‹ Eléments de zoologie médicaleChapitre 25 sur 144 · IL — OKGANBS ET FONCTIONS DE REPRODUCTION · texte numérisé non relu

IL — OKGANBS ET FONCTIONS DE REPRODUCTION

La reproduction est une des fonctions les plus importantes de la nature, car la vie n'est donnée que pour donner la vie (4). C'est

(1) Onwevivum ex vivo.

par la reproductioa que les espèces se conservent, que leu races se propagent et que Téquilibre général est maintenu. Il existe des animaux qui semblent formés uniquementpour accomplir cette fonction ; ils naissent, se reproduisent immédiatement, et meurent aussitôt.

La reproduction peut s'eifectuer de plusieurs manières différentes.

Parmi les espèces à structure très simple , tantôt Tanimal se partage en plusieurs fragments qui forment autant d'individus nou« veaux, c'est la reproduction fiêsipare; tantôt l'animal pousse, en certains endroits de son corps, des bourgeons ou gemmes, lesquels, à une époque déterminée, se détachent et donnent naissance à de jeunes animaux, c'est la reproduction gemmipare. Celte dernière est dite externe ou interne, selon que c'est à la surface extérieure du corps ou dans une cavité particulière que se forment les bourgeons. Les reproductions fissipare et gemmipare sont appelées par quelques auteurs générations agames.

Chez les animaux supérieurs, la reproduction s'opère à l'aide d'organes spéciaux, c'est la reproduction génératiiw ou génération. Ces organes sont dits sexuels : les uns s'appellent femelles, et fournissent les rudiments de l'individu nouveau (ou germe) ; les autres sont mules, et donnent le fluide fécondateur (ou sperme) qui vivifie, anime ces derniers et détermine leur développement,

Uappareil femelle se compose essentiellement de l'organe producteur des germes , c'est-à-dire de l'ovaire, et du canal qui les oxpulse au dehors, désigné sous le nom A'oviducte,

Uappareil maie présente toujours une glande qui sécrète le sperme, c'est-à-dire le testicule, et le canal excréteur de cette glande, appelé conduit éjaculateur.

Chez les animaux sexués, certains possèdent les deux sexes réunis : on les nomme biseoDués ou androgynes. Dans ce cas, ou bien un seul individu peut se suffire à lui-môme (Huître), ou bien il faut le concours de deux individus. Lorsque deux animaux androgynes s'unissent pour se reprodufre , tantôt les deux organes fonctionnent en même temps, et chaque individu est à la fois fécondant et fécondé (Limaçon) ; tantôt il faut l'association de plusieurs individus (au moins de trois), celui du milieu fonctionnant comme mâle avec celui qui est devant, et comme femelle avec celui qui est derrière (Limnée), Plus rarement les deux parties du double organe sexuel n'agissent pas en même temps. Chaque individu ne joue qu'un rôle, malgré sa bisexualité ; mais après avoir rempli le devoir de mâle , par exemple , il fonctionne plus tard comme femelle , soit avec le même individu, soit avec un autre (Ancyle),

Dans un grand nombre d'animaux, les sexes sont séparés et portés par des individus distincts : ces derniers sont dits unisexués. Les mâles ressemblent extérieurement aux femelles , ou en diffèrent d'une manière plus ou moins tranchée. Dans un petit nombre de cas, on dirait deux espèces appartenant à des groupes éloignés. L'unisexualité entraîne le concours indispensable de deux individus dans la génération ; ces animaux présentent néanmoins deux modes d'union assez distincts : celui dans lequel le fluide fécondateur du mâle n'est appliqué au germe qu'après la sortie de ce dernier du corps de la femelle (Carpe), ou au moment même de la ponte {Cra^ paiid) ; et celui dans lequel l'application dont il s'agit a lieu dans le sein môme de la mère (Castor), La génération des unisexués peut donc s'effectuer sans que les sexes se connaissent, ou bien avec cette connaissance, mais peu intime, accompagnée d'un simple contact, ou bien avec amour, suivi d'une véritable introdtiction (accouplement).

Les animaux dont les appareils sexuels sont compliqués présentent, indépendamment des éléments signalés plus haut, d'autres parties chargées de rôles importants. Les femelles ont un utérus (ou matrice) dans lequel les germes séjournent un temps plus ou moins long avant de naître ; des trompes ou canaux excréteurs , qui prennent les germes aux ovaires et les conduisent dans l'utérus, et un vagin ou canal destiné à recevoir l'organe excitateur mâle. L'orifice de ce dernier s'appelle vulve. Les mâles ont des vésicules séminales ou réservoirs dans lesquels le sperme s'accumule ; dos canaux déférents qui conduisent ce fluide du testicule dans ce réservoir, et une verge (ou pénis) pour l'introduire dans l'appareil de la femelle. L'extrémité de ce dernier organe se nomme gland.

