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CHAPITRE XII

DU BOTHRiOGÉrHÂLEi Le genre Boihriocéphale {Bothriocephatuê) (i) est dû à Brernsef*

(i) M. Siebold croit qu*elle est causée par le Tœnia serrata,

(2) BéOpiev» fossette, et xcf «Ui lêlc. — U ne faut pas écrire ce mot avec un y et sans ht comme dans Teucrium Boirytt parce que PoTpvç signiBe grappe. On doit mettre un (/i et un i.

NOQ.tAKU. 2t

iet tNT020AlltBS HeUlINTRES.

Ce ^ore dîBère notablement du T'enta. La lèle présente deux fossettes et non quatre oscules, et n'a pas de couronne de crochets.

i* BOTHHIOCÉPHALB URGR (4). —

Cet entoEoaire a été observé par un grand nombre d'auteurs.

n halHte le nord de l'Europe, où it est plus commun que le Ténia ordinaire ; on le trouve surtout en Russie, en Pologne et en Suisse(2). H. Kûcbenmeialer dit qu'on le rencontre A Hambourg, mais seulement chci les juifs. On l'a observé aussien France, mais beauconp plus rarement que le Ténia. Il y adein ans, M. le professeur Grisolle en a &il rendre un très long k un malade; M . Jackson a tu deux fois ce ver en Angleterre. En général, le Bothrioeéphale est commun là où le Ténia est rare, et réciproquement.

Description. — Le Bothrioeéphale large (fig. 116) est aussi un entozoaire rubaUé et articulé. Sa longueur ordinaire est de 2 i 7 mètres. Bremser a vu un jeune Suisse en expidser trois morceaux, dont )e plus long avait 3S pieds, mesure de Vienne. D'autres parlent de 20 mètres. Goeze assin^ avoir reiu de filoch un individu qui mesurait plus de 71 mètres. Boerhaave prétend avoir fait rendre è un Russe un BothriocépluUe qui n'avait pas moins de 300 aunes (î). La plus grande largeur de ce ver est de 10 à 13 millimètres.

(1) BotkrioctpliaUii lalut Brems. (Tanla lata HuJ., T.valtarii Gas\., T. griteaPiH, Halgnt lala Zeiler, Botryoctplialtti hetainv Liink, flifco- Ifirium lattim Dieg.}, vulgairEmeni Lombric manh-aiMui, Ver laliuire grlt, Yer rubané tant.

Tinia targe. Tinia à targei aniuaux, Téiiia A oniKotK!; amrli, Ténia A mniMlon» ombiti-

bOTHRiOCÉPHALU;. 363

Budolpfai assure, cependant, en avoir observé un qui avait 58 millimètres de largeur. Ce chiffre est bien difUcile h admettre.

Le Bothriocéphale est oMinairemeht d'un blanc grisâtre ou jaunâtre ; il ne présente jamais là nuance laiteuse, le btaiic parfait du Ténia. Le mÛieu des damiers anneaux paraît plos ott' moins briin, ce qui résulte de la couleur des œufs. Quand on met ce ver dans l'alcool, il prend une teinte dun gris plus ou moins prononcé. îlclù le nom de Tœnia grisea que Pallas lui avaitdonaé. ' ''

La tête du BoUiriocépluile (fig. t i 6) est t| lîmèlres 1/S), oblongue, lancéolée ou eltipj obtuse, souvent rétrécie en avant; on y rei deux dépressions ou fossettes latérales op{ allongées, que Rudolphi regarde avec raison les orifices buccaux. Les auteurs qui ont ' dans cette tële quatre mamelons oscùliféres, ] chez le Ténia, se sont trompés. Bremser cr la bouche proprement dite est placée en entre les deui fossettes. 11 appelle l'ànalogii secours, et cite, entre autres, le Bothrio du turbot, où cette organisation ne se rei pas. Ces fossettes ne sont pas munies d'un particulier.

Le cou est tantAt très appareiil, très dèvi tant6t presque nul. Bremser a llguré deu portéeschacuoe par un cou manifeste, etui sième qui n'en a presque pas. Le cou sembi d'articulations; cependant le microscope ; couvrir des rides très serrées.

Les articulations, ou zoonites, sont d'abord jpres- r\g.'HS.~ Téit. que carrées; mais bienlAt elles deviennent plus' '' '

larges que longues. Dans les parties les plus pcrstérieufes, le diamètre transversal l'emporte de beaucoup sur le longitudinal (%. H7). M. Eschricht a compté, dans un seul Bolhriocépliale, 1 000 articulations I

On remarque quelquefois, k l'eitrémité postérieure de l'anîuifll, une espèce d'incision ou déchirure longitudmate plus ou moins profonde, qui divise le ver régulièrement ou irrégulièrement en deu» lèvres : ce qui peut donnera celte extrémité l'apparence d'une tSle. Tulpius a représenté un morceau détaché ainsi fendu, comme la tétc du Bothriocéphale {^), Ce qui avait probablement contribué à cette

(I) Lall LumMdcBput (Tv\f.).

36i tMOZOAlHEâ HELHIHTHIÏS.

faussu iuterprétaliou, c'est que le pore médian d'un des articles (je

jiaHerai bientôt de ce pore) ressemblait grossièrement à un œil. Suivant cet auteur, la partie étroite de l'entozoaire constituait une queue filiforme. Leclerc a copié cette planche.

Bremser a figuré une portion de BothrioeéphaU avec une déchirure du même genre ; elle ressemble à un bec d'oiseau.

D'autres fois la fente est plus longue, et l'animal paraît pourvu de deux queues.

