‹ Eléments de zoologie médicaleChapitre 23 sur 144 · LIVRE PREMIER · texte numérisé non relu

LIVRE PREMIER

Les animaux sont des êtres vivants, fortement azotés, eligéraMt, sensiJjles et locomotiles.

Comme tous les corps vivants , les animaux sont le siège d'un double mouvement intestin et continu de composition et de décomposition moléculaires (Blainville), par suite duquel ils incorporent dans leur propre substance des matières étrangères qui viennent remplacer d'autres matières qu'ils abandojinent. C'est ainsi que toutes leurs parties constituantes se renouvellent insensiblement. Ce double mouvement, dans lequel l'individu prend sans cesse et verse sans cesse dans le monde extérieur, est un des principaux caractères de la vie.

La durée de cette dernière est déterminée dans chaque espèce, mais des accidents ou .des maladies peuvent l'accélérer, la ralentir ou l'arrêter.

La vie présente un ensemble de phénomènes transmi>. Chaque animal l'a reçue d'un. animal ou de deux animaux nommés parents; car la vie vient de la vie (Cuvier).

La partie d!un animal susceptible de devenir un. nouvel individu s.'appelle germe^ et l'isolement de ce dernier constitue. sa753||g^(/ïic^. Pendant la durée de la vie, le corps éprouve des m'odiiicaiiôns graduelles qui sont des âges. Le temps écoulé depuis la naissance d'un individu jusqu'au moment de l'apparition de ses dimensions normales, forme sa jeunesse, et son augmentation successive, pendant cet- intervalle, détermine son accroissement. Le temps pendant lequel, .arrivé à son maximum de volume, il paraît conserver une forme et. une vigueur statiônnaircs , constitue son âge adulte. Le temps pendant lequel il se flétrit et semble décroître, caractérise sa vieillesse.

Les animaux sont tous aptes à produire leur semblable à une époquç déterminée ; ils transmettent ainsi à d'autres animaux cette vie dont ils ne sont que. les usufruitiers.

Uuaird la- vie cesse, les animaux sont dits morts.

OHGANlSAïlON DES AMAIAUX. 2o

Naître, vivre, se reproduire et mourir sont quatre, caVaatéres communs à tous les corps vivants. • ' !

Après la mort, les lois physiques et chimiques, jusqu'alors maîtrisées par les lois vitales, dominent ces dernières à leur tour,' et les éléments coostitutifs de Tanimal ne tardent pas à se séparer.

Tous les animaux sont composés, en définitive, d'oxygène," d'Aydrogène, de carbone et d'azote. C'est là leur base chimique essentielle. Parmi ces corps, c'est l'azote qui domine. Dans les végétaux, c'est le carbone. Ces quatre principes constitutifs se combinent de différentes manières et dans diverses proportions, et produisent un élément liquide et des éléments solides, qui sont le fondement de la structure générale des animaux ou de leur organwtion. L'élément liquide est le sang; les éléments solides sont les tissus.

Le seing, ou fluide nourricier, est un liquide d'un rouge plus ou moins intense, quelquefois rose , lilas, jaune, bleuâtre et même vert, d'autres fois presque incolore . Examiné au microscope, ou le trouve formé de deux parties distinctes, un liquide jaunâtre et transparent, le sérum ^ et des corpuscules solides, plus ou moins réguliers, les globules. Ces globules sont extrêmement petits (i) et de forme tantôt circulaire (presque tous les Mammifères), tantôt elliptiques (les/î^p/t7es),' et toujours déprimés. Leur surface est lisse, rarement fraitiboisée. On y remarque une tache centrale, entourée d'une espèce de bordure plus! foncée. Chez les animaux supérieurs, les globules sont composés d'un noyau et d'une enveloppe. Cette dernière, beaucoup plus grande, forme généralement comme une mar^e plus ou moins mince autour du noyau. Chez Içs animaux inférieurs, particulièrement chez ceux dont le saDg est incolore, on ne peut pas distinguer les deux parties dont il vient d'être question.

Les, tissus organiques sont au nombre de trois : 1" \e4issu cellulaire, 2' le musculaire, 3" le nerveuec.

Le tissu cellnlaire, appelé aussi cellulosité et tissu utriculaire, se compose d'une. infinité de lamelles interceptant des vacuoles contiguës iiônmices cellules. L'ensemble de ce tissu a été comparé à une éponge de la môme forme que le corps entier,' dans laquelle seraient placées les autres parties de l'animal. La cellulosité serrée forme des lames plus ou moins étendues (membranes), ou des tubes plus ou moins ramifiés (vaisseaux), ou des filaments plus ou moins épais (fibres), . , „ :

(\) Cciiîf de fa Chèvre ofli'ciil 1/250 de miliinièlrc de ditmèlro. Ceux do la 6Vdnouilie, ilébâa grand diaoïclrc.

MOQ.-'PAND. 2

Le (('MM musctUaire est un amas de filaments, striés ûu lisses, quelquefois ponctués , qui ont la propriété de se raccoui'cir avec plus ou moins d'énergie.

Le thsu nerveux, désigné par quelques-uns sous le nom de matière médullaire, peut être comparé à une sorte de bouillie molle, dans laquelle on distingue une multitude de fibres et de vésicules microscopiques de diverses formes (1), contenant une substance graisseuse {matière médullaire des nerfs) qui se réduit facilement en globules.

Quelques auteurs admettent, comme distincts du tissu cellulaire, d*autres tissus organiques, par exemple le graisseux, le tjlnndulairey V élastique

Le liMti graisseux ou adipeux est formé de vésicules à parois minces, incolores, remplies d'une humeur huileuse, généralement jaunâtre. Cette humeur se solidiOe après la mort, par suite du refroidissement.

Le tissu glandulaire présente dans sa structure une infinité de petits tubes plus ou moins ténus, ramifiés, lesquels, par leur enchevêtrement, constituent un parenchyme d'une nature particulière. Tous ces tubes se réunissent en un conduit commun.

Le tissu élastique offre des fibres homogènes, non striées, ni ponctuées, ramifiées et anastomosées. Ces fibres produisent des faisceaux ligamenteux remarquables par' leur élasticité physique, toutefois sans raccourcissement spontané.

Les tissus dont il vient d'être question se rapprochent, s'entrelacent, se combinent et forment des organes variés. Ces oi^anes sont de trois sortes : les uns servent à nourrir l'individu ; d'autres lui donnent le pouvoir de se perpétuer ; d'autres le mettent en rapport avec les corps qui l'environnent. Ces organes sont désignés sous les noms d'organes de nutrition , à^organes de reproduction et d* organes de relation. Les fonctions remplies par les premiers et les seconds sont communes aux animaux et aux végétaux. On les appelle fonctions végétatives ou vitales. Les fonctions remplies par les seconds sont propres aux animaux; on les nomme fonctions animales.

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