I. — ORGANES ET FONCTIONS DE NUTRITION
Presque tous les animaux possèdent dans leur intérieur un réceptacle pour leurs aliments et leur digestion. Chez les espèces les plus simples, ce réceptacle est l'organe essentiel et à peu près
(1) Éloilées, fusiformes et ovoïdes (JacubowiUch).
unique; chez les plus parfaites, il ne semble plus qu'un appareil accessoire. Cependant il se complique au fur et à mesure que se perfectionne Torganisation tout entière dont il est à proprement parler la base.
Les aliments sont solides ou liquides.
Les premiers sont pris par la bouche et divisés par les mâchoires. Ces mâchoires peuvent être tantôt au nombre de deux, placées Tune sur l'autre et agissant verticalement, tantôt au nombre de^ quatre, latérales et agissant horizontalement. Les mâchoires verticales sont généralement osseuses, revêtues de lèvres et garnies sur les bords d'osselets très durs ou dentSy parmi lesquelles on distingue des incisives, des canines et des makûres. D'autres fois une lame de substance cornée remplace les lèvres, et les mâchoires, devenues plus saillantes, sont converties en mandibules, dont l'ensemble forme un bec. Les mâchoires latérales sont cnistacées ou simplement cornées. Les deux supérieures s'appellent aussi mandibules, et les deux^ inférieures mùehoires proprement dites ou maxilles. Chez les Ecrevisses, ces dernières sont accompagnées de mâchoires auxiliaires ou pieds-mùchoires. Le bord interne de ces organes présente souvent des découpures ou des denticules, et d'autres fois un petit crochet mobile ou gri/fe plus ou moins pointue.
Les aliments liquides sont pompés par un bec ou rostre, par un suçoir ou par une trompe.
Les aliments, introduits dans la cavité buccale, passent dans l'arrière-bouche ou pharynx et se rendent dans la cavité digestive. Cette cavité varie beaucoup de forme et d'étendue. Chez les animaux les plus simples en oi^anisation, c'est d'abord un sac avec une seule ouverture pour l'entrée de Taliment et pour la sortie de l'excrément. Bientôt le sac s'allonge en un canal musculo-mem* braneux, plus ou moins cylindrique, et présente deux orifices séparés et à fonctions distinctes, une bouche et un anus. Ce canal se dilate dans un point de son étendue et produit un estomac. Cette dilatation divise le tube digestif en trois parties, savoir : la portion qui précède l'estomac, l'estomac lui-même et la portion qui vient après. La partie antérieure constitue V œsophage, et la partie postérieure Vintestin. L'ouverture de l'œsophage dans l'estomac s'appelle cardia, celle de l'estomac dans l'intestin se nonune pylore. Ces deux orifices peuvent être rapprochés ou éloignés.
En général, l'œsophage n'est pas très long. Cela est vrai surtout pour les animaux qui ont un cou très peu développé. Dans V Autruche, l'œsophage paraît d'une longueur remarquable; dans
VHtiHre, il n'y en a pas. Chez certains oiseaux, ce canal se dilate, vers la région inféiieure, en un jabot et en un ventricule succenturié ou jabot glanduleux.
L'estomac est une poche régulière ou irrégulière, à parois très minces ou très épaisses. En général, il ressemble à un sac ovoïde ou globuleux, ou bien à une cornemuse. On y remarque un ou deux culs-de^sac. Quand il en existe deux, il y en a souvent un grand et un petit. L'estomac est simple ou multiple. Si l'on considère les dilatations œsophagiennes des oiseaux granivores comme des poches stomacales, ces animaux auront trois estomacs, le jabots le sac succenturié et le gésier. Chez le Bœuf et chez tous les mammifères qui ruminent, il existe quatre estomacs : la panse, le bonnet, le feuillet et la caillette. Le Dauphin possède aussi quatre estomacs, mais ils sont placés en série. La sangsue médicinale en présente onze paires, dont la dernière, énorme, a été prise pendant longtemps pour deux caecums extrêmement développés.
L'intestin constitue la partie du canal alimentaire la plus longue ; il forme de nombreux replis ou enroulements sur lui-même, nommés circonvolutions. Cette disposition permet à ce canal d'acquérir des dimensions considérables. En général, il est plus long chez les herbivores que chez les carnassiers. Dans les premiers, il acquiert quelquefois jusqu'à trente fois la longueur de l'animal; dans les derniers, il est souvent réduit à une fois cette longueur. Certains animaux des classes inférieures offrent un intestin plus court que le corps. Chez les espèces qui changent de nourriture, en passant de l'état de larve à l'état parfait (Grenouille) , la longueur du tube intestinal varie avec l'époque de la vie ; ce tube est grand quand l'animal est herbivore, il se raccourcit quand il devient carnassier. On divise l'intestin en intestin grêle ou anticœcal, et en gros intestin ou postcœcal. Ces deux parties sont séparées par la valvule de Bauhîn, La première est subdivisée en duodémtm, jéjunum et iléon, et la seconde en cœcum, côlon et rectum.
Les aliments sont pénétrés de sucs particuliers propres à les dissoudre, à les modifier et à favoriser leur digestion ; ces sucs leur sont fournis par quatre sortes d'organes sécrétoires, véritables vassaux du tube digestif: les glandes salivaires, le foie, le pancréas et les glandules du suc gastrique.