H. Rayer en a m plusieurs exemples.

Comme dans le genre précédent, on remarque, dans la partie antérieure, des canaux alimentaires filiformes qui se dirigent le long du corps. Ces canaui s'aperfoivent quelquefois à travers la

Fi(. in. — ^rifciM i*eUi (')• peau.

SiÙTaut H. Blanchard, le Bothrio-

céfliale possSde un appareil nerveux analogue i celui du Ténia,

mais beaucoup moins distinct.

L'animal se contracte et se dilate d'une manière assez irréguliére ; ses mouvements sont, d'ailleurs, peu vifs. Ou assure cependant que la tête est manifestement mobile.

A la face inférieure des articles, vers le milieu (%. 117), on trouve un mamelon ovoide ou conoïde, percé d'un pore par lequel sort un petit corps grêle, un peu pointu, regardé comme le spicule.

Derrière cet organe , on remarque un autre pore plus petit sans mamelon.

Celui-ci n'existe pas toujours; on 4Upptise que c'est la vulve, et, comme le . i2f«^h Ci spicule ne se montre pas dans tousles ar-

ticles, on croit que l'andrc^ynie n'est

pas dans l'animal d'une manière absolue ; qu'il possède des article:>

tantflt androgyoes, tantél mâles ou femelles.

D'après M. Eschricht, le spicule est muni d'une petite gaine ; il

1*} a, oriJiu mile, ane son >]hciiI«. — b, orifice troieDe.

BOTURIOCEPIIALË. 3 65

communique avec un canal déférent assez long, plusieurs fois replié sur lui-même, qui augmente d'épaisseur graduellement, et va se rendre dans une vésicule séminale en forme de poche obovée. Le testicule est composé de granulations blanches, lesquelles possèdent des conduits très grêles, qui aboutissent à la vésicule dont il vient d'être question. L'appareil femelle est un peu plus compliqué. Les ovaires sont obovés, oblongs et très apparents ; Toviductc se présente comme un canal entortillé, surtout au moment de la maturité des œufs. Dans la matrice, on voit deux poches ou cornes divergentes qui communiquent ensemble à l'aide d'un canal bouclé d'avant en arrière.

Les œufs du Bothriocéphale (fig. 4 4 8, B) sont très nombreux. Suivant M. Ëschricht, chaque inchvidu en porte 4 millions! Ces, œufs présentent une forme ellipsoïde. Sous un fort grossissement, ils paraissent remplis de granules.

On ne connaît pas la larve du Bothriocéphale, ni dans quelles conditions elle vit pendant le premier ftge. On a soupçonné que le mode de propagation de cet Entozoaire est analogue à celui des Bothriocéphales qu'on rencontre chez les animaux ; que l'œuf produit une larve sans parties sexuelles attachée à un corps en forme d'ampoule; que cette larve vit pendant quelque temps dans un animal, et qu'elle s'introduit ensuite dans le corps humain pour s'y transformer en animal parfait (4).

M. Van Beneden fait remarquer que les mammifères herbivores ont des vers rubanés sans crochets, et qu'ils ne peuvent avaler les larves de ces vers avec la chaûr des autres animaux, comme cela a lieu chez les carnassiers. Ces larves sont nécessairement fournies par l'herbe ou par l'eau. Par conséquent, il serait possible que nos Bothriocéphales fussent produits par des larves qui ne s'enkystent pas (2). . . ■ >

2* Autre espèce? — Mayor, de Genève, a distingué, dans le Bothriocéphale largè^ deux espèces, l'une à anneaux courts, l'autre à anneaux longs. La première atteint jusqu'à 20 mètres, et présente 4 3 millimètres environ dans sa plus grande largeur ; ses articles sont Idngs à peu près de 2 millimètres. La seconde ne dépasse pas 8 mètres et offre environ 9 millimètres de largeur ; ses articles en ont 4 de longueur. Suivant le même médecin, l'huile de fougère chasse presque infailliblement le Bothriocéphale k anneaux longs, tandis que celui à anneaux courts lui résiste le plus souvent, et

(S) VojM page 375.

366 ENTOZOàlRES HELMINTHES.

exige, pour être expulsé, remploi de la poudre du rhizome de la même plante, ou la décoction d'écorce de racine de grenadier sau«vage. Les zoologues regardent ces deux prétendus Bothriocéphàleê comme deux formes plus ou moins voisines, deux états particuliers du Bothriocépltale large,

3® Observations. — En comparant le Bothriocéphale large au Ténia ordinaire, on peut réduire à un petit nombre les caractères importants propres à les faire distinguer.

Le Bothriocéphale : \ <* est grisâtre ; 2° il offre une tête allongée, sans renflement terminal et sans couronnes de crochets ; 3^ il possède deux fossettes allongées^ sans mamelon et sans rebord ; i* les articles paraissent plus larges que longs ; 5* les orifices sexuels sont médians

Le Ténia : \^ est blanc ; 2° il offre une tête subglobuleuse, avec un renflement terminal et deux couronnes de crochets ; 3° il possède quatre oscules arrondis, portés par autant de mamelons et munis d*un rebord ; 4** les articles paraissent plus longs que larges ; 5* les orifices sexuels sont marginaux.

4* Action sur l*homme. — Gomme le TVma, \e Boihriooéphah se tient dans les intestins grêles.

Les désordres qu'il détermine et les symptômes qui indiquent sa présence sont les mêmes pour les deux vers.

J'ai dit, plus haut, que. les vei*s rubanés sans crochets appartenaient aux herbivores ; ceux à crochets se rencontrent, au contraire, dansiez» carnassiers. L'homme, dont l'alimentation est omnivore, présente à la fois les deux sortes d'entozoaires. Il est tourmenté, comme phytophage, par le Bothriocéphale large et aussi par le Ténia inerme^ et comme Carnivore par le Ténia ordinaire et par le Ténia nain.,,

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