Chez un certain nombre d'animaux des classes inférieures, le sexe femelle peut fonctionner tout seul, sans le concours du mâle. C'est la par thénogénésie (Puceron). Dans quelques circonstances, ces œufs féconds sans l'action de l'autre se\e ne produisent que des mâles, c'est VarrénotolHe (Abeille),

Dans la génération des animaux supérieurs , il peut arriver que l'œuf fécondé est aussitôt pondu par la femelle ; ce n'est qu'après un temps plus ou moins long qu'il donne un nouvel individu : c'est ce qui constitue Voviparité (Oiseaux), D'autres fois l'œuf éclôt au moment même de son expulsion , et l'animal nouveau sort du sein de la mère avec les fragments de son enveloppe : c'est Vovovivîparité (Vipère), D'autres fois, enfin, l'œuf fécondé n'est pas pondu; il s'arrête dans l'utérus, s'y greffe, s'y développe et y éclôt : c'est ce qui forme la viviparité (Mammifères), En réalité, tous ces ani-

maux sont ovigères. I^eur mode reproducteur ne diffère que par le lieu où Tœuf se développe et par le temps qu'il y emploie.

Uceuf se compose essentiellement du germe ou cicatncule, et d'une enveloppe protectrice simple (membrane) ou double (mewhrane ei coque). Chez les ovipares et les ovovivipares, il est de plus accompagné d'une certaine quantité de matière nutritive (vitellus , albumen). Chez les vivipares, le germe reçoit son alimentation directement de la mère.

Lorsque l'œuf éclôt, il donne tantôt un individu semblable h ses parents (Oiseau), tantôt un individu qui en diffère d'une manière plus ou moins notable (Papillon). Cette forme intermédiaire entre le germe et l'état parfait s'appelle larve. Les larves sont toujours agames. Cependant, chez certains animaux, elles ont la faculté de se reproduire, mais c'est alors par gemmiparité ou par fissiparité. Ces dernières larves ont reçu le nom de scolex, et l'existence des deux modes reproducteurs , dans une même espèce , constitue la génération alternante. H y a des animaux qui passent par deux ou trois formes intermédiaires avant d'arriver a l'état parfait.

in. — ORGANES ET FONCTIONS DE RELATION.

La plupart des. animaux possèdent cinq sens.

Le sens le plus général est le toucher, dont le siège se trèuve dans l'enveloppe cutanée; mais il réside aussi dans des organes spéciaux, où il acquiert plus ou moins de perfection. Ces organes sont les lèvres, les barbillons, certains tentacules, plusieurs qmues, beaucoup de pieds, mais surtout les mains.

Le goût est un toucher plus délicat ; il se manifeste ù l'entrée du canal intestinal , principalement à la partie inférieui*e de la cavité buccale, dans un organe appelé langue, La langue est un corps plus ou moins allongé , plus ou moins charnu et plus ou moins mobile. On y remarque des papilles (coniqiies, fongiformes, coKctnales), des spinules, des crochets, et même de véritables dents. Chez quelques animaux, très mal favorisés sous le rapport du goût, la langue devient scarieuse, cartilagineuse ou tout à fait cornée.

L'odora( est le sens qui perçoit les odeurs. L'organe olfactif est une cavité shnple ou double, pourvue d'un grand nombre d'anfraetuosités, revêtues d'une membrane dite pituitaire. Cette membrane communique avec l'extérieur par des orifices nommés narines, ouvertures nasales ou ^naseaux , lesquels sont protégés, dans certaines espèces, par une saillie cartilagineuse qui constitue le nez. Les fosses nasales offrent aussi des ouvertures postérieures qui les

mettent en rapport avec la cavité du pharynx, et qu'on désigne bous le nom à^ arrière-narines. Chez les Limaçons^ Torgane de Todorat est divisé en deux parties, qui se trouvent à l'extrémité des grandes cornes (tentacules). Il se compose d'un ganglion ovoïde oupyri* forme, d'où partent des nerfs courts et très ramifiés qui vont s'épa* nouir dans une membrane pituitaire périphérique. Il n'y a point, chez eux, de cavité nasale, et par conséquent point de narine.

La vue est la faculté qui permet aux animaux d'apercevoir les objets extérieurs au moyen de la lumière et des couleurs qu'ils lui renvoient. La vue réside dans les yeux. L'œil est un petit appareil compliqué , de forme plus ou moins globuleuse. Il est essentiellement composé d'une rétine ou élément nerveux, d'une chorùUde ou élément vasculaire, et d'une sclérotique ou élément fibreux. Cette dernière devient transparente au-devant du globe oculaire et forme la cornée, H existe dans l'œil des parties de perfectionnement dioptrique : ce sont V humeur aqueuse ^ Vhumeur cristalline ou cristallin et Vhumeur vitrée. On y observe aussi qudques pièces accessoires : par exemple, des membranes mobiles ou paupières, nues ou garnies de poils (cils) , destinées à défendre l'appareil ; ces membranes sont au nombre de deux et horizontales. Rarement il en existe une troisième verticale {membrane nictitante).