Les glandes salivaires existent dans le voisinage de la bouche ou de l'œsophage. Il y en a ordinairement deux. Elles sont plus développées dans les animaux terrestres que dans les animaux aquatiques.
Le foie est une énorme glande située à la naissance de l'intestin
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OU près de reslomac; quelquefois il entoure ce dernier. Chez les Sangsues, il est réduit à une couche mince de substance brunâtre ou noirâtre, en forme de réseau, assez semblable k du crêpe mouillé. Le fluide sécrété par le foie a reçu le nom de bile; celle-ci est versée dans l'intestin ou dans Testomac. Elle s'accumule quelquefois dans un petit réservoir spécial appelé vésicuk du fiel.
Le pancréas est une autre glande d'un volume moins considérable que le foie, mais très variable dans sa forme. Le fluide qu'il prépare arrive dans le duodénum. Son canal se réunit quelquefois avec celui de la bile.
Les glandules du suc gastrique sont de petits tubes ramifiés, terminés en caecum, disséminés dans l'épaisseur de la muqueuse digestive, qui s'ouvrent à la surface de l'estomac et y versent un suc acide qui agit principalement sur les matières animales.
Indépendamment des glandes dont il vient d'être question, il en est d'autres qui enlèvent au sang certains liquides excrémentiliels ; tels sont les reins, destinés à sécréter Vurine,
La matière alimentaire, altérée et transformée, se sépare en deux parties, dont l'une est absorbée par les parois digestives, c'est le chyle, et l'autre rejetée par l'anus, c'est Vexcrément, Le chyle est blanchâtre et transparent ; il se répand immédiatement dans toute la spongiosité du corps, ou bien se dirige, à l'aide de vaisseaux lactés, dans les divers organes, et va se mêler au sang qui pénètre ces derniers. Des canaux analogues, appelés lymphatiques, apportent aussi dans le fluide sanguin le résidu de la nutrition des parties et les produits de l'absorption cutanée.
Le sang existe dans tout le parenchyme des oi*ganes. Chez un grand nombre d'animaux, il est, de plus, contenu dans un système de tubes ramifiés ou vaisseaux; ces tubes sont de deux sortes : les uns qui portent le fluide nourricier aux parties, on les nomme artères; les autres qui le ramènent au centre ou vers le centre de l'animal, on les appelle veines.
Le mouvement du fluide nutritif est tantôt vague, tantôt régulier et circulaire. Dans ce dernier cas, il est àii circulation. Le tourbillon circulatoire peut être simple, ou double, ou môme triple. Chez les Sangsues, il paraît en quelque sorte multiple ; car, indépendamment de la circulation générale, ces animaux présentent des circulations partielles, de cinq en cinq anneaux.
Le mouvement circulatoire est très souvent aidé par un ou plusieurs moteurs spéciaux appelés cceitrs. Ce sont des organes plus ou moins charnus, placés tantôt vers le milieu du corps, tantôt à chacun des centres d'impulsion. Généralement il n'en existe qu'up
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seul, lequel possède une cavité, ou deux, ou trois, ou quatre. Les cavités qui reçoivent le fluide sanguin s'appellent oreillettes, celles qui le chassent sont dites ventricules. Ces dernières paraissent toujours plus épaisses, plus robustes et plus puissantes que les autres.
Pour nourrir les parties, le sang doit éprouver, de la part de Télément ambiant, une modiûcation particulière. De là une fonction qui peut être regardée comme une nutrition par aliment gazeux (complément de la nutrition par aliments liquides et solides), et qui a reçu le nom de respiration. Quand Tanimal vit dans Tair, son organe respiratoire est creux, c'est un poumon; quand l'animal vit dans l'eau, son organe est saillant, c'est une branchie. Dans les espèces les plus parfaites, le poumon semble parenchymateux ; il se compose néanmoins d'un amas considérable de cellules tout k fait microscopiques. Chez les Limaçons, cet organe se présente comme une grande poche garnie en dedans et au-dessus d'un réseau vasculaire plus ou moins régulier. On peut considérer cette poche comme un des éléments cellulaires constitutifs, énormément développé, du poumon parenchymateux dont il vient d'être question. Chez les insectes, on ne trouve ni poumons, ni branchies, mais un système de tubes élastiques appelés trachées, qui distribue l'air dans tout le corps. Les orifices des trachées sont situés sur les côtés du corps, et portent le nom de stigmates. Dans les animaux à poumons et h branchies, le sang va au-devant de l'air ; dans les animaux à trachées, c'est l'air qui va au-devant du sang. Les espèces les plus parfaites, quoique pourvues d'un organe spécial, absorbent en même temps de Tair par l'enveloppe cutanée. Les animaux les plus simples respirent uniquement par la surface de la peau.
Arrivé à son état de perfection, le sang se répand à travers les cellules ou par la ramification et la division croissante des vaisseaux, jusque dans le tissu même des organes. La matière nutritive se distribue alors dans ces derniers et s'y. convertit en autant de substances diverses qu'il y a d'éléments spéciaux. Plusieurs des organes les plus importants de l'économie semblent autant d'appareils d'élaboration particulière, concourant au but commun de Vassimilation,