortir la tête de l'entozoaire, et cependant quatre^-vingt-dix-neuf sur cent ont été guéries. Â la vérité le traitement a toujours été plus ou moins long.

Combien de temps faut41 à ces animaux pour se développer? En d'autres termes, quelle est la durée de la vie chez un Helminthe rubané ! Quelques auteurs ont parlé de dix ans. Ce nombre d'années paraît un peu douteux. Cependant on a vu des sujets rendre, pendant cet espace de temps, des fragments de Ténia; mais ces fragments appartenaient-ils réellement au même individu? Ne venaientils pas de plusieurs individus différents f

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