Les animaux supérieurs possèdent généralement deux yeux. Les autres peuvent en avoir quatre ou six, ou huit. Les Sangsues^ médicinales en présentent dix, mais ils sont rudimentaires. Chez les Insectes, on trouve deux sortes d'yeux, des yeux très petits, simples, ordinairement myopes, appelés yeux lisses ou stemmates; et des yeux grands, composés, généralement presbytes, formés d'un nombre variable d'yeux élémentaires agglomérés et soudés (1). On les nomme yeux en résea/u, ou chagrinés, ou à facette,

Vouie est le sens qui perçoit les vibrations des corps extérieurs immédiatement ou transmises par le fluide dans lequel ils sont plongés. L'effet de ces vibrations se nomme bruit et son. L'ouTe s'exerce à l'aide de Yoreille, Dans les animaux les plus simples, l'oreille est réduite à une poche remplie d'un fluide particulier, dans lequel se rend un nerf, et où flottent une ou plusieurs petites pierres appelées otolithes. Cette poche communique ou ne communique pas avec l'extérieur. Dans les animaux supérieurs, l'appareil auditif devient de plus en plus compliqué. On y remarque : 1* une partie essentielle ou vestibule; 2° des parties de perfectionnement et de

* (i) Dans un seul œïl composa, il y a quelquefois plus de 42 000 petits veux qI«mentatrt».

ORGANiâATION DES ANIMAUX. 35

renibreement acoustique, les canaux demi- circulaires, le limaçon et une chah^ d'osselets {Vétrier, Vos lenticulaire, Venclume et le mar^ teau) ; 3° des parties de recueillement ou oreille externe, le trou auditif et la conque ou papillon. Cette conque est quelquefois remplacée par une aigrette de plumes ou par un bouquet de poils.

Beaucoup d'animaux inférieurs manquent de nez, d*yeux et d'oreilles. Les espèces sans tête ou acéphales sont toujours très mal favorisées sous le rapport des sens. Plusieurs d'entre elles semblent réduites au toucher.

Chez les animaux les plus imparfaits, la matière médullaire semble fondue dans la substance générale du corps. Il n'y a pas de centre sensîtif. Chez les animaux qui offrent déjà un peu de compli* cation organique) la substance médullaire s'accumule dans certains points et produit des agglomérations centrales ou ganglions. Ces agglomérations sont d'abord petites et dispersées. Quaml la structure se perfectionne, les centres nerveux grossissent, se rap*prochent et s'agrègent; ils forment alors une association aunu» laire autour du cou ou bien un corps volumineux enfermé dans la tête. Les ganglions isolés ou réunis en petits groupes produisent un système nerveux rudimentaire. L'association annulaire autour du cou constitue le collier œsophagien. L'agrégation volumineuse dans la tète donne naissance à V encéphale. Les ganglions supérieurs du collier œsophagien sont dits cér^oideSy et les inférieurs sousœsophagiens. Ce système nerveux est appelé ganglionnaire. L'encéphale est généralement composé du cerveau, du cervelet^ de la protubérant^ cérébrale (ou mésocéphale ) et de la moelle allongée* Cette dernière est regardée comme la continuation de l'axe nerveux nonuné moelle épinière. Ce système nerveux est appelé cérébrospinal .

L'impression reçue par les organes des sens se propage, par les nerfs, jusqu'aux masses centrales. Quand l'animal a éprouvé une sensation, elle détermine souvent une volonté, et celle-ci est encore transmise par les nerfs, soit aux organes des sens^ soit à ceux du moucement.

Les otganeS du mowoement sont les membres. Ceux-ci sont composés de deux sortes de parties, les unes actives, les muscles, et les autres passives^ les os ou les pièces dures qui en tiennent lieu.

Les muscles sont des organes mous, rOuges, rougeâtres, rosesj grisâtres ou tout à fait transparents, formés de fibres plus ou mo ns parallèles entre elles, irritables et contractiles. Les uns sont destinés à courber ou ployer les parties {féchisseurs ), les autres à leà ouvrir bu les étendre {extenseurs). Il existe aussi des muscles qui né

36 ZOOLOGIE iMÉDlCÂLK.

dépendent pas de la volonté. On les a souvent nommés intérieursy par opposition aux autres, qui sont toujours plus ou moins périphériques.

Les os sont des parties dures et sèches, blauclmtres. On les a distingués en lotigs, courts et plats. Ce sont les premiers surtout qui se trouvent dans les membres. L'ensemble des os constitue le squelette ou charpente solide des animaux. Chez beaucoup d'espèces, il n'y a point de squelette intérieur ; mais leur peau est calcaire (Ecrevisse) ou cornée (Cantharide) et remplace cette dernière charpente. Elle forme ainsi une sorte de squelette extérieur qu'on a nommé derniato-squelette. Chez d'autres animaux, la peau est pourvue d'un repli particulier plus ou moins développé (manteau), qui produit des lames calcaires de diverses formes, auxquelles les muscles viennent s'attacher, et qui protègent en tout ou en partie le corps, généralement très mou. Ces lames sont dites coquilles. On en trouve d'une seule pièce (univalves), par exemple celles des Limaçot}s, et de deux pièces (bivalves), par exemple celles des Huîtres,

Page 1